11.01.2008

Colin Hay : plus "Man at Work" que jamais

ca0301f7fb61a14cac8fd0106b3c00cc.jpgA partir de cette semaine, Titus vous proposera un nouveau rendez-vous, "Pas fait pour les chiens". Notre objectif : sortir des sentiers battus et vous proposer, par le biais d'un clip vidéo, la découverte d'un artiste largement occulté par nos grands réseaux nationaux. Notre molosse a-t-il du flair ? A vous d'en juger...


d75101c15aa8642904aaec4c15328e2a.jpgChacun se souvient de Men at Work, ce combo australien des années 1980 qui avait déferlé sur la France avec une myriade de titres chaloupés à l'instar de "Down under", "Who can it be now" ou "Overkill". Depuis la séparation du groupe, plus rien ou presque ne filtre au sujet des anciens gaillards. Pourtant, Colin Hay, l'ex-chanteur et principal compositeur du groupe n'a, lui, jamais raccroché. Il est même actuellement au sommet de sa forme, comme le démontre son nouvel album récemment paru et peu visible - hélas - dans les bacs à disques de France et de Navarre.

Origines écossaises
Dans cet opus de belle facture, "Are you lookin' at me ?", Colin Hay manie l'humour comme il savait déjà si bien le faire du temps de Men at Work. Jugez-en plutôt en découvrant ce titre, premier single de l'album, "Are you lookin' at me ?", où les origines écossaises du chanteur sont assez perceptibles puisqu'il y déploie un accent de Glasgow à peine forcé. Né en Ecosse en 1953, Colin Hay a suivi ses parents en Australie quand il était tout jeune. Aujourd'hui, il réside en Californie.

Colin Hay "Are You Lookin' at Me?"

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08.01.2007

Cody : "Mes guitares sont sacrées !"

medium_CODYPHOTOPROMO.jpgAutodidacte précoce, Cody poussait déjà la chansonnette à l'âge de 12 ans. Son entourage a dû bien vite réaliser qu'il n'allait pas s'agir d'une simple passade... Dès 18 ans, toujours aussi déterminée, la jeune artiste décidait en effet d'aller se forger une première expérience de la scène, dans les bars de Marseille. Cette expérience, elle la poursuit aujourd'hui à Lyon depuis plusieurs années. Une rencontre récente avec Michael Jones pourrait s'avérer déterminante pour sa carrière... Titus a cherché à en savoir un peu plus...


Titus - Pourrais-tu nous parler un peu de tes origines ?

Cody - Je suis eurasienne, mon père est un métis français-vietnamien, ma mère est vietnamienne de nationalité française, son père étant militaire pour l’armée française. Mes parents sont venus en France en 1976, chassés par les communistes vietnamiens qui obligeaient les Français à quitter le pays. J’ai donc une double culture, qui me permet d’avoir une grande source d’inspiration.

Titus - Y-a-t-il, malgré tout, un endroit sur terre que tu considères ta maison ?

L’endroit que je considère comme ma maison est la maison de mes parents, où j’ai grandi. Elle se situe dans un petit village, à 30 mn de Lyon, Saint-André-de-Corcy. J’aime beaucoup venir m'y ressourcer.

Titus - Dans quel milieu as-tu grandi ?

Je suis issue d’un milieu modeste, avec une éducation à dominante asiatique, ce qui n’a pas facilité mon épanouissement dans le milieu musical puisque c’était banni de faire de la musique. Chez les asiatiques, être artiste n’est pas un métier. Ils ne m’encourageaient pas dans cette voie, je n’ai pas pris de cours de musique par exemple.

medium_codylive.jpgTitus - Du coup, à quel type de musique as-tu d'abord été exposée, et par quel biais ?

Depuis ma tendre enfance, confrontée à une double culture puisque mes parents parlaient le vietnamien, j’ai eu beaucoup de mal à m’adapter à l’apprentissage d’une double langue, ce qui fait que je ne parlais pas beaucoup et la seule façon de m’exprimer était la musique. Je chantonnais et fredonnais des mélodies issues de mon imagination. Mes parents écoutaient beaucoup les Beatles, les Bee Gees, Abba, Santana, les Carpenters. Un de mes oncles, qui habitait chez mes parents quand j’avais 3-4 ans, jouait souvent de la guitare et chantait des morceaux de l’époque. J’attendais ce moment avec impatience, je restais des heures à le regarder...

Titus - As-tu un instrument de prédilection ?

J’ai eu un synthé à l’âge de 8 ans, je commençais à créer des mélodies, des chansons. Mon oncle m’a donné sa guitare quand j’avais 11 ans, j’avais toujours voulu faire de la guitare. Mes guitares sont sacrées, pendant mes longues heures de création, il m’arrive, exténuée, de m’endormir près de ma guitare…

Titus - Quelle importance revêt la scène à tes yeux ? Le contact avec le public est-il nécessaire ?

Pour moi, la scène est très importante, c’est l’aboutissement de mon travail ! Ce n’est pas tant de vendre des albums. On passe mieux un message sur scène, on peut mieux les exprimer face à un public que sur un album.
Je me suis représentée sur environ 200 dates depuis 9 ans, principalement dans des bars, dans le sud de la France, dans la région lyonnaise. En ce moment, pour plein de raisons, je ne tourne pas. Le public, la scène me
manquent beaucoup. Cela me permet de tester des nouvelles compos... La scène permet aussi de retravailler les morceaux. Je me sens plus à l’aise sur scène qu’en studio.

Titus - As-tu eu l'occasion d'aller jouer en dehors de l'Hexagone ?

On m’avait fait une proposition de faire une tournée en Belgique avec mon album non commercialisé de pop-rock anglais, mais j’ai refusé car il y avait des tensions avec mon précédent groupe et je préférais me concentrer sur un album en français. J’ai pu également faire quelques dates dans des bars parisiens.

Titus - S'il fallait te définir en trois mots, et seulement trois mots, quels seraient-ils ?

Rêveuse, perfectionniste, fonceuse...

Titus - Et ta musique ?

Sensible, mélodieuse, entraînante.

medium_CODYMATAIS1.jpgTitus - Accordes-tu beaucoup d'importance aux textes de tes chansons ? Quels sont les thèmes que tu aimes explorer ? Pour quelle raison ?

C’est très important, un texte, car c’est en général autobiographique, ou alors cela touche des thèmes que j’affectionne. Cela me fait du bien d’en parler et je veux porter un message sur les injustices de ce monde, sur les conditions des femmes. Je parle également d’amour.

Titus - Nous sommes au seuil d'une nouvelle année. Si tu avais le pouvoir de changer trois choses dans le monde, que choisirais-tu d'accomplir ?

J’enlèverais toute notion d’argent, de pouvoir et de haine dans ce monde...

Titus - Et en ce qui concerne tes projets professionnels...

J’aimerais m’engager dans des causes humanitaires. Je trouve cela inadmissible que des gens meurent encore de faim de nos jours.

Titus - As-tu essayé de présenter ta musique à des producteurs ?

J’ai signé un contrat de production, en 2004, pour produire mon album de pop-rock français, "E-Xil". Je l’ai enregistré en studio mais, malheureusement, l’incompétence de l’ingénieur du son a rendu cet album inexploitable. C’est plus une maquette qu’un album. Du coup, je ne peux le présenter à des maisons de disques qui veulent un produit fini. Je souhaite le réenregistrer avec de meilleurs professionnels, mais je rencontre des difficultés d’entente avec ma production, ce qui ne m’a pas empêché de faire la rencontre de Michael Jones, qui m’aide dans ce sens malgré le barrage de ma société de production…

Titus - Quelle est ton impression globale sur la façon dont est aujourd'hui gérée l'industrie du disque ?

Aujourd’hui, les maisons de disques n’investissent plus dans les artistes, ils veulent un produit fini... Cependant, un bon album dans un bon studio, ça a un prix ! Tout le monde ne peut pas se le permettre. Ils passent sûrement à côté de gens talentueux.

Titus - Pourquoi avoir créé ton propre espace sur MySpace ?

Myspace permet de créer une ouverture vers l’extérieur, de faire écouter mes titres puisque mon album tarde à sortir, d’avoir des contacts dans divers domaines liés à la musique, c’est vraiment une mine d’or de talents.

Titus - Sur quoi travailles-tu en ce moment ?

Je souhaite réenregistrer un album avec quelques titres de mon album français et y inclure de nouvelles compos beaucoup plus mûres, plus à texte, plus originales que les précédentes, qui parlent plus d’amour. Ces nouvelles
compos sont plus engagées au niveau politique, humanitaire.

medium_photopourpremierepage.jpgTitus - Des collaborations en vue ?

J’ai eu la chance, grâce à Michael Jones, de rencontrer Eric Fabre, Pdg des "3 Chênes", qui a créé un label musical, Tribal Emotion. Il produit Douchka, qui se lance dans une carrière pop-rock. Le premier contact a été positif, il aime ma musique, une future collaboration est possible si mon actuelle société de production me le permet…

Titus - L'industrie musicale a connu une évolution importante au cours des deux dernières décennies, notamment du fait de la numérisation et de la multiplication de nouveaux supports. Comment envisages-tu l'évolution de la musique en général ?

Il est certain que les maisons de disques dans la forme que l’on connaît actuellement tendront à disparaître. Il est clair qu’il faut développer de nouveaux supports où la numérisation sera l’atout principal de la vente de musique. Mais une numérisation légale ! Je suis contre les sites de téléchargement. Au lieu de punir les gens qui téléchargent, il vaut mieux punir, en amont, les sites de téléchargement qui incitent les gens à pirater les œuvres musicales, cinématographiques et informatiques. Ces sites ne respectent en aucun cas la propriété intellectuelle, le gouvernement doit agir mais il n’arrive pas à voter une loi à ce sujet. Pour la vente d’un album, peu revient à l’artiste malgré le coût élevé d’un album. Les maisons de disque commencent à baisser le prix d’un album, ils commencent à comprendre qu'un des problèmes était le prix des CD. Dans un futur proche, je pense que tous les artistes à grande échelle auront un site internet, avec une possibilité de télécharger les titres à faible coût. Il n’y aura plus ou peu d’intermédiaires; les CD tendront à disparaître ou, du moins, seront produits en faible quantité. Nous allons revenir à une proximité avec le public, comme avant, et seuls les artistes talentueux se distingueront grâce à la scène.

La plupart des chansons de Cody sont en ligne sur les deux sites de l'artiste : sur MySpace, et Musicblog Trois titres électro de Cody ont été choisis pour la bande originale du film "One night stand" d'Emilie Jouvet (sorti en DVD), qui a obtenu le premier prix du festival 2006 du film gay et lesbien de Berlin.

Merci à Maurine pour cette belle découverte.

05.11.2006

Rock kiwi : retour sur Mi-Sex

C'est le week-end ! Envie de ne pas trop se prendre la tête, de lire peu et d'écouter de la musique ? Le Monde de Titus vous propose aujourd'hui de poursuivre notre voyage en Nouvelle-Zélande, entamé il y a quelques jours avec les notes sur Tim Finn et Te Vaka. Explorons les archives de YouTube avec une formation des Antipodes qui n'existe plus depuis 1984, Mi-Sex.


Si elle a vu le jour en Nouvelle-Zélande à la fin des années 1970, la formation Mi-Sex a choisi de s'expatrier assez vite en Australie, où elle a d'ailleurs obtenu son premier grand succès avec "Computer Games" qui n'est pas sans rappeler les grandes heures de la "new wave".



La chanson "Blue Day" (1984) est l'une des dernières endisquées par le groupe, qui s'est dissous à la fin de l'année 1984 en dépit d'un fort potentiel. Ce morceau est aussi à mon avis l'une des plus belles compos du groupe. A vous de juger à présent !



Steve Gilpin, le chanteur, est quant à lui décédé dans un accident de voiture en 1992.

03.11.2006

Le royaume imaginaire de Tim Finn

Un peu comme certains attendent, chaque année, la sortie du dernier Woody Allen, l'un de mes petits plaisirs récurrents consiste à guetter l'arrivée dans les bacs du nouvel opus de l'un des frères Finn, Tim ou Neil. Cet automne, c'est Tim qui comble mon attente avec son album "Imaginary Kingdom", un disque à l'esprit résolument pop.


Quand j'évoque les frères Finn, j'ai l'impression de parler de grands frères. Ces deux musiciens néo-zélandais ont accompagné mes moindres gestes depuis un quart de siècle, c'est tout dire. J'écoute en effet leur musique depuis un voyage en Nouvelle-Zélande en 1981. J'avais alors 14 ans, et mon correspondant néo-zélandais, Michael, m'avait fait acheter un disque (une cassette, en fait) de Split Enz, groupe kiwi le plus en vogue à l'époque. Merveilleux souvenir, lorsqu'il me fit entrer dans ce magasin de disques d'Auckland où la plupart des références m'étaient complètement inconnues, qu'il s'agisse de Cold Chisel, Mi-Sex, ou The Swingers. (Des groupes sur lesquels je reviendrai bientôt, grâce à la magie de YouTube) Etrange sensation qui, après coup, n'est pas sans me rappeler les péripéties du linguiste Budaï dans le superbe roman du Hongrois Ferenc Karinthy, "Epépé" (*).

True Colours
medium_True_colours.jpgLe succès de Split Enz était tel que les étudiants d'arts plastiques du collège où j'étudiais à Auckland, Rangitoto college, avaient entrepris de reproduire la pochette de l'album (le logo ci-contre, où l'on peut lire "ENZ" en trompe l'oeil) sur la salle de classe, avec la bénédiction de leur prof de dessin, un barbu sympathique qui arborait lui-même une épinglette à l'effigie du groupe.
L'album "True Colours" fut rapidement emballé par le caissier et c'est à bord de la mini Austin rouge des parents de Michael, sur l'autoradio, que j'entendis la première fois la musique de Split Enz. Je fus terrassé dès les premières secondes de "Shark attack", pièce qui ouvrait l'album dans sa version d'origine.
Je possède encore cette fameuse cassette achetée à Auckland et je l'ouvre toujours avec un pincement au coeur. Ah ! Ces objets de notre enfance...
Bref, 25 ans plus tard, les frères Finn sont plus fringants que jamais. Après Split Enz, il y a eu Crowded House, puis Alt (groupe éphémère monté par Tim avec deux accolytes irlandais), et puis les Finn Brothers, en plus bien sûr des nombreux albums solo de Tim et Neil. Les fans des Finn n'ont jamais été négligés, c'est le moins que l'on puisse dire !
Cet automne, Tim revient donc avec "Imaginery Kingdom", déjà en vente depuis quelques semaines. Le premier extrait "Couldn't be done", est déjà largement diffusé sur les ondes britanniques. Dans le clip que je vous propose de découvrir aujourd'hui, où vous pourrez admirer de très beaux paysages néo-zélandais, Tim évoque la genèse de ce nouvel opus. Un processus de création qui s'est étalé sur trois années et qu'il n'hésite pas à comparer à celui d'un écrivain... Tim a peut-être les tempes légèrement grisonnantes mais cette maturité lui sied comme un gant.



Pour en savoir plus sur Tim Finn :
Le site officiel de l'artiste :
www.timfinn.com
Depuis peu, Tim Finn a aussi lancé un blog sur MySpace :
http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.view...



(*) Dans Epépé, le linguiste Budaï s'endort dans l'avion qui le mène à Helsinki pour un congrès. Mystérieusement, l'appareil atterrit ailleurs, dans une ville immense et inconnue de lui. Surtout, la langue qu'on y parle lui est parfaitement inintelligible. Et tandis qu'il cherche désespérément à retrouver sa route, le mur d'incompréhension se resserre. Un très beau livre.

01.11.2006

Te Vaka en DVD

Je reçois aujourd'hui un message de Julie Foa'i, manager de la formation néo-zélandaise Te Vaka, annonçant la publication du nouveau DVD du groupe. Celui-ci a été enregistré, en partie, à Tahiti. Un événement qui ne passera sans doute pas inaperçu dans le petit monde de l'édition en Pacifique sud.

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Les fidèles du Festival du Bout du Monde, en presqu'île de Crozon (Bretagne), se souviennent sans doute du passage remarqué, en 2001, de la formation néo-zélandaise Te Vaka qui, au son de ses puissants toeres (instruments de percussion polynésiens), avait littéralement mis le feu à la prairie de Landaoudec.
Ce show particulièrement coloré et enlevé a été rodé dans le monde entier pendant des années. Partout où elle passe, la troupe, qui a su trouver la juste mesure entre tradition et modernité, impressionne.

Rythmes percutants ou douces balades
Son répertoire oscille entre rythmes traditionnels envoûtants et mélodies plus subtiles - les compositions d'Opetaia Foa'i, qui sont à l'image des aparimas et autres chants très doux du Sud-Pacifique.
medium_New_DVD_mfrontcover.jpgLe DVD comprend 101 minutes de concert : l'enregistrement d'un show présenté en 2005 dans le stade Toata de Papeete (Tahiti), puis aux îles Samoa (d'où Opetaia était originaire, avant que sa famille n'émigre en Nouvelle-Zélande). Le DVD est disponible en PAL et NTSC toutes zones, avec un son digital Dolby stéréo.

http://www.tevaka.com/order.html

Avec cette note, je me fais un petit plaisir en abordant une autre facette du Monde de Titus, la façade "Antipodes", qui donnera certainement lieu à d'autres entrées sur ce blog. J'ai en effet vécu une partie de mon enfance à Tahiti, et ce séjour m'a également amené à passer plusieurs mois en Nouvelle-Zélande. Des séjours qui m'ont naturellement beaucoup marqué, et qui expliquent le lancement, peu après mon retour en France, d'une émission consacrée à la musique polynésienne. Cette émission, Reva i Tahiti (Voyage à Tahiti en tahitien), a été présentée plusieurs années de suite sur les ondes brestoises, au milieu des années 1980. L'émission Calypso, quelques années plus tard, au Canada, n'a pas négligé non plus cette partie du monde, même s'il pouvait parfois apparaître pour le moins curieux de diffuser de la musique tahitienne, au plus profond des forêts canadiennes, par - 40 ° c. Néanmoins, il semble que le public de Calypso ait toujours apprécié cette absence de frontières !

17.10.2006

Soldat Louis : le retour des "sales gosses"

medium_Loic1.jpgAncien penn sonneur du bagad de Lann-Bihoué, Loïc Taillebrest a toujours multiplié les collaborations artistiques. Manau, I Muvrini, Bonnie Tyler, Mike Oldfield ou Sting ont déjà fait appel à cet instrumentiste d'une polyvalence rare : flûte, bombarde, uillean pipe, accordéon et cornemuse n'ont en effet aucun secret pour ce titulaire du diplôme d'Etat en musiques traditionnelles. Lorsque nous l'avons rencontré, en 1994, Loïc Taillebrest était encore l'un des pivots de la formation lorientaise de rock celtique Soldat Louis, dont il assurait, au Canada, la promo de leur album "Auprès de ma bande".

medium_pochettesoldatlouis.jpgLa sortie toute récente du neuvième album de Soldat Louis, "Sales gosses" (Atlantic/Coop Breizh), me donne l'opportunité de sortir de mes tiroirs l'interview de Loïc Taillebrest, au cours de laquelle il évoque notamment les collaborations du groupe avec Shane McGowan (des Pogues), Davy Spillane ou Sinéad O'Connor. Le marché canadien n'est jamais gagné d'avance pour les formations françaises : Soldat Louis est cependant parvenu à le conquérir; leur premier album, "Première bordée" (1988), y a été consacré disque platine (double album d'or en France), et ce succès ne s'est jamais démenti depuis. Je les ai vus devant une salle en liesse au Spectrum de Montréal, au Québec, en 1991, et quel fut mon étonnement, un peu plus tard, de constater que cette popularité s'étendait jusqu'au Nord de l'Ontario et au-delà, où certains ados les vénèrent littéralement... Qu'on se le dise, Soldat Louis est bel et bien l'une des formations françaises qui marche le mieux outre-Atlantique.


Titus - Revenons un instant sur l'origine de Soldat Louis... Le "rock celtique" a d'abord pris son essor en Irlande ou en Ecosse. En France, vous êtes l'une des rares formations à porter cette étiquette...

Loïc Taillebrest - Le groupe vient de Lorient, qui est un port de commerce et de pêche en Bretagne où est organisé, chaque année, le Festival Interceltique, où tous les pays comme l'Irlande, l'Ecosse, le pays de Galles, la Galice ou la Bretagne et quelques autres encore, se retrouvent autour de cette culture commune qui est la Celtie. C'est vrai qu'on a bercé dans ce milieu et que cela a généré beaucoup de rencontres. C'est donc tout naturellement qu'on est venus à cette musique.

Votre produit, dès l'origine, apparaissait doublement original. D'une part, vous ne chantiez pas en breton, mais en français, et qui plus est, votre son teinté de rock et blues mais mâtiné de sonorités celtiques, était assez inhabituel pour l'époque en France. La révélation au grand public s'est faite dès le premier enregistrement, en 1988, avec le succès phénoménal du titre "Du rhum des femmes".

Ce titre, du fait qu'il a été très populaire, a fait connaître le groupe, donc c'était très bien. A côté de ça, on nous a un peu catalogué comme groupe de fête uniquement, sans peut-être écouter la totalité du répertoire, qui offre une palette musicale et de chansons, beaucoup plus variée. Je crois qu'on a ce côté groupe de fête, mais on a aussi des chansons d'amour, des chansons de révolte par rapport à des événements, notamment politiques. Il faut vraiment écouter l'ensemble pour se faire une idée de Soldat Louis.

C'est vrai que c'est Renaud qui vous a découverts et vous a proposés d'assurer sa première partie ?

Complètement. Quand on a enregistré cet album, quelques copies ont été faites. L'une s'est promenée par l'entremise du sonorisateur de Renaud, qui lui a fait écouter. Renaud a dit que c'était tout à fait ce qu'il voulait pour sa première partie au Zénith, à Paris, pendant un mois. C'est vrai qu'on a été très étonnés. On s'est dit que c'était une blague, mais ça s'est finalement réalisé.

Un tel succès a pu paraître foudroyant, dès la sortie de votre premier album, mais vous n'étiez pas nés de la dernière pluie. Ca faisait déjà un moment que vous bourlinguiez ensemble, non ?

C'était pas forcément sous l'appellation Soldat Louis, mais c'est vrai. Surtout pour Serge ou Marco, qui se connaissaient dès le lycée. Ils avaient un passé assez gigantesque de groupes derrière eux.

medium_bande_01.2.jpgA partir de cette première partie de Renaud, ça a été l'explosion, si on peut dire. Puis, il y a eu l'album "Pavillon noir", deux ans plus tard (1990), qui a eu autant de succès. Au Canada, cet album s'est vendu à plus de 80.000 exemplaires, soit autant que le premier. Et puis maintenant, vous arrivez avec un troisième album, "Auprès de ma bande". Un nouveau cap ?

A chaque fois, c'est un challenge. Chaque nouvelle étape est aussi importante à nos yeux. Nous, comme tout le monde, on évolue musicalement, au niveau de nos sentiments aussi. Et c'est vrai qu'on y met beaucoup de coeur. Dans ce nouvel album, il y a ce côté rock un peu plus brut, plus simplifié peut-être, en revenant davantage sur une base rythmique. Par contre, les instruments traditionnels y sont nettement plus présents.

Quant à vous, vous jouez de la cornemuse et de la bombarde. Est-ce un instrument exclusivement breton, la bombarde ?

Ca l'est un peu devenu. C'est la Renaissance française qui a transformé la bombarde en hautbois. En fait, cet instrument qui était trop puissant pour jouer en intérieur a été légué au peuple et c'est ainsi qu'il s'est vraiment implanté en Bretagne.

Pour "Auprès de ma bande", qui a été enregistré au fameux studio de Bow Lane, à Dublin, vous avez réuni quelques invités irlandais prestigieux, qu'il s'agisse de l'instrumentiste de génie Davy Spillane, de Shane McGowan, ancien chanteur et compositeur des Pogues, ou encore de Sinéad O'Connor.

Ecouter la réponse de Loïc Taillebrest, dans Calypso, sur CINN FM :



L'idée qu'on avait au départ, en allant en Irlande, c'était d'inviter des musiciens irlandais à participer, et aussi de faire une chanson traditionnelle irlandaise qui puisse permettre à tout le monde de chanter. Une chanson de fête à l'image des pubs... (Le choix se porta finalement sur la chanson "The wild rover", ndr) L'idée était aussi de faire venir une voix irlandaise. Comme on a eu la chance, avant même le Zénith, de faire la première partie des Pogues, à Lorient, début 1988, on a donc contacté Shane. Les Pogues proposaient, côté anglophone, une musique assez parallèle à la nôtre. L'idée lui a plu. Les gens en ont parlé et c'est arrivé jusqu'aux oreilles de Sinéad O'Connor, qui nous a contactés, en disant : "Ecoutez, on m'a parlé de votre projet; ça me plaît bien, j'ai envie de participer en faisant des choeurs". Au départ, on a été un peu surpris, mais comme ça venait de personnes en qui on pouvait avoir confiance, on a fini par y croire. Pour nous, c'était un grand honneur. Elle a quand même reçu un bouquet de fleurs en guise de remerciements.

Loïc Taillebrest, dans Calypso :



C'est bien de pouvoir ainsi côtoyer d'autres musiciens, parce que tout le monde a quelque chose à apporter. Davy Spillane m'a apporté beaucoup d'un point de vue musical. C'est cette magie qui transforme les choses.

Pour en savoir davantage sur Soldat Louis :
Le site officiel relooké du groupe Soldat Louis, où l'on peut écouter l'intégralité du nouvel album, "Sales gosses" :
www.soldatlouis.com

03.10.2006

L'ossature du "band" de Rachelle van Zanten

medium_Rachellelive0002.2.JPG Un lecteur assidu du Monde de Titus (merci l'ami !), Mick Byrds, s'interrogeait ce matin sur l'identité des musiciens qui épaulaient Rachelle van Zanten, lors du concert de Cast, samedi. Voici ce que nous avons obtenu à leur sujet.

Le public présent samedi à Cast aura sans nul doute remarqué la qualité de la section rythmique (bassiste et batteur) qui accompagnait Rachelle van Zanten. Il ne s'agissait en rien d'inconnus, comme nous l'a confirmé Eric Bert, l'un des organisateurs du festival des Vaches folk. Ce dernier nous a livré quelques précisions à leur propos.

Le batteur se nomme Graham Roby et le bassiste Hamish Tesco. Ils jouent tous les deux au sein d'une formation pop-rock au Royaume-Uni, Goldrush. Ils viennent de terminer une tournée internationale avec Mark Gardener, très connu outre-Manche, en plus d'avoir participé à l'enregistrement de son dernier album, "These Beautiful Ghosts".

"Je trouve ça délirant de les rencontrer" , indique par ailleurs Eric Bert, qui est aussi le guitariste et compositeur du duo Sugar Leaves (avec Lucie d'Alméras), qui assurait la première partie de Rachelle van Zanten, samedi; "j'étais un grand fan de Mark Gardener quand j'étais à la fac ! Les gens pensent que je carbure à la folk et à la country mais mes influences premières viennent du Royaume-Uni. Mes idoles sont Edge, Johnny Marr, et Bernard Butler. Je crois que Gert Bettens (guitariste de K's Choice, ndr) ne les renie pas non plus !"

29.09.2006

Rachelle van Zanten : copieux showcase

Près d'une cinquantaine de personnes ont suivi avec enthousiasme le showcase de la chanteuse et slide-guitariste Rachelle van Zanten, hier soir, à Dialogues musiques à Brest. Un set qui servait d'amuse-gueule avant la troisième édition du petit festival des Vaches folk, prévu ce soir, à Cast (près de Châteaulin, en Bretagne). Une prestation énergique qui a permis à chacun d'entrevoir la virtuosité de la guitariste.

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Rachelle van Zanten, hier jeudi, à l'issue du showcase à Dialogues musique, à Brest.

L'artiste canadienne s'est présentée, hier soir, en solo et dans une formule complètement acoustique. L'occasion d'entendre les compositions de son premier album solo "Back to François" dans une version épurée. Ce soir, ça sera vraisemblablement tout à fait autre chose puisque la chanteuse sera épaulée "par une section rythmique d'enfer", nous assure Eric Bert, lui-même guitariste des Sugar leaves, (qui assureront la première partie du concert) et organisateur du festival.

Deux requins de studio
à ses côtés

Deux musiciens de studio londoniens ont en effet été engagés pour cette tournée qui conduira Rachelle dans divers pays d'Europe, notamment l'Allemagne et la Hollande où elle s'est déjà souvent représentée lorsqu'elle était l'un des membres (pendant onze ans) de la formation rock canadienne les "Painting Daisies".
Rachelle van Zanten, qui a écrit à peu près la moitié du répertoire de ce quatuor féminin, nous en a d'ailleurs donné un aperçu, hier soir. Des compositions teintées de rock, tandis que les siennes oscillent davantage entre folk bien trempée et airs résolument "rootsy", à l'image de ce que la scène country canadienne, estampillée Côte Ouest, nous offre de mieux.
Le meilleur reste donc à venir. Rachelle van Zanten devrait, ce soir, transformer l'essai avec ses deux requins anglais et, nous dit-on, quelques instrumentistes surprise, dans la grande tradition de ce petit festival qui monte et dont "l'esprit boeuf" est l'une des marques de fabrique. Nul doute que Rachelle ne voudra pas rater ce tout premier rendez-vous avec le public français. A ce soir donc, see ya there folks !

Concert de Rachelle van Zanten, salle polyvalente de Cast (près de Châteaulin), à 21 h. Entrée : 7 euros. En première partie, les Sugar Leaves (Eric Bert et Lucie d'Alméras).

19.09.2006

Jim Zeller : "L'harmonica, la meilleure carte de crédit au monde"

medium_jim_zeller.2.jpgJim Zeller n'avait pas douze ans lorsqu'un harmonica lui est tombé dans les mains la première fois. Au coup de foudre a succédé la passion, facilitée il est vrai par son extraordinaire talent. En trente ans de carrière, Jim Zeller a accompagné les plus grands à l'harmonica. B.B. King, Muddy Waters, John Lee Hooker, Bob Dylan, etc. Il y a plus d'un bluesman qui rêverait d'avoir ces noms-là sur son CV... Longtemps basé à New York, où il a joué aux côtés des Talking Heads, de Pete Townsend ou Brian Eno, Jim Zeller est revenu au Québec, sa terre natale, dans les années 80, où il a notamment fondé le Jim Zeller Band. Il fait aussi partie de ces musiciens de studio que tout le monde s'arrache : de Charlebois à Higelin en passant par Breen Leboeuf. Notre rencontre avec celui qu'on surnomme la "tornade" en raison de ses prestations scéniques décoiffantes, remonte à l'année 1996.


Titus - L'harmonica est un instrument qui a acquis ses lettres de noblesse, notamment dans le monde du blues. Quand as-tu découvert cet instrument ?

Jim Zeller - La première fois que j'ai vu un harmonica, il traînait au bord d'un bureau chez l'un de mes amis à Sherbrooke. Je l'ai mis dans ma poche : je trouvais ça commode d'avoir un instrument de musique qui rentrait dans une poche. Ce qui m'a également plu avec l'harmonica, c'est que ça ressemble à la voix.

Titus - Est-ce que tu collectionnes aujourd'hui les harmonicas ?

J'en ai des tas chez moi. Un vrai "junkyard" ! Il faut dire que la durée de vie d'un harmonica est assez limitée. Je dois en changer au bout d'une semaine ou deux, sinon ils commencent à fausser. L'harmonica chromatique va durer un an en moyenne, mais les harmonicas diatoniques, ceux que j'utilise, durent moins longtemps. Normalement, je me sers d'environ une dizaine de tonalités différentes.

Ecouter la réponse de Jim Zeller, dans Calypso, sur CINN FM





Titus - La maîtrise que tu possèdes de l'instrument te vaut souvent d' être appelé à jouer pour des grands noms, qu'il s'agisse de Charlebois, Higelin, pour ne citer que quelques francophones, mais tu as aussi accompagné des géants du blues, comme B.B.King, Muddy Waters, et ce dès les années 70. J'imagine que tu dois garder des souvenirs assez marquants de toutes ces années...

C'est sûr. Quand j'ai commencé à jouer, j'avais beaucoup d'opportunités de rencontres parce que je me produisais avec un guitariste montréalais au sein d'un groupe de Detroit. On a accompagné par la suite les groupes américains qui venaient à Montréal. C'est dans ce temps-là que j'ai joué avec tous ces bluesmen. Au lieu d'engager tout le groupe, les organisateurs de concerts préféraient engager la vedette et on leur servait de groupe. Ca coûtait moins cher aux producteurs montréalais. Cette semaine, par exemple, j'accompagne Buddy Guy et B.B. King au Forum de Montréal. Ca fait partie de mes racines et de mon éducation musicale.

Jim Zeller en concert, un plaisir pour les yeux et les oreilles :




Titus - En parcourant ta biographie, plusieurs périodes se détachent. Tu as notamment travaillé pendant cinq ans aux côtés de Michel Pagliaro. Que retiens-tu de cette période ?

J'ai appris beaucoup de choses à ses côtés. On a fait cinq albums ensemble. On se voit moins souvent aujourd'hui. Il est surtout à Paris, mais c'est comme un grand frère pour moi. Il m'a beaucoup appris, surtout la manière dont il faut se montrer justes avec les musiciens quand on dirige un groupe. Il m'a aussi donné de bons tuyaux sur la façon dont il faut "dealer" avec les producteurs, pour savoir préserver une éthique. Et éviter les pièges dans lesquels lui est parfois tombé.

Titus - En 1979, tu as produit ton premier album solo, "Cartes sur table". Déjà, à l'époque, les médias te qualifiaient de "bête de scène". Et peu après, on te retrouve à New York, où tu as formé deux groupes, "Monster" et "The Bank". C'est à New York que tu montes sur scène aux côtés de Brian Eno, Pete Townsend ou des Talking Heads. Ils ne t'ont pas fait de propositions alléchantes ?

Si, mais au moment où les choses commençaient à se débloquer pour moi de ce côté-là, j'ai eu le malheur d'être incarcéré et déporté des Etats-Unis. J'ai passé deux ans de prison à New York City. C'est pas un sujet sur lequel je tiens à m'étendre. Un film documentaire, "Locomotive blues", a été réalisé sur cet épisode de ma vie et a été diffusé sur des chaînes de télé canadiennes. Il a été filmé par deux jeunes cinéastes montréalais, Eric Michaud et Michael Hogan. Ils venaient souvent voir mes spectacles et ils voulaient faire quelque chose à mon sujet. Pendant trois ans, ils ont réuni 250 heures de tournage, qui ont été par la suite condensées en 30 minutes. C'est au final, un bon document sur le style de vie du bluesman. Toujours est-il qu'après l'épisode d'incarcération, j'ai recommencé à jouer à Montréal, avec mes musiciens new-yorkais.

Titus - Je voulais justement qu'on évoque ce côté nomade du bluesman. Montréal, New York, en plus de nombreux voyages... Tu aimes la route ?

C'est une question de survie. C'est aussi un peu lié à l'instrument que je pratique, l'harmonica, qui est un instrument de gitan, d'une certaine façon, parce qu'il se promène partout. Je dis que c'est la meilleure carte de crédit au monde. On peut en jouer n'importe où. C'est toujours commode. Si je suis mal pris, je sors un harmonica et c'est assez facile d'attirer l'attention.

Titus - Ton nouvel album est intitulé "Fire to the wire". Ce titre se rapporte à une chanson reggae sur l'album. Quelle en est l'origine ?

Ecouter la réponse de Jim Zeller, dans Calypso, sur CINN FM :




"Fire to the wire" a été composée en Jamaïque, il y a deux ans. On était sur une plage, avec ma blonde Marie-Pierre Beverly, qui a justement écrit le texte d'une autre chanson de l'album "Jack Daniel's blues". En Jamaïque, ils ont la musique dans la peau, et un Jamaïcain est arrivé devant moi : "Ah, man, I've got the beat, man. Check it out, man". (Jim joue un air à l'harmonica) Le beat est parti de là et "Put the fire to the wire", c'est les rastas qui disaient ça. Ca veut dire, "allume ton joint" ou "mets le feu à la mêche". On a composé cette chanson sur place. C'est devenu le thème de l'album.

Titus - Ca fait presque huit ans que tu évolues avec la même équipe de musiciens, notamment le bassiste Jean-Guy Boutin ou le batteur Serge Soulier.

Huit ans pour ceux qui sont avec moi depuis le début de l'aventure du Jim Zeller Band. Dans le cas de Serge Soulier, ça doit faire trois ans et demi. Il vit à Toulouse, en France. C'est pas de sa faute, il est né là-bas. Je l'appelle "born to lose" (né pour perdre en anglais, ndt). C'est sans doute ce sens de l'humour qui fait que le groupe arrive à perdurer. Ce sont d'excellents musiciens. C'est un album enregistré dans les conditions d'un concert. Il y a très peu d'overdub. On a enregistré 19 chansons sur deux soirs. On en a choisi neuf et on les a complétées en l'espace de sept ou huit mois.


Pour en savoir plus :
www.jimzeller.com

Ecouter Jim Zeller à l'oeuvre :
Un extrait de "The house of the rising sun" par Breen Leboeuf (album "L'âme nue" publié en 1994), fameuse reprise des Animals, où l'harmonica de Jim Zeller est omniprésent.


14.09.2006

North Bay (Ontario) : "Un simple regard" (Breen Leboeuf)

medium_breen1.jpg Le chanteur et bassiste Breen Leboeuf (photo : Daniel Henry), né en 1949 dans la région de North Bay, doit une partie de sa popularité à sa participation au groupe de rock québécois Offenbach, entre 1977 et 1985.



Une chanson : "Un simple regard"





"Un simple regard" : texte de Pierre Côté; musique de Breen Leboeuf. Guitaristes : Roger Mann et Jeff Smallwood. Batterie : Louis Gagé. Basse, claviers, congas : Breen LeBoeuf.



Voilà encore un musicien dont les origines ontariennes sont trop souvent méconnues ! Dans le cas de Breen Leboeuf, le fait qu'il ait fait partie de la célèbre formation québécoise Offenbach n'a certainement rien arrangé. D'autant qu'il mène désormais sa carrière depuis Montréal (Québec), où est principalement concentrée l'industrie du disque francophone au Canada !

medium_breen13.jpg C'est d'ailleurs à Montréal que j'ai entendu Breen Leboeuf pour la première fois. Je n'étais arrivé au Canada que depuis peu de temps et sa chanson "De ville en aventure" (extraite de son premier album solo publié en 1990) cartonnait sur la plupart des stations montréalaises. A l'époque, trois choses m'avaient frappé : son sens de la mélodie, son énergie de rocker baroudeur et, sans doute plus que tout, sa voix haut perchée qui n'était pas sans me rappeler celle de Peter Cetera (ex- Chicago).

Le parcours de Breen remonte à 1966, alors qu'il écumait les bars de North Bay au sein de plusieurs groupes locaux. Très vite, la passion le gagne, tant et tant qu'il opte, à la fin des années 60, pour un déménagement à Toronto, la capitale provinciale. Un choix qui n'a rien d'étonnant pour un Ontarien originaire de North Bay, où l'anglais domine assez nettement. C'est donc à Toronto qu'il se joindra au groupe Chimo, qui fut à l'origine d'au moins un succès (c'était l'ère du 45 tours), dans la langue de Shakespeare ou, pour faire plus canadien, dans celle de Margaret Atwood.

medium_breen14.jpgLe grand tournant de sa carrière survient toutefois en 1977, lors d'une rencontre fortuite avec les musiciens d'Offenbach, qui effectuaient une tournée promotionnelle à Toronto. Les musiciens québécois, au nombre desquels le fameux Gerry Boulet, sont frappés par son jeu de basse et décident un peu plus tard de le recruter, au même titre d'ailleurs que le guitariste ontarien Doug McCaskill, qui abandonnera peu après et sera remplacé par un autre Ontarien, John McGale, compère de Breen devant l'éternel. (Ci-dessus, Breen Leboeuf et John McGale en concert / Photo : Daniel Henry).

Recruté à l'origine pour ses talents de bassiste, Breen chante une première chanson sur l'album "Traversion" d'Offenbach, un texte de Pierre Huet, qui obtient un succès monstre. Breen Leboeuf est de plus en plus sollicité et de nombreuses collaborations voient le jour. Il accompagne notamment le groupe vedette franco-ontarien Garolou en tournée, voire même... (je vous le donne en mille...) une certaine Céline Dion. Puis, après la séparation d'Offenbach en 1985, il crée le Buzz Band avec deux autres pointures : le guitariste John McGale et le batteur Jerry Mercer (ex-pivot du groupe canadien légendaire April Wine).

Dès 1990, Breen se lance (enfin) dans l'aventure en solo, ce qui ne l'empêche pas de multiplier les collaborations et les concerts, en digne soldat de la scène qu'il a toujours été. Jusqu'ici, trois albums ont vu le jour : "De ville en aventure" (en 1990), "L'âme nue" (1994), d'où est extraite la chanson "Un simple regard", et "J'avance" (en 2000), sans doute le plus éclectique dans l'esprit, et qui comprend un duo R&B avec Nanette Workman.

Alors qu'il effectuait la tournée de promo de "L'âme nue" en 1994, j'ai vu Breen Leboeuf au festival francophone "La nuit sur l'étang" à Sudbury, en 1994, et cela a confirmé les impressions que j'avais du musicien. Un jeu énergique et un personnage à la hauteur de sa discrétion légendaire. Sur ce second album solo du Franco-Ontarien, on trouve une étonnante cover de "The house of the rising sun" des Animals, avec un très beau solo de l'harmoniciste canadien Jim Zeller (sur lequel nous reviendrons dans un proche avenir).




Un lieu : North Bay, porte du Nord de l'Ontario

Construite en 1925 en bordure du lac Nipissing, la ville de North Bay (environ 55.000 habitants) est à juste titre considérée comme la "porte du Nord" de l'Ontario. Il faut dire qu'historiquement, elle se situe le long de "l'itinéraire du Nipissing", célèbre circuit utilisé pour la traite des fourrures puisqu'il permettait de relier les eaux du lac Trout et les rivières Outaouais et Mattawa avec celles du lac Nipissing, de la rivière des Français et de la baie Géorgienne.

medium_slide-si-sunsets07.jpg La ville s'est véritablement développée à partir de la construction de la voie ferrée du CP (Canadian Pacific) en 1882, qui favorisa l'établissement de colons en provenance du Sud de la province. La situation géographique de North Bay, au carrefour du réseau de chemins de fer, a fait d'elle un centre reconnu pour la fourrure. Comme dans le reste de la région, l'industrie du bois (et de ses sous-produits) joue aussi un rôle essentiel. Le tourisme s'y est d'autre part fortement développé au cours des dernières décennies. On y trouve une importante communauté canadienne-française (près de 25 %).


Pour en savoir plus sur Breen Leboeuf :

www.breenleboeuf.com
www.quebecpop.com
www.quebecinfomusique.com
www.leparolier.org/quebecois/classartistes/b/breenleboeuf...

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