19.02.2007
"Super size me" : sacrifice sur l'autel de la malbouffe
Comment l'Amérique est-elle devenue obèse ? C'est à cette question que tente de répondre le réalisateur américain Morgan Spurlock dans son documentaire caustique "Super size me", tourné en 2005. Une démonstration choc, sur les effets de la malbouffe. Une invitation à la réflexion sur les évolutions de la nutrition dans les sociétés occidentales.
L'humour permet souvent de faire passer des messages qui pourraient sembler rébarbatifs dans le cadre d'une présentation conventionnelle. A ce petit jeu, le réalisateur Morgan Spurlock fait mouche, c'est le moins que l'on puisse dire ! Dans le but d'expliquer le pourquoi de l'obésité américaine en 99 minutes top chrono, le cinéaste n'hésite pas à employer les grands moyens. Pendant 30 jours, il décide de prendre tous ses repas, "aux portions épiques", dans la plus célèbre des officines de restauration rapide, quitte à s'en rendre malade.
Capital santé mis à mal
Histoire de ne rien prendre à la légère et de donner un arrière-plan scientifique à son "expérience", Morgan Spurlock convie plusieurs spécialistes (notamment un généraliste, un cardiologue et une diététicienne) à l'accompagner tout au long de l'aventure. Un bilan médical complet est ainsi réalisé. Les examens sont formels : avant son "expédition" au royaume de l'arche dorée, Morgan Spurlock jouit d'une santé de cheval. Pas une seule ombre au tableau ! Un capital qu'il n'hésite cependant pas à mettre à mal en se livrant à une consommation effrénée des produits estampillés fast food. Place au suspense : le cinéaste-cobaye survivra-t-il à cette terrible épreuve ? D'emblée, rien ne semble moins sûr !
Sacrifice
Les médecins, mais aussi sa compagne végétarienne, seront les témoins de cette "dégringolade", véritable sacrifice sur l'autel de la malbouffe. Et il ne faudra pas attendre 30 jours pour commencer à voir apparaître les premières conséquences néfastes : prise de poids, nervosité, déprime, hypertension, etc. La démonstration est vite faite, et solidement étayée par des bilans d'étape réalisés par les spécialistes.
Parabole à charge
Etonnant, construit comme un réquisitoire à la Michael Moore (en cela, le film n'est pas sans rappeler le fameux Fahrenheit 9-11 !), "Super size me" n'est pas seulement la démonstration jusqu'au-boutiste d'un militant. Le film se veut une superbe parabole à charge contre un certain mode de vie à l'américaine, longtemps érigé en modèle à l'échelle du globe, et dont on commence à réaliser les effets pervers... Ailleurs, et ici-même !
09:18 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Super size me, malbouffe, cinéma, restauration rapide





















