04.09.2008
Les Cerfs-volants de Kaboul : l'histoire d'une rédemption
Adaptation lumineuse du roman à succès de Khaled Hosseini (publié en 2005), "Les cerfs-volants de Kaboul", réalisé par Marc Forster, sort cette semaine en DVD. Une belle histoire d'amitié et de rédemption ayant pour toile de fond l'Afghanistan d'hier et d'aujourd'hui...
Kaboul, dans les années 1970. Les Afghans vivent leurs dernières années de paix avant longtemps. La vie quotidienne est rythmée par la fête, la musique et les concours de cerfs-volants, auxquels participent avec assiduité Amir et Hassan, les deux héros de cette fresque. Amir est le fils d'un commerçant pachtoun aisé, qui a pour domestique le père d'Hassan, de l'ethnie hazara. Malgré ces différences, les deux enfants sont élevés comme deux frères et Hassan voue une fidélité sans borne à Amir, allant jusqu'à le défendre courageusement lorsque ce dernier est sur le point de se faire agresser par des brutes. Amir, témoin peu de temps après d'une agression perpétrée contre Hassan, fait quant à lui preuve d'une lâcheté navrante et ne se porte pas au secours de son ami. Incapable de soutenir le regard d'Hassan après son acte, il aggrave encore la situation en organisant son renvoi de la maisonnée en le faisant passer pour un voleur...
Une occasion de se racheter
Lorsque les troupes soviétiques envahissent le pays en 1979, Amir suit son père sur le chemin de l'exil. On le retrouve aux Etats-Unis en 2000, jeune écrivain fringant qui vient de publier son premier roman, lorsqu'un appel émanant de Kaboul lui offre une occasion de se racheter de sa conduite indigne d'autrefois. Amir retourne alors en Afghanistan, un pays qui ne correspond plus en rien à ce qu'il a connu jadis. Les talibans ont pris le pouvoir et imposent leur fanatisme religieux à une population souvent résignée. Les paysages sinistrés par plusieurs décennies de guerre, les matchs de foot interrompus par les lapidations publiques offrent un spectacle effroyable, qui s'oppose aux images si paisibles de l'Afghanistan d'antan. Mais cette fois, Amir est déterminé. Faisant fi de tous les obstacles, il poursuit sa courageuse quête de rédemption. En écho au drame de son enfance - sa trahison envers Hassan -, son attitude semble vouloir nous rappeler que face aux situations les plus injustes, le mutisme et l'inaction sont bien les pires des maux.
20:45 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Les Cerfs-volants de Kaboul, cinéma, Marc Forster, Khaled Hosseini, littérature, Afghanistan
05.11.2007
Le Goncourt à Gilles Leroy
La dépêche AFP est tombée ce lundi. Le prix Goncourt 2007 a été attribué à Gilles Leroy pour son roman, "Alabama Song" (Mercure de France). L'annonce a été faite par le jury au restaurant Drouant à Paris. Une consécration méritée pour cet auteur talentueux, curieusement resté dans l'ombre trop longtemps, ce en dépit d'une oeuvre déjà fort conséquente.
Sur l'auteur : quelques propos recueillis au gré de rencontres avec Gilles Leroy dans les années 1990.
Sur le roman "Alabama Song" : notre point de vue détaillé sur le livre.
Sur la genèse d'"Alabama Song" : une interview récente avec Gilles Leroy, réalisée lors de son passage à la librairie Dialogues, à Brest, le 14 septembre dernier.
13:55 Publié dans Les bonnes infos de Titus | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Gilles Leroy, Prix Goncourt, Alabama Song, littérature, Mercure de France, librairie Dialogues
17.04.2007
Le Jeu des quatre bouquins
Découvert sur le blog Carnet de lectures, ce questionnaire littéraire qui se propage à grande vitesse sur le Web et que je fais suivre à mon tour à plusieurs papivores dont je me réjouis à l'avance de lire les suggestions...
LES QUATRE LIVRES DE MON ENFANCE
Le Roman de Renart
Diloy le chemineau de La Comtesse de Ségur
Lettres de mon moulin d'Alphonse Daudet
Lettre des îles Baladar de Jacques Prévert
QUATRE ECRIVAINS QUE JE LIRAI
ET RELIRAI ENCORE
Paul Auster, (ci-contre), notamment "Moon Palace", "La Musique du Hasard", "Léviathan", "La Nuit de l'Oracle" et "Brooklyn Follies".
Saul Bellow, notamment "The Victim", "Ravelstein".
Franz Kafka, notamment "La Métamorphose".
Fedor M. Dostoievski, notamment "L'Eternel Mari" et "Crime et Châtiment".
QUATRE AUTEURS QUE JE N'ACHETERAI
(OU) N'EMPRUNTERAI PROBABLEMENT JAMAIS PLUS
Eliette Abécassis (ci-contre)
Marc Lévy
David Foenkinos
Jake Hill
LES QUATRE BOUQUINS QUE J'EMPORTERAIS
SUR UNE ILE DESERTE :
"Le Voyage d'Anne Blume" de Paul Auster
"L'Alchimiste" de Paulo Coelho
"Le Cavalier suédois" de Leo Perutz
"God's Grace" de Bernard Malamud
LES QUATRE PREMIERS LIVRES
DE MA LISTE A LIRE :
"Mémoires de porc-épic" d'Alain Mabanckou
"L'auteur ! L'auteur !" de David Lodge
"Les Cygnes Sauvages" de Jung Chang
"Au Bar de l'Univers" de Benoît Luciani
LES QUATRE DERNIERS MOTS
D'UN DE MES LIVRES PREFERES :
"Dans le rugissement des pagaies, quand la mamie-maman murmure, j'entends la mer déclamer son ode aux enfants tombés du bastingage. Partir, vivre libre et mourir, comme une algue de l'Atlantique".
Le Ventre de l'Atlantique, de Fatou Diome.
LES QUATRE AMIS CHOISIS POUR PASSER LE RELAIS :
Cath (Planetargonautes)
Laurenn (La vie rêvée)
Barbara (Home in France)
Gabrielle (Gabrielle Coquine)
Au plaisir de vous découvrir !
08:00 Publié dans Le salon littéraire | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, bibliothèque rêvée
07.04.2007
Mots vengeurs
Dans ce rêve en noir et blanc, j'étais haut perché sur un tabouret métallique placé au centre d'une grande pièce vide et froide. Devant moi, une antique machine à écrire était posée sur un guéridon en pin. Je ne peux dire précisément en quoi consistait mon activité, mais il semble qu'elle devait être liée à l'écriture. Qu'étais-je supposé écrire ? Je ne pourrais le dire, mais ce dont je me rappelle parfaitement, en revanche, c'est qu'à chaque fois que je me relisais, je découvrai les mots d'un(e) autre. Il n'y avait rien à faire... J'écrivais "pluie", et je lisais "soleil" ; j'écrivais "soleil" et la machine, dans un crépitement désagréable, recrachait "pluie". Mes tentatives répétées semblaient vaines.
J - E - - - S - U - I - S.
"UN IMBECILE".
Ces deux mots complétaient ma phrase restée inachevée.
JE SUIS UN IMBECILE
Et tandis que je relisais les mots, le crépitement reprit de plus belle. Même sans papier, les mêmes touches s'enfonçaient à l'infini : U-N- - - -I-M-B-E-C-I-L-E... Les murs de la pièce, dont je n'avais peut-être pas assez souligné l'extraordinaire blancheur, furent soudain recouverts de ces mêmes inscriptions
IMBECILE IMBECILE IMBECILE
Je m'étais endormi fatigué, je me suis réveillé schizophrène... avec une douleur à l'estomac en prime.
16:45 Publié dans Divagations | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Rêve, cauchemar, littérature
22.03.2007
Apostrophes : seconde jeunesse grâce au Web
Si vous êtes comme moi un brin nostalgique de la grande époque d'Apostrophes, présentée par Bernard Pivot entre 1975 et 1990 sur Antenne 2, vous serez sans doute intéressés par l'information qui suit : de nombreux extraits de l'émission légendaire sont actuellement en ligne sur le site de l'Institut national de l'audiovisuel. Une belle opportunité d'en revoir les plus grands moments !
Quelques notes de piano, toujours le même air, introduisaient chaque nouvelle émission. C'était notre signal. L'heure du rendez-vous hebdomadaire avec Bernard Pivot et ses invités souvent "croustillants". "Apostrophes", c'était toujours un voyage à la rencontre de l'autre, des autres. Une formidable ouverture sur le monde, l'histoire, les idées... Surtout, cette émission donnait le goût de lire, et a très certainement pondu, en quinze ans et demi, plusieurs générations de lecteurs. Rien d'étonnant quand on sait que pas moins de 140 auteurs ont défilé sur le plateau d'Apostrophes.
C'était l'époque de la télévision sans chichi, celle où on pouvait tout dire et tout montrer, ou presque. Le contraire du concept actuel, lisse et formaté, qui est aujourd'hui (hélas) trop souvent la norme. C'était aussi l'époque où il n'était pas besoin d'être un insomniaque pour avoir, à quelques exceptions près, la chance d'entendre parler de littérature à la télé !
Des archives téléchargeables
Parmi les autres émissions qui ont fait date, il y a cette rencontre avec l'écrivain russe en exil, Alexandre Soljenitsyne, qu'on voit fendre du bois à la hâche dans sa propriété du Vermont, mais aussi ces entretiens avec Yourcenar, Duras, Lévi-Strauss... Quel bonheur de pouvoir tous les retrouver ainsi ! Pratiquement la totalité des émissions d'Apostrophes est désormais en ligne et un total de 100.000 émissions (télé et radio) sont aujourd'hui téléchargeables pour un prix modique à partir du site de l'Ina.
Une initiative à rapprocher de l'édition, chez Gallimard, de DVD rassemblant "Les grands entretiens de Bernard Pivot" depuis trois ans. Seize de ses entretiens avec des écrivains ont déjà été publiés.
Cette semaine, à l'occasion de la mise en ligne d'Apostrophes sur le site de l'Ina, Bernard Pivot est chaque matin, à 10 h 30, l'invité de Colombe Schneck, sur France Inter, jusqu'à vendredi 23. L'occasion d'entendre de savoureuses anecdotes sur les coulisses de l'émission.
13:06 Publié dans Les bonnes infos de Titus | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Ina, Apostrophes, littérature, Bernard Pivot, France Inter
29.12.2006
Mon Top 10 des livres en 2006
La dernière semaine de l'année est souvent une période propice pour les rétrospectives et palmarès de tous poils. Même si cela n'est pas très original, je vous fais part aujourd'hui des dix lectures qui m'ont le plus enchanté cette année et aussi de celles dont je me serais assez bien passé. Comme il est rare de trouver deux appréciations semblables sur un livre, je vous encourage à apporter vos propres commentaires sur les bouquins que vous avez lus... Comparons nos points de vue !
D'abord, une précision : je n'ai pas tout lu, loin s'en faut, de la production littéraire de l'année. Je ne vois d'ailleurs comment cela serait possible tant le nombre d'ouvrages publiés est immense. Néanmoins, sur la trentaine d'ouvrages que j'ai lus cette année, voici ceux qui m'ont donné le plus de plaisir. A noter que tous les ouvrages cités n'ont pas été publiés en 2006 :
1. Yasmina Khadra -
L'attentat (Julliard, 2005)
Ce très beau livre couronné par plusieurs prix, a notamment reçu le Prix des lecteurs du Télégramme, cette année. Une récompense tout à fait méritée, à mon avis.
2. Eric Faye - Le syndicat des pauvres types (Stock, 2006). Lire par ailleurs notre note sur cet ouvrage curieusement un peu passé inaperçu.
3. Philip Roth - Le Complot contre l'Amérique (Gallimard, 2006).
Lire la note consacrée à ce livre.
4. Andreï Guelassimov - La Soif (Actes Sud, 2004)
Un jeune auteur russe à découvrir. J'y reviendrai.
5. Paul Auster - Brooklyn Follies (Actes Sud, 2005)
De l'écrivain new-yorkais, j'aime à peu près tout, notamment son superbe "Voyage d'Anna Blume". "Brooklyn Follies", son plus récent, fait partie de ses grandes réussites, et restitue fidèlement le Brooklyn où réside l'auteur.
6. Alain Mabanckou - Verre cassé (Seuil, 2005)
Cet auteur africain qui enseigne la littérature aux Etats-Unis a déjà publié plusieurs ouvrages. J'ai beaucoup aimé celui-ci, qui nous présente l'Afrique de manière originale, et non sans humour !
7. Sylvie Testud - Le ciel t'aidera (Fayard, 2005)
Comédienne de talent, Sylvie Testud prouve ici qu'elle est aussi dotée d'une très belle plume. Lire notre note à son sujet.
8. Amos Oz - Soudain dans la forêt profonde (Gallimard, 2006)
Un très beau conte à la portée universelle. Lire notre note à ce sujet.
9. Jon McGregor - Fenêtres sur rue (Payot & Rivages, 2005)
Un bouquin sélectionné pour le Booker Prize. Un jeune auteur prometteur. Lire notre note.
10. Alain Rémond - Je marche au bras du temps (Seuil, 2006)
Délectable, comme tout ce qu'écrit Alain Rémond.
Quelques ouvrages dont je me serais bien passé
Kate Mosse - Labyrinthe (Lattès, 2006).
Lydie Salvayre - La méthode Mila (Seuil, 2005).
Claire Wolniewicz - Ubiquité (Ed. V. Hamy, 2005).
David Foenkinos - En cas de bonheur (Flammarion, 2005).
08:00 Publié dans Le salon littéraire | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Top 10 2006, livres préférés
14.11.2006
De l'importance du voyage et de l'exil...

Découvert, dans le préambule de "La Lettre écarlate" (The Scarlet Letter) de l'écrivain américain Nathaniel Hawthorne (1850), cette réflexion sur les bienfaits du voyage et de l'exil.
"La nature humaine, pas plus qu'un plant de pommes de terre, ne saurait prospérer si on la pique et repique pendant trop de générations dans le même sol. Mes enfants ont eu d'autres lieux de naissance et, dans la mesure où je pourrai agir sur leurs destinées, ils iront enfoncer des racines dans un sol nouveau".
Plus près de nous, ces propos de l'ingénieur Rigot, personnage du roman "Le Survivant" , d'Andrée Chedid (1963), évoquant l'Afrique où il est établi depuis douze ans :
"Ma passion, ce sont les routes : construire où rien n'existe. J'aime respirer l'odeur du goudron. Je ne suis heureux que lorsque le compresseur plaque dans le sable sa bande noire. Je voudrais que l'on puisse traverser le désert de part en part. En Europe, tout est déjà dit, tracé; on invente le superflu, on se préoccupe des loisirs. Ce qui m'intéresse, ce sont les premiers pas, les balbutiements..."
Photo prise en juillet 2004, lors de la grande fête maritime Brest 2004.
08:00 Publié dans Pépites | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Andrée Chedid, Nathaniel Hawthorne, exil, voyage.
02.11.2006
Sylvie Testud : les phobies d'une comédienne
Sylvie Testud n'est pas seulement une extraordinaire comédienne : sanguine et instinctive, l'actrice a déjà montré qu'elle avait un caractère bien trempé. Ses livres sont là pour nous rappeler qu'elle est aussi un auteur non dénué de talent. Dans "Le ciel t'aidera", le personnage apparaît dans toute sa complexité. En décrivant, avec un humour très rafraîchissant, ses peurs et angoisses, la jeune comédienne se met à nu, pour notre plus grand bonheur !
L'heure est hélas souvent au déballage intime. Nombre de stars acceptent ainsi de livrer leurs confidences les plus interdites. But de l'exercice ? Le plus souvent, cela participe de l'exercice médiatique obligé - plan de marketing ? - pour qui veut rester au centre de l'arène cathodique. Car la finalité, dès que sort l'ouvrage, n'est-elle pas de se faire inviter chez Fogiel, Ardisson, Dumas et consorts ?
Fibre littéraire
Chez Sylvie Testud, la motivation semble tout autre. De nature plutôt timide, l'auteur refuse la facilité exhibitionniste. On devine chez elle une véritable fibre littéraire et ses écrits - bien qu'autobiographiques - ne sombrent jamais dans la vulgarité des confessions à deux balles. Dans "Le ciel t'aidera", l'auteur décrit ainsi, d'une plume alerte et souvent drolatique, le mécanisme des phobies et les ressorts intérieurs qui conditionnent les peurs de son quotidien.
J'ignorais le penchant de Sylvie Testud pour le boxer, un chien qui, décidément, exerce la plus étrange des fascinations sur ses maîtres. Tous ceux qui en possèdent un à la maison vous le diront (n'est-ce pas Titus ?). Les scènes où elle évoque son chien sont à mourir de rire.
Une lecture très sympa, vraiment !
"Le ciel t'aidera", Fayard, 2005.
Pour en savoir plus sur Sylvie Testud :
http://sylvie.testud.actricesdefrance.org/
07:00 Publié dans Le salon littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Sylvie Testud, boxer, littérature, Fayard, phobies, peurs

























