11.04.2008

Mathieu Lucas : "En Australie, il y a quelque chose en plus !"

Bassiste résidant aujourd'hui à Angoulême, Mathieu Lucas n'en est pas moins l'un des pivots de la formation de rock australien The True Believers qui accompagne Carus Thompson en tournée dans le monde entier (et qui sera à Cast, près de Châteaulin, le 26 avril). Voilà qui en soi n'est déjà pas banal. Le musicien français qui a fait ses classes au prestigieux collège Berkeley de Boston explique la raison de sa présence au sein de ce groupe des antipodes, à laquelle une histoire d'amitié n'est pas tout à fait étrangère...


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Titus - Mathieu Lucas, vous faites partie de l'ossature des True Believers, aux côtés de musiciens australiens. Pouvez-vous raconter les circonstances de votre rencontre avec Carus Thompson ?

J'ai rencontré Carus à l'occasion de ses premières tournées enropéennes, quand il était juste avec sa guitare et son sac à dos, à la roots. Mon cousin et lui sont amis depuis l'enfance à Fremantle, donc quand il est arrivé en Europe en 2003, j'ai organisé des concerts pour lui en Charente, et nous sommes restés en contact jusqu'à fin 2006, au moment où j'ai rejoint le groupe. Son ancien bassiste a quitté le groupe assez soudainement et je lui ai proposé de le remplacer. Cela paraissait un peu fou mais l'idée a germé et je suis parti en Australie pour ma première tournée en février 2007.

Titus - J'aimerais que l'on revienne un moment sur votre propre parcours de bassiste. Vous souvenez-vous de la première fois où une basse vous est tombée entre les mains ?

f0edf8f1faef31cc3207795575eae6cd.jpgJe suis pianiste de formation. En 1993-94, j'ai tourné en France comme conférencier (avec un film documentaire). Etant tous les jours sur la route je n'ai pas pu prendre mon piano avec moi !... J'ai acheté ma première basse à Marseille, début 94, et j'ai immédiatement su que j'avais trouvé mon instrument. J'ai commencé à travailler tous les soirs à l'hôtel après les conférences, j'étais accro. J'avais juste un ampli casque, un lecteur CD portable et ma basse... Et des disques de Jaco Pastorius... J'ai toujours été sensible à la basse dans mes années de pianiste, jouant beaucoup de jazz et ayant deux de mes meilleurs amis qui étaient bassistes. Adolescent, mon professeur de piano (il était beaucoup plus que ça , je devrais dire mon mentor...) était un ancien contrebassiste.

Titus - Quel parcours avez-vous suivi pour devenir musicien ? Avez-vous toujours vécu à Angoulême ?

J'habite à Angoulême seulement depuis 2000. J'ai longtemps vécu sur la Côte d'Azur, à Nice, ainsi qu'à Paris et en Afrique, petit. J'ai commencé la musique par l'orgue à 10 ans et je suis passé au piano vers 16 ans. J'ai eu la chance d'étudier au prestigieux Berkeley college of music de Boston, en piano, puis à la basse...

Une vidéo de Carus Thompson & The True Believers filmée à Hanovre, en Allemagne, le 24 mai 2007, où l'on peut apprécier un excellent solo de Mathieu Lucas à la basse :


Titus - Qu'écoutiez-vous lorsque vous étiez jeune ? Etiez-vous déjà interessé par la musique australienne ? Avez-vous évolué au sein de différents groupes français avant de vous joindre aux True Believers ?

d2e6bf83408b470901bde1df4399989c.jpgJ'ai été formé (déformé ?) par le jazz dans toutes ses tendances. J'ai aussi beaucoup écouté (et écoute toujours) de musique latine (salsa et musique brésilienne). Je suis tombé dans le rock très tard, en 2002, à la création du groupe Kartel. J'écoute maintenant beaucoup de pop/rock anglais. J'adore également le gospel et le chant a cappella en général. J'ai chanté avec le groupe de gospel Sankofa de 1998 à 2007. J'arrange maintenant pour le groupe. Je découvre depuis un an la richesse de la musique australienne. Le pays fourmille d'auteurs-compositeurs-interprètes de talent. Je pense que cela doit être une des plus importantes concentrations au monde par habitant (ils sont seulement 20 millions) je suis devenu fan de beaucoup d'entre eux ! Carus, of course (oui, je joue avec lui et en plus j'aime sa musique...), Loren, Rob Sawyer, Jess McAvoy, Carolyn Oates, Neil Murray, John Butler Trio, The Waifs, etc.

Titus - A quand remonte votre premier voyage en Australie ?

Je suis allé pour la première fois en Australie en 1989, en vacances. Je n'y étais jamais retourné avant l'année dernière.

Titus - Quel regard portez-vous sur ce pays, le mode de vie à l'australienne ?

J'adore l'Australie. Le fait que je sois bilingue aide, bien sûr. j'ai toujours été à l'aise dans les pays anglo-saxons. Mais en Australie, il y a quelque chose en plus. En plus, j'y voyage maintenant comme musicien en tournée, ce qui est à peu près la meilleure vie du monde ! Et ce qui me permet de voir plein de coins que j'aurais probablement ratés comme touriste. Puis je suis tous les jours avec des Australiens, donc l'expérience est complète... A chaque fois que je reviens en France, je trouve les gens stressés et cela me donne envie de retourner là-bas de suite... J'y retournerai probablement de manière quasi permanente, dans le futur.

La vidéo de "Broken song", de Carus & The True Believers :


Titus - Lorsque vous décidez d'écrire à Carus pour lui proposer de remplacer le bassiste qui venait de quitter la formation, quel était votre état d'esprit ? Pensiez-vous que Carus allait répondre favorablement ?

J'avais envie de bouger. J'étais un peu miné par mes expériences de groupe en France, avec des gens très difficiles à motiver. En plus, comme je l'ai dit, j'aime vraiment beaucoup la musique de Carus, ainsi que le personnage lui-même. Beaucoup de musiciens français devraient prendre des leçons sur les Australiens sur la manière de gérer leur business et leur présence scénique !

Titus - Comment cela s'est-il passé ? Etes-vous allé en Australie pour faire un bout d'essai ?

Non, j'avais déjà joué avec Carus en France, donc il me connaissait musicalement. Il m'a juste demandé si j'étais prêt à m'adapter à son optique de "less is more", c'est à dire de ne pas surjouer la musique et d'aller à l'essentiel. Ca s'est très bien passé, même si nous ne sommes pas d'accord sur tout, mais nous sommes assez grands pour savoir accepter nos différences.

Titus - Qui sont les autres membres du groupe et quelles sont vos relations avec eux ? Notamment durant vos tournées, qui sont plutôt nombreuses ?

eaa8a242f4e06421b092538e6de8a883.jpgEn Australie, le batteur est Jason McGannet; le violoniste - mandoliniste - pianiste est John Bedggood, dit "Bedge". Ils sont vraiment cools en plus d'être d'excellents musiciens. Jason est le premier batteur du John Butler Trio et Bedge joue avec à peu près tout ce qui se fait de mieux sur la scène folk-rock australienne. Nous avons passé beaucoup de temps ensemble en tournée en 2007 - environ six mois - et ça a été une expérience incroyable. Tout le monde a, bien sûr, des hauts et des bas mais, dans l'ensemble, nous n'avons jamais eu de gros problème. J'ai beaucoup traîné avec Jason (basse-batterie...) et c'est quelqu'un que j'adore. Pour cette tournée européenne, la formation va être différente. Carus amène son frère, Christian, pour officier à la deuxième guitare et aux choeurs et le batteur sera Christophe Baillet. Christophe est le batteur de mon ancien groupe de rock, Kartel et compte parmi mes meileurs amis. J'en ai peu. C'est la raison pour laquelle je lui ai proposé de se joindre à nous pour cette tournée. En plus c'est un excellent batteur ! Nous avons enregistré vite fait basse/batterie pour Carus et il a dit ok !

Titus - Lorsque vous regardez en arrière, êtes-vous satisfait du chemin parcouru avec Carus et les True Believers ?

Cela fait seulement un an que je suis dans le groupe. C'est passé très vite et, en même temps, le fait de bouger en permanence rend le temps élastique. J'ai tellement parcouru de kilomètres en 2007 que j'ai l'impression de faire partie du groupe depuis beaucoup plus longtemps ! Mais le plaisir est intact, j'ai hâte de repartir en tournée !

Titus - Avez-vous participé à l'enregistrement du dernier album de Carus, "Three Boxes" ? Pour moi, cet album est celui de la maturité. Une unité de ton est perceptible. Quel est votre sentiment sur ce disque et sur l'évolution de l'écriture de Carus ?

Non, je suis arrivé après la fin de l'enregistrement de l'album. Il est certain que cet album est beaucoup plus abouti que les précédents. Surtout au niveau production. Les morceaux ont été pré-produits à Melbourne, surtout chez Jason qui a un home studio, pour ensuite être enregistrés dans un bon studio avec Greg Arnold comme réalisateur artistique. le mixage a été réalisé à Nashville, ce qui a apporté une couleur différente. L'ingé son du mixage a aussi amené 2 ou 3 petites choses qui font vraiment la différence. Carus arrive à écrire des choses très simples mais intéressantes. Il ne faut pas oublier son background. il vient du folk, influencé par Dylan ou Springsteen. Souvent l'accent est mis sur le texte, et la musique se doit de rester assez simple harmoniquement et mélodiquement.

Titus - Lors de son premier passage en Bretagne, l'an dernier, Carus était seul sur scène. Cette fois, le 26 avril, les True Believers l'accompagneront. Comment vous sentez-vous à quelques jours du lancement de cette tournée européenne qui s'annonce comme la plus fournie dans l'histoire du groupe ?

fe8c0fb7a3f58bd6203748ab8c1f47ab.jpgJ'ai hâte d'y être! Cela va être différent de ce que nous avons fait jusque là de par le changement de musiciens. ce sera peut-être plus rock avec deux guitares, quoique Carus a acheté une mandoline et compte bien s'en servir! Je suis très heureux de faire cette tournée avec Christophe, cela va rétablir l'équilibre. Deux Français contre deux Australiens; on va bien se marrer !

Titus - Dans une première interview, l'an passé, Carus nous avait dit que le fait d'avoir un Français dans son équipe était un bel atout pour tenter de percer dans l'Hexagone. Quel accueil le public français vous a-t-il réservé jusqu'ici ?

Pour l'instant, nous jouons très peu en France. Je n'ai pas vraiment eu le temps de démarcher ici, étant beaucoup en tournée mais je compte m'y mettre à l'automne, pour 2009. Le problème, en France, c'est que beaucoup de festivals et salles sont verrouillées par les tourneurs, donc il faut batailler ferme...

Titus - Quels sont vos projets personnels ? Avez-vous l'intention, a priori, de poursuivre votre bout de chemin avec les True Believers ?

J'ai appris récemment que je vais être papa à la fin de l'année, donc c'est un projet qui risque de me prendre un peu de temps ! Mais j'espère pouvoir continuer à jouer avec Carus ! Je n'ai plus de projet personnel ici en France pour l'instant, si ce n'est la musique que j'écris régulièrement pour France 3.

Autre performance "live" de Carus, sur la chanson "Last days of winter" :



2231f165438303ff8d713e38ba1edfd4.jpgPRATIQUE
En concert à CAST (près de Châteaulin, à 10 mn de Quimper) le samedi 26 avril 2008, à 21h.
Infos complémentaires sur le site MySpace des Vaches Folks.
Tarifs : 13 € / 15 € (+ frais de location);
Points de location : Brest : Dialogues Musiques (+1 €); Quimper : Harmonia Mundi (+0 €); Cast : Mairie (+0 €), bar-presse « le Toon’s » (+0 €). Réseau Ticketnet (utilisez le mot-clef "Carus" dans votre recherche) (+1,7 €)

31.03.2008

Carus Thompson, le retour

C'est confirmé, l'Australien Carus Thompson sera de retour sur la scène des Vaches folk, à Cast (près de Châteaulin), le samedi 26 avril, dans le cadre de sa tournée européenne 2008. Etoile montante du rock australien, Carus sera accompagné, à la différence de sa première prestation dans la région, de son excellente formation The True Believers. Carus en solo avait déjà fait forte impression. Cette fois, ce sera vraisemblablement de la dynamite...


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Le rock frais et ensoleillé de la côte ouest australienne, vous connaissez ? Carus Thompson en est sans doute aujourd'hui l'un des plus beaux fleurons. Tout à fait à l'image de l'esprit surf down under, sautillant, tonique et mélodieux à souhait. Bosseur invétéré, Carus s'est fait un nom en écumant son immense pays de part en part dans le but avoué "d'apprendre la scène" au contact du public des clubs. Cette expérience a fait de lui un showman redoutable, qui enroule autour de son médiateur les publics les plus récalcitrants...

D'autres lectures
Je vous invite, si ce n'est déjà fait, à lire notre interview de Carus Thompson, publiée l'an dernier peu avant son concert de Cast, le 24 août 2007. On peut aussi parcourir notre récit de la soirée. Et si cela ne suffit pas encore, jetez-vous sans retenue sur la petite vidéo qui suit, enregistrée l'an dernier au Blues & Roots Festival de Fremantle (Australie). Une version imparable de "Warning signs", chanson de son troisième opus "Three boxes", qui fait un carton aux antipodes. Ne manquez pas cette opportunité d'aller découvrir (pour une somme assez dérisoire !) un artiste dont la popularité croissante n'est pas surfaite...


PRATIQUE
En concert à CAST (près de Châteaulin, à 10 mn de Quimper) le samedi 26 avril 2008, à 21h.
www.myspace.com/vachesfolks
Tarifs : 13 € / 15 € (+ frais de location);
Points de location : Brest : Dialogues Musiques (+1 €); Quimper : Harmonia Mundi (+0 €); Cast : Mairie (+0 €), bar-presse « le Toon’s » (+0 €). Réseau Ticketnet (utilisez le mot-clef "Carus" dans votre recherche) (+1,7 €)

25.08.2007

Carus Thompson : un vendredi soir en Australie

medium_P8230050.JPGLa petite commune de Cast a vécu, le temps de la soirée de vendredi, à l'heure australienne. Le songwriter Carus Thompson, invité vedette de cette édition des Vaches folks, n'a pas manqué son premier rendez-vous avec la Bretagne. Un concert roboratif à souhait, restituant fidèlement la palette des ambiances du musicien, entre rock, folk et même reggae !


Les Vaches folks sont uniques ! Connaissez-vous aujourd'hui beaucoup de festivals où le public a maintes occasions de rencontrer, avant ou après le spectacle, la vedette de la soirée ? C'est sans doute ce qui fait le charme de cette manifestation à taille humaine... On s'étonne que le secret n'ait pas encore été éventé et que l'événement n'attire pas davantage la foule... (Pour l'instant !)
Maigre public, sans doute, mais public réceptif, qui tranche assez radicalement avec le type d'audiences devant lesquelles Carus se représente les vendredis soir en Australie. "Chez moi, le vendredi, c'est toujours la fête, les gens se saoulent et veulent s'amuser. Ca n'arrête pas de danser", confie-t-il au milieu de son premier set, un peu déboussolé ; "le public européen est beaucoup plus attentif. Mais que ça ne vous empêche pas de danser si vous le souhaitez !"

medium_P8230044.JPGSautillant et enjoué
Le jeu de guitare est nerveux, incisif, notamment sur l'interprétation de "Warning signs", cette chanson de son nouvel album "Three boxes", où il évoque le fanatisme religieux omniprésent aux Etats-Unis et en Australie. La voix du chanteur offre une belle tessiture : on songe à quelques Australiens illustres comme John Farnham, de Little River Band et à d'autres encore. L'empreinte australienne est très nette. Ce côté sautillant et enjoué dans la façon de faire du rock. Carus accompagne ses morceaux les plus chaloupés de quelques sauts de kangourou tout à fait appropriés. Son reggae "Yangi", une chanson que lui a écrite un ami d'enfance aborigène, met littéralement le feu. Et quand il se lance dans une exquise cover de "Down under", le tube mondial des Men At Work, l'euphorie est totale !

Trois ovations debout
medium_P8230056.JPGCarus, hier soir, a visiblement conquis le public de Cast. Des applaudissements à tout rompre durant toute la soirée. Trois ovations debout, pas moins, toutes récompensées par de juteux rappels acoustiques servis au coeur même du public. C'est ça aussi, les Vaches folks. L'impression d'être en famille, à chanter en choeur autour du feu de camp, surtout au moment du dernier rappel, la reprise d'un classique australien, "Wide open road" de David McComb. Jolie sortie. Cheers, mate !

Carus Thompson : la soirée en images

Il n'y a qu'aux Vaches folks...

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Il n'est pas beaucoup de petits festivals en France où règne autant de convivialité qu'aux Vaches folks. A Cast, ce petit village haut perché, situé à seulement quelques encablures de Châteaulin, l'idée de ce micro-festival intimiste a germé, il y a quelques années, dans les têtes d'Eric Bert (ci-dessus avec le dobro) et de Roger Mauguen. Ces fêlés de musique folk-rock trouvaient que leur genre musical favori n'était qu'assez peu représenté à la pointe bretonne. Qu'à cela ne tienne, ils ont créé leur propre événement, et les soirées se succèdent aujourd'hui avec un égal bonheur. Car Roger et Eric ont vraiment l'art de dénicher les pépites. Et ce tandem de choc nous promet encore quelques belles aires de pâture...
Au nombre de leurs têtes d'affiche les plus récentes, les Canadiens Shannon Lyon et Rachelle van Zanten ou encore l'Australien Carus Thompson. Des artistes qui ont un point commun : pratiquement inconnus en France, ils jouissent tous d'une excellente réputation dans leurs pays d'origine. Une programmation audacieuse qui devrait valoir aux Vaches folks le label de festival-primeur.

21.08.2007

Carus Thompson : "Une bonne chanson doit parler au plus grand nombre"

medium_Carus3.pngL'Australie ne se résume heureusement pas aux wallabies et autres Crocodile Dundee. La scène musicale des antipodes est d'une richesse parfois ignorée ou largement méconnue en Europe. Encore une fois, les organisateurs des soirées Vaches folk, à Cast (arrière-pays châteaulinois), ont du flair en faisant venir à la pointe bretonne l'une des figures émergentes de la mouvance folk-rock australienne. Dans la veine du John Butler Trio ou d'un Jack Johnson, Carus Thompson nous sert une musique qui ne renie pas ses origines, la côte ouest australienne, ses vagues et son surf. Lorsqu'il ne s'adonne pas à la glisse à Fremantle, Carus est généralement en tournée. Cette semaine, il est notamment au fameux Fringe d'Edimbourg, puis à Londres, avant d'effectuer un saut de kangourou à Cast, vendredi.


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Titus - Peux-tu nous parler un peu de tes origines et nous décrire l'endroit où tu as grandi ? (Could you tell us a bit about your origins and describe the place where you grew up ?)

Carus Thompson - Je suis né à Fremantle, dans l'Ouest de l'Australie. J'y ai vécu une partie de ma jeunesse, ainsi qu'à Darwin et dans une petite communauté aborigène du Territoire du Nord, Peppimenarti. Mes parents y enseignaient et nous y avons vécu pendant trois ans. J'étais le seul enfant blanc du village et ce fut une formidable expérience, de me trouver ainsi en totale immersion dans la plus ancienne culture australienne. J'y suis retournée plusieurs fois par la suite, une fois devenu adulte, et j'interprète aujourd'hui une chanson qui me fut écrite par un ami d'enfance aborigène. La chanson s'intitule "Yangi", ce qui veut dire "feu". J'ai eu beaucoup de chance de vivre une partie de ma jeunesse à Peppimenarti, un endroit qui correspond assez bien au cliché du village australien paumé, avec ses crocodiles, serpents, dingos et kangourous. J'ai dû goûter plus d'une fois le "ragoût" traditionnel de la brousse et j'ai vu des endroits magnifiques. Cela restera à jamais gravé dans ma mémoire !

(I was born in Fremantle, Western Australia. But I grew up between there, Darwin and a remote aboriginal community in the Northern Territory called Peppimenarti. My parents were teachers there and we lived there for three years. I was the only white child in the town and it was a great experience to have, to have been immersed in another, in fact Australia’s oldest culture. I have been back there a few times as an adult and I now play a song in my set that was written by one of my childhood friends from there. The song is called “Yangi” – which means “Fire”. Peppimenarti was an amazing place to grow up. It is pretty much like you imagine it as the stereotypical outback town – crocodiles, snakes, dingos, kangaroos. I got to eat lots of traditional bush tucker and see some very beautiful places. It will always be a special place in my memory.)

La chanson "When I think of you", interprétée par Carus Thompson :



Titus - Comment s'est déclaré ton intérêt pour la musique ? Es-tu issu d'une famille où la musique jouait un rôle important ? What got you interested in music in the first place ? Were you born within a family where music was very important ?

medium_vachefolkscarus.jpgPas du tout, en fait. Je suis le premier, dans ma famille, à me passionner pour la musique et à jouer d'un instrument... Mes voisins, par contre, jouaient dans un groupe quand j'avais douze ans, et je me souviens encore d'aller les voir répéter. Je m'étais dit que je n'étais pas fait pour la musique, mais une fois que j'ai commencé à apprendre à jouer de la guitare, j'ai vraiment adoré ça ! En fait, tout jeune, je rêvais de devenir écrivain et le processus d'écriture d'une chanson m'a semblé très intéressant. Dès que j'ai débuté l'apprentissage de la guitare, j'ai d'emblée commencé à écrire des chansons, et cela n'a jamais cessé ! Je me considère d'abord comme un auteur, et ensuite comme un musicien. Mes chansons comptent énormément à mes yeux, et c'est sans doute ce dont je suis le plus fier. J'ai écrit environ 500 chansons jusqu'ici, dont j'ai oublié une bonne partie, et il me semble qu'avec l'expérience, je m'améliore. Une bonne chanson doit pouvoir dire beaucoup et parler au plus grand nombre tout en donnant l'impression qu'elle a été écrite pour une personne en particulier. C'est un art à part entière auquel j'ai choisi de consacrer ma vie. Avec l'ambition de m'améliorer...

(My family is definitely not musical. I am the first one to play music and have a huge interest in it. My neighbors played in a band when I was 12 years old and I used to go over and watch them rehearse. I had always thought that I was not musical but once I started played guitar I really loved it. I had wanted to be a writer when I was younger and the whole songwriting process was very interesting to me. As soon as I began learning guitar I also wrote songs, and this has been something that has continued. I am firstly a songwriter, and secondly a musician. My songs are the most important things to me, and what I am most proud of. I have written probably 500 or more songs so far, many of which I have forgotten and as I get more practice I really feel that I am getting better at the craft of it. A really, really good song can communicate so much and mean something so special to many people. I think it is a real art and it has become something I have dedicated my life to getting better at).

Titus - Te souviens-tu de ta première rencontre avec la musique ? Do you remember the first time you were in contact with a musical instrument ?

J'ai un souvenir précis de ma première émotion musicale. Moi et mon père, nous roulions un jour de Peppimenarti, ce village paumé que j'évoquais tout à l'heure, jusqu'à Darwin, tout en écoutant "American Pie" de Don McLean. Découvrir cette chanson tout en parcourant la brousse, j'ai trouvé ça extraordinaire ! Dans la même veine, je me rappelle, à peu près au même âge, avoir été très impressionné par cette chanson de Neil Young, "Comes a time". Tout à fait mon genre de héros !

The first time I remember loving music was driving with my father from the outback community (Peppimenarti) where we lived to Darwin one day and listening to Don McLean’s “American Pie”. I loved listening to the song and driving through the bush. I also remember loving Neil Young’s “Comes A Time” at this age too. These kinds of songwriters are still my heroes.

Titus - Et tes premiers accords de guitare, tu t'en souviens ? How about your first recollection of playing guitar ?

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Mes voisins jouaient au sein d'un groupe et m'ont donné mes premières leçons... Mais ensuite, j'ai progressé à force d'écouter et jouer en compagnie de mes camarades d'école. Je ne sais pas lire une partition et je n'ai jamais reçu de véritable éducation musicale, mais nous nous retrouvions lors de fêtes ou dans nos maisons respectives pour faire le boeuf et apprendre les chansons que nous aimions, qu'il s'agisse des Beatles ou des Stones. Nous avons vite commencé à écrire nos propres morceaux et à les interpréter au sein de groupes dans nos garages. La musique a toujours été pour moi une passion exercée pour le plaisir, et jamais une discipline enseignée à l'école ou par un professeur. Je crois que c'est sans doute ce qui fait que j'en serai toujours accro.

My neighbors who played in a band gave me my first lesson but after that it was just listening to music and playing songs with my friends from school. I cannot read written music and I have never had a proper lesson but we would sit around at parties and our houses “jamming” and learning the songs that we liked – The Beatles, The Stones, also we would write our own songs and play in bands in our garages. Music has always been something that I loved and did for enjoyment, rather than something that was taught to me in school or by a tutor. I think this has made me always love it.

Titus - Quand as-tu commencé à écrire tes propres compositions ? Did you start composing your own songs at an early stage ?

Dès que j'ai commencé à apprendre à jouer de la guitare... Ma première chanson a donc été écrite à l'âge de douze ans. Je n'étais pas très bon, je dois l'admettre, mais je crois avoir fait des progrès depuis...

I started writing songs as soon as I started learning guitar. So my first song was written at 12 years old. I was not very good but I have gotten a lot better since then.

La chanson "Crash", interprétée par Carus Thompson and The True Believers:



Titus - Qu'est-ce qui a fait qu'un jour, tu aies décidé d'embrasser cette carrière ? Est-ce quelque chose dont tu rêvais ? Do you remember the turning point which determined the launch of your musical career ? Was it something you always wished for ?

A 20 ans, j'ai déménagé à Darwin avec ma copine et nous y sommes restés un an. C'est alors que je suis devenu musicien "à temps plein", jouant cinq soirs par semaine. On jouait en moyenne quatre heures par soirée, surtout des reprises. Avant cette expérience, je ne savais pas chanter, mais après une année aussi intense, j'avais appris les rudiments du métier ! Et en interprétant autant de reprises d'artistes accomplis, j'ai certainement appris beaucoup sur la façon d'écrire une chanson, et ce qui fait la différence, précisément, entre une bonne et une mauvaise chanson !

When I was 20 I moved to Darwin with my girlfriend for a year. Then I became a full time musician, playing 5 nights a week. The shows were four hours a night and you had to play lots of cover songs. Before I went there I was a pretty terrible singer but after a year of playing so many shows I had learned how to sing. Also playing so many cover songs by great artists I had learned a lot about how to write songs and what makes a good one.

Titus - Peux-tu nous parler de tes premières tournées ? Can you tell us about your first tours ?

Au début, je faisais le trajet entre Perth et Darwin, ce qui représente à peu près 4.000 kilomètres et on s'arrêtait en chemin dans une quantité de villages complètement paumés. J'ai fait ce parcours à quatre reprises, avant de commencer à tourner sur la côte est, tout d'abord en solo. Mes premières tournées européennes furent également effectuées en solo, mais à présent, je fais la moitié de mes concerts tout seul, et l'autre moitié avec mon groupe. Je n'ai pas vraiment de préférence !

My first tours were from Perth to Darwin and back. It’s a 4000 km drive and there were many little outback towns on the way. I did this four times and then I started touring the East coast of Australia. I had always played in bands as a teenager but I probably did a lot of my touring over the East Coast on my own at first. Also the first few tours in Europe were solo, but now I split my time between solo and band. I enjoy both forms.

Titus - Pourrais-tu nous nommer quelques-uns des chanteurs que tu écoutais lorsque tu étais plus jeune ? Estimes-tu que tu as été influencé par la scène pop australienne, qui est foisonnante ? Could you name some of the composers whom you were listening to when you were younger ? Do you feel you've been influenced by the rich australian pop scene ?

medium_Carus1.jpgLa scène musicale australienne m'a influencé, c'est indéniable ! Nous avons beaucoup de grands auteurs-compositeurs en Australie. Ce sont d'ailleurs peut-être des gens dont vous n'avez jamais entendu parler - des artistes comme Paul Kelly, Mick Thomas, Tim Rogers et Neil Murray. De façon générale, les artistes qui savent écrire une bonne chanson m'ont toujours intéressé, à l'image de Bob Dylan, Neil Young ou Bruce Springsteen.

The Australian scene has definitely influenced me. We have many great songwriters in Australia. People who you may not have heard of – artists like Paul Kelly, Mick Thomas, Tim Rogers and Neil Murray. I have always been interested in artists who write good songs so of course I love the likes of Bob Dylan, Neil Young and Bruce Springsteen also.

Titus - Comment as-tu choisi les musiciens avec qui tu partages la scène, "The True Believers" ? Est-ce que cette formation existait déjà auparavant en son nom propre ou a-t-elle été constituée dans le seul but de t'accompagner ? How did you meet the musicians with whom you're touring with? Did the True Believers exist as an entity before they actually met you ?

Les "True Believers" est mon groupe. Je l'ai formé pour m'aider à interpréter mes chansons sur scène. La formation a évolué au gré des années car ce n'est pas toujours évident de vivre de sa musique. Cela représente beaucoup de sacrifices. Il a donc fallu que je remplace, au fur et à mesure, ceux qui décidaient de quitter le groupe. Jason McGann est ainsi mon troisième batteur ; il jouait auparavant pour John Butler.

The True Believers are my band. I put them together to help me perform my songs. There have been some different members over the years as playing music for a living can be hard, a lot of sacrifice. So as they would have to leave I would find new members. Jason McGann is my third drummer and he was originally playing for John Butler.

Titus - J'ai lu que l'un de tes musiciens était français. Comment cela s'est-il fait ? I read one of your musicians was actually french... How did this come about ?

Mon nouveau bassiste (le quatrième du groupe) est en effet d'Angoulême. C'est le cousin de mon meilleur ami en Australie, et c'est lui qui m'a aidé à organiser ma première tournée en Europe il y a cinq ans. Quand mon dernier bassiste est parti, il m'a envoyé un mail pour me dire qu'il souhaitait faire le tour du monde et jouer au sein d'un groupe qui tourne. Au départ, l'idée pouvait sembler farfelue mais, en fin de compte, ça marche plutôt bien, d'autant que nous avons désormais une base en Europe et une autre en Australie. C'est aussi un très bon ami, et on pourrait presque penser à un signe du destin, le fait d'avoir pu ainsi boucler la boucle.

My new bass player (the fourth I have had) is indeed from Angouleme, France. He is the cousin of my best friend from Australia and he helped to organize my first tour of Europe 5 years ago. When my last bass player left he sent me a mail saying that he wanted to tour the world and play in a real touring band. It seemed like a crazy idea at first but it is really good as now we have a base in Europe and Australia. He is also a very good friend, and it seemed a bit like fate that everything had come full circle too.

Titus - Tu es réputé pour tourner énormément. Combien de temps passes-tu aujourd'hui en Australie ? Et que représente ton pays à tes yeux ? Do you spend most of your time in Australia, or if not, do you often go back ? What does your country represent to you ?

Je passe la moitié de l'année à tourner en Australie et l'autre moitié en Europe. L'Australie est toujours mon chez-moi, mais ce pays devient très conservateur et a plutôt tendance à s'américaniser. Je me sens chez moi en Europe. J'adore ce concept d'Union européenne : le fait que tous ces pays fassent partie d'une même communauté. A mon sens, c'est ce qu'il peut y avoir de mieux, d'autant que je ne supporte pas le nationalisme. Je crois qu'un jour le monde entier devrait être gouverné à l'image de l'Union européenne, sans frontières et plus de solidarité entre différentes nations.

I spend half my year touring Australia and half of it In Europe. Australia is always my home but it is getting very conservative and Americanized these days. I feel very at home in Europe. I love the European Union and the way all the countries are part of the European community. I think it is a great way for countries to be, as I hate “nationalism”. I think that one day the whole world should be like the European Union, with no borders and different countries helped each other.

Titus - Comment définirais-tu le public européen en comparaison du public australien ? How would you define the european audiences in comparison with the Australian ones ?

On écoute davantage en Europe. Le public australien est fantastique - les gens qui vont à un spectacle boivent généralement, si bien qu'il y a beaucoup d'ambiance lorsqu'on se produit dans un pub. Les gens dansent et font les fous. En Europe, mon expérience est davantage celle d'un public qui écoute les artistes et ce qu'ils ont à dire. Ces différences me ravissent.

They listen a lot more in Europe. Australian audiences are fantastic – drinking alcohol is always part of going to a show, so you have a real energy in an Australian pub show. People dance and go crazy, big cheers and some heckling. In Europe is more about listening to the artist and hearing what they have to say. I enjoy both of the situations.

medium_CD_carus-tb.jpgTitus - Ton nouvel album "Three boxes" est sorti cette année. Quelle a été la réaction du public et des critiques ? You released a new album called "Three boxes", this year... How was it received by the public and the critics ?

Les réactions ont été exceptionnelles. Tout le monde dit que "Three boxes" est notre meilleur album jusqu'ici. Nous avions besoin d'un album "solide" pour soigner notre réputation, et je crois que nous y sommes parvenus. Les critiques, aussi bien en Australie qu'en Allemagne, nous ont attribué quatre étoiles pour cet album.

We have had amazing reactions for “Three Boxes”, everyone is saying it is our best album yet. We have needed a solid album to continue building the reputation of this act and I think we have delivered a great product. It has had many four star glowing reviews both in Australia and Germany.

Titus - Une tournée de promotion a été entamée dès la sortie de l'album ? Have you been promoting this album ever since it was published ?

Nous n'avons pas de maison de disques; il nous faut donc tout faire nous-mêmes ! Nous n'avons, bien sûr, pas beaucoup d'argent pour la promotion. La façon la plus efficace de faire entendre notre musique est de multiplier les spectacles. Il faut aussi compter avec l'atout Web. Beaucoup de gens nous découvrent par le biais d'amis ou du bouche à oreille. C'est plus lent de cette façon mais sans doute plus authentique !

We do not have a record label, we do everything ourselves. So we don’t have lots of money to spend on promotion. The main way we get our music out there is with our live show. Also the Internet, a lot of people are finding our music through friends and word of mouth. It is slower this way but is much more real.

Titus - Que préfères-tu aujourd'hui : écrire des chansons ou les interpréter devant un public ? What do you enjoy the most ? Writing new songs or interpreting them in front of an audience ? Do you enjoy touring ?

medium_Carus4.pngJ'aime faire les deux ! Pour moi, elles sont indissociables du métier. Après avoir écrit une chanson, le véritable test consiste à la présenter au public. Cela permet d'apprécier si oui ou non, il l'apprécie et si cela évoque quelque chose pour lui. J'adore être en tournée; cela fait aujourd'hui partie de ma vie et c'est la voie que j'ai choisie. C'est une merveilleuse façon de visiter de nouveaux endroits car on ne cesse de rencontrer les gens du cru, et on est toujours bien reçus !

I enjoy both. I see them as being part of the same thing. After you write a song the true test is to see if people like it and if it means something to them. Playing live is part of that. I love touring, it is part of my life and the path I have chosen. It is always a great way to visit somewhere as you meet the locals and people are always very nice to you.

Titus - Peux-tu nous dire quelques mots sur ta chanson "Three boxes", l'un des titres-phare de ton dernier album ? Could you tell us a few words about your song "Three boxes" which gave its name to your most recent album ?

Cette chanson raconte la vie du musicien souvent un peu fauché que je suis. Ca parle de ma vie de troubadour. Je joue de la musique parce que j'aime ça et c'est ce qui me définit. Je n'ai pas gagné beaucoup d'argent dans ma vie : en fait, je suis toujours endetté et dois de l'argent à plusieurs personnes. Mais cela doit être ainsi : c'est un sacrifice sur l'autel de l'art.

The song “Three Boxes” is about being a musician and having no money basically. It’s about the path I have chosen for my life. The troubadour. I play my music because I love it and it is who I am. I have not made much money and still at the moment I am always in debt, owing people money. But this is how it must be as this is the sacrifice you make for you art.

La chanson "Three boxes", interprétée par Carus Thompson, le 31 mai dernier, à Plymouth :



Titus - Tu es attendu à Cast, vendredi 24 août. Parle nous un peu de tes tournées françaises... You'll be playing in Cast on August 24th. What is your impression of France ?

medium_vachefolkscarus.2.jpgJ'ai joué assez souvent à Paris, ainsi qu'à Angoulême, Lille et Thionville. J'adore être en tournée en France : c'est l'occasion de bien manger et de déguster vos vins somptueux. J'adore aussi le fromage. Mais il n'y a pas que cela : c'est un pays magnifique avec une culture d'une grande richesse et cela me ravit de pouvoir être là. Nous allons tâcher de tourner le plus possible en France. C'est pas toujours évident d'y organiser des concerts du fait de la barrière linguistique mais j'espère bien revenir bientôt.

I have played many times in Paris, also in Angouleme, Lille and Thionville. I love touring France as I get to eat lots of French food and drink your beautiful wine. I love cheese! But also I think it is a beautiful country with a wonderful culture that is great to be a part of. We will try and tour France as much as we can. It can be hard to organize shows because of the language barrier but hopefully I will be back soon.

Titus - Seras-tu seul à Cast ? Will you be alone on stage ?

Il s'agit cette fois d'une tournée en solo. Ca coûte très cher de faire venir quatre musiciens d'Australie, donc il faut parfois que je tourne en solitaire s'il n'y a pas assez d'argent à la banque pour acheter les billets !

This tour is just solo. It can be very expensive to bring four people all the way from Australia so sometimes I have to only do solo tours if there is not enough money in the bank to buy the tickets.

Titus - As-tu déjà commencé à réfléchir à ton prochain album ? Composes-tu en tournée ? Are you already working on the next album ? Are you writing new material when you're touring ?

J'écris en général à mon retour de tournée, lorsque j'ai un peu de temps à la maison. Sur la route, je ne trouve pas le temps entre la conduite et les spectacles. Et les shows sont ma priorité lorsque je suis en tournée. Ceci dit, j'ai écrit quelques nouvelles chansons il y a trois semaines et je compte bien profiter de cette tournée pour les tester. C'est une merveilleuse occasion de voir ce que le public en pense. Je pense que trois ou quatre de ces nouvelles compos figureront sur le nouvel album.

I write my music mostly after a tour when I have some time at home. On the road I find that I am too busy with driving and performing. Also I tend to be thinking more about the show than new songs. But I do already have some new songs that I wrote three weeks ago and I always use the shows as a chance to try out very new songs, as it is great to see what people think of them. I already have about three or four new songs that will be a part of the next album.

Titus - Quand tu écris une chanson, qu'est-ce qui vient en premier, les paroles ou la musique ? How do you usually craft a song ? Music or lyrics first ?

Dans mon cas, tout vient habituellement d'un seul jet. Il se peut que je trouve un rythme, ou quelques accords et une mélodie... A partir de là, je me penche sur les paroles. L'ambiance musicale, l'humeur vont influencer le choix des mots. L'écriture d'une chanson est un processus remarquable. Je crois que personne jusqu'ici n'a été capable d'en donner la recette, et encore moins les auteurs-compositeurs. Parfois, une chanson jaillit en cinq minutes; quelquefois, il faudra patienter plusieurs jours !

For me they both come at the same time. I may have a rhythm or some chords and a melody; from there I will write the words. I guess the mood of the music will influence what the words are. It is an amazing thing to write a song and I think no one has worked out how it’s done, least of all us songwriters. Sometimes a song comes in five minutes, sometimes it takes days.




Carus Thompson, vendredi 24 août, salle polyvalente de Cast (près de Châteaulin), à partir de 21 h. Entrée : 10 €. En première partie : le groupe brestois Caustik (pop-rock mélodique).

POUR EN SAVOIR PLUS :
Le site officiel de l'artiste : Carus Thompson
Le site MySpace de l'artiste : Carus Thompson

26.07.2007

Chansons de l'été (part IV) : Carus and the True Believers

Le festival des Vaches folk, à Cast (arrière pays châteaulinois), accueillera, le vendredi 24 août, la formation ouest-australienne de Carus Thompson & the True Believers. Ces derniers assurent actuellement la promotion de leur tout nouvel album, "Three Boxes". Cette tournée européenne inaugurée au printemps dernier les a déjà conduits en Suisse, en Allemagne ou en Grande-Bretagne. L'extrait vidéo suivant a d'ailleurs été enregistré à Plymouth le 31 mai. En guise d'amuse-gueule avant le concert de Cast...



20.05.2007

Shannon Lyon à Cast : splendide !

medium_shannonlyon0004.JPGLes Vaches folk, c'est avant tout une ambiance... Celle de Cast, petit village perché sur les plateaux de l'arrière-pays châteaulinois où, une ou deux fois dans l'année, la populace se réunit à la salle polyvalente autour d'un songwriter. Pour le moment, le secret est encore (relativement) bien gardé... Mais il n'est pas dit que cela soit très longtemps le cas... Après la performance de Rachelle van Zanten, l'automne dernier, et celle du Canadien Shannon Lyon, hier soir, on se dit qu'inéluctablement, l'événement finira par drainer les foules. Et on arriverait peut-être à le regretter car c'est cet aspect intimiste qui fait tout son charme !


L'estampille Vaches folk, c'est sans conteste l'accueil et la simplicité. De ceux qui vous font très vite vous sentir chez vous. A peine rentré dans la petite salle polyvalente de la bourgade, Roger Mauguen, l'un des fondateurs des Vaches folk, vient nous saluer. Sous un extérieur bonhomme, on le sent fébrile, le Roger. "Ce soir, je crois que ça va être super !", lance-t-il. Sur la petite scène, trois lascars de Briec, plutôt fins guitaristes, les Blueberry's, ont commencé à égrainer sagement leur répertoire style old blues. Belle entrée en matière. Nous croisons Eric Bert, autre pilier de l'organisation. Lui aussi ne tient plus en place : "Pendant les balances, Shannon a fait un essai sur sa guitare électrique... C'était magnifique ! J'ai hâte..."

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Accoudé au comptoir
Le Canadien se tient à deux mètres de là, vêtu de son habituelle veste à rayures et de sa chemise sombre largement déboutonnée. Pas de Stetson sur la tête, mais une bouteille de bière à la main (à la canadienne, quoi !), il s'appuie contre un comptoir où sont mis en vente la plupart des albums de sa (déjà) longue discographie, des tee-shirts à son effigie, et les sympathiques affiches des Vaches folk qui représentent une guitare tachetée (fourrure de vache bretonne, bien sûr) posée au milieu d'un champ.

medium_shannonlyon0001.JPGOn s'approche de l'artiste... Titus, bolo autour du cou, lui rappelle l'interview réalisée il y a quelques semaines. L'artiste se détend, nous raconte son voyage en voiture de location depuis l'Allemagne de l'Est où il était l'avant-veille. "J'ai roulé jusqu'en Hollande, où j'ai passé la nuit chez des amis, avant de reprendre la route jusqu'à Cast. C'est vraiment le bout du monde ici ! A un moment donné, j'étais tellement paumé avec la signalisation, que je me suis rendu compte que je faisais mauvaise route depuis plus d'une heure; il a fallu rebrousser chemin..."
Shannon semble jauger la salle, impassible. Sort un petit appareil numérique et prend quelques clichés des Blueberry's. Il apprécie visiblement la première partie, me dit qu'il aurait aimé les entendre chanter un peu plus en français. "C'est une si belle langue, en comparaison avec l'allemand; je me produis souvent en Allemagne mais je m'habitue difficilement aux chansons en allemand !", chahute-t-il.


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Voix grave et chaude
L'instant d'après, c'est au tour de Shannon Lyon d'entrer en scène. D'emblée, sa voix grave et chaude - un timbre si singulier ! - emplit la salle, semble enrober d'un souffle tout ce qu'elle contient, nous y compris. Nous sommes tous captifs, pendus aux lèvres du chansonnier qui livre, une à une, les perles de son dernier album, "Safe inside", mais aussi, d'autres plus anciennes, comme la superbe "Naïve", extraite de son album "Wandered", celui qui l'a révélé au grand public au Canada en 2003.

medium_shannonlyon0006.2.JPGShannon change de guitare toutes les deux chansons. On le sent rodé à ce type de soirée, habile dans sa façon de plaisanter avec le public. Il taquine l'ingénieur du son-et-lumière qui abuse un peu trop à son goût de la machine à fumée. "J'peux pas chanter avec cette fumée, Géronimo, s'il te plaît arrête les nuages de fumée". Un peu plus tard, il rend un hommage à Roger Mauguen, qui l'héberge sur sa ferme : "Merci pour le bon pâté maison, le camembert, mmmh ! Et le bordeaux ! Merci aussi d'avoir fait ma petite lessive... Merci enfin de votre accueil qui me va droit au coeur car, comme vous le savez, c'est mon premier concert en France", lance-t-il à l'endroit de l'équipe des Vaches folk...

Les Castois battent le rappel
Au fur et à mesure, la voix se fait plus éraillée, à mi chemin entre celles de Tom Cochrane et Eddie Vedder. C'est déjà l'heure de la dernière chanson. La soirée est passée trop vite, bien trop vite... Mais les Castois ne sont pas prêts à le laisser s'éclipser. Ils battent le rappel frénétiquement, et le Canadien ne se fait pas prier. Quatre chansons en rappel, pas moins, avant d'aller signer moult autographes sur la place du village, pratiquement au pied du clocher qui vient de sonner les douze coups, et en s'éclairant du plafonnier de sa bagnole de location allemande... Shannon, quand est-ce que tu reviens ? Il nous tarde déjà... Tu ne seras jamais un outcast à Cast, cow-boy !

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30.04.2007

Shannon Lyon : "Je me laisse guider par l'instinct"

medium_European_tour_poster.jpgLes concerts folk-rock ne sont pas légion à la pointe bretonne. Le petit festival qui monte, les Vaches folk, en a fait son créneau. Après nous avoir fait découvrir Rachelle van Zanten en 2006, c'est un autre Canadien, Shannon Lyon, qui sera l'hôte de la salle polyvalente de Cast (près de Châteaulin), le samedi 19 mai. Shannon Lyon, qui a creusé son sillon au sein de la formation rock Strange Days de 1989 à 1993, poursuit une carrière solo fertile depuis 1994. Pas moins de neuf albums ont jalonné ces treize dernières années, le dernier en date, "Safe Inside", faisant l'objet d'une tournée européenne ce printemps. Cast sera la seule (et la première) date en France de Shannon Lyon. Avant d'entamer son European Tour, le songwriter ontarien a bien voulu répondre à nos questions.



Titus - Shannon, pourrais-tu nous parler un peu de tes origines ?

medium_farmphoto.jpgShannon Lyon - J'ai été élevé dans le sud de l'Ontario, près de Kitchener. J'habitais à la campagne, au bord d'un chemin non bitumé. Je me souviens qu'à l'âge de trois ans, j'écoutais déjà le vieux Stompin' Tom sur un tourne-disque Mickey Mouse.

Titus - La musique était omniprésente à la maison ?

Tout à fait. Ma maman était une grande fan d'Elvis. Je me rappelle d'ailleurs que je portais des tee-shirts à l'effigie d'Elvis jusqu'en sixième ou cinquième.

Titus - Te souviens-tu du jour où tu as mis la main la première fois sur un instrument de musique ?

Absolument. J'étais en colonie de vacances. Je devais avoir 12 ans à l'époque. J'ai commencé à chanter "Bee Bob a loo la" en courant autour du camp. C'est à ce moment-là que j'ai su que je voulais devenir chanteur. Ce fut ma première expérience "cathartique" avec la chanson. Un intense sentiment de libération... C'est aussi au cours de ce même été qu'un animateur de colo m'a donné l'opportunité de jouer sur une guitare acoustique pour la toute première fois. Je suis sorti de cette expérience particulièrement inspiré !

Titus - Après cette première expérience, comment as-tu appris à jouer véritablement ?

medium_shannonlyon.jpgA force de jouer et pratiquer avec des amis. Mon père a aussi contribué à sa mesure : il m'a enseigné les trois accords qu'il connaissait. Bien qu'il était gaucher, il arrivait tant bien que mal à jouer à l'envers sur une guitare de droitier.

Titus - As-tu commencé à jouer au sein d'un groupe quand tu étais jeune ?

J'ai lancé mon premier duo au milieu des années 1980. Le duo s'est finalement transformé en une formation de cinq musiciens que nous avons baptisée "Strange Days". Nous avons tourné d'un bout à l'autre de notre bon vieux pays pendant plusieurs années. C'est à ce moment que nous sommes devenus amis avec les Blue Rodeo (autre groupe canadien bien connu, ndr). Nous avons effectué des tournées avec de très nombreuses formations à l'époque, The Tea Party, Bruce Cockburn et même les Troggs.

Pour se faire une idée de Shannon Lyon à l'époque de la formation rock Strange Days, en 1992, voici la chanson "Gettin' kicked" :


Titus - Depuis quand composes-tu tes propres chansons ?

medium_doublesly.jpgDéjà tout jeune, j'écrivais de la poésie et des nouvelles. L'achat de ma première guitare a été un formidable catalyseur. Arriver à combiner mélodies et paroles, c'est quelque chose d'assez puissant ! J'ai commencé à écrire mes propres chansons presque immédiatement. Elles n'étaient pas forcément très réussies au début, mais il fallait bien commencer d'une manière ou d'une autre ! Ca m'a bien pris deux ans avant de produire quelque chose d'audible !

Titus - Quels chanteurs écoutais-tu quand tu étais plus jeune ? Et quels sont ceux qui ont compté dans ton parcours personnel ?

Neil Young est sans conteste celui qui m'a le plus marqué. J'étais complètement accro à sa musique au moment-même où j'apprenais à jouer de la guitare et commençais à composer mes propres morceaux. Il fut donc plus qu'une influence... D'autant que le personnage aussi m'impressionnait : sa candeur, une intégrité à fendre le coeur. J'ai su d'emblée que mes pas devaient s'inscrire dans les siens.

Titus - Qu'est-ce qui a fait qu'un jour, l'idée de faire carrière dans la musique s'est imposée à toi ?

medium_arnhem1_bonne_resolution_.jpgCa n'est pas venu d'un seul coup ! En fait, deux ou trois événements dans ma vie ont sérieusement compliqué les choses. J'éprouvais quelques difficultés à trouver ma place au milieu de ce que je vivais. C'est difficile de trouver les mots pour décrire certaines expériences-pivot que j'ai vécues à l'époque. Tout cela m'a obligé à faire table rase du passé. L'occasion d'un nouveau départ; un tournant décisif qui a trouvé son expression dans l'écriture.

Titus - Ton album "Summer Blonde", sorti en 2000, fut le premier de tes albums à être distribué à l'échelle du Canada et reçut à l'époque un accueil très enthousiaste des critiques.

Le succès de "Summer Blonde" m'a ouvert quelques portes. On m'a notamment proposé un certain nombre de premières parties de Blue Rodeo en 2000. On se retrouvait ainsi chaque soir devant des audiences de plus d'un millier de spectateurs. Une époque passionnante. Le public n'a cessé de grandir jusqu'à mon départ pour la Hollande en 2001.

Titus - Pourquoi avoir choisi de partir en Hollande ?

C'est le compositeur Rob Lamothe qui m'a présenté à ses agents hollandais. Cela faisait un moment qu'il me faisait de la pub aux Pays-Bas. Ca s'est concrétisé par la mise sur pied d'une tournée de quatre semaines en Hollande. J'avais pris un aller simple pour Amsterdam. J'y suis finalement resté deux ans...

Titus - Aujourd'hui, où vis-tu ?

Je réside actuellement au Canada, mais ça va sans doute encore changer cet été. Je cherche un nouveau domicile, si possible près de la mer et sous le soleil... Ca me changerait des six mois de neige et glace canadiens. J'ai entendu dire que le sud de la France était assez chouette. J'en profite pour lancer un appel : si quelqu'un a une petite villa à louer en bord de mer, contactez Titus qui transmettra...

Un extrait du dernier album de Shannon Lyon, "Safe Inside", la chanson "I believe in you" :


Titus - Ton album "Safe Inside" débute par une chanson intitulée "Marie" dans laquelle tu racontes une rencontre survenue à Dresde, en Allemagne...

medium_gretschn.jpgC'est la seule chose que je sais faire : parler de moi et des choses qui m'arrivent. J'ai rencontré cette fille, Marie, à Dresde, pendant l'intermède à l'un de mes concerts. On avait un peu trop bu cette nuit-là et, à la fin du spectacle, nous avons eu quelques difficultés à trouver ensemble la sortie de la salle. Je ne l'ai jamais revue depuis...

Titus - Tes albums "Wandered" et "Safe Inside" ont tous deux été enregistrés aux Pays-Bas. Quelle en est la raison ?

Dans le cas de "Wandered", c'est tout simplement parce que je vivais en Hollande à l'époque. J'avais rencontré plusieurs musiciens et producteurs vraiment cool dans le sud des Pays-Bas. C'est là que nous avons décidé d'enregistrer l'album. Nous avons emménagé dans un vieux corps de ferme datant du XVI siècle pour deux semaines. Ce fut une période très intense : on a "bouffé" de cet album 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. Ca s'est tellement bien passé que j'ai engagé la même équipe pour "Safe Inside". Ce dernier album a été coproduit par moi et BJ Baartmans.

Titus - C'est l'album "Wandered" qui t'a permis de signer avec la fameuse étiquette V2 Records, lancée par Branson...

medium_shannon_3.jpgV2 m'avait à l'oeil depuis un certain temps déjà. Je vivais toujours en Europe à l'époque mais j'étais retourné en Amérique pour des concerts à New York et Toronto. Ils m'ont fait une offre à l'issue de ces shows.

Titus - Quand ton album "Dharma" est sorti en 2002, tu as effectué une tournée de neuf mois en Hollande, Allemagne et Belgique. Comment expliques-tu cet intérêt des publics hollandais et allemand notamment ?

Il existe un vaste public en Europe pour la musique "roots", et notamment en Hollande et en Allemagne. Et vous êtes aussi tellement plus nombreux en Europe, surtout si l'on fait la comparaison avec le Canada, qui est un grand pays peu peuplé...

Titus - Il faut avoir le voyage dans la peau pour effectuer d'aussi longues tournées, non ?

Heureusement que j'aime voyager, en effet ! Même si c'est quand même fatigant à la longue. En fin de tournée, je suis complètement crevé. J'aime aussi le temps passé dans mon propre studio à travailler de nouveaux morceaux. Je fais un peu des deux ; ça rend la vie intéressante... Et ce n'est pas tout, puisque je trouve aussi le temps de produire des chanteurs canadiens, comme Barry Payne, Phil McTaggart ou David Fougère. Avec mon associé, Chris Giesbrecht, nous produisons des albums depuis plus de trois ans !

medium_cd_safeinsidesmall.jpgTitus - Combien de temps a-t-il fallu pour enregistrer "Safe Inside" ?

Ca n'a pas pris tellement de temps : l'enregistrement des pistes a été réalisé en trois jours. Une session plutôt rapide ! Je suis ensuite retourné au Canada et nous nous sommes échangé les fichiers par Internet pour compléter le mixage. C'est comme ça que nous avons travaillé !

Titus - Majolein van der Klawn apparaît dans les choeurs sur "Safe Inside". Vos voix s'accordent magnifiquement.

Elle a une très belle voix, mais nous n'avons jamais encore chanté ensemble sur une scène. Pas comme avec Ellen ten Damme, qui faisait les choeurs sur "Wandered", et avec qui j'ai chanté "live" plus d'une fois.

Titus - Pourrais-tu nous dire quelques mots sur l'un des titres phare de ton dernier album, la chanson "Hallelujiah"...

medium_Euro_20Tour_203.jpgA l'époque, je lisais et étudiais le philosophe indien Krisnamurti. C'est à ce moment que cette chanson m'est venue. Elle porte l'idée, qui émane de la pensée bouddhiste, que chacun peut être sa propre lumière. Je n'ai aucune croyance particulière en ce qui me concerne, et comme le mot "Hallelujah" est emprunté à la Bible, je me suis dit que ce serait une bonne idée d'en modifier l'orthographe. C'est pourquoi j'ai ajouté un "i", ce qui a donné "Hallelujiah". C'est une manière de revendiquer ma liberté. Ne suivre aucun modèle pour atteindre mon but, mais me laisser plutôt guider par mon instinct.

Le clip de la chanson "Hallelujiah", un extrait du dernier album de Shannon Lyon :


medium_winston-star_smaller.jpgTitus - Tu es l'invité des Vaches Folk le samedi 19 mai, à Cast. S'agira-t-il de ton premier concert en France ?

Tout à fait, ce sera d'ailleurs mon premier voyage en France et Cast sera la seule date française de ma tournée européenne. Je m'y produirai en solo. Quand je suis en tournée, je voyage généralement seul et me produis en solo dans 90 % des cas. Ca me permet de rester équilibré (rires).

Titus - As-tu déjà commencé à travailler sur ton prochain album ?

En fait, j'ai à peu près deux albums d'avance... En général, les paroles et la musique me viennent en même temps. Elles reposent les unes sur les autres durant le processus d'écriture...


PROPOS RECUEILLIS ET TRADUITS DE L'ANGLAIS
PAR TITUS



Billetterie pour le concert de Cast
le 19 mai, à 20 h 30
:
sur place : 10 €; à la mairie de Cast : 10 €;
à l'espace culturel Leclerc de Quimper : 10 € + frais location (0.50 €)
Shannon Lyon sera aussi en showcase à Dialogues Musiques, à Brest, le 18 mai, à 18 h.




Discographie de Shannon Lyon :
Safe Inside (Busted Flat/InBetweens) 2006 ; Someday Mourning (Busted Flat/Festival) 2004 ; Bound (Busted Flat/FAB) 2003 ; Wandered (V2/BMG) 2003 ; Dharma (InBetweens) 2002 ; Summer Blonde (Square Dog/Outside) 2000 ; Tales Of A Yellow Heart (Swallow/EMI) 1997 ; Mods Rule (Swallow/EMI) 1996 ; Buffalo White(Swallow/EMI) 1995.

POUR EN SAVOIR PLUS
Le site officiel de l'artiste : Shannon Lyon
Sur MySpace : Shannon Lyon

16.03.2007

Shannon Lyon : gig en Bretagne confirmé !

medium_slyon.jpgC'est maintenant confirmé ! Vous pouvez d'ores et déjà réserver votre soirée du 19 mai. Comme nous le laissions entendre en janvier, le chanteur folk canadien Shannon Lyon sera en concert à Cast (près de Châteaulin, en Bretagne), à l'invitation de l'équipe des Vaches Folk, le petit festival qui monte. L'événement folk du printemps !


Le troubadour ontarien Shannon Lyon devrait livrer à Cast une prestation acoustique en solo, où il partagera avec le public son répertoire folk-rock. Il y interprétera naturellement les chansons entraînantes et ballades plus introspectives de son dernier album, "Safe inside", son neuvième opus publié en février 2006, et enregistré en Hollande.



Un Canadien
amoureux de l'Europe

Originaire de Kitchener, dans le sud de l'Ontario, Shannon Lyon a été encensé par la critique lorsqu'il a sorti Summer Blonde en 2000, son premier album sorti à l'échelle du Canada. Il a ensuite entrepris une tournée avec le célèbre groupe rock canadien Blue Rodeo. Après s'être attiré de nombreux admirateurs fidèles, Shannon Lyon a fait ses débuts aux États-Unis, présentant des spectacles à guichets fermés avec l'auteur-compositeur américain Richard Buckner.

medium_slyon2.jpgSon esprit vagabond l'a ensuite beaucoup conduit en Europe, dès 2001. C'est d'ailleurs aux Pays-Bas qu'il enregistre son album "Wandered" qui lui permet de décrocher, à son retour à Toronto, un contrat avec l'illustre étiquette V2 Records de Richard Branson (qui a notamment signé Moby, The White Stripes ou Paul Weller). En mars 2002, il a sorti un autre superbe album acoustique, Dharma, qui a suscité suffisamment d'intérêt pour permettre au chanteur d'effectuer une tournée de neuf mois en Hollande, en Belgique et en Allemagne, ainsi qu'en Australie.

Shannon Lyon fut aussi à l'origine de la création d'une nouvelle étiquette canadienne spécialisée dans la musique folk et rootsy, Busted Flat Records. Les premières publications sur ce label furent ses deux albums "live", "Bound", enregistré en Hollande, et "Someday Mourning", enregistré en Allemagne.

medium_Blueberry.jpgLa première partie de cette soirée "Vaches Folk" à Cast, le 19 mai, sera assurée par une formation de Briec, les Blueberries (ci-contre), trio dont le répertoire est partagé entre ragtime et blues vieille époque. De quoi mettre la soirée sur les rails, a priori...


medium_Eric_Bert.jpgTROIS QUESTIONS
A ERIC BERT
ORGANISATEUR DU CONCERT


1. Titus - Dans quel cadre se place la venue de Shannon Lyon à Cast le 19 mai prochain ? S'agit-il d'un autre rendez-vous des Vaches folk ?

Eric Bert - Il s'agit du concert de printemps des Vaches Folk et ça sera la première date, en France, de notre ami ontarien.

2. Titus - Pourquoi avoir choisi Shannon Lyon ?

Nous cherchions un jeune artiste qui marche sur les traces de Neil Young et de Bob Dylan. Mon ami Manfred Fleckenstein (qui programme la Breminale en Allemagne - un peu l'équivalent de nos Francofolies - et qui a travaillé pour Crosscut records et Bear Family records, deux gros labels mondiaux de folk blues), m'a conseillé d'écouter Shannon Lyon en me tendant un DVD d'un festival à Hambourg. A la première chanson, je crois que nous n'avons pas hésité une seconde ! Ce type a définitivement la stature d'un singer songwriter moderne, de la trempe de Neal Casal, Damien Rice ou Ryan Adams ! Il présentera son répertoire seul avec sa guitare, exercice périlleux dans lequel il se sent très à l'aise et dans lequel, selon moi, il développe le plus d'émotion.

3. Titus - Comment s'articulera la soirée ? Tu avais accompagné Rachelle van Zanten au dobro lors de son passage à l'automne. Seras-tu à nouveau sur scène ?

Je ne pense pas que le "taulier" fasse une apparition à ce concert, je ne vais pas imposer ma présence à chaque artiste qui vient aux Vaches (lol) ! En ce qui concerne le déroulement de la soirée, la première partie, à 20h30, sera assurée pas les Briéquois des Blueberries, trio old blues et ragtime. Shannon devrait entamer son set vers 21h30. Nous n'avons pas de billetterie pour l'instant, en attendant de prendre de l'importance !

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