04 avril 2012
Leah West : "Je rêve d'un album totalement en français"

En 2010, l’une de ses chansons a fait l’Eurovision, sans qu’elle le sache. Une starlette slovaque, Lucia Olesova, y avait en effet interprété un remake de son tube « Spring ». Heureusement pour Leah West, la chanson avait été déposée quelques années plus tôt... Cet épisode qui la fait aujourd’hui sourire lui aura finalement donné la publicité qui fait souvent cruellement défaut à une artiste de la scène indépendante. Cet auteur-compositeur-interprète basé à Kelowna, en Colombie-Britannique (Canada) peut s’enorgueillir de vivre aujourd’hui confortablement de sa musique, sans pour autant bénéficier du soutien logistique d’une maison de disques. Son secret ? Un réel talent, d’une part, mais aussi un certain sens du marketing en ligne ! Aujourd’hui, Leah West collectionne les prix et jouit d’un succès assez exceptionnel dans le paysage musical nord-américain où ses refrains pop passent en boucle sur les chaînes de télé et stations de radio. Cette Américaine originaire du New Jersey rêve aussi d'un album en français. Un projet qui la tient à cœur depuis quelques années, et qu’elle tente de concrétiser avec l’aide du poète québécois Louis Royer.
(Photo ci-dessus : Suzanne Le Stage)

(Photo : Suzanne Le Stage)
Titus – Leah West, plus d ‘un million de personnes ont déjà écouté vos chansons sur MySpace. Vous avez remporté, en 2011, le prix du public aux prestigieux BCIMA, les British Columbia Indie Music Awards. Vous étiez aussi nommée pour trois autres prix, notamment celui de compositrice de l’année. On dirait bien que vos efforts commencent à porter fruit, non ?
Leah West – Je fais tout moi-même, vous savez. Même si je n’ai ni agent ni maison de disques pour m’aider, je m’efforce, jour après jour, d’apporter une nouvelle pierre à l’édifice. En étoffant mon carnet d’adresses et en accordant des interviews, comme aujourd’hui, dans le but de gagner en notoriété.
On entend beaucoup votre chanson « Spring » depuis quelque temps. Elle a même été reprise sur le fameux show américain « Live with Kelly » à plusieurs reprises, une émission de télé suivie chaque jour par des millions de téléspectateurs… Tout le monde ne connaît pas cependant l’histoire incroyable de cette chanson sortie en 2009 sur votre premier album, « Beyond words ». La starlette slovaque Lucia Olesova l’a présentée à l’Eurovision en 2010 sans que vous en ayez été informée…
Tout à fait, ils ont utilisé ma chanson sans mon autorisation. Je ne l’ai su qu’après, en fait. Il se trouve qu’un de mes fans se trouvait en Slovaquie au moment du concours et a reconnu ma composition. D’après ce que j’ai compris, les producteurs de cette jeune chanteuse avaient décidé de réaliser une nouvelle version en slovaque en affirmant qu’il s’agissait de leur propre création. J’ai effectué quelques recherches et je suis tombée sur une vidéo de "Rok a Pol", l’adaptation slovaque de ma chanson, sur YouTube. C’est alors que j’ai appris que la chanson était inscrite au concours de l’Eurovision. En France, vous connaissez bien sûr l’Eurovision, mais ce n’est pas forcément le cas en Amérique du Nord. Personnellement, je n’en avais jamais entendu parler, mais quand j’ai réalisé que cette soirée était suivie par des millions de spectateurs, ça m’a filé un coup ! J’étais aussi flattée qu’horrifiée, en fait. La première chose qu’il m’a fallu faire, c’était de prouver que cette chanson était bien la mienne. Heureusement pour moi, « Spring » avait été déposée dès 2008. J’avais pris l’habitude, dès le départ, de déposer mes compositions au US Copyright office. Même si, à l’époque, je n’étais pas sûre de la qualité de mes chansons et n’aurais jamais rêvé que quelqu’un veuille m’en voler une… On ne dira jamais assez l’importance de protéger son œuvre ! En tout cas, cette affaire m’a apporté beaucoup de publicité en Europe, aux Etats-Unis et au Canada, notamment à Kelowna, où je vis. J’ai fini par me dire que tout cela n’était pas arrivé pour rien. Je crois dur comme fer à la destinée, et je crois que je n’aurais jamais pu rêver meilleur tremplin.
« Spring », la version originale de Leah West
Avez-vous eu un contact direct avec la starlette slovaque Lucia Olesova ?
Oui, nous avons été mises en rapport, et elle m’a assuré qu’elle n’avait rien à voir dans cette histoire et que c’étaient ses producteurs qui lui avaient menti. Elle n’était qu’interprète et lorsqu’elle a su que c’était ma chanson, elle était horrifiée d’interpréter une chanson volée. Elle m’a contacté par la suite pour me dire qu’elle souhaitait réenregistrer la chanson en question, qu’elle trouvait très entraînante, et la sortir sur un disque en Slovaquie. Je lui avais donné mon accord mais cela ne s’est finalement pas fait. En tant que compositrice, l’important est que ma musique circule et c’est toujours une bonne chose lorsqu’un interprète souhaite utiliser l’une de mes chansons. Je ne considère pas que je devrais être la seule à interpréter mes compos, bien au contraire. C’est d’ailleurs une facette de ma carrière d’artiste que je souhaiterais développer : j’aimerais beaucoup écrire des chansons pour les autres. Cet épisode aura eu au moins une conséquence : cela m’a donné envie de faire traduire certaines de mes chansons en français. Cela a pu se faire avec la collaboration de mon ami Louis Royer, qui vit à Montréal, au Québec. Louis est un poète, mais c’est aussi un auteur-compositeur-interprète. Il est très impliqué dans le petit monde artistique montréalais. C’est un honneur pour moi de pouvoir travailler avec lui. Il est parfaitement bilingue et il comprend donc le sens de mes chansons, ce que j’essaye de faire passer… A chaque nouvelle chanson que je compose en anglais, il m’aide à trouver son pendant en français. Ce qui veut dire que la prochaine fois que j’entrerai en studio, j’aurai deux versions à enregistrer de chacune de mes chansons. Certaines chansons sont plus compliquées à traduire que d’autres. Parfois, certaines idées ne peuvent s’exprimer de la même façon dans l’une ou l’autre langue, mais je crois que nos efforts finissent par porter fruits. Notre objectif étant en fin de compte de conserver l’essence de la chanson d’origine.

(Photo : Suzanne Le Stage)
Est-ce que Louis Royer a collaboré à l’écriture de la chanson « Ton ange gardien » qui, à ma connaissance, est la toute première que vous ayez interprétée en français ?
Oui, en effet. C’était ma première chanson en français. J’avais un accent anglophone très prononcé à l’époque. Ma prononciation était loin d’être parfaite…
Allons, il était tout à fait charmant au contraire !
(Rires) Merci. Mais si je devais continuer sur cette voie, j’aimerais beaucoup travailler avec un réalisateur francophone qui pourrait me guider côté accent et prononciation. Je voudrais approcher de la perfection, que mon accent ne se remarque presque plus ! Je suis d’accord avec vous : un accent peut avoir un certain charme, mais il ne faut pas qu’il soit trop prononcé. Malgré tout, j’ai voulu que cette chanson soit publiée car je trouvais que Louis avait fait un sacré bon boulot d’adaptation. C’était aussi une sorte de test pour moi. Et les réactions, notamment les commentaires sur YouTube, ont été très positives. Beaucoup de gens me disent qu’ils pleurent en écoutant cette chanson, et ce en dépit de mon accent (rires). Cette expérience conforte mon impression qu’il y a un avenir pour moi dans cette voie. Je me vois même assez bien écrire une chanson pour un artiste francophone. Je suis tombée amoureuse de la langue française en 2009, lorsque j’ai commencé à l’apprendre. Je ne suis pas encore tout à fait l’aise en français, c’est pourquoi j’ai préféré que nous fassions cette interview en anglais, mais je n’éprouve pas de difficultés particulières à lire en français. En fait, mon objectif serait d’arriver à publier, à terme, un album complètement en français. Mais je ne suis absolument pas pressée.
“Les Tournesols”, en duo avec Bruno Labrie :
J’ai remarqué que vous attachiez beaucoup d’importance à ce que votre communication, notamment sur les réseaux sociaux, soit toujours en anglais et en français !
Malgré les erreurs de français qu’il m’arrive de commettre, je crois qu’il est important pour moi de faire cet effort car mon public francophone s’avère assez important et cela me touche énormément. Mes fans francophones sont aujourd’hui parmi les plus ardents ! Environ 20 % des personnes inscrites à ma page Facebook officielle sont francophones, et ce chiffre s’élève même à 40 % sur ma page Facebook personnelle. Je ne saurais pas trop l’expliquer (rires), mais c’est un fait ! Plusieurs m’ont dit qu’ils appréciaient que mes chansons soient traduites parce qu’ils cherchent à apprendre l’anglais et, de fait, ils peuvent comparer les textes dans les deux langues. Je trouve quant à moi que le français est une langue magnifique ; c’est ce que je disais à Louis Royer, l’autre jour. Il m’arrive de regretter que le français ne soit pas davantage parlé que l’anglais dans le monde. Il m’a répondu : « C’est vrai, mais malheureusement, Napoléon a perdu la bataille » (rires).
Si vous avez choisi d’apprendre le français, j’imagine que cela est lié, sans doute, au fait que vous avez émigré au Canada, non ? Car vous êtes en fait d’origine américaine…
Oui, si j‘ai émigré au Canada, c’est parce que je suis tombée amoureuse d’un Canadien. (Rires). Je me suis installée en Colombie-Britannique en 2005. Puis, après une dispute avec mon compagnon, nous nous sommes séparés. C’est alors que je suis allée m’établir à Montréal, en janvier 2010. J’avais découvert le Québec l’année précédente, en 2009, à l’occasion d’une tournée, et je suis immédiatement tombée sous le charme de cette province, de la culture et des gens, qui sont passionnés. Je me sentais chez moi là-bas. Je me suis ensuite réconciliée avec mon ami, et c’est alors que je suis retournée à Kelowna, en Colombie-Britannique. Mais je ne veux pas abandonner le français pour autant, bien au contraire. Je veux continuer à faire partie de cette communauté à laquelle je me sens très attachée malgré l’éloignement.

Avez-vous eu l’opportunité de venir jouer en France, ou en avez-vous l’intention ?
J’aimerais beaucoup ça. J’y suis allée avec ma famille quand j’avais 16 ans. Ma mère et ma sœur parlent français. Ça peut paraître ironique, mais j’étais la seule du groupe qui n’avait pas appris le français. J’avais suivi des leçons d’espagnol durant mes études… Ma grand-mère paternelle était française. Elle s’appelait Lulu Belle. Sa famille avait émigré aux Etats-Unis. Je ne l’ai jamais connue puisqu’elle est décédée avant ma naissance. Mon père ne l’avait plus revue depuis qu’il était lui-même enfant.
Vous avez grandi à New York ?
Je suis née dans le New Jersey, et j’ai grandi dans une petite ville, Upper Montclair, située à une quinzaine de minutes de la ville de New York. J’ai évoqué les origines françaises de mon père, qui, bien qu’il fût né aux Etats-Unis, avait aussi du sang hongrois et tchèque. Et les parents de ma mère avaient émigré aux Etats-Unis depuis l’Irlande. Elle était la deuxième d’une famille de douze enfants. Ce qui fait de moi un pur produit d’Europe (rires).
C’est vrai que vous avez le type irlandais (rires) !
On me l’a beaucoup dit, surtout lorsque j’étais petite fille. J’étais très blonde avec de grands yeux bleus.
La chanson “Orange bliss” :
Nous avons évoqué votre collaboration avec le Québécois Louis Royer. J’aimerais que l’on parle aussi d’un autre de vos collaborateurs, le fameux Marty Rifkin, qui a travaillé, entre autres, avec Bruce Springsteen, Jewel, Tom Petty ou Elton John. Comment avez-vous été amenée à travailler avec lui ?
J’avais connu auparavant quelques déboires avec d’autres réalisateurs. J’ai trouvé que certains avaient un ego surdimensionné, ou qu’ils n’écoutaient pas mes suggestions. Les réalisateurs coûtent très cher, et j’étais très frustrée de n’avoir pas trouvé la personne idéale. C’est alors qu’une amie, qui connaissait Marty, m’a proposé de nous mettre en relation. Elle m’avait bien dit qu’il travaillait avec des artistes reconnus et qu’elle n’était absolument pas sûre qu’il accepte ! Je lui ai envoyé une demo comportant plusieurs de mes chansons. Ça fait quelques années maintenant, mais si je me souviens bien, il m’a dit quelque chose du style : « Wouf ! Ces chansons sont vraiment mal enregistrées, mais j’y vois beaucoup de potentiel ! » Et c’est ainsi que tout a commencé…
Pouvez-vous nous décrire une journée de travail avec Marty Rifkin ?
On commence généralement vers 9 h ou 9 h 30. Je chante ma chanson à Marty et nous prenons des notes sur le déroulement de la chanson ; nous transcrivons les accords avant de discuter de la direction que nous souhaitons donner à l’ensemble. Marty me demande quels instruments j’imagine pour tel ou tel morceau. Puis il me dit ce que lui imagine. Parfois, mes idées sont plus ou moins arrêtées. D’autres fois, nous faisons ainsi évoluer les chansons. Généralement, nous commençons à travailler un morceau à la guitare acoustique. Cela ne veut pas dire qu’il y aura forcément de la guitare dans la version définitive, mais c’est une bonne base… Ensuite, on y ajoute un premier échantillon de voix. Un brouillon, en quelque sorte. Et c’est autour de ça que la chanson va se construire peu à peu. Par touches successives, la partie vocale va elle aussi évoluer. Elle gagne en intensité à mesure que les plages instrumentales sont mieux définies. Ce que j’aime, chez Marty, c’est qu’il n’a pas un ego démesuré. Il est toujours très humble et pourtant, il est brillant ! Il repère des choses qui parfois ne m’effleureraient même pas. Il a beaucoup d’instinct. Et il sait aussi se montrer d’une grande franchise quand quelque chose ne lui convient pas dans mon interprétation : un défaut de prononciation ou une note qu’il vaudrait que j’atteigne. Mais il le fait toujours d’une manière positive et encourageante. Et dans le même temps, il sait aussi écouter mes suggestions. Si je n’aime pas le son d’un roulement de batterie ou d’une plage de guitare, il accepte mes critiques et agit en conséquence. J’aimerais tant pouvoir dénicher un réalisateur francophone avec lequel j’aurais le même degré d’affinités. Je me montre très prudente dans mes choix, et tant que je n’aurai pas trouvé, je continuerai mon bout de chemin avec Marty !

(Photo : Jennylynn Fields)
Nous avons beaucoup parlé de votre collaboration avec Marty Rifkin. Parmi les gens qui comptent dans votre entourage, il y a aussi le guitariste Tom Stinson, qui est très impliqué dans la musique en Colombie-Britannique. Cela fait combien de temps que vous collaborez ?
Je l’ai contacté en 2007, au départ parce que je souhaitais suivre des cours de guitare. Tom continue d’ailleurs toujours à enseigner. Et comme je cherchais à monter un ensemble pour pouvoir jouer ma musique sur scène, j’avais pensé à lui. Mais à l’époque, il faisait déjà partie d’un groupe, et cela n’a pas donc été possible. Environ un an plus tard, son groupe s’est dissous et c’est alors que nous avons pu commencer à travailler ensemble. Nous avons formé un duo pendant quelque temps. Nous nous entendons très bien, et je lui ai proposé de m’accompagner en tournée en 2009, à travers le Canada et les Etats-Unis. Cette expérience n’a fait que consolider notre amitié. Depuis lors, nous continuons à collaborer assez régulièrement. Il connaît bien mon répertoire et nous nous accordons parfaitement. Tom n’est pas toujours disponible cependant, si bien que j’ai aussi travaillé avec pas mal d’autres musiciens depuis. D’autant que mon idée est toujours de constituer un vrai groupe. Récemment, j’ai beaucoup travaillé avec une pianiste, Brigitte. Le piano apporte une touche différente, qui correspond plutôt bien à l’ambiance de mes chansons. Et lorsqu’on y ajoute une batterie, une basse, une guitare, on se rapproche naturellement du son que nous obtenons sur les disques…
La chanson “Speechless” :
Par quoi commencez-vous lorsque vous composez une nouvelle chanson ?
Je compose dans ma tête. En général, ce sont les paroles qui me viennent en premier. Ça n’est pas facile à expliquer, mais la plupart du temps, les mots semblent avoir leur propre mélodie. Je sais que je ne suis pas la seule à travailler de la sorte, même si la plupart des compositeurs font exactement le contraire. Cela vient peut-être du fait que je ne suis pas une grande instrumentiste. Je préfère me faire accompagner par des musiciens. Quand les paroles me viennent, j’ai souvent déjà une idée de la façon dont je vais les chanter… Et c’est seulement lorsque mon texte est complété et que j’ai défini les mélodies que je travaille l’ensemble au piano ou à la guitare.
Votre nouvel album sera-t-il très différent du précédent ?
Mon premier album avait une tonalité très pop, une orientation très positive. Je souhaite demeurer dans le même registre. Il y aura toutefois davantage de ballades cette fois-ci, à l’image de « Speechless » ou de « Guardian angel ». Cette dernière, une chanson écrite sur les mamans, n’était pas encore sortie sur un album, même si elle fait partie de mon répertoire depuis un bout de temps. Mais on trouvera aussi des morceaux à l’esprit très pop, dans la lignée de « Spring » ou « Orange bliss » qui se trouvaient sur mon premier opus. Mon objectif est d’en faire des singles dont je pourrai assurer la promotion par le biais de clips vidéo. Ce deuxième album, qui s’appellera « Speechless », devrait voir le jour à l’automne 2012, mais j’ai déjà écrit toutes les chansons de mon troisième album, et sept d’entre elles, sur un total de douze, sont déjà enregistrées…
Vous avez une longueur d’avance, dites donc…
Je pense que ce troisième album, qui sortira en principe à l’automne 2013, s’intitulera « Storm stories ». Et ce disque prendra une direction complètement nouvelle. J’y explorerai une facette plus sombre de ma personnalité. Avec plus de profondeur, sans doute, et aussi davantage de poésie. Ces chansons accumulées au fil des ans expriment des choses plus personnelles que je souhaitais aborder. Il s’agira d’une escapade en terres jusqu’ici inexplorées, un voyage plus riche en émotions. Mais en attendant, mon second album se voudra léger et optimiste.

(Photo : Suzanne Le Stage)
Ecrivez-vous toutes les paroles et musiques de vos chansons ?
Jusqu’ici oui !
Est-ce vrai que vous en avez déjà accumulé près de 150 ?
Oui. J’écris depuis que je suis toute petite, mais je crois qu’il ne faut pas tenir compte de ces premières chansons (rires).
La chanson “Parachute” en version acoustique :
Justement, vous rappelez-vous de l’instant où la musique est entrée dans votre vie ?
Mes parents ont des vidéos de moi chantant et dansant à l’âge de deux ans. Je crois que je suis née ainsi (rires).
La musique occupait-elle une place importante au sein de votre famille ?
Comme je l’ai dit, j’ai des origines irlandaises. Mes grands-parents maternels étaient tous deux nés en Irlande. Ma mère fut d’ailleurs le premier de leurs douze enfants à être né aux Etats-Unis. Chacun d’eux a fait de la danse classique. Ma mère a toujours aimé danser et chanter. Je me souviens qu’elle chantait souvent pour moi lorsque j’étais petite… Mon père, quant à lui, joue de plusieurs instruments : l’accordéon, le piano, l’orgue et la flûte. S’il ne joue plus beaucoup aujourd’hui, j’ai de nombreux souvenirs de moi et ma sœur dansant autour de lui lorsqu’il jouait de l’accordéon à la maison. J’ai moi-même commencé la danse à l’âge de trois ans, puis le piano à l’âge de huit ans. J’ai toujours eu ce penchant pour les arts. J’ai commencé à dessiner lorsque j’étais très jeune. Je peins toujours beaucoup – gouache, aquarelle, etc. Je fais aussi de la poterie, de la peinture sur céramique, de la photographie, etc. Je suis persuadé que nous naissons tous avec certaines prédispositions. A mon sens, chaque âme est unique, avec un codage spécifique. Et j’ai le sentiment que si nous savons nous écouter et suivre certaines aspirations, notre destinée se déroulera naturellement devant nous. En ce qui me concerne, en plus de mon penchant pour les arts, j’ai toujours été passionnée de maths et sciences. Ma famille a toujours pensé, pour cette raison, que je me serais dirigée vers un métier scientifique. A mon arrivée à l’université, j’ai commencé à étudier la neurobiologie, que je trouvais absolument fascinante. Mais j’ai soudain réalisé, à peu près à cette époque, que l’existence était vraiment courte et que ça ne correspondait pas ce que je voulais faire de ma vie. J’avais une nature créative que je voulais vraiment explorer. Je me disais que je ne gagnerais sans doute pas autant d’argent en suivant cette inclination, mais qu’au moins, je serais plus en phase avec moi-même.
Vous êtes vraiment une artiste à part entière, car vous êtes aussi comédienne et danseuse…
Je n’ai pas beaucoup été actrice, mais j’ai joué dans quelques feuilletons. Je suis affiliée aux principales corporations de comédiens américains, la Screen actors guild ou l’American federation of television and radio artists. Durant mes études secondaires, j’avais déjà participé à nombre de comédies musicales ou pièces de théâtre. C’est quelque chose que j’ai toujours aimé faire. A la télévision, je n’ai jamais obtenu de grand rôle. J’ai rapidement compris que ce n’était sans doute pas ce qui me convenait le mieux, même si j’aimais beaucoup ça. Ceci étant dit, je continue à recevoir des propositions de rôle de temps à autre. C’est une page que je me refuse à tourner pour le moment.
On l’a vu, vous êtes une femme aux talents multiples. Malgré tout, est-ce que la musique est aujourd’hui l’art dont vous vous sentez la plus proche ?
Tout à fait ! Ce qui ne m’empêche d’avoir toujours mon appareil photo en bandoulière lorsque je vais me promener et de continuer à passer beaucoup de mon temps à dessiner, ou à danser. Mais c’est la musique qui est aujourd’hui mon activité principale, ma carrière si vous voulez. Et si vous me donniez le choix entre le chant et l’écriture, je crois que je choisirais la dernière, même si le choix s’avérerait particulièrement difficile car j’adore chanter. Je m’estime chanceuse d’avoir reçu cette voix, même si elle n’a peut-être pas la tessiture la plus étendue au monde. Mais pour moi, la forme la plus aboutie de l’expression artistique demeure l’écriture. D’être en mesure de partager mes idées, mes émotions, à travers les mots et les mélodies.

Vous faites partie d’une toute nouvelle génération d’artistes qui ne doivent leur succès qu’à eux-mêmes et à leur assiduité sur les divers réseaux sociaux. Vous n’avez en effet aucun agent, aucune maison de disques, ce qui ne vous empêche pas aujourd’hui de vivre de votre art… Souhaiteriez-vous parfois pouvoir bénéficier d’un encadrement professionnel de ce type ?
J’y suis très ouverte, mais il s’agirait de trouver la maison de disques qui me conviendrait. Le potentiel d’un artiste qui est bien conseillé, bien encadré, s’en trouve forcément démultiplié. Cependant, il ne faut pas perdre de vue que les maisons de disques traversent actuellement une crise profonde. Si l’une d’entre elles était prête à signer une jeune artiste comme moi, ils voudraient sans doute avoir l'assurance que je génère déjà des revenus substantiels. Je suis persuadée que personne ne sera jamais aussi passionné que moi-même au sujet de ma carrière. Ou en tout cas, il faudrait pouvoir tomber sur la perle rare… Je ne pourrais pas me résoudre à signer n’importe quoi avec n’importe qui. Il faudrait d’abord que j’aie la conviction qu’ils sont aussi motivés que je le suis, et pas seulement parce qu’ils y voient un potentiel commercial.
Avez-vous déjà été approchée par une grande maison de disques ?
Pas par une « major », non. Mais j’ai été approchée par de nombreux agents ou réalisateurs qui souhaitaient travailler avec moi. J’étudie toutes ces propositions très sérieusement. Quelque chose en sortira peut-être… Mais en attendant, je ne perds pas une minute. Je continue mon bonhomme de chemin, avec détermination et persévérance. J’arrive à obtenir des passages à la télé. Mes chansons se vendent plutôt bien. J’ai le sentiment d’être sur la bonne voie.
Quand on est musicienne indépendante, peut-on bien vivre de sa musique ?
Je peux en vivre, même si mes revenus ne sont pas non plus fantastiques (rires). J’ai quelques activités complémentaires qui me permettent de faire face. Mais je sais que la plupart de mes amis artistes qui tentent de vivre de leur art n’y arrivent pas. Je crois qu’il est plus facile aujourd’hui de gagner sa vie en tant qu'arrangeur ou réalisateur que comme artiste. Ce qui me rapporte le plus, ce sont les droits d’auteur, lors des passages de mes chansons à la radio, à la télé, dans des spots publicitaires ou dans des films. Aux Etats-Unis notamment, mes chansons sont très souvent programmées à la radio. Le dernier bilan n’est pas si mauvais : mes chansons y ont été diffusées plus de quatre millions de fois au cours du trimestre. C’est la confirmation que la musique que j’écris est écoutée.

(Photo : Suzanne Le Stage)
Quels conseils donneriez-vous à un jeune artiste qui souhaiterait faire carrière aujourd’hui ?
Il n’est pas facile de répondre à une telle question. Forcément, il faut se préparer à devoir surmonter de nombreux obstacles, mais je dirais qu’il n’y a pas de recette miracle. Il n’y a peut-être pas des millions de façons d’y arriver, mais il n’y a pas non plus une seule manière d’y parvenir. Le plus important est sans doute, dans un premier temps, d’arriver à définir ce que l’on veut vraiment faire. Il est parfois utile de se fourvoyer. C’est la meilleure façon de réaliser que ce n’est peut-être pas le meilleur chemin à suivre. Il suffit alors de rebrousser chemin et de suivre une autre voie. Je connais tant d’artistes dont les noms n’évoqueront rien à personne, et qui pourtant tirent fort bien leur épingle du jeu. C’est le cas de compositeurs écrivant des musiques pour le cinéma. J’ai quelques amis dans ce cas, et qui obtiennent des revenus très confortables de cette manière. Comme autre voie possible, il y a le chant. Certains interprètes s’en tirent très bien. Si l’on veut être populaire, je crois, plus généralement, qu’il est primordial de se bâtir une communauté de fans. Les contacts, il n’y a que ça de vrai. C’est notre planche de salut. Un artiste qui débute doit aussi réaliser que le premier travail qu’il réalise ne sera pas forcément son meilleur. Le propre de l’homme, c’est d’évoluer. Au départ, il ne faut pas se montrer trop sévère envers soi-même. Il faut se donner le temps de mûrir, d’ouvrir ses horizons, d’essayer plusieurs voies, plusieurs styles. Un autre conseil : il faut essayer d’éviter de se comparer à quelqu’un d’autre. Je ne veux pas dire qu’il ne faut pas avoir de modèle. Mon modèle a toujours été, en ce qui me concerne, la chanteuse canadienne Sarah McLachlan. De tous les artistes que j’aime, elle est celle qui m’inspire le plus. Il m’arrive de me demander, lorsque je fais face à un problème, ce qu’elle ferait en pareil cas. Mais s’il fallait que je compare ma carrière avec celle de Sarah, je serais facilement désespérée car elle a réalisé un parcours extraordinaire. La clef est donc de se laisse inspirer par ses modèles, sans se comparer à eux.
L’avez-vous déjà rencontrée ?
Non, jamais. J’ai pratiquement tous ses albums. Elle m’apparaît comme une personne extraordinaire. J’adore sa voix. Les gens me disent parfois qu’il y a des ressemblances entre nous, surtout lorsque je chante des ballades. Pour le reste, mes chansons sont sans doute plus pop que les siennes. En résumé, je crois avoir trouvé ma propre voie mais elle reste mon modèle numéro un.
Est-ce qu’il arrive encore à Leah West de rêver ?
L’un de mes rêves serait de réaliser davantage de vidéos. C’est quelque chose qui me permet de combiner mon goût pour la danse et ma passion pour la création visuelle. J’ai d’ailleurs récemment lancé mon premier clip véritable, sur la chanson « Simple love ». Nous l’avons sorti pour la Saint-Valentin et il a été très bien accueilli par le grand public. C’est d’autant plus satisfaisant que ça n’a pas coûté très cher. J’ai travaillé avec un réalisateur merveilleux, Douglas Brown, et nous nous sommes vraiment bien amusés. J’aimerais renouveler cette expérience, d’autant qu’une grande partie de mes fans me suit depuis l’étranger. C’est donc un bon moyen de les rejoindre. Parmi mes autres rêves, il y a celui de jouer dans une grande salle devant plusieurs milliers de personnes. Et puis aussi, d’avoir des enfants. De voyager. De poursuivre mes autres activités artistiques… Encore une fois, j’ai conscience que la vie est courte et je veux en profiter autant que possible.
La vidéo de “Simple love”, réalisée par Douglas Brown :
La spiritualité occupe aussi une large part dans votre vie, non ?
Je crois fortement au destin, à un chemin spirituel tracé pour chacun de nous. A mon sens, il y a beaucoup de gens complètement perdus sur cette Terre. Cela m’attriste sans pour autant me faire dévier de mon chemin. Je crois à la complémentarité du yin et du yang. Tout dépend où l’on se situe… Veut-on être une partie du problème ou une partie de la solution ? Je ne veux pas dire que tout ce que j’entreprends est parfait, loin de là. Je considère que la musique est un don que j’ai reçu et qu’il ne serait pas bien de le garder pour moi. Quand j’étais petite, ma grand-mère irlandaise me disait qu’il fallait toujours partager les dons que Dieu place entre nos mains, et que sinon, nous le déshonorions. Peu importe les convictions religieuses ou spirituelles, je suis convaincue que nous avons tous un dessein, une utilité.
Propos recueillis par Titus le 27 mars 2012.
POUR EN SAVOIR PLUS
Le site officiel de Leah West
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La chaîne de Leah West sur YouTube
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DISCOGRAPHIE

Pour commander le premier album de Leah West, "Beyond Words" ("Au-delà des mots"),
MP3 à télécharger ou CD à commander en ligne :
rendez-vous sur le site officiel de Leah
Deuxième album, "Speechless", à paraître à l'automne 2012.
23:22 Publié dans Rencontres américaines | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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24 novembre 2010
Indio Saravanja : « J’ai toujours voulu vivre pour la musique »
Celui que l’on surnomme le « Bob Dylan canadien », Indio Saravanja, entame cette semaine sa toute première tournée européenne. Il est notamment attendu samedi, à Cast (près de Châteaulin), dans le cadre des Vaches Folks, où il devrait donner un bel aperçu de son talent, lui qui se dit chansonnier dans l’âme. Grand fan de Georges Moustaki, dont il souhaite reprendre une chanson sur son prochain disque, il espère aussi pouvoir rencontrer son idole lors de son passage à Paris.
Titus – J’aimerais que l’on revienne un instant sur tes origines… J’ai lu que tu étais né en Argentine…
Indio Saravanja – C’est exact. Ma mère était originaire de Galice, en Espagne et mon père venait de l’Uruguay.
As-tu quelques souvenirs de tes premières années ?
Ma mère a souhaité retourner en Argentine quand j’avais cinq-six ans. Nous y avons passé un an et je garde de nombreux souvenirs de cette période.
Et quel âge avais-tu lorsque tu es arrivé au Canada ?
J’avais trois ans et demi. Dans un premier temps, nous nous sommes installés à Montréal et y sommes restés près d’un an. Jusqu’à ce que mon père décroche un job dans les régions arctiques.
J’avais lu en effet que tu avais vécu à Yellowknife…
Mon père nous y a entraînés lorsque j’avais environ 4 ans et demi. C’est là que j’ai vécu l’essentiel de mon enfance, jusqu’à ce que je décide de quitter la maison familiale à l’âge de 13-14 ans. C’est à partir de ce temps-là que l’aventure a vraiment commencé pour moi. Mon seul domicile, pendant longtemps, fut un bus Greyhound. J’ai pas mal bourlingué avec pour seuls bagages un petit sac à dos et une guitare ! Un vrai tzigane ! J’allais de petit boulot en petit boulot. L’important, c’était de pouvoir continuer à voyager.
Ton père n’était pas un chercheur d’or, des fois ?
(Rires) Non, il était mécanicien. J’ai eu très tôt les mains dans le cambouis. J’en ai réparé, des voitures, à ses côtés, et ce, dès mon plus jeune âge. Il rêvait que je prenne sa succession, mais cela ne s’est pas fait. Je crois qu’il en a été très déçu… C’est pas de chance, tous ses enfants sont devenus artistes… Un cinéaste, un photographe, une comédienne et un chanteur…
J’ai lu que ton nom de baptême était Gaston. Comment se fait-il ? Etait-ce lié à ton séjour au Québec ?
Pas du tout en fait ! Mon père a travaillé sur les chaînes de montage des fameuses voitures Lotus, dans les années 60, à Buenos Aires, et c’est là qu’il a côtoyé un Français qui s’appelait Gaston. Ce type avait toujours été très chouette avec lui et mon père a souhaité me donner son nom. En même temps, Gaston est aussi un prénom commun dans la culture espagnole. Mais ce prénom a toujours été lourd à porter en ce qui me concerne, surtout du fait que je vivais au Canada où le français est très présent. On n’arrêtait pas de me dire : “Alors, Gaston, tu viens du Québec ?” J’ai eu droit aussi bien sûr à la ritournelle “Gaston, il y a le téléphon’ qui son’” et ça me rendait dingue… A l’âge de 20 ans, j’ai décidé que j’en avais assez supporté et j’ai choisi d’utiliser mon surnom, Indio, en référence à mes origines espagnoles. Mais ça n’a pas vraiment simplifié les choses. A présent, les gens me demandent : « C’est quoi encore votre prénom ? Indigo ? » Il y a des jours où j’aurais voulu m’appeler John.
Est-ce que la musique était déjà présente au sein de ta famille avant que tu n’arrives ?
Non, pas vraiment. Mon père n’arrive même pas à suivre un rythme. Ma mère, en revanche, était poète. Elle adorait la musique et chantait tout le temps. En Galice, l’un de ses frères était champion de mandoline et son grand-père était chanteur d’opéra. Ce sont a priori les seuls musiciens de ma famille.
J’ai lu que ton père avait assisté à l’un de tes concerts à Yellowknife, l’an dernier. Il s’intéresse de près à ta carrière ?
En général, lorsque je me produis pas très loin de là où il réside, il s’arrange pour venir me voir. Il me dit à chaque fois que je devrais vraiment suivre des leçons de chant… (rires) Il n’a sans doute pas tort. Je pense qu’il aurait souhaité que je chante comme Dean Martin ou Frank Sinatra. Je ne suis pas sûr qu’il aime mon style.
As-tu un souvenir précis du jour où la musique a fait irruption dans ta vie ?
Non, pas vraiment. Tout ce que je sais, c’est que j’ai toujours voulu en faire ma vie. Aussi loin que je puisse remonter, il me semble que je n’ai toujours aspiré qu’à une chose, vivre pour et de la musique.

Qu’écoutais-tu lorsque tu étais plus jeune ?
J’ai toujours écouté énormément de musique, notamment les disques que ma mère avait apportés d’Espagne. Mon père écoutait davantage les crooners, comme Nat King Cole, mais il aimait aussi beaucoup Johnny Cash. Pour ma part, je suis devenu complètement obsédé par Elvis à l’âge de 6-7 ans, puis il y eut les Beatles, et même, par la suite, Michael Jackson, période Jackson Five. Je me suis aussi intéressé au courant « heavy metal » durant l’adolescence. Mais c’est à l’âge de 14 ans que j’ai découvert Bob Dylan, et cette découverte m’a bouleversé durablement.
On te surnomme précisément le « Bob Dylan canadien ». Est-ce que cette comparaison te fait plaisir ?
Non, elle me met très en colère (rires). Je plaisante, bien sûr. Si on le dit, c’est sans doute qu’il y a un petit quelque chose, surtout au niveau de la voix. Et il y a la ressemblance physique. On m’a souvent dit que j’aurais pu passer pour son fils. Il y a une dizaine d’années, à New York, j’ai été accosté par des gens qui me prenaient pour Jacob Dylan. Mais honnêtement, je trouve cette référence un peu injuste si l’on écoute l’ensemble de ma production qui, à l’exception peut-être de mon album « Songster », est assez peu semblable à l’univers de Dylan. Et après tout, le Dylan des débuts ne s’inscrivait-il pas lui-même dans la ligne tracée par un Woody Guthrie ?
La vocation de musicien s’est déclarée de bonne heure chez toi ?
Oui, la musique a toujours fait partie de ma vie, que ce soit à l’école ou à l’église. J’étais le batteur attitré du groupe de l’école. La batterie fut d’ailleurs mon premier instrument. Mon père m’avait acheté ma première mini batterie à l’âge de six ans, mais celle-ci n’a pas duré un an, si bien qu’il a dû m’en acheter une autre l’année suivante. A l’église, j’ai pu aussi m’initier au gospel. J’y ai beaucoup chanté.
Et l’écriture de tes premières chansons; c’est venu à quel âge ?
J’ai composé mes premières chansons vers l’âge de neuf ans. Il s’agissait de petites chansons d’amour un peu idiotes qui essayaient de ressembler aux succès qui passaient à la radio. Je n’étais absolument pas snob. J’écoutais vraiment de tout quand j’étais jeune. Je suivais le Top Ten américain tous les samedis à la télé, et nous allions ensuite acheter un ou deux 45 tours avec l’argent qu’on gagnait en vendant des journaux.
Comment as-tu appris à jouer de la guitare ?
J’ai appris tout seul. Quand j’ai quitté la maison à l’âge de 13 ans, je me suis payé ma première guitare et la fameuse méthode de Jim Croce. Ça m’a pris environ un an avant d’être à l’aise. Tout l’argent que je gagnais en faisant la plonge dans les restaurants, je le dépensais en méthodes de guitare.
Tu as aussi découvert le piano en autodidacte, non ?
Oui, mais c’était bien plus tard. Nous n’avons jamais eu de piano à la maison. Et pour cause, on vivait dans une caravane ! Nous étions assez pauvres et personne, dans mon entourage, n’aurait pu se payer un piano. Il a donc fallu attendre que l’occasion se présente. Et c’est arrivé à l’âge de 25 ans environ. A l’époque, pendant environ six ou sept ans, je me représentais tous les soirs dans les bars. Dans l’un de ceux où je jouais régulièrement, le patron m’avait confié la clef de l’établissement pour me permettre d’utiliser le piano en matinée. J’y suis retournée jour après jour, jusqu’à ce que j’arrive à en tirer quelque chose. J’ai développé, du coup, une technique très personnelle, très visuelle en fait car je ne sais pas lire la musique.

J’ai aussi lu quelque part que tu étais un fan de Georges Moustaki, ce qui peut apparaître un brin curieux, vu d’ici.
Moustaki correspond tout à fait à l’image que je me fais du troubadour un peu vagabond, du poète pastoral. En l’écoutant, et il ne se passe pas une journée sans que je ne l’écoute, je ne peux m’empêcher de penser à Jack Kerouac ou à John Steinbeck, et à la vie sur la route. Ses chansons me parlent. Je le compare volontiers à Leonard Cohen, sans doute en moins sombre.
Est-il vrai que tu envisages d’enregistrer une reprise de l’une de ses chansons sur l’un de tes prochains disques ?
J’adore sa chanson « Mademoiselle Gibson », que j’écoute depuis une dizaine d’années. Il y a quatre ans, j’ai commencé à la traduire avec l’aide d’un ami québécois. Mais la traduction, trop littérale, ne faisait pas justice à la chanson originale. Je l’ai donc retravaillée et mon amie de l’époque estimait qu’elle était si réussie que je devrais la présenter à Moustaki. J’ai failli tomber de l’armoire, sur le coup. Je n’imaginais pas possible d’entrer en contact avec lui. Elle est parvenue à trouver son adresse mail, par le biais d’Internet. Nous lui avons donc envoyé un message le même jour, et il nous a répondu, dès le lendemain, qu’il souhaitait entendre ma version de sa chanson. Dès qu’il l’a entendue, il m’a renvoyé un petit mot me disant qu’il me donnait la permission de l’utiliser. Je rêve de le rencontrer depuis toujours et cela va peut-être se faire cette semaine, lors de mon concert à Paris. Il a accepté de me voir.
Revenons un moment sur l’enregistrement de ton premier album, qui n’est plus aujourd’hui disponible qu’en téléchargement et qui est devenu un veritable « collector ». Quand as-tu décidé que le temps était venu de sortir un premier disque.
C’est une bonne question… Je ne sais pas trop pourquoi j’ai tant tardé à sortir ce premier disque. J’avais déjà emmagasiné plusieurs centaines de chansons, donc ce n’était pas le problème. En fait, j’ai fait une terrible dépression qui a duré plusieurs années. J’en suis sorti à trente ans. Ma mère a été très malade pendant 24 ans et elle est finalement décédée il y a cinq ans. Tout ça a sans doute retardé mes projets. J’ai essayé à maintes reprises d’enregistrer un disque sur mes propres deniers. Je bossais l’été et, avec l’argent gagné, je rentrais en studio à l’automne d’où je ressortais avec une dizaine de démos. Mais je n’en étais jamais satisfait. J’étais très malheureux. Il faut croire que le temps n’était pas encore venu. A l’âge de 29 ans, alors que je vivais à New York, j’ai reçu une invitation pour aller me représenter au Yukon. J’y suis allé, et il y avait dans le public un gars qui possédait sa propre maison de disques. Ce dernier avait eu de la chance avec l’un de ses disques qui s’était bien vendu en Europe. Je me suis dit que ce type savait sans doute ce qu’il faisait. Jusque là, je n’avais jamais sollicité les maisons de disques. Je n’avais pas assez confiance en moi ou dans ma musique. Je crois que ma réputation était assez bonne en tant que musicien, mais je n’avais pas acquis suffisamment de confiance en mes propres compositions. Quand ce type m’a approché, je me suis dit qu’une collaboration serait sans doute assez difficile à mettre en œuvre, vu que j’habitais à New York et lui au Yukon. Mais il était déterminé et il a tout fait pour que le disque voie le jour. Ça a quand même pris deux années supplémentaires avant que le projet aboutisse. Je suis très satisfait du résultat. Sincèrement, je trouve que les chansons du disque sont assez réussies, même si ce n’était pas encore tout à fait moi. Je crois que je n’avais pas encore à l’époque une idée très précise de ce que je voulais faire. Qui plus est, j’ai bossé avec un producteur qui avait beaucoup de personnalité et cela a donné un son un peu trop « américain » à mon goût. Avec le recul, j’aurais préféré un son plus acoustique, plus « européen ». Au plus profond de mon être, je me sens comme un troubadour et j’aspire à marcher sur les pas de chansonniers à l’image de Cohen, Reed ou Moustaki…
C’est à mon avis ce que tu es parvenu à incarner avec ton album « Caravan sessions », non ?
Je ne sais pas trop. Tu trouves ? Ça me fait vraiment plaisir si tu as cette impression.
Peut-on revenir sur les conditions d’enregistrement de cet album, pour lequel tu ne disposais que de peu de moyens…
C’est peu de le dire, en effet. Il a fallu faire de mon mieux avec les moyens dont je disposais. Après mon premier disque, j’ai traversé plusieurs années difficiles : ma mère est décédée, de même que plusieurs de mes amis. J’ai déménagé et j’ai rencontré celle qui allait devenir ma femme. Nous vivions sur une ferme. Elle m’a encouragé à enregistrer un album avec les moyens dont je disposais et m’a aussi suggéré de lancer un appel à la générosité de mes amis et fans. Ça n’a pas donné grand-chose dans un premier temps ; j’avais tout au plus reçu assez d’argent pour acheter un micro, mais je ne pouvais plus reculer puisque j’avais promis. Il a donc bien fallu que je fasse avec les moyens du bord. Je travaillais essentiellement la nuit, entre 21 h et 8 h du matin, car il m’était impossible d’enregistrer dans la journée du fait du bruit des tronçonneuses autour de chez moi. Les conditions n’étaient pas fameuses : pendant trois semaines, je me suis gelé les orteils dans une cabane chauffée par un petit radiateur électrique et il y avait deux mètres de neige à l’extérieur. J’ai connu plusieurs moments de découragement et je pense que j’aurais abandonné sans le soutien de ma compagne. D’une manière ironique, c’est après avoir complété une quinzaine de chansons que j’ai commencé à recevoir davantage de dons. Ça m’a énormément touché, que des gens – qui parfois ne me connaissaient que de nom – puissent ainsi me faire confiance en m’envoyant de l’argent. Cela, en tout cas, m’a permis d’entrer en studio pour peaufiner les enregistrements réalisés à la maison.
Au printemps dernier, tu as aussi publié un troisième disque, “Songster”, qui comprend 14 de tes chansons de la première époque.
Au départ, j’avais sélectionné une trentaine de mes toutes premières chansons. Je les ai toutes interprétées, sept heures durant, avant d’en retenir 14. A la différence du précédent album, « Songster » a été enregistré en un jour,c'est-à-dire quasiment dans les conditions du direct. Guitare, voix et harmonica. Mais je ne crois pas que je referai un autre album du genre. Je pense que c’est beaucoup demander au public, qui a tendance à préférer des choses plus orchestrées… Je pourrais facilement sortir un second « Songster », mais franchement, je ne suis pas sûr qu’il existe un marché pour cela en ce moment…
Le terme « songster » correspond bien à ta conception du métier.
Je n’aime pas en effet l’expression auteur-compositeur interprète, ou « singer-songwriter », qui est à mon sens totalement galvaudée. Aujourd’hui, tout le monde compose et a un disque à vendre. Regarde le phénomène « MySpace »… Attention, je n’entends pas par là que je suis au dessus des autres. Je veux simplement dire que, pour moi, le métier ne se résume pas à la composition ou à l’enregistrement de chansons. Un « songster » doit aussi être capable de divertir une audience, doit se montrer bon interprète… Il se place dans la lignée directe des anciens ménestrels qui étaient aussi de véritables juke-box ambulants, colportant les chansons d’un village à l’autre. Un songster connaît autant les chansons des autres que les siennes. Voilà ce que j’aime avec ce métier. Il a fallu que j’apprenne des centaines de chansons pour pouvoir chanter dans la rue, dans les bars et, par la suite, dans des salles.
As-tu le sentiment que ton écriture a beaucoup évolué au fil des ans ?
Une chose est sûre, je ne suis plus aussi prolifique qu’autrefois. Il fut un temps où j’écrivais dix chansons par semaine. Aujourd’hui, ça serait plutôt dix dans l’année… J’ai le sentiment que certaines de mes meilleures chansons sont celles de mes débuts…
Sur quoi aimes-tu écrire ?
Je ne sais pas pourquoi mais je me retrouve souvent à écrire des chansons qui ont pour vocation première de me calmer. Parfois, ce sont aussi des bouteilles à la mer. Je n’écris pas à partir d’idées. Je n’y arrive pas. L’élément déclencheur est souvent une émotion. Ce que je dis peut paraître vague, mais je laisse les mots venir à moi. En général, tout arrive d’un seul coup.
Tournes-tu beaucoup ?
Après la sortie de mon premier disque, j’ai donné environ 75 shows en un an, principalement à l’Ouest du Canada. Actuellement, je donne environ une vingtaine de spectacles par an. C’est assez peu. L’heure de la pré-retraite a peut-être sonné (rires)…
S’agira-t-il cette semaine de ta première tournée en Europe ?
Je suis allé au moins une dizaine de fois en Europe, mais jamais pour y présenter mes propres chansons. C’est très enthousiasmant ! La plupart de mes collègues musiciens jouent en Europe jusqu’à deux fois par an. Ce sera une première en ce qui me concerne.
Où te représenteras-tu, en plus de la soirée Vaches Folks prévue à Cast le 27 novembre ?
Auparavant, je jouerai dans la région parisienne, à Gennevilliers, le 26. Après les Vaches Folks, je donnerai quatre concerts en Allemagne.
Est-il vrai que tu as déjà plusieurs albums d’avance ?
Oui. J’ai accumulé beaucoup de chansons. Je pourrais facilement sortir deux albums par an si je m’écoutais. J’ai actuellement la matière pour une dizaine d’albums supplémentaires. Pourtant, je n’ai encore que trois albums à mon actif. A ce titre, je dois reconnaître que mon record n’est pas difficile à battre : c’est bien peu ! Je ne sais pas encore à quoi ressemblera mon prochain disque. Ce qui est sûr, c’est que je ne suis pas prêt à faire de compromis pour ce nouvel album. Je rêve d’une production léchée… J’aimerais prendre un peu de distance par rapport à la scène américaine. Pour ne rien vous cacher, j’en ai un peu marre du banjo et gens qui portent des chemises de cow-boy mais qui n’ont vraiment rien du cow-boy. J’ai envie d’entendre d’autres instruments : de l’accordéon, de la clarinette, du piano. Une instrumentation plus européenne, peut-être. Et y associer des instruments plus exotiques, comme ce triangle argentin que j’emporterai avec moi pour cette tournée. Ça donne un son gai et mélancolique à la fois. Je l’utiliserai peut-être sur mon prochain disque, pour lui donner une coloration latine, voire andine. Une autre chose que j’ai envie d’essayer un jour, c’est de chanter en français et en espagnol. Je dois être un peu malade (rires) !
Il faudra demander à Moustaki de faire un duo avec vous !
J’adorerais ça !
Propos recueillis et traduits de l’anglais par Titus. Photos DR.
Le nouvel album d'Indio Saravanja, "Little Child", enregistré au printemps 2011, peut être écouté en ligne dans sa totalité ici (on peut aussi l'y télécharger pour 10 $).
POUR EN SAVOIR PLUS
Le site Web officiel de l'artiste.
Sa page Sonicbids.
09:39 Publié dans Rencontres canadiennes | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : folk, indio saravanja, vaches folks, canada, yellowknife, caravan sessions, songster |
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06 février 2010
« In the air », une histoire de solitudes sur fond de crise
Le dernier film du réalisateur canadien Jason Reitman, "Up in the air" (« In the air » pour les écrans français), est un pur chef d'œuvre. Avec cette comédie caustique bien de son temps, adaptée du roman de Walter Kirn, Reitman (déjà encensé pour son « Juno »), livre un grand film taillé sur mesure pour George Clooney, magnifique dans la peau d'un salaud en col blanc qui n'arrive jamais cependant à se rendre totalement antipathique. L’opus fait l’objet de huit nominations pour les Oscars.

Ryan Bingham fréquente davantage les halls d'aérogare que son minuscule et ennuyeux deux-pièces. 322 jours par an, il vole d'un état à l'autre pour effectuer le sale boulot que rechignent à faire les entreprises frappées par la crise : licencier. De cette vie dominée par le voyage, l'Américain retire – cultive – une philosophie du détachement ( tant matériel que relationnel) qu'il professe à l'occasion de séminaires très courus.
Les certitudes de Ryan sont toutefois mises à mal par l'intrusion dans sa vie de deux personnages féminins hauts en couleur.
Il s’amourache en effet d’Alex, (la délicieuse Vera Farmiga), qui mène – du moins en apparence, comme le spectateur l’apprendra plus tard – une existence en tout point comparable à la sienne, et en qui il voit son doppelganger, son double véritable, avec lequel se noue rapidement une complicité entrant en contradiction totale avec ses convictions de célibataire endurci.
Des licenciements par écran interposé
L’autre trublion de service dans l’existence rangée de Ryan, c’est une jeune bardée de diplômes (interprétée avec brio par Anna Kendrick) qui débarque au sein de sa compagnie avec des idées appelées à révolutionner les pratiques. Au lieu d’envoyer les agents d’un bout à l’autre du pays, pourquoi ne pas organiser les entretiens de licenciement par écran (et webcam) interposé ?
Pour Ryan, dont l’objectif avoué est de cumuler le plus de miles aériens possible, le fait d’être promis à une existence sédentaire n’est évidemment pas imaginable. Il va donc tenter de démontrer à la jeune diplômée que le licenciement ne peut s’effectuer que lors de face à face en règle.
Le joli coup de Jason Reitman, c’est d’avoir choisi le chéri de ces dames, George Clooney, pour incarner ce type a priori répugnant s’enrichissant du malheur des autres, parangon d’un capitalisme sans foi ni loi. Le réalisateur se garde bien cependant de tomber dans la caricature. Ce personnage un brin cynique se fait parfois extrêmement touchant. Surtout lorsqu’il réalise à quel point son existence de solitaire égoïste l’a coupé de sa propre famille.
Des dialogues mordants donnent à cette subtile comédie une causticité remarquable qui font du film une prodigieuse satire sociale, même si Reitman se défend bien d’avoir eu cette intention. Dans le Figaro, il disait notamment avoir plutôt cherché à bâtir « une histoire de solitude et de relations humaines. On a perdu tout sens du lien, alors qu’on passe sa vie à être connecté », affirmait-il. En cela, et dans sa succession vertigineuse d’images d’aéroports, le film me rappelle parfois le fameux « Lost in translation » de Sofia Coppola.
La bande annonce du film :
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17 janvier 2010
Jane Siberry… star des salons
La chanteuse canadienne avant-gardiste Jane Siberry passera par la Bretagne, le vendredi 2 avril. La chanteuse se produira devant une audience limitée à quelques dizaines de personnes.
La célèbre chanteuse KD Lang dit de Jane Siberry qu’elle est sans conteste l’une des plus grandes compositrices canadiennes contemporaines. Hélas, le talent n’est pas toujours synonyme de reconnaissance, en ce monde où tout ce qui brille a toujours plus de chance de capter l’attention…
A défaut d’être extrêmement populaire, Jane Siberry a su toutefois, au fil des ans, se constituer un important public d’aficionados dans le monde entier, en plus d’obtenir la reconnaissance de ses pairs et des critiques. Parmi ses plus grands fans figure Brian Eno, ex musicien de Roxy Music et producteur réputé de (entre autres) Bowie, Coldplay ou U2. De sa rencontre avec Jane Siberry naîtra l’un des albums les plus aboutis de l’Ontarienne, le bouleversant « When I was a boy ».
L’un des grands succès de Jane Siberry, « Love is everything », extrait de son album "When I was a boy", produit par Brian Eno :
Parmi les autres collaborations qui ont fait date, l’écriture de musiques de film pour Wim Wenders, où l’interprétation de « The bridge », morceau écrit pour elle par Joe Jackson. Quelques « faits d’armes » cités en préambule pour donner une petite idée de l’opulent CV de mademoiselle Jane (cf. discographie ci-après). Difficile en effet de résumer pareil parcours en quelques lignes. Les 48 pages du livret de son anthologie publiée chez Warner en 2002 ne font elles-mêmes qu’effleurer un centième, sans doute, du cheminement remarquable de la Torontoise.
Il y a quelques mois, l’artiste lançait une invitation à ses fans par le biais de sa mailing list. Ceux qui souhaitaient la recevoir dans leurs salons respectifs n’avaient qu’à se rapprocher d’elle. Le vendredi 2 avril, la chanteuse se produira donc dans notre salon, (dont nous avons fixé la jauge à 35 personnes), pour une performance acoustique en solo, accompagnée seulement d’un piano et d’une guitare.
Discographie de Jane Siberry
Jane Siberry (1980, puis réédité en 1991 chez SIB Productions). Produit par Jane Siberry, David Bradstreet et Carl Keesee. Enregistré à Toronto, Bradstreet’s home studio.
No borders here (1984 – Duke Street/Open Air/Windham Hill). Co-produit par Jon Goldsmith et Kerry Crawford, Jane Siberry et John Switzer. Enregistré à Toronto (studios Manta Sound et Inception Sound). Contient les tubes « Mimi on the beach » et « You don’t need ».
The Speckless Sky (1985 – Duke Street/Open Air/Windham Hill). Produit par Jane Siberry et John Switzer. Enregistré au printemps 1985 à Toronto (Manta Sound). Contient les tubes « The taxi ride », « Map of the world (part II) » et « One more colour ».
The Walking (1988 – Duke Street/Reprise). Produit par John Switzer et Jane Siberry. Enregistré au printemps/été 1987 à Toronto (Manta Sound). Contient les tubes « Goodbye », « Red high heels », « The walking (and constantly) » et « The lobby ». Un album culte vénéré par les fans.
Bound by the beauty (1989 – Duke Street/Reprise). Produit par Jane Siberry et John Switzer. Enregistré au printemps 1989 aux studios Orchard, Norval, Ontario, puis à Toronto (Manta Sound, Hypnotic Studios et Number Nine Sound). Contient les tubes « Bound by the beauty », « Everything reminds me of my dog », « The valley ».
When I was a boy (1993 – Reprise). Produit par Jane Siberry, Brian Eno et Michael Brook. Enregistré aux studios Mushroom, à Vancouver, été 1991 ; aux studios Reaction, Toronto, en janvier 1993 ; aux studios Westside, Londres, été 1992. Contient les tubes « Temple », « Calling all angels » (utilisé par Wim Wenders pour son film “Until the end of the world”), « Love is everything » (duo avec KD Lang), et « Sail across the water ».
A collection 1984-1989 (1994 - Reprise). Compilation des plus grands succès de Jane Siberry depuis 1984 jusqu'en 1989.
Maria (1995 – Reprise). Produit par Jane Siberry. Enregistré aux studios Reaction, Toronto, de septembre 1994 à avril 1995. Contient les tubes « Maria », « Goodbye sweet pumpkinhead ». L’incursion de Jane Siberry dans l’univers du jazz.
Teenager (1996 – Sheeba). Produit par Jane Siberry. Les premières chansons composées par Jane durant son adolescence, réarrangées et enregistrées aux studios Reaction, Toronto.
A day in the life NYC 1997 (1997 – Sheeba). Créé et produit par Jane Siberry. Enregistré au studio Travers-Smith, Toronto, en 1997. Jane Siberry : vocals, guitar, piano. Contient l’étonnant morceau « Peony », qui résume en quelques minutes une carrière de plusieurs décennies.
New York Trilogy (boxed set) (1999 – Sheeba) :
Child (Music for the Christmas Season) (1997 – Sheeba). Créé et produit par Jane Siberry). Enregistré live à The Bottom Line, New York les 17 et 18 décembre 1996.
Tree (Music for Films and Forests) (1999 – Sheeba). Créé et produit par Jane Siberry. Enregistré live à The Bottom Line, New York, les 23 et 24 octobre 1996.
Lips (Music for Saying it) (1999 – Sheeba). Créé et produit par Jane Siberry. Contient le tube « Barkis is willin’ ». Enregistré live à The Bottom Line, New York, les 20 et 21 novembre 1996.
Hush (2000 – Sheeba). Produit par Jane Siberry. Enregistré aux studios Zolis Audio, Toronto, automne 1999 et printemps 2000. Contient les tubes « The water is wide », « As I roved out », « O Shenandoah/Sail away » et « All through the night ».
City (2001 – Sheeba). Collaborations diverses, notamment aux studios Real World de Peter Gabriel, avec Alex Gifford, Ayub Ogada, Caroline Lavelle, David Rhodes, Mark Rutherford, etc. Collaboration avec Graeme Revell : “It can’t rain all the time”, musique du film “The Crow”. Collaborations avec Nigel Kennedy, Takafumi Sotoma (Japon), Morgan Fisher, Frank London, Michael Grey, Barney (musique du film “Barney’s great adventure”), Joe Jackson (“The bridge”, repris dans l’album Joe Jackson and friends; Jane Siberry, vocals/Joe Jackson, piano). Collaboration avec Hector Zazou : “She’s like the swallow”; musique et paroles traditionnelles. Produit par Hector Zazou. Apparaissant sur l’album « Songs from cold seas » (1996, Sony). Collaboration avec Wim Wenders : « Slow tango », musique du film Faraway, so close (1993).
The Jane Siberry Anthology – Love is everything (2002 – Warner Bros. Records). Deux CD et un livret splendide de 48 pages. Comprend la plupart des succès de Jane Siberry de 1980 à 2002. 30 chansons.
Shushan the Palace (Hymns of Earth) (2003 – Sheeba). Produit par Jane Siberry. Orchestrations par Peter Kiesewalter et Jane Siberry. Enregistré par Jim Zolis aux studios Zolis Audio, Toronto, en 2003, puis aux studios Wild Boar à New York, ainsi qu’aux studios Raven Street, Ottawa. Hymnes de Handel, Bach, Mendelssohn-Bartholdy, Rossetti, Holst. Incursion de Jane Siberry dans l’univers du classique.
Dragon Dreams (2008 – IssaLight.com). Produit par Issa / Jane Siberry. Créé et enregistré de 2006 à 2008 à Bruxelles, Vancouver, Ashcroft, Byron Bay (Australie), Toronto (Zolis Audio et Switzer studio). Contient les tubes « I pick up the phone », « You never know », « When we are queen » et « Send me someone to love ».
With what shall I keep warm ? (2009 – IssaLight.com). Produit par Issa / Jane Siberry. Créé et enregistré aux studios Factory (Vancouver), Nashcroft (Ashcroft, Colombie-Britannique), Zolis Audio (Toronto), ZebraStation (Bruxelles), Byron Bay (Australie), Sterling Sound (New York). Livret illustré par des tableaux peints par Jane Siberry.
Autres collaborations
Indigo Girls – Swamp Ophelia (1994 – Sony Music). Jane Siberry apparaît dans les chœurs sur deux chansons de l’album, « Language or the kiss » et « Mystery », aux côtés des célèbres Emily Saliers et Amy Ray.
L'album de Noël "Count your blessings" (1994). Une performance live de Jane Siberry aux côtés d'autres grandes voix canadiennes, Holly Cole, Rebecca Jenkins, Victoria Williams et Mary Margaret O'Hara. Jane Siberry y livre une chanson originale, "Are you burning little candle", qui figure aussi sur l'anthologie publiée en 2002.
17:28 Publié dans Les bonnes infos de Titus | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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