13.04.2008
Symphonie printanière
15:31 Publié dans Sentier intérieur | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Bois de Kéroual, Guilers, Brest, couleurs du printemps, champ de pâquerettes, violettes
22.03.2008
Alela Diane sensuelle diva
Avec la grâce et la sensualité digne d'une Norah Jones, la folkeuse californienne Alela Diane a hypnotisé, vendredi, le cabaret Vauban à Brest, où se jouait, à guichet fermé, l'une des dernières dates de sa tournée française. Une prestation intimiste et sereine.
L'esprit folk dans sa plus pure expression. Un set dénué d'artifices, le naturel avant tout. Le son des guitares et du banjo, ponctué à l'occasion du battement d'une grosse caisse ou des applaudissements du public. Voilà pour la rythmique. Le show d'Alela Diane mise avant tout sur la sobriété, mais ce quasi dépouillement est précisément ce qui permet au public d'apprécier l'essentiel : ces mélodies lancinantes qui nous emportent comme le mouvement des vagues, les ondulations d'une voix si touchante qu'elle parvient à débusquer les émotions les plus enfouies en chacun de nous... Sensible et sensuelle, la jeune songwriter fait déjà preuve de beaucoup de métier et d'un naturel qui laisse deviner une immense artiste.
Talents d'exception
Alela Diane est entourée sur scène par un trio d'exception : à la guitare, son père, Tom Menig, à qui l'on doit l'enregistrement du premier album d'Alela, "The Pirate's Gospel", ce disque aussi original que captivant; pour les choeurs, son amie la chanteuse amérindienne Mariee Sioux et, au banjo, Matt Bauer (deux artistes qui suivent aussi parallèlement leurs propres itinéraires en solo). L'ambiance est bon enfant. Tom Menig, aux faux airs de D'Artagnan, fait son papa poule. La complicité est manifeste entre le père et sa fille. Au milieu du set, tandis qu'Alela et Matt s'accordent, Tom chahute : "Je vous raconterais bien une blague pour vous faire patienter, mais ma fille ne veut pas..." La chanteuse sourit : "Daddies like to tell stories all day" (tous les papas passent leurs journées à raconter des blagues).
Simplicité déroutante
A l'étage du Vauban, après un rappel copieux, le public est invité à rencontrer Alela, Matt et Mariee, qui dédicacent albums et affiches. La simplicité de la chanteuse est tout bonnement déroutante. Elle semble sincèrement surprise des honneurs que lui réserve le public et gratifie chacun de ses interlocuteurs d'un large sourire doublé d'un timide "thank you". La nouvelle diva, révélée seulement l'an dernier en France, semble toujours un peu surprise de son succès outre Atlantique. Cette candeur non feinte fait tout le charme du personnage. La musique d'Alela est une eau de jouvence où il fait bon se ressourcer. Heureusement pour nous, cette source vaillante ne semble pas près de se tarir : un second album est déjà en vue...
La vidéo de "The Pirate's Gospel", succès de l'album éponyme :
19:35 Publié dans Les sorties de Titus | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Alela Diane, Brest, Vauban, The Pirate's gospel, folk music
02.03.2008
La pop atmosphérique de Minor Majority
Le rock scandinave n'a plus à faire ses preuves. Côté norvégien, l'un des plus beaux fleurons s'appelle Minor Majority, qui rivalise sans peine avec les meilleurs groupes pop anglo-saxons. Disque d'or dans son pays d'origine et distribué en France par Vicious Circle, la formation assure ces jours-ci dans l'Hexagone la promotion de son cinquième opus, Candy Store.
Minor Majority a vu le jour à l'orée du nouveau millénaire, sous la houlette de deux musiciens d'Oslo, le chanteur et guitariste Pal Angerskar et Andreas Berczelly, qui choisira peu après de se cantonner dans la production des albums du groupe. Au fil des ans, la formation s'enrichira de plusieurs musicos de talent : Jon Arild Stieng à la guitare et à l'accordéon, Harald Sommerstad aux claviers, Henrik Harr Wideroe à la basse et Halvor Hogh Winsnes à la batterie. Avec ses chansons pop mélodieuses à souhait, la voix belle et claire du chanteur, Minor Majority se taille rapidement une réputation flatteuse.
Tournée de promo ces jours-ci
Le groupe a publié, il y a quelques mois, son cinquième album, "Candy Store", comprenant deux CDs : une compilation des quatre albums précédents sur le premier et un recueil d'inédits et de faces B sur le second. C'est à la suite de cette nouvelle publication que Minor Majority écume, ces jours-ci, quelques villes françaises : Paris, le 2 mars (La Maroquinerie); Rouen, le 4 mars (Emporium Galorium); Brest, le 5 mars (cabaret Vauban); Tours, le 6 mars (Bateau Ivre); Lyon, le 7 mars (Le Sirius). Une belle opportunité d'aller découvrir l'un des groupes les plus en vue de la scène rock norvégienne.
Disque d'or en Norvège
Le précédent album de la formation, "Reasons to hang around", disque d'or en Norvège, a été littéralement encensé par la critique. C'est une mine d'où jaillissent les pépites dès la première écoute, à l'instar de "Come back to me", "Wish you'd hold that smile" ou encore "Supergirl", dont je vous propose de découvrir le clip, réalisé par Alexander Kayiambakis en février 2006.
POUR EN SAVOIR PLUS :
Le site MySpace de Minor Majority.
Le site officiel.
Le site français du groupe.
12:55 Publié dans Pas fait pour les chiens | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Rock norvégien, Minor Majority, Supergirl, Vauban, Brest, Reasons to hang around
15.09.2007
Gilles Leroy : "J'ai rendu sa voix à Zelda"
L'écrivain Gilles Leroy, qui était l'invité de la librairie Dialogues, ce vendredi, à Brest, avait de quoi se réjouir : il venait en effet d'apprendre que son dernier roman, "Alabama Song", avait été sélectionné par les jurys du Goncourt, du Renaudot, du Fémina et du Médicis. Le romancier a accepté de répondre à nos questions avant la rencontre qu'il animait, en soirée, avec ses lecteurs.
Titus - Jusqu'ici, ton oeuvre était marquée par un important apport autobiographique. "Alabama Song" constitue donc une grande première !
Gilles Leroy - Je prends en effet la voix d'une femme américaine qui vit dans les années 20 et 40. Donc, on ne pouvait pas faire plus exotique effectivement. Ce qui m'a intéressé, c'était d'utiliser le "je" pour parler, non plus de moi ou de mes avatars, mais de l'utiliser carrément pour quelqu'un à l'identité radicalement différente, comme Zelda. Zelda Fitzgerald, une femme, une Américaine née en 1900, avec qui je n'ai a priori aucun rapport. J'aime bien, pour chaque livre, me poser ce défi d'explorer une forme inédite pour moi. Et avec Zelda, ça a tout de suite collé. Je crois que ça n'aurait pas marché pareillement si je l'avais fait à la troisième personne. Ca serait devenu quelque chose de très froid, ou alors de biographique, et je tenais absolument à ce que ça soit un roman et vécu de l'intérieur, qu'on comprenne qui était cette personne au destin tragique, et en même temps glamour, trash, un sacré destin !
Titus - Tu termines le livre en précisant qu'il faut absolument le considérer comme un roman et non comme une biographie, mais il y a tout de même une grande part biographique là dedans...
Titus - En cela, ton roman apparaît comme une formidable réhabilitation de Zelda, non ?
Oui, même si ça n'était pas ma première intention. Mais oui, ça a permis de lui rendre sa voix, de lui rendre sa part dans le couple parce que sa part créative est énorme. Elle a quand même beaucoup participé à l'oeuvre. Comme ils n'ont pas cessé d'utiliser leur vie de couple pour nourrir les écrits - essentiellement les romans de Scott, mais aussi le roman de Zelda et les nouvelles -, c'est en fait comme une gigantesque auto-fiction à deux ! Pour moi, ce couple est une association et la part de Zelda a jusqu'ici été souvent maltraitée, méprisée et mésestimée. En ce sens-là, oui, je rétablis une justice.
Titus - Est-ce que l'idée de ce roman te trottait dans la tête depuis longtemps ?
Titus - Dans la conclusion du livre, tu fais allusion à un amant qui avait cherché, quand tu étais plus jeune, à t'interdire d'écrire, de la même façon que Scott n'encourageait pas la production de Zelda... Est-ce que ça n'a pas été un autre élément déclencheur de ce roman ?
Oui, ça y ressemble, dans la mesure où, j'ai, pendant un an de ma vie - j'avais à peu près vingt ans - accepté une situation assez stupide qui était que je vivais avec quelqu'un qui refusait que j'écrive, qui prétendait que si on aime, on est autosuffisant et fusionnel, qu'on n'a pas besoin d'autre chose. Et cette personne prétendait que, pour lui, l'art ou toute sorte de création était le signe d'un manque. Un manque affectif ! Et donc, si j'écrivais, c'était que j'étais dans un manque affectif. C'était assez stupide, je dois dire ! Et ce que je décris et que Zelda faisait - qui était de cacher ses manuscrits - je l'ai fait moi-même pendant quelques mois dans ma vie, jusqu'au jour où j'ai claqué la porte en me disant que quelque chose n'allait pas.
Titus - Je trouve la fin du livre très touchante, lorsque tu racontes ton propre voyage en Alabama, dans les pas de Zelda et Scott. Y as-tu effectué un séjour en amont de l'écriture d'"Alabama Song" ?
Titus - As-tu, du coup, repris certains passages en essayant d'y ajouter des ambiances ?
Oui, notamment sur les odeurs. Je suis quelqu'un de très olfactif et j'ai besoin de savoir ce que sentent les maisons, les rues, etc. Ces indications-là sont donc venues grâce au voyage. Ca m'a aussi conforté dans l'idée que Montgomery devait vraiment pas être une ville folichonne pour que Zelda veuille à ce point en partir, parce qu'elle cherchait pas vraiment l'amour avec Scott, à mon sens. Elle cherchait surtout à sortir de ce milieu où elle avait grandi. Elle appartenait quand même à l'une des deux familles les plus célèbres de la ville et de l'Etat. On pouvait se demander : pourquoi ce besoin de partir alors qu'elle aurait pu épouser un beau parti. Elle flirtait beaucoup et était très courtisée, et j'ai compris, lors de mon séjour là-bas, pourquoi il fallait qu'elle parte. Il y avait quelque chose de très pesant, de très étouffant dans ce pays.
Titus - Le livre, on l'a appris cette semaine, est en nomination pour les prix Goncourt, Renaudot, Médicis et Fémina. Qu'en dis-tu ?
Evidemment, ça me ferait très plaisir de recevoir l'un de ces prix. Ma réaction peut paraître très banale, mais j'essaye en fait de ne pas trop y penser pour rester zen. Mais c'est difficile de ne pas y croire un peu...
Titus - Est-ce vrai que tu t'es aussi récemment intéressé au théâtre ?
Gilles Leroy, "Alabama Song", Mercure de France, 2007.
02:20 Publié dans Rencontres françaises | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Librairie Dialogues, Brest, Gilles Leroy, Alabama Song, Mercure de France, Alfredo Arias, Jean Genet
11.09.2007
L'hommage de Brest aux explorateurs
Dès la fin du XVIIIe siècle, le développement des voyages maritimes au long cours permit d'envoyer des botanistes de par le monde, afin d'étoffer le choix des plantes exotiques. Et c'est notamment de Brest où arrivaient les bâtiments des explorations scientifiques, que les plants partaient vers Paris pour enrichir le jardin du Roi, aujourd'hui jardin des Plantes. Du temps de Colbert, chaque port de France fut ainsi doté d'un jardin botanique afin d'accueillir les nombreuses espèces exotiques à acclimater. Dès 1694, à Brest, l'intendant de la Marine Desclouzeaux avait déjà créé un jardin aux simples dans l'enceinte de l'hôpital de la Marine.
Des plantes aux origines les plus diverses
Le jardin des explorateurs, qui rend hommage à ces expéditions scientifiques parties de Brest, recense aujourd'hui une multitude de plantes (notamment les fameux hortensias qui se sont si bien acclimatés en Bretagne) rapportées de ces voyages aux destinations exotiques : Nouvelle-Zélande, Australie, Chine, Japon, etc. La biographie de chaque explorateur (Bougainville, Commerson, etc.) est rappelée sur des plaques disposées tout autour de ce petit havre de verdure où il fait bon flâner ou se ressourcer. Voyage en images...
12:25 Publié dans Les sorties de Titus | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Brest, Jardin des explorateurs, Recouvrance, botanique
07.09.2007
"Alabama Song" : les années 20 jusqu'à la folie
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"Il en est qui se cachent pour voler, pour tuer, pour trahir, pour aimer, pour jouir. Moi, j'ai dû me cacher pour écrire. J'avais vingt ans à peine que déjà je tombai sous l'emprise - l'empire - d'un homme à peine plus vieux que moi qui voulait décider de ma vie et s'y prit très mal".
Zelda Sayre Fitzgerald, dans "Alabama Song", de Gilles Leroy.
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Avec "Alabama Song", Gilles Leroy vient peut-être de signer là son plus beau roman. Son roman américain. Un livre qu'il portait en lui depuis de nombreuses années, depuis ce jour où un amant amoureux "qui voulait m'interdire d'écrire" lui avait confié son admiration pour un couple hors norme, les Fitzgerald. Un couple qui participe du mythe des années 20, années folles du jazz et de la prohibition aux Etats-Unis. Gilles Leroy l'écrivain s'est emparé, à la première personne, du personnage de Zelda Sayre, cette Belle du Sud qui dut vivre toute sa vie dans l'ombre de son grand écrivain de mari. Avec brio, il parvient, mieux que ne l'aurait fait sans doute un historien, à sublimer la destinée tragique de la fille de l'Alabama.
Sans doute les amours tumultueux du couple légendaire, qui défrayèrent la chronique des années 20, n'auront jamais été aussi bien rapportés depuis Fitzgerald en personne, dans son chef-d'oeuvre "Tendre est la nuit", où l'écrivain américain s'était abondamment appuyé sur les journaux intimes de son épouse (qui était elle-même écrivaine, peintre et danseuse dans l'âme !) pour brosser le portrait de l'héroïne Nicole Diver. Vous avez dit pillage ? Réponse de Zelda dans Alabama Song : "J'en veux à Scott parce qu'il s'est servi de moi pour toutes ses héroïnes, qu'il m'a pris pour matériau et m'a volé ma vie. (...) La vérité est qu'il s'est servi de mes propres mots, qu'il a pillé mon journal et mes lettres, qu'il a signé de son nom les articles et les nouvelles que seule j'écrivais".
Une descente aux enfers
De sa rencontre avec Scott, alors jeune soldat, en 1918, jusqu'à sa mort tragique, en 1948, dans l'incendie de l'hôpital psychiatrique où elle était internée, la descente aux enfers semble inéxorable. D'emblée, une certaine excentricité (un brin de folie) semble habiter cette héroïne mi-ange mi-démon issue d'un milieu austère dominé par son avocat de père. Après son mariage avec l'écrivain, en 1920, s'ensuit une période de fastes à la Gatsby le Magnifique, liée aux premiers succès littéraires de Scott. Mais très vite, tout se délite et d'importantes rivalités éclatent au sein du couple qui brûle la chandelle par les deux boûts.
Muse forever
Pour nous raconter cette histoire avec autant de passion, le romancier n'a pas hésité à traverser l'Atlantique. Il est allé marcher dans les pas de Zelda, à Montgomery, dans l'Alabama. Il s'est imprégné de ces lieux encore hantés par son héroïne. Zelda la muse n'a décidément pas dit son dernier mot !
Café littéraire avec Gilles Leroy, vendredi 14 septembre, à 18 h, à la librairie Dialogues, rue de Siam, Brest.
15:10 Publié dans Le salon littéraire | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Gilles Leroy, Alabama Song, Mercure de France, Zelda et Francis Scott Fitzgerald, librairie Dialogues, Brest
05.09.2007
Cashback : la beauté en "mode pause"
Le premier long-métrage du jeune cinéaste anglais Sean Ellis, "Cashback", dont la sortie en DVD est programmée aujourd'hui, mercredi 5 septembre, est le prolongement d'un court-métrage éponyme qui a reçu, en 2004, le grand prix du Festival du Film court de Brest. Accessoirement, le court-métrage d'origine a aussi été en nomination aux Oscars. Avec de tels encouragements, pas surprenant non plus que le réalisateur ait choisi d'en tirer une version longue, pour notre plus grand bonheur...
Comédie romantique inspirée comme seuls savent en distiller les Britanniques, "Cashback" est assurément une réussite, drôle et émouvante à la fois. Les images sont somptueuses, les séquences rythmées et les acteurs ont trouvé le ton juste (belles impressions, notamment, du très prometteur Sean Biggerstaff ou d'Emilia Fox, estampillée nouvelle égérie du cinéma anglais). Pour ne rien gâcher à l'ensemble, la bande son est également très agréable.
Des personnages
hauts en couleur
Dans "Cashback", sorti en salles en janvier 2007, un étudiant aux Beaux-Arts, Ben Willis (interprété par Sean Biggerstaff) raconte la manière dont il s'est fait plaquer par sa petite amie, Suzy. Jusqu'ici, rien de très original, me direz-vous... Un peu de patience ! Devenu insomniaque, Ben se met à travailler de nuit au supermarché du coin, et c'est là que les choses se corsent un tantinet. Il y fait en effet la connaissance de quelques personnages hauts en couleur qui cultivent, chacun à sa manière, l'art de tromper l'ennui pendant leurs longues heures de travail.
Ben a élaboré quant à lui un stratagème qui lui est propre : son art consiste à imaginer qu'il suspend le temps, ce qui lui permet d'apprécier, "en mode pause", la beauté du monde et des êtres qui le peuplent. C'est ainsi qu'on le voit déambuler au milieu des allées du supermarché, déshabillant (pour de vrai !) les plus belles femmes qu'il y croise afin de leur croquer le portrait... Dans ce monde immobile où il aime parfois se réfugier, Ben finit par tomber sous le charme de Sharon, une discrète caissière qui faisait jusqu'ici office de tapisserie. Sharon, dont on découvre par petites touches la sensibilité et l'intelligence, une jolie fleur dont l'éclosion à retardement constitue le tournant du film...
Univers sensible et poétique
D'une drôlerie absolue, "Cashback" nous fait aussi pénétrer un univers sensible et poétique. Cette scène arrêtée où Ben et Sharon circulent au milieu des flocons de neige suspendus est notamment d'une grande beauté. Oui, vraiment, un film qui fait du bien et dont j'attendais avec impatience la sortie en DVD. Un conseil, achetez-le au plus vite. Et livrez-nous vos impressions ici-même !
En bonus, la bande annonce du film :
Plusieurs séquences du film sont aussi consultables en ligne sur le site de la Gaumont.
12:35 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Brest, festival du film court, Sean Ellis, Sean Biggerstaff, Emilia Fox
21.08.2007
Carus Thompson : "Une bonne chanson doit parler au plus grand nombre"
L'Australie ne se résume heureusement pas aux wallabies et autres Crocodile Dundee. La scène musicale des antipodes est d'une richesse parfois ignorée ou largement méconnue en Europe. Encore une fois, les organisateurs des soirées Vaches folk, à Cast (arrière-pays châteaulinois), ont du flair en faisant venir à la pointe bretonne l'une des figures émergentes de la mouvance folk-rock australienne. Dans la veine du John Butler Trio ou d'un Jack Johnson, Carus Thompson nous sert une musique qui ne renie pas ses origines, la côte ouest australienne, ses vagues et son surf. Lorsqu'il ne s'adonne pas à la glisse à Fremantle, Carus est généralement en tournée. Cette semaine, il est notamment au fameux Fringe d'Edimbourg, puis à Londres, avant d'effectuer un saut de kangourou à Cast, vendredi.
Titus - Peux-tu nous parler un peu de tes origines et nous décrire l'endroit où tu as grandi ? (Could you tell us a bit about your origins and describe the place where you grew up ?)
Carus Thompson - Je suis né à Fremantle, dans l'Ouest de l'Australie. J'y ai vécu une partie de ma jeunesse, ainsi qu'à Darwin et dans une petite communauté aborigène du Territoire du Nord, Peppimenarti. Mes parents y enseignaient et nous y avons vécu pendant trois ans. J'étais le seul enfant blanc du village et ce fut une formidable expérience, de me trouver ainsi en totale immersion dans la plus ancienne culture australienne. J'y suis retournée plusieurs fois par la suite, une fois devenu adulte, et j'interprète aujourd'hui une chanson qui me fut écrite par un ami d'enfance aborigène. La chanson s'intitule "Yangi", ce qui veut dire "feu". J'ai eu beaucoup de chance de vivre une partie de ma jeunesse à Peppimenarti, un endroit qui correspond assez bien au cliché du village australien paumé, avec ses crocodiles, serpents, dingos et kangourous. J'ai dû goûter plus d'une fois le "ragoût" traditionnel de la brousse et j'ai vu des endroits magnifiques. Cela restera à jamais gravé dans ma mémoire !
(I was born in Fremantle, Western Australia. But I grew up between there, Darwin and a remote aboriginal community in the Northern Territory called Peppimenarti. My parents were teachers there and we lived there for three years. I was the only white child in the town and it was a great experience to have, to have been immersed in another, in fact Australia’s oldest culture. I have been back there a few times as an adult and I now play a song in my set that was written by one of my childhood friends from there. The song is called “Yangi” – which means “Fire”. Peppimenarti was an amazing place to grow up. It is pretty much like you imagine it as the stereotypical outback town – crocodiles, snakes, dingos, kangaroos. I got to eat lots of traditional bush tucker and see some very beautiful places. It will always be a special place in my memory.)
La chanson "When I think of you", interprétée par Carus Thompson :
Titus - Comment s'est déclaré ton intérêt pour la musique ? Es-tu issu d'une famille où la musique jouait un rôle important ? What got you interested in music in the first place ? Were you born within a family where music was very important ?
(My family is definitely not musical. I am the first one to play music and have a huge interest in it. My neighbors played in a band when I was 12 years old and I used to go over and watch them rehearse. I had always thought that I was not musical but once I started played guitar I really loved it. I had wanted to be a writer when I was younger and the whole songwriting process was very interesting to me. As soon as I began learning guitar I also wrote songs, and this has been something that has continued. I am firstly a songwriter, and secondly a musician. My songs are the most important things to me, and what I am most proud of. I have written probably 500 or more songs so far, many of which I have forgotten and as I get more practice I really feel that I am getting better at the craft of it. A really, really good song can communicate so much and mean something so special to many people. I think it is a real art and it has become something I have dedicated my life to getting better at).
Titus - Te souviens-tu de ta première rencontre avec la musique ? Do you remember the first time you were in contact with a musical instrument ?
J'ai un souvenir précis de ma première émotion musicale. Moi et mon père, nous roulions un jour de Peppimenarti, ce village paumé que j'évoquais tout à l'heure, jusqu'à Darwin, tout en écoutant "American Pie" de Don McLean. Découvrir cette chanson tout en parcourant la brousse, j'ai trouvé ça extraordinaire ! Dans la même veine, je me rappelle, à peu près au même âge, avoir été très impressionné par cette chanson de Neil Young, "Comes a time". Tout à fait mon genre de héros !
The first time I remember loving music was driving with my father from the outback community (Peppimenarti) where we lived to Darwin one day and listening to Don McLean’s “American Pie”. I loved listening to the song and driving through the bush. I also remember loving Neil Young’s “Comes A Time” at this age too. These kinds of songwriters are still my heroes.
Titus - Et tes premiers accords de guitare, tu t'en souviens ? How about your first recollection of playing guitar ?
Mes voisins jouaient au sein d'un groupe et m'ont donné mes premières leçons... Mais ensuite, j'ai progressé à force d'écouter et jouer en compagnie de mes camarades d'école. Je ne sais pas lire une partition et je n'ai jamais reçu de véritable éducation musicale, mais nous nous retrouvions lors de fêtes ou dans nos maisons respectives pour faire le boeuf et apprendre les chansons que nous aimions, qu'il s'agisse des Beatles ou des Stones. Nous avons vite commencé à écrire nos propres morceaux et à les interpréter au sein de groupes dans nos garages. La musique a toujours été pour moi une passion exercée pour le plaisir, et jamais une discipline enseignée à l'école ou par un professeur. Je crois que c'est sans doute ce qui fait que j'en serai toujours accro.
My neighbors who played in a band gave me my first lesson but after that it was just listening to music and playing songs with my friends from school. I cannot read written music and I have neve












































