11.04.2008
Mathieu Lucas : "En Australie, il y a quelque chose en plus !"
Bassiste résidant aujourd'hui à Angoulême, Mathieu Lucas n'en est pas moins l'un des pivots de la formation de rock australien The True Believers qui accompagne Carus Thompson en tournée dans le monde entier (et qui sera à Cast, près de Châteaulin, le 26 avril). Voilà qui en soi n'est déjà pas banal. Le musicien français qui a fait ses classes au prestigieux collège Berkeley de Boston explique la raison de sa présence au sein de ce groupe des antipodes, à laquelle une histoire d'amitié n'est pas tout à fait étrangère...
Titus - Mathieu Lucas, vous faites partie de l'ossature des True Believers, aux côtés de musiciens australiens. Pouvez-vous raconter les circonstances de votre rencontre avec Carus Thompson ?
J'ai rencontré Carus à l'occasion de ses premières tournées enropéennes, quand il était juste avec sa guitare et son sac à dos, à la roots. Mon cousin et lui sont amis depuis l'enfance à Fremantle, donc quand il est arrivé en Europe en 2003, j'ai organisé des concerts pour lui en Charente, et nous sommes restés en contact jusqu'à fin 2006, au moment où j'ai rejoint le groupe. Son ancien bassiste a quitté le groupe assez soudainement et je lui ai proposé de le remplacer. Cela paraissait un peu fou mais l'idée a germé et je suis parti en Australie pour ma première tournée en février 2007.
Titus - J'aimerais que l'on revienne un moment sur votre propre parcours de bassiste. Vous souvenez-vous de la première fois où une basse vous est tombée entre les mains ?
Je suis pianiste de formation. En 1993-94, j'ai tourné en France comme conférencier (avec un film documentaire). Etant tous les jours sur la route je n'ai pas pu prendre mon piano avec moi !... J'ai acheté ma première basse à Marseille, début 94, et j'ai immédiatement su que j'avais trouvé mon instrument. J'ai commencé à travailler tous les soirs à l'hôtel après les conférences, j'étais accro. J'avais juste un ampli casque, un lecteur CD portable et ma basse... Et des disques de Jaco Pastorius... J'ai toujours été sensible à la basse dans mes années de pianiste, jouant beaucoup de jazz et ayant deux de mes meilleurs amis qui étaient bassistes. Adolescent, mon professeur de piano (il était beaucoup plus que ça , je devrais dire mon mentor...) était un ancien contrebassiste.Titus - Quel parcours avez-vous suivi pour devenir musicien ? Avez-vous toujours vécu à Angoulême ?
J'habite à Angoulême seulement depuis 2000. J'ai longtemps vécu sur la Côte d'Azur, à Nice, ainsi qu'à Paris et en Afrique, petit. J'ai commencé la musique par l'orgue à 10 ans et je suis passé au piano vers 16 ans. J'ai eu la chance d'étudier au prestigieux Berkeley college of music de Boston, en piano, puis à la basse...
Une vidéo de Carus Thompson & The True Believers filmée à Hanovre, en Allemagne, le 24 mai 2007, où l'on peut apprécier un excellent solo de Mathieu Lucas à la basse :
Titus - Qu'écoutiez-vous lorsque vous étiez jeune ? Etiez-vous déjà interessé par la musique australienne ? Avez-vous évolué au sein de différents groupes français avant de vous joindre aux True Believers ?
J'ai été formé (déformé ?) par le jazz dans toutes ses tendances. J'ai aussi beaucoup écouté (et écoute toujours) de musique latine (salsa et musique brésilienne). Je suis tombé dans le rock très tard, en 2002, à la création du groupe Kartel. J'écoute maintenant beaucoup de pop/rock anglais. J'adore également le gospel et le chant a cappella en général. J'ai chanté avec le groupe de gospel Sankofa de 1998 à 2007. J'arrange maintenant pour le groupe. Je découvre depuis un an la richesse de la musique australienne. Le pays fourmille d'auteurs-compositeurs-interprètes de talent. Je pense que cela doit être une des plus importantes concentrations au monde par habitant (ils sont seulement 20 millions) je suis devenu fan de beaucoup d'entre eux ! Carus, of course (oui, je joue avec lui et en plus j'aime sa musique...), Loren, Rob Sawyer, Jess McAvoy, Carolyn Oates, Neil Murray, John Butler Trio, The Waifs, etc.Titus - A quand remonte votre premier voyage en Australie ?
Je suis allé pour la première fois en Australie en 1989, en vacances. Je n'y étais jamais retourné avant l'année dernière.
Titus - Quel regard portez-vous sur ce pays, le mode de vie à l'australienne ?
J'adore l'Australie. Le fait que je sois bilingue aide, bien sûr. j'ai toujours été à l'aise dans les pays anglo-saxons. Mais en Australie, il y a quelque chose en plus. En plus, j'y voyage maintenant comme musicien en tournée, ce qui est à peu près la meilleure vie du monde ! Et ce qui me permet de voir plein de coins que j'aurais probablement ratés comme touriste. Puis je suis tous les jours avec des Australiens, donc l'expérience est complète... A chaque fois que je reviens en France, je trouve les gens stressés et cela me donne envie de retourner là-bas de suite... J'y retournerai probablement de manière quasi permanente, dans le futur.
La vidéo de "Broken song", de Carus & The True Believers :
Titus - Lorsque vous décidez d'écrire à Carus pour lui proposer de remplacer le bassiste qui venait de quitter la formation, quel était votre état d'esprit ? Pensiez-vous que Carus allait répondre favorablement ?
J'avais envie de bouger. J'étais un peu miné par mes expériences de groupe en France, avec des gens très difficiles à motiver. En plus, comme je l'ai dit, j'aime vraiment beaucoup la musique de Carus, ainsi que le personnage lui-même. Beaucoup de musiciens français devraient prendre des leçons sur les Australiens sur la manière de gérer leur business et leur présence scénique !
Titus - Comment cela s'est-il passé ? Etes-vous allé en Australie pour faire un bout d'essai ?
Non, j'avais déjà joué avec Carus en France, donc il me connaissait musicalement. Il m'a juste demandé si j'étais prêt à m'adapter à son optique de "less is more", c'est à dire de ne pas surjouer la musique et d'aller à l'essentiel. Ca s'est très bien passé, même si nous ne sommes pas d'accord sur tout, mais nous sommes assez grands pour savoir accepter nos différences.
Titus - Qui sont les autres membres du groupe et quelles sont vos relations avec eux ? Notamment durant vos tournées, qui sont plutôt nombreuses ?
En Australie, le batteur est Jason McGannet; le violoniste - mandoliniste - pianiste est John Bedggood, dit "Bedge". Ils sont vraiment cools en plus d'être d'excellents musiciens. Jason est le premier batteur du John Butler Trio et Bedge joue avec à peu près tout ce qui se fait de mieux sur la scène folk-rock australienne. Nous avons passé beaucoup de temps ensemble en tournée en 2007 - environ six mois - et ça a été une expérience incroyable. Tout le monde a, bien sûr, des hauts et des bas mais, dans l'ensemble, nous n'avons jamais eu de gros problème. J'ai beaucoup traîné avec Jason (basse-batterie...) et c'est quelqu'un que j'adore. Pour cette tournée européenne, la formation va être différente. Carus amène son frère, Christian, pour officier à la deuxième guitare et aux choeurs et le batteur sera Christophe Baillet. Christophe est le batteur de mon ancien groupe de rock, Kartel et compte parmi mes meileurs amis. J'en ai peu. C'est la raison pour laquelle je lui ai proposé de se joindre à nous pour cette tournée. En plus c'est un excellent batteur ! Nous avons enregistré vite fait basse/batterie pour Carus et il a dit ok !Titus - Lorsque vous regardez en arrière, êtes-vous satisfait du chemin parcouru avec Carus et les True Believers ?
Cela fait seulement un an que je suis dans le groupe. C'est passé très vite et, en même temps, le fait de bouger en permanence rend le temps élastique. J'ai tellement parcouru de kilomètres en 2007 que j'ai l'impression de faire partie du groupe depuis beaucoup plus longtemps ! Mais le plaisir est intact, j'ai hâte de repartir en tournée !
Titus - Avez-vous participé à l'enregistrement du dernier album de Carus, "Three Boxes" ? Pour moi, cet album est celui de la maturité. Une unité de ton est perceptible. Quel est votre sentiment sur ce disque et sur l'évolution de l'écriture de Carus ?
Non, je suis arrivé après la fin de l'enregistrement de l'album. Il est certain que cet album est beaucoup plus abouti que les précédents. Surtout au niveau production. Les morceaux ont été pré-produits à Melbourne, surtout chez Jason qui a un home studio, pour ensuite être enregistrés dans un bon studio avec Greg Arnold comme réalisateur artistique. le mixage a été réalisé à Nashville, ce qui a apporté une couleur différente. L'ingé son du mixage a aussi amené 2 ou 3 petites choses qui font vraiment la différence. Carus arrive à écrire des choses très simples mais intéressantes. Il ne faut pas oublier son background. il vient du folk, influencé par Dylan ou Springsteen. Souvent l'accent est mis sur le texte, et la musique se doit de rester assez simple harmoniquement et mélodiquement.
Titus - Lors de son premier passage en Bretagne, l'an dernier, Carus était seul sur scène. Cette fois, le 26 avril, les True Believers l'accompagneront. Comment vous sentez-vous à quelques jours du lancement de cette tournée européenne qui s'annonce comme la plus fournie dans l'histoire du groupe ?
J'ai hâte d'y être! Cela va être différent de ce que nous avons fait jusque là de par le changement de musiciens. ce sera peut-être plus rock avec deux guitares, quoique Carus a acheté une mandoline et compte bien s'en servir! Je suis très heureux de faire cette tournée avec Christophe, cela va rétablir l'équilibre. Deux Français contre deux Australiens; on va bien se marrer ! Titus - Dans une première interview, l'an passé, Carus nous avait dit que le fait d'avoir un Français dans son équipe était un bel atout pour tenter de percer dans l'Hexagone. Quel accueil le public français vous a-t-il réservé jusqu'ici ?
Pour l'instant, nous jouons très peu en France. Je n'ai pas vraiment eu le temps de démarcher ici, étant beaucoup en tournée mais je compte m'y mettre à l'automne, pour 2009. Le problème, en France, c'est que beaucoup de festivals et salles sont verrouillées par les tourneurs, donc il faut batailler ferme...
Titus - Quels sont vos projets personnels ? Avez-vous l'intention, a priori, de poursuivre votre bout de chemin avec les True Believers ?
J'ai appris récemment que je vais être papa à la fin de l'année, donc c'est un projet qui risque de me prendre un peu de temps ! Mais j'espère pouvoir continuer à jouer avec Carus ! Je n'ai plus de projet personnel ici en France pour l'instant, si ce n'est la musique que j'écris régulièrement pour France 3.
Autre performance "live" de Carus, sur la chanson "Last days of winter" :
PRATIQUEEn concert à CAST (près de Châteaulin, à 10 mn de Quimper) le samedi 26 avril 2008, à 21h.
Infos complémentaires sur le site MySpace des Vaches Folks.
Tarifs : 13 € / 15 € (+ frais de location);
Points de location : Brest : Dialogues Musiques (+1 €); Quimper : Harmonia Mundi (+0 €); Cast : Mairie (+0 €), bar-presse « le Toon’s » (+0 €). Réseau Ticketnet (utilisez le mot-clef "Carus" dans votre recherche) (+1,7 €)
12:45 Publié dans Rencontres françaises | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Mathieu Lucas, True Believers, Carus Thompson, rock australien, vaches folk, Cast
17.03.2008
Alexandre Kinn, un autre visage du groove
Lors de son passage en Bretagne à l'automne 2007, la chanteuse amérindienne de blues, Pura Fé, nous avait dit y être déjà venue pour participer à une session d'enregistrement avec Alexandre Kinn. La chanson enregistrée à cette occasion figure sur le premier album de cet auteur-compositeur-interprète originaire du Sud-Est de la France. "Dans la tête d'un homme" est sorti ce 17 mars et bénéficiera du soutien actif d'une majeure, AZ/Universal, pour sa distribution. Voilà un artiste dont on risque d'entendre beaucoup parler dans les mois à venir, foi de Titus !
L'artiste, en première partie d'Anis, à la Cigale, à Paris, le 9 octobre 2006, en guise de mise en bouche :
alexandre kinn a la cigale
Titus - Est-il vrai que tu rêvais de devenir égyptologue lorsque tu étais gamin ? Qu'est-ce qui a provoqué ton nouveau choix de carrière ?
Je rêvais d’être « Indiana Jones » en fait, et j’étais bien jeune… et aventurier, par définition, je trouvais ça cool !Le fait de vouloir faire de la "musik" remonte à la Nouvelle-Orléans...
Titus - Dans quelles circonstances t'es-tu retrouvé en Louisiane ? Beaucoup de musiciens en reviennent transfigurés; était-ce ton cas ?
C’est là que j’ai découvert un nouveau visage du groove, quelque chose d’organique, de faussement simple… C’est à la Nouvelle-Orléans que les musiciens ont un raisonnement particulier : les (vieux) musiciens restent à la
Nouvelle-Orléans pour former les jeunes musiciens… Il y a une vraie sincérité et solidarité entre les musiciens…Ce qui n’est pas toujours le cas en France...
Titus - Peux-tu nous décrire le milieu dans lequel tu as grandi ? D'où es-tu originaire ?
J’ai grandi dans le Sud-Est de la France, au bord de la mer… Je viens d’une famille de trois garçons, une maison où les portes sont toujours ouvertes, beaucoup de passage, toujours des potes… Des repas interminables baignés par le rosé… J’ai eu une enfance et une adolescence plutôt cool..
Titus - Te souviens-tu de ta première "rencontre" avec la musique ?
«Since I’ve been loving you», de Led Zeppelin, et «When the music is over», des Doors.
Titus - Aujourd'hui, tu es multi-instrumentiste, passant aussi bien de la guitare à l'harmonica ou à la weissenborn. L'apprentissage de ces instruments s'est fait graduellement, j'imagine ?
Je suis autodidacte, sur les trois instruments, mais en ce qui concerne la weissenborn, j’ai eu la chance de pouvoir faire un stage avec Bob Brozman et j’ai eu la chance de pouvoir jouer avec de très bons musiciens, avec qui j’ai beaucoup appris…
Titus - Sur ton site officiel, tu évoques plusieurs influences marquantes, notamment Bob Dylan, Ben Harper, John Butler, Dave Matthews et Jack Johnson. Quel rôle, selon toi, ont joué ces musiciens dans ton propre développement ?
Ces artistes tentent de mélanger trois paramètres majeurs : le texte, l’harmonie et le groove. Et surtout, ils ont une vraie vision de l’équipe, « du crew », chacun produit l’un, fait un guest avec l’autre, etc… Ce qui m’intéresse, c’est de tenter de mélanger ces trois paramètres, avec la langue française…
Titus - Même si ton premier album sort le 17 mars, un maxi six titres circulait déjà depuis quelque temps sous le manteau, et a permis de commencer à faire parler de toi. De quand date l'enregistrement de ces chansons ? Certaines d'entre elles figurent-elles sur le premier album et, si c'est le cas, ont-elles été réarrangées pour l'occasion ?
Le maxi 6 titres, que nous avons enregistré fin 2006, était une bonne expérience… Une sorte d’entraînement avant le match… Certains titres ont été réarrangés pour l’album, comme Aude ou J’appartiens… Ca nous a permis de faire beaucoup de concerts, d'avoir nos premières chroniques, quelques radios... En gros, un bon support pour pouvoir travailler sérieusement, et trouver nos partenaires d'aujourd'hui !
Titus - Parmi ces premières chansons figurait "Aude", que l'on peut écouter sur ton site MySpace, et qui parle d'un enfant qui va naître, si je ne me trompe pas ? Peux-tu nous dire deux mots sur cette chanson ?
Mon meilleur ami a eu son premier enfant, et on s’est retrouvés à devoir changer un nouveau-né… Il me disait tout ce qu’il avait à lui dire… et cette chanson découle de ce moment…
La vidéo de "Aude (emmène-moi)" :
ALEXANDRE KINN Aude (emmène-moi...)
Titus - Ce qui me frappe, chez toi, comme chez certains autres chanteurs français à l'image de Tété ou De Palmas, c'est la manière dont tu as su apprivoiser le blues, faire du français une langue qui se marie si bien au blues et au rock. Je sais bien que tu n'es pas le premier chanteur à oser le blues en français, mais n'y a-t-il pas une part de défi dans cette entreprise, encore aujourd'hui, lorsque la plus grande part de la production existante est en anglais ?
Ce n’est pas vraiment du blues… Ce serait plutôt une fusion entre le blues, la pop, le hip-hop, le folk et la chanson française… Et oui, effectivement, l'exercice est périlleux… J’ai essayé de faire au mieux…
Titus - Les paroles de tes chansons semblent avoir, la plupart du temps, une portée humaniste. Sur quoi te bases-tu, en général, pour écrire une chanson ? Les textes viennent-ils avant la musique ou forment-elles un ensemble ?
Je commence toujours par la musique, je chante en yaourt (pseudo anglais) où l’armature de la chanson est là…Et après, j’écris pied par pied sur le yaourt… Le texte peut me prendre des mois… C’est ce qui est le plus long…
Titus - Deux musiciens t'entourent : le bassiste François Fuchs et le batteur Lawrence Clais. Comment vous êtes-vous rencontrés et depuis quand évoluez-vous ensemble ? Ont-ils participé à la session d'enregistrement du premier album ?
On s’est rencontrés avant l’enregistrement du disque… Ce sont les deux pôles incontournables du trio : l’un dans le hip-hop et l’autre dans le jazz… Et ils sont chacun de leur domaine, des références avec lesquelles j'ai la chance de partager la scène aujourd'hui… L’art du trio n’est pas simple… La moindre erreur se remarque très vite…
Titus - La chanteuse de blues amérindienne, Pura Fé, nous a raconté, l'automne dernier, qu'elle était venue te retrouver pour enregistrer une chanson, superbe d'ailleurs. Comment vous êtes-vous mis en rapport ?
Pura Fé est le genre d’artiste totale… pure et honnête, avec une grande humilité… J’aime sa musique, j’aime ce qu’elle a à dire, et j’aime ce qu’elle représente… Je l’ai contactée par MySpace, et nous nous sommes rencontrés à un concert de Kelly Joe Phelps. Ca a été un bonheur de l’inviter et de travailler avec elle, pour une journée qui fut simple, drôle, roots avec un côté très freestyle, elle sera là au Café de la danse le 27 mars.
La vidéo de la journée d'enregistrement d'Alexandre Kinn avec Pura Fé :
Une journée avec Pura Fé
Titus - De façon plus générale, où ont été enregistrées les chansons et qui a réalisé l'album ?
Bob Coke (Ben Harper, Piers Faccini, Noir Désir…) est le réalisateur de ce premier album que nous avons enregistré en 20 jours au studio du Faune, situé en pleine campagne, en Bretagne... et il est produit par Guillaume Cointet (ex- directeur artistique d'Atmosphériques) du label indépendant « Interphonics ».
Titus - As-tu signé avec une étiquette indépendante ou une majeure pour la distribution de l'album ?
C'est mon producteur, Guillaume Cointet, qui a signé une licence avec AZ/Universal.
Titus - Une tournée va accompagner la sortie de l'album. Un certain nombre de dates sont prévues dans le Nord, en Ile-de-France et dans l'Est de la France. Rien de prévu à l'ouest dans l'immédiat ?
On devrait passer du côté de la Rochelle, de la Bretagne et de Bordeaux d'ici ou pendant l'été... et nous avons une tournée prévue pour la rentrée de septembre...
Titus - Quels sont tes projets aujourd'hui ? Es-tu tenté par une percée à l'étranger ? Une tournée dans les terres où le blues puise ses origines peut-être ?
Eh bien, je veux défendre l’album sur scène… Ecrire aussi pour les autres… J'aimerais également écrire une musique de film ou de documentaire… et finir d’écrire le deuxième album… Et évidemment, j'aimerais jouer partout, voyager....
(Photos DR)
**** Pour l'anecdote, Alexandre Kinn est un amoureux des boxers. Il garde un très bon souvenir du toutou de famille avec lequel il jouait quand il était jeune, et qui s'appelait, je vous le donne en mille, Titus ! Eh oui ! Il n'y a décidément pas de hasard !
POUR EN SAVOIR PLUS :
Le site officiel de l'artiste.
Le site MySpace d'Alexandre Kinn.
Notre interview de Pura Fé réalisée à l'automne 2007.
14:55 Publié dans Rencontres françaises | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Alexandre Kinn, premier album, Pura Fé, weissenborn, "Dans la tête d'un homme"
10.02.2008
Bernard Magnouloux : "Le monde entier sous mes roues"
Cinq ans autour du monde et à vélo : c'est l'exploit vécu, dans les années 1980, par Bernard Magnouloux, "chevalier servant de la bicyclette" et sa fidèle monture, "Rossinante". Cette aventure et plusieurs autres, subséquentes, ont fait l'objet de récits de voyage qui continuent toujours à inspirer bon nombre de globe-trotteurs dans le monde entier. Aujourd'hui prof d'anglais en Isère, Bernard Magnouloux explique, non sans humour, préférer son statut de "has been" à celui de "wannabe" tellement à la mode...
Titus - Bernard Magnouloux, quand on rencontre quelqu'un comme vous, qui fait un peu figure de pionnier dans le domaine des voyages à vélo autour du monde, on ne peut s'empêcher de se demander ce qui, un jour, vous a décidé à partir... Vous en rêviez déjà lorsque vous étiez tout jeune ?
Bernard Magnouloux - Tout a commencé lorsque, à 16 ans, j’avais emmené mon petit frère de 14 ans en cyclo-camping pendant une semaine, sans itinéraire, au hasard des routes. Nous sommes passés par Genève, le col du Grand Saint-Bernard, l’Italie et le col du Petit Saint-Bernard. Je fus au retour estomaqué d’avoir en six peu de temps, pratiquement sans argent, avec nos « demi-course » que nous avaient rapportés nos Brevets des collèges, franchi trois frontières. Le monde tout entier s’ouvrait sous mes roues…
Titus - Dans quel milieu avez-vous grandi ? Aviez-vous une raison particulière pour être ainsi fasciné par les voyages ?
Petit-fils de paysans, fils d’ouvrier maçon, un milieu où personne n’avait voyagé, sauf par obligation, mon père déporté du travail pendant la Seconde Guerre mondiale. La fascination, je crois, venait pourtant de ce que nous habitions au bord (à quatre mètres !) de la mythique Route Nationale Sept. D’où venait-elle ? Où menait-elle ? ont été mes premières interrogations existentielles.
Titus - Entre le moment où vous en aviez rêvé et le début de votre aventure, dix ans ont passé... Avez-vous mis ces années à profit pour laisser mûrir ce projet de voyage ?
De seize à vingt-six ans, c’est exact. Je me disais qu’il fallait quand même faire mon service militaire et amasser une petite cagnotte avant de lever l’ancre. Hélas, je ne prévoyais pas que ce service obligatoire se terminerait par une désertion et un engagement non-violent militant qui allait me distraire, notamment par la prison, de mon projet le plus cher. Je ne prévoyais pas que mon idéalisme forcené, peut-être inculqué à l’école de la République, allait me faire quelque temps le disciple de Sun Myung Moon puis son ardent contradicteur en un livre de témoignage et de nombreuses conférences qui ont été le brouillon de celui et celles qui suivraient mon tour du monde.Titus - Quel âge avez-vous aujourd'hui et quel était-il au moment de votre départ ?
J’ai, c’est amusant, très exactement le double de ce qu’il était : 53 ans.
Titus - Est-il vrai que vous aviez pris le parti de voyager sur un vélo en mauvais état car vous saviez que cela vous amènerait à coup sûr à faire des rencontres ?
Oui, pendant ma désertion, j’étais parti à vélo et, s’il n’y avait pas eu de pépin mécanique, j’aurais certainement sillonné l’Europe du Nord, tel un jeune chien fou et timide, sans jamais rencontrer personne. Donc, c’est vraiment très consciemment que j’ai réutilisé le même vélo dont, par exemple, il fallait régulièrement resserrer l’écrou du levier de changement de vitesse au moyen de mon ouvre-boîte de ration militaire qui pendait du guidon au bout d’une ficelle…
Titus - J'ai lu que vous aviez disposé un pot de terre à la place de la sacoche du guidon pour y faire pousser des radis et ne jamais manquer de légumes frais. Est-ce vrai ?
A moitié seulement. Le pot de fleurs avait été fixé à Johannesbourg à la roue de secours (elle-même fixée comme celle d’un 4X4 à l’arrière de mon porte-bagages malaouite en fer forgé) par des amis belges qui avaient fourni les graines de radis. Mais les secousses ont empêché les graines de germer. Pas l’idée, et en Floride on m’a donné des graines d’alfafa (luzerne, ndr) à faire germer sur mon porte-bagages, ce qui m’a alors enfin permis d’avoir des crudités pendant tout mon séjour en Amérique du Nord.
Titus - D'où êtes-vous parti, et quelle fut votre première destination ? Comment passiez-vous d'un pays ou d'un continent à l'autre : en bateau ou en avion ?
De Romans sur Isère, capitale de la chaussure, vers le Maroc en passant par Compostelle et le Portugal. Au bout du continent, au Cap de Bonne Espérance, j’ai déprimé de ne pas pouvoir aller plus loin à vélo. J’ai trouvé une place de coéquipier sur un voilier pour le Brésil mais n’ai pas pu obtenir le visa brésilien. J’ai dû prendre l’avion pour l’Argentine, un modèle de changement de continent répété deux autres fois seulement puisque j’ai tenu à effectuer un tour du monde principalement à vélo (76.988 km contre seulement 17.000 en avion, soit 20% du total), ce qui m’obligeait à parcourir les continents dans leur plus grande longueur.Titus - Au cours de cette aventure, est-il vrai que vous avez manqué d'argent à plusieurs reprises, et que cela vous a obligé à travailler ? Quelles tâches avez-vous effectuées par exemple ?
Comme l’avait admirablement titré un de vos confrères (« Un maçon fait le mur avec deux briques ») ma cagnotte de départ n’était que de 20.000 francs (3.000 €). Là aussi je pensais que cela m’obligerait à mieux regarder là où je mettais mes roues. On ne peut bien comprendre un pays, m’avait dit quelqu’un, que si l’on y travaille et y tombe amoureux. Autant la deuxième condition est facile à mettre en application, autant la première n’est avantageuse que dans une minorité de pays développés. J’ai été maçon en Grèce (aucun intérêt sauf que j’étais aussi amoureux), poseur de papier peint à Johannesbourg et amoureux au Cap, cueilleur de café au Costa-Rica, garde à l’ambassade de France à Washington et laveur de carreaux à Los Angeles, embauché par celle… dont j’étais amoureux. Mais ce qui a le mieux financé le voyage ont été les ventes d’articles à des magazines et les conférences dans les clubs cyclos américains.
Titus - Parmi les incidents de parcours, vous avez été sauvagement agressé, paraît-il, au Mexique. Quelles furent les circonstances de cette déconvenue, et quelle en fut la conséquence ?
C’est un incident qui est une véritable histoire à rebondissements puisque, pour faire court, j’ai d’abord désarmé mon agresseur qui a réussi à regagner ma confiance avant de revenir à la charge avec deux acolytes qui m’ont copieusement lapidé. J’ai fini, au terme d’un combat homérique (c’est bien le moins que je pusse faire !) par leur arracher ma chère Rossinante, à laquelle je tenais beaucoup puisque… le restant des deux briques était à l’intérieur du tube de selle. C’est le choc psychologique, essentiellement, qui m’a alors fait prendre un an de « congé » en France.
Titus - Votre aventure est restée dans les annales des globe-trotteurs et vous êtes encore régulièrement l'invité de conférences pour raconter vos exploits. Il faut dire que vous êtes allé dans des endroits encore très peu accessibles : vous avez notamment traversé le Soudan, vous avez atteint le Macchu-Picchu et vous avez également relié Chengdou et Katmandou en passant par Lhassa. Est-ce que ces étapes figurent parmi les plus fortes de vos cinq années de voyage ?Le Soudan et le Tibet, à coup sûr. Sur les 3.000 km pédalés au Soudan, seuls 300 étaient goudronnés. Même proportion au Tibet, et ce côté dur, difficile, primitif, donc pur, intense et inoubliable peut aussi qualifier les autres aspects de ces deux traversées. A Machu-Picchu, la gageure était simplement d’y aller entièrement à vélo, soit quelques dizaines de km sur une voie de chemin de fer, à cache-cache avec les trains, avec un couple de Bretons.
Titus - Au cours de ce voyage autour du monde, vous avez parcouru 45 pays à vélo, soit 76.988 km. Vous avez dû user pas mal de pneus, non ? Avez-vous compté le nombre de crevaisons survenues durant le voyage ?
Oui, ce qui est un peu puéril : 199. Et 45 pneus. Mais c’est moins parlant que l’anecdote suivante. En 1986 à Lhassa, je rencontre des Hollandais qui me reconnaissent : « Mais oui, on t’a croisé en Ouganda en 1982, tu trouvais plus de pneus et tu les avais remplacés par des feuilles de bananier ! ». J’étais en effet équipé de 650B, typiquement français, donc introuvables sauf à prix d’or en dehors de la Zone Economique Exclusive de la France. Et en Ouganda, j’en étais arrivé à rapiécer mes pneus avec des bouts d’anciens pneus et à dire à qui voulait l’entendre que si cela continuait, j’allais faire ce que font les gens de là-bas, tout avec la banane, et remplacer mes pneus par des feuilles de bananier. Ce que je n’ai quand même pas eu à faire. Les Hollandais avaient, sur ce coup-là, joué les Marseillais…
Titus - Au retour de votre aventure, vous avez auto-édité "Les aventures de Rossinante", un ouvrage qui fait un peu figure de Bible dans ce domaine. Nombre d'amateurs de voyages ont dit avoir particulièrement apprécié ce livre parce qu'en plus d'être informatif, il était aussi vraiment très drôle. L'humour a toujours fait partie de votre personnalité, ou est-ce qu'il découle de votre aventure ?
Alors voilà une question originale que je ne m’étais jamais posée… mais à y réfléchir, mes premiers récits de voyage (cela s’appelait « Vélo Navigateur Fauché » et relatait ma désertion) faisaient déjà tellement rire qu’une amie m’avait présenté dans un cabaret de Valence pour que j’y devienne humoriste. Le patron a beaucoup moins ri et c’en était resté là.
Titus - Quand on termine un tel voyage, qu'est-ce qu'on fait après ? Comment avez-vous vécu à votre retour ? Avez-vous eu l'envie de repartir très vite ?
J’ai d’abord fait comme tout le monde (« 15 jours sur le terrain, 3 ans de conférences ») et cela m’a suffisamment monté à la tête pour que j’envisage de devenir aventurier professionnel, à l’instar de quelques grands noms du genre. Mais, à la lumière de ce qui provoque la prochaine question, je me suis rendu compte qu’il y avait là grave contradiction : si c’est une profession, cela ne peut plus être de l’aventure, forcément. Heureusement, le voyage m’avait beaucoup fait progresser dans ce qui était une autre passion, la langue anglaise, et les conférences m’ont laissé le temps d’acquérir diplômes universitaires et certificat d’aptitude à l’enseignement. Et mon actuel statut de fonctionnaire n’arrête pas de m’émerveiller : quand j’étais vagabond, il m’arrivait de travailler et de n’être pas payé, maintenant, c’est à chaque vacance scolaire que je ne travaille pas et que je suis quand même payé…
Titus - Avez-vous organisé d'autres expéditions ? Plusieurs autres livres ont été publiés, tels "Tandem sur la banquise" ou "Tandem sur le rail : partie de pêche au Labrador". Relatent-ils des exploits plus récents ou des aventures survenues durant votre premier tour du monde ?
C’est plus récent et relate donc mes tentatives, en compagnie de mon épouse, pour jouer dans la cour des grands, à grands coups de sponsors et de couverture médiatique, mais au final avec rien d’intéressant à raconter. Enfin, n’exagérons rien, je considère le dernier, Kawawachikamach (village Inuit du Québec) entièrement à vélo en roulant sur des rails, comme une vraie folie originale qui nous a valu la « borne IGN de l’aventure inédite ».Titus - Que faites-vous aujourd'hui ? Etes-vous toujours un grand amateur de bicyclette ? J'ai noté que vous étiez devenu un partisan du vélo couché...
Tandem sur la banquise, ou le Cap Nord en plein hiver (c’est alors seulement quand on en a pour son argent, comme en plein été le Sahara), c’était à vélo couché en 1989-90. A cette époque, en France, les vélos couchés se comptaient sur les doigts d’une seule main… Oui, je crois vraiment que c’est le vélo qui convient le mieux au voyage. Ce n’est qu’un moyen mais c’est le meilleur moyen. Et je continue à faire honneur au titre de « chevalier servant de la bicyclette », de cette confrérie créée par un ancien collaborateur du magazine Le Cycle. J’habite la Principauté de Montpoulet, enclavée en Ardèche et j’enseigne non loin, de l’autre côté du 45ème parallèle.
Titus - J'ai lu que votre seul regret, au fond, était d'avoir pris la grosse tête suite à votre énorme succès aux Etats-Unis... Vous vous en êtes remis depuis ?
Je me demande bien où vous avez lu cela… Je n’en ai en effet conscience que depuis peu. Mais comme on dit que VGE regrette toujours son escorte de gardes républicains, je reconnais que je suis nostalgique de mon « quart d’heure » de gloire. Je me console en me disant qu’il vaut mieux être un « has been » qu’un « wannabe » mais j’ai bien peur que votre avant-dernière question ne me fasse à nouveau enfler les chevilles.
Titus - Le monde a pas mal évolué depuis l'époque de votre périple. Estimez-vous qu'entreprendre le même voyage aujourd'hui serait toujours une aventure ?
Certainement, à condition bien sûr de partir sur un vélo pourri avec moins de 5.000 € !!!
Titus - Les récits de voyage comme le vôtre ont fait beaucoup d'émules de par le monde. Qu'est-ce que cela fait d'être une source d'inspiration pour pas mal de gens ?
Aux personnes qui avaient assisté à mon départ, j’avais dit que je partais pour leur manquer parce que si je leur manquais, ils auraient l’impression de m’aimer. D’après votre question, c’est donc assez réussi !
Titus - Voyagez-vous toujours beaucoup ?
Non, puisque je n’ai toujours pas fini de construire le Palais Principal de Montpoulet. Je reste maçon dans l’âme, je bâtis en pierres et j’envisage pour la circonférence extrême de la Principauté un muret de pierres écrites à faire pâlir la muraille de Chine.Contact :
Vél'éditions
Bernard Magnouloux
Principauté de Montpoulet
07410 Saint-Victor
14:10 Publié dans Rencontres françaises | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : globe-trotter, tour du monde à vélo, Bernard Magnouloux, aventure, exploit, Le Monde de Titus
08.01.2008
Audriel : l'histoire d'une rencontre
Propulsé depuis peu au premier rang de la nouvelle scène française, la jeune formation parisienne Audriel prépare actuellement son tout premier album à Bruxelles. Audriel, ce sont des textes tendres ou caustiques sur des mélodies pop teintées de jazz. A l'origine de cette aventure, une rencontre, celle d'Audrey et Gabriel, respectivement auteur et compositeur du duo. "Rencontre", c'est aussi le nom de leur premier titre, dont la vidéo un tantinet déjantée fait actuellement un malheur sur le Web. Rencontre, précisément...
Titus - Est-ce vrai que vous vous êtes rencontrés dans un cours de théâtre ?
Audriel (Audrey et Gabriel ) - Oui, effectivement, nous nous sommes rencontrés au Cours Simon. Être comédiens n'est pas un projet premier duquel nous nous serions détournés, mais bien notre vie actuelle. Être comédiens et faire de la musique ne sont pas deux vies distinctes, elles s'entremêlent et se rencontrent souvent.Le point de correspondance entre ces arts est la notion d'interprète, le besoin de s'exprimer et de faire vivre physiquement cette expression. Audriel est né d'une ... rencontre ! Et de ce besoin dont on vient de parler : écrire, jouer, chanter, créer un univers et pouvoir s'y épanouir.
Titus - Votre premier titre, "Rencontre", dont la vidéo cartonne actuellement sur Internet, est particulièrement drôle et réussi... Pouvez-vous nous raconter l'histoire de cette chanson, et la genèse de cette vidéo dans laquelle vous n'hésitez pas à déployer vos talents de comédiens...
"Rencontre" a eu droit à une double naissance, la veinarde. La première, musicale et scénique, et la seconde, filmique. Le clip a permis à cette chanson de faire naître visuellement les deux personnages de l'histoire et leur univers coloré. Cette seconde naissance a eu lieu grâce à Guillaume Bourg, le réalisateur du clip. Il s'est emparé de l'histoire et lui a apporté sa créativité, son imaginaire et son sens de l'image. Une collaboration pleine d'échanges, d'idées plus colorées les unes que les autres, d'envies de faire quelque chose de personnel, nous a menés à ce clip empreint d'un grain de folie qui nous amuse beaucoup. Et jouer ces personnages était tout aussi jouissif !Titus - Quand on vous voit tous les deux dans le clip de "Rencontre", on ne peut s'empêcher de penser au côté déjanté des Rita Mitsouko à leurs débuts... Avez-vous l'intention de cultiver une image un peu humoristique, ou ne s'agit-il que d'une facette de votre duo ?
C'est toujours un peu étrange de voir qu'on cherche à vous comparer à d'autres artistes, mais c'est aussi naturel de chercher à décrypter des nouveaux venus. Et la comparaison au côté loufoque des Rita est tout à fait touchante. On n'est pas dans la même veine, ils ont inventé un style et un univers tout à fait personnels et c'est ça qui est passionnant. On peut avoir un côté un peu décalé par moments, mais il y a d'autres visages qui se dessinent aussi, plus aériens, plus sensibles ... On vous laissera découvrir... Si folie il y a, chez Audriel, elle est douce ...Titus - Vous vivez aujourd'hui à Paris, en êtes-vous tous les deux originaires ?
Gabriel - Quant à moi, je viens d'Alsace et je suis monté à Paris pour vivre ma vie d'artiste ! Audrey - En ce qui me concerne, je suis de Paris. Notre parcours à tous les deux est jalonné par le théâtre et la musique, et aussi le cinéma. Nous venons de tourner dans "Nés en 68" d'Olivier Ducastel et Jacques Martineau, aux côtés de Laëtitia Casta. Un très beau projet.
Titus - Gabriel est le compositeur du groupe... Quelles ont été ses influences, inspirations ?
Audriel - Homer Simpson... (Rires).
Titus - La critique souligne le caractère tendre et caustique de vos textes. N'est-ce pas un peu antinomique ?
Audriel - "Tendre et caustique" peut être antinomique, certes. Mais il révèle ici un versant paradoxal dans la mesure où, comme évoqué précédemment, il y a plusieurs facettes au visage d'Audriel, plusieurs envies, plusieurs vies.
Titus - Comment procédez-vous pour élaborer vos compos ?
Audriel - L'écriture des textes se fait chacun de son côté, c'est un travail d'abord personnel. Puis on se les fait découvrir au fur et à mesure. La musique vient généralement après cette phase d'écritu





































