24 novembre 2010
Indio Saravanja : « J’ai toujours voulu vivre pour la musique »
Celui que l’on surnomme le « Bob Dylan canadien », Indio Saravanja, entame cette semaine sa toute première tournée européenne. Il est notamment attendu samedi, à Cast (près de Châteaulin), dans le cadre des Vaches Folks, où il devrait donner un bel aperçu de son talent, lui qui se dit chansonnier dans l’âme. Grand fan de Georges Moustaki, dont il souhaite reprendre une chanson sur son prochain disque, il espère aussi pouvoir rencontrer son idole lors de son passage à Paris.
Titus – J’aimerais que l’on revienne un instant sur tes origines… J’ai lu que tu étais né en Argentine…
Indio Saravanja – C’est exact. Ma mère était originaire de Galice, en Espagne et mon père venait de l’Uruguay.
As-tu quelques souvenirs de tes premières années ?
Ma mère a souhaité retourner en Argentine quand j’avais cinq-six ans. Nous y avons passé un an et je garde de nombreux souvenirs de cette période.
Et quel âge avais-tu lorsque tu es arrivé au Canada ?
J’avais trois ans et demi. Dans un premier temps, nous nous sommes installés à Montréal et y sommes restés près d’un an. Jusqu’à ce que mon père décroche un job dans les régions arctiques.
J’avais lu en effet que tu avais vécu à Yellowknife…
Mon père nous y a entraînés lorsque j’avais environ 4 ans et demi. C’est là que j’ai vécu l’essentiel de mon enfance, jusqu’à ce que je décide de quitter la maison familiale à l’âge de 13-14 ans. C’est à partir de ce temps-là que l’aventure a vraiment commencé pour moi. Mon seul domicile, pendant longtemps, fut un bus Greyhound. J’ai pas mal bourlingué avec pour seuls bagages un petit sac à dos et une guitare ! Un vrai tzigane ! J’allais de petit boulot en petit boulot. L’important, c’était de pouvoir continuer à voyager.
Ton père n’était pas un chercheur d’or, des fois ?
(Rires) Non, il était mécanicien. J’ai eu très tôt les mains dans le cambouis. J’en ai réparé, des voitures, à ses côtés, et ce, dès mon plus jeune âge. Il rêvait que je prenne sa succession, mais cela ne s’est pas fait. Je crois qu’il en a été très déçu… C’est pas de chance, tous ses enfants sont devenus artistes… Un cinéaste, un photographe, une comédienne et un chanteur…
J’ai lu que ton nom de baptême était Gaston. Comment se fait-il ? Etait-ce lié à ton séjour au Québec ?
Pas du tout en fait ! Mon père a travaillé sur les chaînes de montage des fameuses voitures Lotus, dans les années 60, à Buenos Aires, et c’est là qu’il a côtoyé un Français qui s’appelait Gaston. Ce type avait toujours été très chouette avec lui et mon père a souhaité me donner son nom. En même temps, Gaston est aussi un prénom commun dans la culture espagnole. Mais ce prénom a toujours été lourd à porter en ce qui me concerne, surtout du fait que je vivais au Canada où le français est très présent. On n’arrêtait pas de me dire : “Alors, Gaston, tu viens du Québec ?” J’ai eu droit aussi bien sûr à la ritournelle “Gaston, il y a le téléphon’ qui son’” et ça me rendait dingue… A l’âge de 20 ans, j’ai décidé que j’en avais assez supporté et j’ai choisi d’utiliser mon surnom, Indio, en référence à mes origines espagnoles. Mais ça n’a pas vraiment simplifié les choses. A présent, les gens me demandent : « C’est quoi encore votre prénom ? Indigo ? » Il y a des jours où j’aurais voulu m’appeler John.
Est-ce que la musique était déjà présente au sein de ta famille avant que tu n’arrives ?
Non, pas vraiment. Mon père n’arrive même pas à suivre un rythme. Ma mère, en revanche, était poète. Elle adorait la musique et chantait tout le temps. En Galice, l’un de ses frères était champion de mandoline et son grand-père était chanteur d’opéra. Ce sont a priori les seuls musiciens de ma famille.
J’ai lu que ton père avait assisté à l’un de tes concerts à Yellowknife, l’an dernier. Il s’intéresse de près à ta carrière ?
En général, lorsque je me produis pas très loin de là où il réside, il s’arrange pour venir me voir. Il me dit à chaque fois que je devrais vraiment suivre des leçons de chant… (rires) Il n’a sans doute pas tort. Je pense qu’il aurait souhaité que je chante comme Dean Martin ou Frank Sinatra. Je ne suis pas sûr qu’il aime mon style.
As-tu un souvenir précis du jour où la musique a fait irruption dans ta vie ?
Non, pas vraiment. Tout ce que je sais, c’est que j’ai toujours voulu en faire ma vie. Aussi loin que je puisse remonter, il me semble que je n’ai toujours aspiré qu’à une chose, vivre pour et de la musique.

Qu’écoutais-tu lorsque tu étais plus jeune ?
J’ai toujours écouté énormément de musique, notamment les disques que ma mère avait apportés d’Espagne. Mon père écoutait davantage les crooners, comme Nat King Cole, mais il aimait aussi beaucoup Johnny Cash. Pour ma part, je suis devenu complètement obsédé par Elvis à l’âge de 6-7 ans, puis il y eut les Beatles, et même, par la suite, Michael Jackson, période Jackson Five. Je me suis aussi intéressé au courant « heavy metal » durant l’adolescence. Mais c’est à l’âge de 14 ans que j’ai découvert Bob Dylan, et cette découverte m’a bouleversé durablement.
On te surnomme précisément le « Bob Dylan canadien ». Est-ce que cette comparaison te fait plaisir ?
Non, elle me met très en colère (rires). Je plaisante, bien sûr. Si on le dit, c’est sans doute qu’il y a un petit quelque chose, surtout au niveau de la voix. Et il y a la ressemblance physique. On m’a souvent dit que j’aurais pu passer pour son fils. Il y a une dizaine d’années, à New York, j’ai été accosté par des gens qui me prenaient pour Jacob Dylan. Mais honnêtement, je trouve cette référence un peu injuste si l’on écoute l’ensemble de ma production qui, à l’exception peut-être de mon album « Songster », est assez peu semblable à l’univers de Dylan. Et après tout, le Dylan des débuts ne s’inscrivait-il pas lui-même dans la ligne tracée par un Woody Guthrie ?
La vocation de musicien s’est déclarée de bonne heure chez toi ?
Oui, la musique a toujours fait partie de ma vie, que ce soit à l’école ou à l’église. J’étais le batteur attitré du groupe de l’école. La batterie fut d’ailleurs mon premier instrument. Mon père m’avait acheté ma première mini batterie à l’âge de six ans, mais celle-ci n’a pas duré un an, si bien qu’il a dû m’en acheter une autre l’année suivante. A l’église, j’ai pu aussi m’initier au gospel. J’y ai beaucoup chanté.
Et l’écriture de tes premières chansons; c’est venu à quel âge ?
J’ai composé mes premières chansons vers l’âge de neuf ans. Il s’agissait de petites chansons d’amour un peu idiotes qui essayaient de ressembler aux succès qui passaient à la radio. Je n’étais absolument pas snob. J’écoutais vraiment de tout quand j’étais jeune. Je suivais le Top Ten américain tous les samedis à la télé, et nous allions ensuite acheter un ou deux 45 tours avec l’argent qu’on gagnait en vendant des journaux.
Comment as-tu appris à jouer de la guitare ?
J’ai appris tout seul. Quand j’ai quitté la maison à l’âge de 13 ans, je me suis payé ma première guitare et la fameuse méthode de Jim Croce. Ça m’a pris environ un an avant d’être à l’aise. Tout l’argent que je gagnais en faisant la plonge dans les restaurants, je le dépensais en méthodes de guitare.
Tu as aussi découvert le piano en autodidacte, non ?
Oui, mais c’était bien plus tard. Nous n’avons jamais eu de piano à la maison. Et pour cause, on vivait dans une caravane ! Nous étions assez pauvres et personne, dans mon entourage, n’aurait pu se payer un piano. Il a donc fallu attendre que l’occasion se présente. Et c’est arrivé à l’âge de 25 ans environ. A l’époque, pendant environ six ou sept ans, je me représentais tous les soirs dans les bars. Dans l’un de ceux où je jouais régulièrement, le patron m’avait confié la clef de l’établissement pour me permettre d’utiliser le piano en matinée. J’y suis retournée jour après jour, jusqu’à ce que j’arrive à en tirer quelque chose. J’ai développé, du coup, une technique très personnelle, très visuelle en fait car je ne sais pas lire la musique.

J’ai aussi lu quelque part que tu étais un fan de Georges Moustaki, ce qui peut apparaître un brin curieux, vu d’ici.
Moustaki correspond tout à fait à l’image que je me fais du troubadour un peu vagabond, du poète pastoral. En l’écoutant, et il ne se passe pas une journée sans que je ne l’écoute, je ne peux m’empêcher de penser à Jack Kerouac ou à John Steinbeck, et à la vie sur la route. Ses chansons me parlent. Je le compare volontiers à Leonard Cohen, sans doute en moins sombre.
Est-il vrai que tu envisages d’enregistrer une reprise de l’une de ses chansons sur l’un de tes prochains disques ?
J’adore sa chanson « Mademoiselle Gibson », que j’écoute depuis une dizaine d’années. Il y a quatre ans, j’ai commencé à la traduire avec l’aide d’un ami québécois. Mais la traduction, trop littérale, ne faisait pas justice à la chanson originale. Je l’ai donc retravaillée et mon amie de l’époque estimait qu’elle était si réussie que je devrais la présenter à Moustaki. J’ai failli tomber de l’armoire, sur le coup. Je n’imaginais pas possible d’entrer en contact avec lui. Elle est parvenue à trouver son adresse mail, par le biais d’Internet. Nous lui avons donc envoyé un message le même jour, et il nous a répondu, dès le lendemain, qu’il souhaitait entendre ma version de sa chanson. Dès qu’il l’a entendue, il m’a renvoyé un petit mot me disant qu’il me donnait la permission de l’utiliser. Je rêve de le rencontrer depuis toujours et cela va peut-être se faire cette semaine, lors de mon concert à Paris. Il a accepté de me voir.
Revenons un moment sur l’enregistrement de ton premier album, qui n’est plus aujourd’hui disponible qu’en téléchargement et qui est devenu un veritable « collector ». Quand as-tu décidé que le temps était venu de sortir un premier disque.
C’est une bonne question… Je ne sais pas trop pourquoi j’ai tant tardé à sortir ce premier disque. J’avais déjà emmagasiné plusieurs centaines de chansons, donc ce n’était pas le problème. En fait, j’ai fait une terrible dépression qui a duré plusieurs années. J’en suis sorti à trente ans. Ma mère a été très malade pendant 24 ans et elle est finalement décédée il y a cinq ans. Tout ça a sans doute retardé mes projets. J’ai essayé à maintes reprises d’enregistrer un disque sur mes propres deniers. Je bossais l’été et, avec l’argent gagné, je rentrais en studio à l’automne d’où je ressortais avec une dizaine de démos. Mais je n’en étais jamais satisfait. J’étais très malheureux. Il faut croire que le temps n’était pas encore venu. A l’âge de 29 ans, alors que je vivais à New York, j’ai reçu une invitation pour aller me représenter au Yukon. J’y suis allé, et il y avait dans le public un gars qui possédait sa propre maison de disques. Ce dernier avait eu de la chance avec l’un de ses disques qui s’était bien vendu en Europe. Je me suis dit que ce type savait sans doute ce qu’il faisait. Jusque là, je n’avais jamais sollicité les maisons de disques. Je n’avais pas assez confiance en moi ou dans ma musique. Je crois que ma réputation était assez bonne en tant que musicien, mais je n’avais pas acquis suffisamment de confiance en mes propres compositions. Quand ce type m’a approché, je me suis dit qu’une collaboration serait sans doute assez difficile à mettre en œuvre, vu que j’habitais à New York et lui au Yukon. Mais il était déterminé et il a tout fait pour que le disque voie le jour. Ça a quand même pris deux années supplémentaires avant que le projet aboutisse. Je suis très satisfait du résultat. Sincèrement, je trouve que les chansons du disque sont assez réussies, même si ce n’était pas encore tout à fait moi. Je crois que je n’avais pas encore à l’époque une idée très précise de ce que je voulais faire. Qui plus est, j’ai bossé avec un producteur qui avait beaucoup de personnalité et cela a donné un son un peu trop « américain » à mon goût. Avec le recul, j’aurais préféré un son plus acoustique, plus « européen ». Au plus profond de mon être, je me sens comme un troubadour et j’aspire à marcher sur les pas de chansonniers à l’image de Cohen, Reed ou Moustaki…
C’est à mon avis ce que tu es parvenu à incarner avec ton album « Caravan sessions », non ?
Je ne sais pas trop. Tu trouves ? Ça me fait vraiment plaisir si tu as cette impression.
Peut-on revenir sur les conditions d’enregistrement de cet album, pour lequel tu ne disposais que de peu de moyens…
C’est peu de le dire, en effet. Il a fallu faire de mon mieux avec les moyens dont je disposais. Après mon premier disque, j’ai traversé plusieurs années difficiles : ma mère est décédée, de même que plusieurs de mes amis. J’ai déménagé et j’ai rencontré celle qui allait devenir ma femme. Nous vivions sur une ferme. Elle m’a encouragé à enregistrer un album avec les moyens dont je disposais et m’a aussi suggéré de lancer un appel à la générosité de mes amis et fans. Ça n’a pas donné grand-chose dans un premier temps ; j’avais tout au plus reçu assez d’argent pour acheter un micro, mais je ne pouvais plus reculer puisque j’avais promis. Il a donc bien fallu que je fasse avec les moyens du bord. Je travaillais essentiellement la nuit, entre 21 h et 8 h du matin, car il m’était impossible d’enregistrer dans la journée du fait du bruit des tronçonneuses autour de chez moi. Les conditions n’étaient pas fameuses : pendant trois semaines, je me suis gelé les orteils dans une cabane chauffée par un petit radiateur électrique et il y avait deux mètres de neige à l’extérieur. J’ai connu plusieurs moments de découragement et je pense que j’aurais abandonné sans le soutien de ma compagne. D’une manière ironique, c’est après avoir complété une quinzaine de chansons que j’ai commencé à recevoir davantage de dons. Ça m’a énormément touché, que des gens – qui parfois ne me connaissaient que de nom – puissent ainsi me faire confiance en m’envoyant de l’argent. Cela, en tout cas, m’a permis d’entrer en studio pour peaufiner les enregistrements réalisés à la maison.
Au printemps dernier, tu as aussi publié un troisième disque, “Songster”, qui comprend 14 de tes chansons de la première époque.
Au départ, j’avais sélectionné une trentaine de mes toutes premières chansons. Je les ai toutes interprétées, sept heures durant, avant d’en retenir 14. A la différence du précédent album, « Songster » a été enregistré en un jour,c'est-à-dire quasiment dans les conditions du direct. Guitare, voix et harmonica. Mais je ne crois pas que je referai un autre album du genre. Je pense que c’est beaucoup demander au public, qui a tendance à préférer des choses plus orchestrées… Je pourrais facilement sortir un second « Songster », mais franchement, je ne suis pas sûr qu’il existe un marché pour cela en ce moment…
Le terme « songster » correspond bien à ta conception du métier.
Je n’aime pas en effet l’expression auteur-compositeur interprète, ou « singer-songwriter », qui est à mon sens totalement galvaudée. Aujourd’hui, tout le monde compose et a un disque à vendre. Regarde le phénomène « MySpace »… Attention, je n’entends pas par là que je suis au dessus des autres. Je veux simplement dire que, pour moi, le métier ne se résume pas à la composition ou à l’enregistrement de chansons. Un « songster » doit aussi être capable de divertir une audience, doit se montrer bon interprète… Il se place dans la lignée directe des anciens ménestrels qui étaient aussi de véritables juke-box ambulants, colportant les chansons d’un village à l’autre. Un songster connaît autant les chansons des autres que les siennes. Voilà ce que j’aime avec ce métier. Il a fallu que j’apprenne des centaines de chansons pour pouvoir chanter dans la rue, dans les bars et, par la suite, dans des salles.
As-tu le sentiment que ton écriture a beaucoup évolué au fil des ans ?
Une chose est sûre, je ne suis plus aussi prolifique qu’autrefois. Il fut un temps où j’écrivais dix chansons par semaine. Aujourd’hui, ça serait plutôt dix dans l’année… J’ai le sentiment que certaines de mes meilleures chansons sont celles de mes débuts…
Sur quoi aimes-tu écrire ?
Je ne sais pas pourquoi mais je me retrouve souvent à écrire des chansons qui ont pour vocation première de me calmer. Parfois, ce sont aussi des bouteilles à la mer. Je n’écris pas à partir d’idées. Je n’y arrive pas. L’élément déclencheur est souvent une émotion. Ce que je dis peut paraître vague, mais je laisse les mots venir à moi. En général, tout arrive d’un seul coup.
Tournes-tu beaucoup ?
Après la sortie de mon premier disque, j’ai donné environ 75 shows en un an, principalement à l’Ouest du Canada. Actuellement, je donne environ une vingtaine de spectacles par an. C’est assez peu. L’heure de la pré-retraite a peut-être sonné (rires)…
S’agira-t-il cette semaine de ta première tournée en Europe ?
Je suis allé au moins une dizaine de fois en Europe, mais jamais pour y présenter mes propres chansons. C’est très enthousiasmant ! La plupart de mes collègues musiciens jouent en Europe jusqu’à deux fois par an. Ce sera une première en ce qui me concerne.
Où te représenteras-tu, en plus de la soirée Vaches Folks prévue à Cast le 27 novembre ?
Auparavant, je jouerai dans la région parisienne, à Gennevilliers, le 26. Après les Vaches Folks, je donnerai quatre concerts en Allemagne.
Est-il vrai que tu as déjà plusieurs albums d’avance ?
Oui. J’ai accumulé beaucoup de chansons. Je pourrais facilement sortir deux albums par an si je m’écoutais. J’ai actuellement la matière pour une dizaine d’albums supplémentaires. Pourtant, je n’ai encore que trois albums à mon actif. A ce titre, je dois reconnaître que mon record n’est pas difficile à battre : c’est bien peu ! Je ne sais pas encore à quoi ressemblera mon prochain disque. Ce qui est sûr, c’est que je ne suis pas prêt à faire de compromis pour ce nouvel album. Je rêve d’une production léchée… J’aimerais prendre un peu de distance par rapport à la scène américaine. Pour ne rien vous cacher, j’en ai un peu marre du banjo et gens qui portent des chemises de cow-boy mais qui n’ont vraiment rien du cow-boy. J’ai envie d’entendre d’autres instruments : de l’accordéon, de la clarinette, du piano. Une instrumentation plus européenne, peut-être. Et y associer des instruments plus exotiques, comme ce triangle argentin que j’emporterai avec moi pour cette tournée. Ça donne un son gai et mélancolique à la fois. Je l’utiliserai peut-être sur mon prochain disque, pour lui donner une coloration latine, voire andine. Une autre chose que j’ai envie d’essayer un jour, c’est de chanter en français et en espagnol. Je dois être un peu malade (rires) !
Il faudra demander à Moustaki de faire un duo avec vous !
J’adorerais ça !
Propos recueillis et traduits de l’anglais par Titus. Photos DR.
Le nouvel album d'Indio Saravanja, "Little Child", enregistré au printemps 2011, peut être écouté en ligne dans sa totalité ici (on peut aussi l'y télécharger pour 10 $).
POUR EN SAVOIR PLUS
Le site Web officiel de l'artiste.
Sa page Sonicbids.
09:39 Publié dans Rencontres canadiennes | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : folk, indio saravanja, vaches folks, canada, yellowknife, caravan sessions, songster |
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24 septembre 2008
James Alexander Murdoch : un vent chaud souffle du Yukon !
Originaire du Yukon, James Alex Murdoch n'a pas suivi le chemin tracé par son grand-père, qui fut premier ministre de ce territoire de l'Ouest canadien, dans les années 60 et 70. Pour sa part, ses idoles s'appelaient plutôt Blue Rodeo ou Skydiggers, et c'est bel et bien dans l'univers de la musique qu'il a choisi d'évoluer. Bien lui en a pris ! En quelques années, sa carrière a connu une accélération qui laisse présager des lendemains qui chantent pour le jeune rocker. Rien que cette année, il se retrouve trois fois en nomination aux Western Canadian Music Awards pour son quatrième album, "In Transit", qui recèle une myriade de refrains à faire fondre les glaces de son Yukon natal.
Titus - Tu es né au Yukon... Combien de temps y as-tu vécu et quels souvenirs gardes-tu de cette époque ?
James Alex Murdoch - En fait, je suis un "Yukonien" de la troisième génération, ce qui fait de moi un specimen (rires). Ma grand-mère y est née, ainsi que ma mère et moi. Mon grand-père a été premier ministre du Yukon dans les années 60 et 70. J'y ai vécu jusqu'à la fin de mes études secondaires et j'y effectue encore des visites régulières.
Titus - L'endroit où tu as grandi a-t-il fortement contribué à façonner le personnage que tu es devenu ?
Absolument ! Le Yukon est un formidable concentré de talents, surtout si l'on considère le nombre d'habitants. Cela m'a offert, très tôt, de nombreuses opportunités que les musiciens n'obtiennent en général que bien plus tard dans leur carrière.
En guise de mise en bouche, une chanson de son troisième album, "Between the lines", "Believe" :
Titus - Tu jouais, paraît-il, de deux instruments dès l'âge de six ans. L'environnement familial doit y être pour beaucoup, non ?
C'est un fait que l'art coule dans nos veines. Ma mère est organisatrice de concerts et dirige une galerie d'art. Mon beau-père était quant à lui musicien, et il fut d'ailleurs l'un de mes premiers professeurs. Mais je n'aimais pas beaucoup ça. J'étais un élève peu enthousiaste et mes premiers résultats d'examen de piano ont été assez lamentables. En fait, j'ai commencé à aimer jouer lorsque mes parents m'ont confié à une vraie prof de musique. Elle est parvenue à m'expliquer le pourquoi du comment et à me convaincre de l'utilité d'un apprentissage théorique... Encore aujourd'hui, je ne pense pas toutefois avoir l'étoffe d'un théoricien de la musique...
Titus - J'ai lu cependant que tu avais chanté sur une antenne nationale dès l'âge de huit ans... Ce n'est pas rien tout de même... Comment est-ce survenu ?
Un ami de la famille écrivait des chansons politiques à caractère satirique. Il s'était dit que ça pourrait être amusant de voir l'une de ses chansons interprétées par un enfant, et il n'avait pas tort. Ca a fait un carton et le morceau a squatté les ondes de Radio Canada à une certaine époque...
Titus - Tu me disais tout à l'heure avoir été un élève peu enthousiaste au début. A quel moment t'es-tu dit que tu pourrais en faire un métier ?
Je devais avoir cinq ans quand ma mère a eu son premier Walkman. Ce devait être sans doute l'un des tout premiers modèles sur le marché. En tout cas, ce fut pour moi une sacrée découverte. Je ne le quittais plus. Cette même année, nous sommes allés passer des vacances en famille au Mexique. J'ai passé tout le trajet, assis à l'arrière de la voiture, les écouteurs sur la tête... C'est à ce moment, il me semble, que j'ai eu la première fois l'idée de faire un jour quelque chose dans l'univers de la musique...
Titus - A l'âge de 20 ans, tu avais, paraît-il, déjà accumulé une multitude d'expériences musicales...
J'ai joué dans plusieurs formations au collège et au lycée. On répétait à chaque fois qu'on en avait l'opportunité. Je me souviens de séances marathon de pratiquement huit heures d'affilée et on n'avait jamais l'impression d'accomplir un travail. On adorait ça, un point c'est tout. Et de fait, on a réussi à faire de très nombreuses scènes, malgré nos jeunes âges. C'est ce à quoi je faisais allusion un peu plus tôt : le fait d'être au Yukon a beaucoup aidé; on nous a sans cesse donné la possibilité de nous représenter, et je ne suis pas certain que de telles opportunités se seraient offertes à nous dans une autre région du Canada.
La vidéo de "Break me down", extrait du troisième album de James Murdoch :
Titus - Pourquoi avoir décidé de déménager à Edmonton, en Alberta ?
J'avais d'abord vécu à Victoria, en Colombie britannique, un coin vraiment magnifique mais peut-être un peu trop cool à mon goût. J'avais un peu tendance à me laisser aller... Et à l'époque, la scène musicale était assez limitée, ce qui a d'ailleurs bien changé depuis ! J'avais un peu de famille à Edmonton et je savais que je pourrais y trouver du boulot; c'est ce qui m'a décidé à m'y installer, et je n'en ai pas bougé depuis !
Titus - Ton premier album, "Polyphonic", est sorti en 2001. Comment ce projet s'est-il mis en place ?
Cela faisait quelques années que je résidais à Edmonton et je sentais que le temps était venu de tourner la page. Jusque là, j'avais toujours joué au sein de groupes et il me semblait que l'heure était venue de travailler sur un projet en solo. Enfin, pas tout à fait en solo puisque je suis retourné au Yukon pour enregistrer ce disque avec un copain qui jouait avec moi au lycée.
Titus - Trois ans plus tard, tu signais un contrat avec l'étiquette montréalaise Indica Records. Un virage important, non ?
C'est sûr ! C'est à partir de ce moment-là que je n'ai plus eu besoin d'avoir un boulot à côté ! Je vis donc depuis 2004 de ma musique...
Titus - Quels musiciens, notamment sur la scène canadienne, t'ont le plus marqué ?
Les Skydiggers fut l'un des premiers groupes connus avec lesquels j'ai joué au tout début de mon parcours. Ils ont eu une énorme influence sur moi et ma musique. Des années après, j'ai eu l'occasion de reprendre contact avec eux et même de composer quelques chansons avec certains musiciens du groupe. C'est génial de pouvoir bosser ainsi avec tes idoles. Je suis aussi, par ailleurs, un grand fan du groupe Blue Rodeo. Et plus récemment, j'ai découvert la musique de Jason Collett que j'adore. Tous ces musiciens sont canadiens !
Titus - Composes-tu la plupart de tes chansons ?
Oui, je compose effectivement la majorité de mes chansons. De plus en plus, il m'arrive aussi cependant de collaborer avec d'autres artistes, notamment avec mes musiciens. Et généralement, quand j'écris une chanson, les paroles viennent après la musique.
Titus - Tu parlais à l'instant de tes musiciens. As-tu en général une idée assez précise de ce que veux faire de tes chansons avant même de les leur présenter ou faites-vous évoluer les morceaux collectivement ?
Il fut un temps où j'écrivais la musique de A à Z et où je m'assurais que les musiciens interprètent mes morceaux exactement comme je le souhaitais. Je crois avoir évolué et mûri en tant qu'artiste. Mon ego s'est un peu dégonflé, sans doute, car je suis davantage à l'écoute des suggestions de mes musiciens aujourd'hui.
Titus - Ton quatrième album, "In Transit", est sorti l'an dernier au Canada. J'ai lu qu'il avait été enregistré dans le Nord de l'Ontario. Tu peux nous en dire un peu plus ?
En fait, il y a eu trois tentatives. La première, au Yukon; la seconde à Edmonton, et la troisième, qui fut la bonne, en Ontario. Je voulais vraiment m'isoler complètement pour ce projet. Je ne voulais pas me disperser : il y a trop de distractions en ville et les préoccupations quotidiennes finissent par te rattraper ! Il se trouve que le producteur de l'album, Hawksley Workman, avait un studio dans le Nord, à Muskoka. Je me suis dit que ce serait très certainement l'endroit idéal pour effectuer l'enregistrement. Ce fut le cas !
Titus - J'aimerais que tu nous dises deux mots sur ta chanson "Transportation", qui a récemment fait l'objet d'un clip vidéo qui est en nomination pour les Western Canadian Music Awards...
Cette vidéo a été réalisée par Clinton Carew. Son idée était très bonne : il a décidé de filmer simultanément la même scène par une douzaine de caméras différentes : numérique, 8, 16 et 32 mm, etc. Toutes les images ont été réunies sur le même film, composant une sorte de collage ou de mosaïque vivante. Un machin un peu fou mais plutôt efficace !
La vidéo de Transportation, extrait de l'album In Transit :
Titus - As-tu une chanson favorite sur l'album ?
Ca change en fonction de mon humeur, mais je crois que "Blindsided" ou "Something to hold on to" sont celles qui me ressemblent le plus !
Titus - L'album "In Transit" a reçu des critiques élogieuses, est trois fois en nomination cette année pour les Western Canadian Music Awards. Es-tu satisfait de l'accueil réservé à ce disque ?
Ouais. C'est sûr que ça fait du bien. Je suis ravi parce que tout cela me permet aujourd'hui de poursuivre ma carrière...
Titus - Tu donnes beaucoup de concerts au Canada. As-tu déjà joué en Europe ?
J'ai déjà visité l'Europe, mais je n'ai hélas jamais joué là-bas. J'aimerais beaucoup ça et serais vraiment ravi de répondre à toute invitation. Une idée de tournée au printemps prochain en Europe me trotte dans la tête. Toute personne souhaitant m'aider à la mettre en oeuvre sera la bienvenue !
Titus - Tu as ouvert ton propre studio à Edmonton où tu produis plusieurs groupes. Une autre corde à ton arc ?
Oui, j'adore la production. Dès que je mets les pieds dans un studio, je me lâche ! La création n'a pas de limites.
Titus - La scène musicale de l'ouest du Canada est très dynamique et diversifiée. Peux-tu nous donner quelques exemples de groupes susceptibles de devenir des valeurs sûres ?
Parmi les groupes que j'ai récemment produits, il y a "The Wheatpool". J'ai réalisé leur dernier CD. C'est un très bon groupe et des gars vraiment sympa, qui plus est !
Titus - Rachelle Van Zanten, qui est aussi originaire de l'ouest canadien, est l'une de tes connaissances ?
Oui, elle a vécu un certain temps à Edmonton. La communauté des musiciens est un mouchoir de poche. On finit par tous se connaître...
Titus - Quels sont tes projets pour les prochains mois ? Travailles-tu déjà sur un nouvel album ?
Les Western Canadian Music Awards auront lieu dans quelques semaines. En attendant, je file sur Nashville pour quelques semaines afin de travailler sur de nouvelles chansons. Tout de suite après, nous rentrons en studio pour enregistrer le nouvel album que j'entends autoproduire.
James Murdoch live avec ses musiciens dans "Get what you deserve", extrait de l'album "In Transit" :
@ Propos recueillis par Titus (septembre 2008) - Photos : DR et Robyn Brandt.
POUR EN SAVOIR PLUS :
Le site officiel de James Alex Murdoch.
Le site MySpace de l'artiste.
Le point de vue de Titus sur l'album In Transit.
LE YUKON, QUESACO ?
Le Yukon est un fleuve du Canada et des Etats-Unis qui se jette dans la mer de Béring (3.185 km). Il donne son nom à une division administrative de l'Alaska ainsi qu'à un territoire du Canada. Ce dernier couvre une superficie de plus de 482.515 km2 et ne compte que 30.372 habitants.
09:00 Publié dans Rencontres canadiennes | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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04 mars 2008
Ray Bonneville : "La scène, mon deuxième chez-moi"
Si le talent était la seule condition du succès, nous aurions tous entendu parler de Ray Bonneville, ce bluesman d'origine canadienne qui vient de publier, il y a quelques semaines, son sixième album, "Goin' by feel". Lorsque je l'avais rencontré pour la station CINN FM, en 1994, je m'étonnais de la publication tardive de son premier album, "On the main", en 1993, alors qu'il avait déjà vingt-cinq ans de carrière derrière lui et un palmarès plus qu'enviable. Dans la veine d'un JJ Cale, Ray Bonneville continue, bon an mal an, à tracer son sillon avec une discrétion qui sied finalement plutôt bien aux bluesmen.
Titus - Ray Bonneville, ça fait plutôt drôle de parler d'un premier album lorsqu'on voit toute l'expérience que vous avez accumulée dans la chanson depuis vingt-cinq ans. Pourquoi avoir tant tardé ?
C'est une question de timing. Je voulais développer mon propre style avant de publier quoi que ce soit, et avoir suffisamment de compositions personnelles avant d'enregistrer. Pendant une vingtaine d'années, j'ai chanté du blues et du country blues mais ce n'étaient pas mes compositions à moi. Je passais mon temps à voyager et me représentais un peu partout dans le monde, mais j'étais davantage un interprète. Lorque je suis revenu au Québec, d'où j'étais originaire, je me suis mis à écrire plus sérieusement. Pour la première fois de ma vie, j'avais aussi assez d'argent pour enregistrer un disque, parce que ça n'a rien d'évident quand tu es bluesman... Et puis, en plus de mon activité de musicien, j'ai été pilote d'avion. J'ai longtemps hésité entre ces deux activités...
Titus - Avant la publication de ce premier album solo, "On the main" vous aviez participé à plusieurs enregistrements. Vous avez joué entre autres sur les albums de Stephen Barry, des Bluebirds, ou encore d'Ophelia Swing Band. Vous étiez quand même un familier des studios d'enregistrement...
Quand je vivais dans le Colorado, j'étais un véritable "session musician" (requin de studio, Ndr), ces musiciens qu'on engage en raison de leur habileté à jouer d'un instrument. Moi, c'était l'harmonica. J'ai participé à un certain nombre d'enregistrements à ce titre. L'ambiance d'un studio, c'est donc quelque chose que je connaissais.
Titus - On vous compare à JJ Cale ou Eric Clapton, mais votre musique est très personnelle et vous avez vraiment créé un style qui n'appartient qu'à vous. Est-ce que vous attribuez ça aux nombreuses années passées sur la route ?
Je pense, oui. Un musicien qui débute ne peut pas avoir de style. C'est une question de maturité. Les comparaisons avec JJ Cale ou Clapton tiennent sans doute au fait que nous avons les mêmes influences, blues et country. J'aime ces gars-là mais je ne me suis jamais dit que j'allais chercher à les imiter... Je ne dis pas que mon album est un disque de blues ou de country, parce que ce n'est pas le cas. C'est un cocktail, le résultat de tout ce que j'ai entendu quand j'ai vécu en Louisiane et un peu partout.
Un extrait de concert de Ray Bonneville enregistré en 2007 au Shetland festival :
Titus - J'aimerais que l'on raconte un peu votre cheminement. Vous êtes Québécois mais avez beaucoup fréquenté les Etats-Unis...
J'ai débuté au Québec. Je suis né à Hull mais j'ai passé mon enfance dans la ville de Québec. A l'âge de douze ans, mon père a obtenu du travail à Boston. Toute la famille a donc rejoint les Etats-Unis en char. J'y ai suivi mes études secondaires avant de partir au service militaire pendant deux ans. Mais j'avais déjà un band, les VIPs, dès l'âge de quinze ans. Je jouais de la guitare et on voyageait déjà pas mal. A mon retour du service, vers l'âge de vingt ans, j'ai recommencé à jouer de la musique. Je me suis établi dans le Colorado où j'ai vécu sept ans avant de partir en Alaska. Pendant toutes ces années, j'ai développé mes capacités à jouer en solo. De là, je suis allé à Seattle pendant deux ou trois ans, avant de traverser l'Atlantique. J'ai vécu à Paris en France pendant un an. J'y ai joué beaucoup et j'ai bien aimé ça. Je suis retourné par la suite à Boston avant d'aller vivre en Louisiane pendant quatre ans. J'y avais déjà joué à plusieurs reprises mais je n'y avais pas encore résidé. Après ça, il y a eu un nouveau saut à Boston avant de revenir au Québec, en l'occurrence à Montréal.
Titus - Musicalement, vous êtes quelqu'un de très polyvalent : vous êtes un guitariste virtuose en plus d'être un excellent joueur d'harmonica. Comment avez-vous acquis la capacité à jouer de ces différents instruments ?
La guitare, j'ai commencé à en jouer dès l'âge de quatorze ans. L'harmonica, c'était pas avant mes vingt ans. J'avais entendu Little Walter, Howling Wolf, et ça m'avait impressionné. J'ai d'abord pratiqué les deux instruments de manière séparée, puis j'ai commencé à en jouer simultanément sur scène. J'ai jamais pris de cours : j'ai toujours travaillé à l'oreille. Mon style à la guitare, le finger picking, je l'ai emprunté à un certain nombre de musiciens, notamment Muddy Waters.
Titus - A ce propos, avez-vous côtoyé Muddy Waters ? Car c'est un nom qui apparaît à plusieurs reprises dans votre biographie...
J'ai été beaucoup influencé par Muddy Waters. J'ai aussi assuré quelques premières parties de ses shows. Je l'ai rencontré mais je ne l'ai pas réellement côtoyé. Je devais avoir 27 ans à l'époque... Il m'a dit qu'il comptait sur nous, les jeunes, pour assurer la relève et faire en sorte que le blues continue à vivre... Quelques années après sa mort, j'ai joué en première partie du Legendary Blues Band, composé de ses anciens musiciens,
dans un club du Massachusetts. Ils m'ont invité sur scène; on a interprété quelques chansons ensemble, et on a bien discuté après le show. C'est souvent comme ça que ça se passe; on se retrouve dans la loge, on parle de nos influences communes...
Titus - J'ai vu aussi les noms de BB King, de Bob Scaggs, de John Hammond...
Les noms qui figurent dans mon press-book sont ceux de musiciens avec lesquels j'ai jammé où qui m'ont invité à assurer leur première partie. John Hammond et moi étions très amis. On a fait quelques virées ensemble aux Etats-Unis. C'est un très grand musicien. J'ai aussi assuré la première partie de BB King récemment à Montréal; je l'ai trouvé vraiment très sympathique.
Titus - On dit souvent que les bluesmen accordent une place particulière à la scène. Qu'est-ce que ça représente pour vous ?
La scène, c'est mon deuxième salon. Je m'y sens vraiment très à l'aise ! S'il se passe un mois sans concert, je ne me sens vraiment pas bien. C'est difficile à expliquer ! J'aime beaucoup ça !
Titus - Pouvez-vous nous parler de l'enregistrement de votre premier album, "On the main" ?
Tout s'est fait relativement vite. J'avais assez d'économies. J'ai appelé mon chum Brad Hayes, des Etats-Unis, qui est le second guitariste. A l'époque, je jouais aussi avec Stephen Barry et son batteur, John McColgan. Tout s'est mis en place naturellement. On est allé en studio et nous avons rapidement trouvé le bon feeling. C'est pour ça que la musique est aussi joyeuse ! On était comme en famille...
Titus - Votre musique est aérée, jamais trop chargée. C'est un peu votre marque de fabrique, non ?
Quand j'arrive dans une nouvelle ville, je cherche toujours les meilleurs musiciens, ceux dont je partage la même philosophie musicale. Le bassiste et moi tombons d'accord sur un point : il faut laisser respirer la musique et ne pas trop multiplier les notes. C'est quelque chose que j'ai appris à la Nouvelle-Orléans. La musique, c'est aussi le silence entre les notes. En studio, on esaye de créer une ambiance, une atmosphère.
Titus - "On the main" est sorti l'an dernier, en 1993. Travaillez-vous déjà sur un autre album ?
Depuis la sortie de "On the main", j'ai écrit environ 25 chansons. On les a déjà chantées sur scène. Certaines ont été enregistrées en studio. Mais il faut que j'en retienne seulement une douzaine. Je pense que cet album sortira au printemps 1995.
Titus - En écoutant votre album la première fois, j'étais loin de penser que vous étiez québécois. L'accent est vraiment américain. En tant que Québécois qui chantez en anglais, est-ce que vous avez déjà songé à chanter le blues en français ?
Dans le prochain album, il y a une chanson intitulée "That blonde of mine" qui est écrite en français et en anglais. Mais J'ai passé 27 ans aux Etats-Unis et mon niveau actuel de français ne me permet pas de restituer la palette de nuances que j'arrive à exprimer en anglais. Il faut que je t'avoue une chose : je pense aujourd'hui en anglais. Mais depuis que je suis de retour au Québec, je m'y remets et ça revient progressivement. Mais pour être satisfait d'une chanson, il faut que la langue coule, et que je réussisse à la faire couler comme l'anglais. Il y a des artistes francophones qui y parviennent...
Titus - Vous avez beaucoup vécu aux Etats-Unis. Est-ce que le français joue encore un rôle dans votre vie ?
Je me considère comme un Nord-Américain. Que je sois à Montréal ou à New York, c'est toujours moi. J'aime les gens du Québec, mais j'aime aussi les Etats-Unis. Voyager, ça permet de voir d'autres styles de vie, d'autres façons de penser. S'il fallait que je raconte les kilomètres parcourus dans ma voiture, entre New Orleans et Boston, ou Boston et Seattle, on pourrait voir défiler les poteaux de téléphone dans mes chansons.
Un extrait de l'album "Goin' by feel", la chanson "Crow John", version concert :
Titus - Dans l'imaginaire, je crois que ce que vous dites correspond à l'idée que les gens se font du bluesman, quelqu'un qui vit un peu en marge et sur la route...
Un musicien, qu'il soit bluesman ou pas, doit voyager. Si on restait dans la même ville, ce serait difficile d'évoluer... Il faut aller au contact de gens meilleurs que soi pour apprendre et avoir le désir d'aller plus loin.
Titus - Pourquoi avoir choisi de revenir au Québec pour enregistrer votre premier album ?
Je n'ai pas fait exprès ! J'avais un contrat en Abitibi, au Québec, en tant que pilote d'avion. Je devais piloter un Beaver, un avion de brousse, pour un pourvoyeur. J'ai amassé assez d'argent pour faire mon album en ce faisant. Et puis j'ai de la famille à Montréal : deux soeurs, mon père, ma mère... J'ai un lien très fort avec cette région. D'autre part, la concurrence est très forte aux Etats-Unis dans le domaine du blues. Je me suis dit que de me faire connaître dans un premier temps au Canada pourrait m'aider, par la suite, à percer aux Etats-Unis... Les maisons de disques américaines font attention à tout ce qui marche bien au Canada. Nous verrons bien...
POUR EN SAVOIR PLUS :
Le site officiel de Ray Bonneville.
Le site MySpace de l'artiste.
RAY BONNEVILLE :
COMPLEMENTS BIOGRAPHIQUES :
Depuis notre rencontre en 1994, le Canadien Ray Bonneville a continué à tracer sa route dans le monde du blues. Pas moins de cinq albums ont suivi "On the main", dont il était question lors de notre entretien. Il semble que la "stratégie" de Ray - tenter de se faire connaître au Canada dans l'espoir de finir par percer aux Etats-Unis - a bel et bien fini par porter fruit. Son album "Roll it down", sorti en 2003, a d'ailleurs été publié sur une étiquette américaine. Ray jouit aujourd'hui d'une notoriété certaine en Amérique du nord et en Europe. Le 22 janvier, son sixième album, "Goin' By Feel", a été publié chez Red House Records.
LE DOCUMENT EN PLUS
Pourquoi Ray Bonneville a-t-il enregistré son premier album au Québec, lui qui vivait depuis 27 ans aux Etats-Unis ? Voici la réponse qu'il nous a donnée en 1994, dans le cadre de l'interview que nous avions diffusée sur CINN FM :
LA DISCOGRAPHIE COMPLETE DE RAY BONNEVILLE :
Goin' By Feel (2008) : à écouter en ligne, sur le site officiel de Ray.
Roll It Down (2003)
Rough Luck (2000)
Gust of Wind (1999)
Solid Ground (1997)
On The Main (1993)
OU VOIR RAY BONNEVILLE CE PRINTEMPS EN EUROPE ?
Allemagne : tournée prévue du 15 au 30 avril 2008.
Irlande : (avec Tim O'Brien) à Belfast le 1er mai, Dublin le 2, Kilkenny les 3 et 4 mai, Galway le 5 mai.
Royaume-Uni : plusieurs dates au programme d'une mini-tournée qui se déroulera du 9 au 20 mai.
Photos : Sandy Dyas, Jan Guchelaar et DR.
14:30 Publié dans Rencontres canadiennes | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : ray bonneville, blues canadien, québec, country blues |
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30 avril 2007
Shannon Lyon : "Je me laisse guider par l'instinct"
Les concerts folk-rock ne sont pas légion à la pointe bretonne. Le petit festival qui monte, les Vaches folk, en a fait son créneau. Après nous avoir fait découvrir Rachelle van Zanten en 2006, c'est un autre Canadien, Shannon Lyon, qui sera l'hôte de la salle polyvalente de Cast (près de Châteaulin), le samedi 19 mai. Shannon Lyon, qui a creusé son sillon au sein de la formation rock Strange Days de 1989 à 1993, poursuit une carrière solo fertile depuis 1994. Pas moins de neuf albums ont jalonné ces treize dernières années, le dernier en date, "Safe Inside", faisant l'objet d'une tournée européenne ce printemps. Cast sera la seule (et la première) date en France de Shannon Lyon. Avant d'entamer son European Tour, le songwriter ontarien a bien voulu répondre à nos questions.
Titus - Shannon, pourrais-tu nous parler un peu de tes origines ?
Shannon Lyon - J'ai été élevé dans le sud de l'Ontario, près de Kitchener. J'habitais à la campagne, au bord d'un chemin non bitumé. Je me souviens qu'à l'âge de trois ans, j'écoutais déjà le vieux Stompin' Tom sur un tourne-disque Mickey Mouse.
Titus - La musique était omniprésente à la maison ?
Tout à fait. Ma maman était une grande fan d'Elvis. Je me rappelle d'ailleurs que je portais des tee-shirts à l'effigie d'Elvis jusqu'en sixième ou cinquième.
Titus - Te souviens-tu du jour où tu as mis la main la première fois sur un instrument de musique ?
Absolument. J'étais en colonie de vacances. Je devais avoir 12 ans à l'époque. J'ai commencé à chanter "Bee Bob a loo la" en courant autour du camp. C'est à ce moment-là que j'ai su que je voulais devenir chanteur. Ce fut ma première expérience "cathartique" avec la chanson. Un intense sentiment de libération... C'est aussi au cours de ce même été qu'un animateur de colo m'a donné l'opportunité de jouer sur une guitare acoustique pour la toute première fois. Je suis sorti de cette expérience particulièrement inspiré !
Titus - Après cette première expérience, comment as-tu appris à jouer véritablement ?
A force de jouer et pratiquer avec des amis. Mon père a aussi contribué à sa mesure : il m'a enseigné les trois accords qu'il connaissait. Bien qu'il était gaucher, il arrivait tant bien que mal à jouer à l'envers sur une guitare de droitier.
Titus - As-tu commencé à jouer au sein d'un groupe quand tu étais jeune ?
J'ai lancé mon premier duo au milieu des années 1980. Le duo s'est finalement transformé en une formation de cinq musiciens que nous avons baptisée "Strange Days". Nous avons tourné d'un bout à l'autre de notre bon vieux pays pendant plusieurs années. C'est à ce moment que nous sommes devenus amis avec les Blue Rodeo (autre groupe canadien bien connu, ndr). Nous avons effectué des tournées avec de très nombreuses formations à l'époque, The Tea Party, Bruce Cockburn et même les Troggs.
Pour se faire une idée de Shannon Lyon à l'époque de la formation rock Strange Days, en 1992, voici la chanson "Gettin' kicked" :
Titus - Depuis quand composes-tu tes propres chansons ?
Déjà tout jeune, j'écrivais de la poésie et des nouvelles. L'achat de ma première guitare a été un formidable catalyseur. Arriver à combiner mélodies et paroles, c'est quelque chose d'assez puissant ! J'ai commencé à écrire mes propres chansons presque immédiatement. Elles n'étaient pas forcément très réussies au début, mais il fallait bien commencer d'une manière ou d'une autre ! Ca m'a bien pris deux ans avant de produire quelque chose d'audible !
Titus - Quels chanteurs écoutais-tu quand tu étais plus jeune ? Et quels sont ceux qui ont compté dans ton parcours personnel ?
Neil Young est sans conteste celui qui m'a le plus marqué. J'étais complètement accro à sa musique au moment-même où j'apprenais à jouer de la guitare et commençais à composer mes propres morceaux. Il fut donc plus qu'une influence... D'autant que le personnage aussi m'impressionnait : sa candeur, une intégrité à fendre le coeur. J'ai su d'emblée que mes pas devaient s'inscrire dans les siens.
Titus - Qu'est-ce qui a fait qu'un jour, l'idée de faire carrière dans la musique s'est imposée à toi ?
Ca n'est pas venu d'un seul coup ! En fait, deux ou trois événements dans ma vie ont sérieusement compliqué les choses. J'éprouvais quelques difficultés à trouver ma place au milieu de ce que je vivais. C'est difficile de trouver les mots pour décrire certaines expériences-pivot que j'ai vécues à l'époque. Tout cela m'a obligé à faire table rase du passé. L'occasion d'un nouveau départ; un tournant décisif qui a trouvé son expression dans l'écriture.
Titus - Ton album "Summer Blonde", sorti en 2000, fut le premier de tes albums à être distribué à l'échelle du Canada et reçut à l'époque un accueil très enthousiaste des critiques.
Le succès de "Summer Blonde" m'a ouvert quelques portes. On m'a notamment proposé un certain nombre de premières parties de Blue Rodeo en 2000. On se retrouvait ainsi chaque soir devant des audiences de plus d'un millier de spectateurs. Une époque passionnante. Le public n'a cessé de grandir jusqu'à mon départ pour la Hollande en 2001.
Titus - Pourquoi avoir choisi de partir en Hollande ?
C'est le compositeur Rob Lamothe qui m'a présenté à ses agents hollandais. Cela faisait un moment qu'il me faisait de la pub aux Pays-Bas. Ca s'est concrétisé par la mise sur pied d'une tournée de quatre semaines en Hollande. J'avais pris un aller simple pour Amsterdam. J'y suis finalement resté deux ans...
Titus - Aujourd'hui, où vis-tu ?
Je réside actuellement au Canada, mais ça va sans doute encore changer cet été. Je cherche un nouveau domicile, si possible près de la mer et sous le soleil... Ca me changerait des six mois de neige et glace canadiens. J'ai entendu dire que le sud de la France était assez chouette. J'en profite pour lancer un appel : si quelqu'un a une petite villa à louer en bord de mer, contactez Titus qui transmettra...
Un extrait du dernier album de Shannon Lyon, "Safe Inside", la chanson "I believe in you" :
Titus - Ton album "Safe Inside" débute par une chanson intitulée "Marie" dans laquelle tu racontes une rencontre survenue à Dresde, en Allemagne...
C'est la seule chose que je sais faire : parler de moi et des choses qui m'arrivent. J'ai rencontré cette fille, Marie, à Dresde, pendant l'intermède à l'un de mes concerts. On avait un peu trop bu cette nuit-là et, à la fin du spectacle, nous avons eu quelques difficultés à trouver ensemble la sortie de la salle. Je ne l'ai jamais revue depuis...
Titus - Tes albums "Wandered" et "Safe Inside" ont tous deux été enregistrés aux Pays-Bas. Quelle en est la raison ?
Dans le cas de "Wandered", c'est tout simplement parce que je vivais en Hollande à l'époque. J'avais rencontré plusieurs musiciens et producteurs vraiment cool dans le sud des Pays-Bas. C'est là que nous avons décidé d'enregistrer l'album. Nous avons emménagé dans un vieux corps de ferme datant du XVI siècle pour deux semaines. Ce fut une période très intense : on a "bouffé" de cet album 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. Ca s'est tellement bien passé que j'ai engagé la même équipe pour "Safe Inside". Ce dernier album a été coproduit par moi et BJ Baartmans.
Titus - C'est l'album "Wandered" qui t'a permis de signer avec la fameuse étiquette V2 Records, lancée par Branson...
V2 m'avait à l'oeil depuis un certain temps déjà. Je vivais toujours en Europe à l'époque mais j'étais retourné en Amérique pour des concerts à New York et Toronto. Ils m'ont fait une offre à l'issue de ces shows.
Titus - Quand ton album "Dharma" est sorti en 2002, tu as effectué une tournée de neuf mois en Hollande, Allemagne et Belgique. Comment expliques-tu cet intérêt des publics hollandais et allemand notamment ?
Il existe un vaste public en Europe pour la musique "roots", et notamment en Hollande et en Allemagne. Et vous êtes aussi tellement plus nombreux en Europe, surtout si l'on fait la comparaison avec le Canada, qui est un grand pays peu peuplé...
Titus - Il faut avoir le voyage dans la peau pour effectuer d'aussi longues tournées, non ?
Heureusement que j'aime voyager, en effet ! Même si c'est quand même fatigant à la longue. En fin de tournée, je suis complètement crevé. J'aime aussi le temps passé dans mon propre studio à travailler de nouveaux morceaux. Je fais un peu des deux ; ça rend la vie intéressante... Et ce n'est pas tout, puisque je trouve aussi le temps de produire des chanteurs canadiens, comme Barry Payne, Phil McTaggart ou David Fougère. Avec mon associé, Chris Giesbrecht, nous produisons des albums depuis plus de trois ans !
Titus - Combien de temps a-t-il fallu pour enregistrer "Safe Inside" ?
Ca n'a pas pris tellement de temps : l'enregistrement des pistes a été réalisé en trois jours. Une session plutôt rapide ! Je suis ensuite retourné au Canada et nous nous sommes échangé les fichiers par Internet pour compléter le mixage. C'est comme ça que nous avons travaillé !
Titus - Majolein van der Klawn apparaît dans les choeurs sur "Safe Inside". Vos voix s'accordent magnifiquement.
Elle a une très belle voix, mais nous n'avons jamais encore chanté ensemble sur une scène. Pas comme avec Ellen ten Damme, qui faisait les choeurs sur "Wandered", et avec qui j'ai chanté "live" plus d'une fois.
Titus - Pourrais-tu nous dire quelques mots sur l'un des titres phare de ton dernier album, la chanson "Hallelujiah"...
A l'époque, je lisais et étudiais le philosophe indien Krisnamurti. C'est à ce moment que cette chanson m'est venue. Elle porte l'idée, qui émane de la pensée bouddhiste, que chacun peut être sa propre lumière. Je n'ai aucune croyance particulière en ce qui me concerne, et comme le mot "Hallelujah" est emprunté à la Bible, je me suis dit que ce serait une bonne idée d'en modifier l'orthographe. C'est pourquoi j'ai ajouté un "i", ce qui a donné "Hallelujiah". C'est une manière de revendiquer ma liberté. Ne suivre aucun modèle pour atteindre mon but, mais me laisser plutôt guider par mon instinct.
Le clip de la chanson "Hallelujiah", un extrait du dernier album de Shannon Lyon :
Titus - Tu es l'invité des Vaches Folk le samedi 19 mai, à Cast. S'agira-t-il de ton premier concert en France ?
Tout à fait, ce sera d'ailleurs mon premier voyage en France et Cast sera la seule date française de ma tournée européenne. Je m'y produirai en solo. Quand je suis en tournée, je voyage généralement seul et me produis en solo dans 90 % des cas. Ca me permet de rester équilibré (rires).
Titus - As-tu déjà commencé à travailler sur ton prochain album ?
En fait, j'ai à peu près deux albums d'avance... En général, les paroles et la musique me viennent en même temps. Elles reposent les unes sur les autres durant le processus d'écriture...
PROPOS RECUEILLIS ET TRADUITS DE L'ANGLAIS
PAR TITUS
Billetterie pour le concert de Cast
le 19 mai, à 20 h 30 :
sur place : 10 €; à la mairie de Cast : 10 €;
à l'espace culturel Leclerc de Quimper : 10 € + frais location (0.50 €)
Shannon Lyon sera aussi en showcase à Dialogues Musiques, à Brest, le 18 mai, à 18 h.
Discographie de Shannon Lyon :
Safe Inside (Busted Flat/InBetweens) 2006 ; Someday Mourning (Busted Flat/Festival) 2004 ; Bound (Busted Flat/FAB) 2003 ; Wandered (V2/BMG) 2003 ; Dharma (InBetweens) 2002 ; Summer Blonde (Square Dog/Outside) 2000 ; Tales Of A Yellow Heart (Swallow/EMI) 1997 ; Mods Rule (Swallow/EMI) 1996 ; Buffalo White(Swallow/EMI) 1995.
POUR EN SAVOIR PLUS
Le site officiel de l'artiste : Shannon Lyon
Sur MySpace : Shannon Lyon
15:15 Publié dans Rencontres canadiennes | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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