17.05.2008

Nava Young : "Surf et musique, mes deux grandes passions"

70a6989673903ebb3a8709790ffab652.jpgIssue d'une famille de musiciens et surfeurs illustres de la côte est australienne, Nava Young a de qui tenir. Son père, Nat, est une légende dans le monde du surf (quatre fois champion du monde). Son frère aîné, Beau, a décroché le titre de champion du monde en 2003, en plus d'être un auteur-compositeur-interprète reconnu. Dans leur sillage, la cadette, âgée seulement de 22 ans, commence elle aussi à se faire connaître. Régulièrement classée dans les quatre premières aux compétitions féminines de surf en Australie (*), elle a récemment ouvert un site MySpace où elle dévoile quelques chansons, en attendant sans doute la sortie d'un premier album...


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Titus - Peux-tu évoquer en quelques mots l'endroit où tu as grandi ?

Nava Young - J'ai été élevée dans un petit village du bord de mer, Angourie, situé sur la côte est australienne. C'est franchement très beau et les vagues y sont impressionnantes ! C'est mon chez-moi, même si je passe aujourd'hui pas mal de temps en Californie...

Titus - Qu'est-ce qui fait des Nouvelles Galles du Sud, cette région australienne où tu as grandi, un endroit si spécial à tes yeux ?

Je pense que nous sommes tous naturellement attachés à l'endroit où nous avons grandi. Ce qui rend cette région si particulière à mes yeux, ce sont tous les souvenirs. Ceux liés à la famille et aux amis.

Titus - As-tu beaucoup voyagé dans ta vie ?

28e6ff477a73b1c60f848069f5caf1d1.jpgJ'ai eu la chance de voyager énormément tout au long de ma vie : parmi les pays visités, Tahiti, les îles Fidji, l'Indonésie, le Japon, les îles Samoa, Hong-Kong, la Malaisie, les Maldives, le Zimbabwe, la France, le Royaume-Uni, l'Espagne, l'Italie, le Pérou, Costa Rica, le Mexique, le Canada et les Etats-Unis. Mes parents ont toujours beaucoup voyagé et on a eu de la chance qu'ils nous emmènent avec eux. Je leur suis très reconnaissante de m'avoir ainsi exposée à autant de cultures, peuples et lieux fascinants. Le voyage m'a vraiment ouvert les yeux et m'a appris à me contenter de ce que j'ai.

Titus - Nous autres Européens avons parfois en tête une vision assez caricaturale de l'Australie, qui n'est parfois pas très loin du mythe "Crocodile Dundee". A quoi ressemble ton Australie à toi ?

C'est vrai que les idées fausses foisonnent sur les gens d'autres cultures, et pas seulement à l'égard des Australiens. A mon grand regret, je dois avouer que je ne ressemble pas beaucoup à Crocodile Dundee; je ne suis pas aussi "cool", même si je porte un chapeau identique ! (rires) A mon sens, l'Australie est un pays magnifique, relativement préservé et riche en contrastes ! Nous avons aussi nos problèmes, comme partout ailleurs dans le monde, mais les Australiens ont beaucoup de chance dans l'ensemble !

Titus - Peux-tu nous dire quelques mots sur ta famille et nous dire pourquoi elle a choisi de s'établir à Angourie...

J'ai une famille assez exceptionnelle. Mes parents sont formidables. J'ai une soeur aînée et deux frères. Ils sont très attentionnés. Nous avons toujours vécu en Nouvelles Galles du Sud mais, du fait de notre passion pour le surf, nous avons fini par nous établir à Angourie car les vagues y sont phénoménales.

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Titus - Qui t'a appris à surfer ?

Mon père ! Et ce dès mon plus jeune âge. Ce qui fait que je surfe depuis environ 18 ans, sur des planches de toutes sortes, notamment des "longboard".

Titus - On dit que tu as commencé à jouer de la guitare le jour où tu t'es retrouvée immobilisée et dans l'impossibilité de surfer...

15185a732631ee947d97e208f4270650.jpgC'est vrai. En fait, j'avais toujours eu envie d'apprendre à jouer de la guitare, mais n'en avais jamais trouvé le temps ! A l'âge de 12 ans, après une opération, une dizaine de points de suture m'ont empêchée de surfer durant deux semaines. Je me revois encore verser des larmes sur les épaules de mes parents dans le cabinet du médecin parce que j'allais manquer une compétition de surf que j'attendais depuis longtemps... En sortant de chez le médecin, il y avait en face de nous un magasin d'instruments de musique. Mon père m'y a entraînée, m'a acheté une guitare et une méthode et cela m'a bien occupée les deux semaines suivantes !

Titus - Tu n'es pas la première musicienne de la famille...

Non, en effet ! Mon père joue plutôt bien de la guitare. Mon frère Beau est musicien professionnel. Mon frère cadet, Bryce, joue de la "lap slide" (guitare qui se joue à plat sur les genoux, NDT). Comme je te le disais un peu plus tôt, j'avais appris les premiers rudiments de guitare grâce à la méthode que mon père m'avait achetée. Mais Beau, par la suite, m'a énormément appris, tout comme mon père d'ailleurs. Je harcelais littéralement tous ceux de mon entourage qui savaient jouer pour qu'ils m'apprennent tout ce qu'ils connaissaient...

Titus - Combien de temps consacres-tu aujourd'hui à l'une ou l'autre de tes passions ?

Le surf et la musique sont les grandes passions de ma vie, c'est vrai. Je suis une amoureuse de la vie, de façon générale, et il me semble primordial de ne pas non plus négliger les personnes qui comptent à mes yeux. Tout est question d'équilibre !

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Titus - Quels musiciens ont compté dans ton éducation musicale ?

Mon père a toujours eu bon goût question musique, si bien que ma culture musicale lui doit beaucoup. Je me souviens de lui demander, à l'âge de cinq ans, de mettre une cassette de Van Morrison dans la voiture. On écoutait des choses extrêmement variées, qu'il s'agisse de Bob Marley, Janis Joplin, Van Morrison, Ray Charles, Bob Dylan, les Stones, Aretha Franklin, Neil Young, Santana et Clapton. A l'âge de 13 ans, j'ai aussi découvert Ben Harper; ce fut le coup de foudre. "Fight for your mind" demeure mon disque préféré. Je peux l'écouter à tout moment, quel que soit mon état d'esprit ! Je me souviens aussi d'avoir assisté à un concert de Jack Johnson à Byron avant qu'il ne commence à être connu. Déjà à l'époque, la fluidité de son style m'avait impressionnée ! J'avais acheté son CD ce jour-là et il tourne encore dans ma voiture, au même titre que Michael Franti, Sublime, les Chilli Peppers, Will Conner, Ozomatli, John Legend ou Pearl Jam... Chez les dames, j'aime beaucoup Tracy Chapman, Joss Stone, Jewel, Joan Armatrading, Peggy Lee ou encore Norah Jones. Mes goûts se sont élargis avec les années et aujourd'hui, j'écoute un peu de tout !

Titus - Et parmi les Australiens ?

J'ai été bluffée par The Beautiful Girls, John Butler, Ash Grunwald, Xavier Rudd, Carus Thompson et, bien entendu, mon frère Beau Young (rires !).

Titus - Quand as-tu décidé de te consacrer sérieusement à la musique ?

ecbc99030a26c4c69b734f65209f3c03.jpgCa fait environ un an que je me suis vraiment lancée... Au début, mon public était surtout composé de surfeurs puisqu'ils me connaissent bien et puisque ce sont mes amis. Mais le cercle s'est élargi ! De plus en plus, je m'aperçois que mes chansons ne parlent pas qu'aux seuls surfeurs... Je suis sur un petit nuage !

Titus - Le lancement de ton site MySpace est encore relativement récent. Deux de tes chansons y sont en écoute libre; peux-tu nous les présenter ?

J'ai composé la musique et les paroles de ces deux chansons, "This is love" et "White Lies". Je les ai enregistrées à Sydney avec l'aide de mon ami DC, qui m'a accompagnée à la guitare. Un batteur est venu se greffer à l'ensemble, ce qui a donné un résultat assez sympa...

Titus - Quels sont les thèmes qui t'inspirent ?

Je parle généralement de choses qui m'ont affectée, d'événements survenus dans ma vie... Ca fait quatre ans que j'étudie les relations internationales à l'université, ce qui m'a amenée à me pencher sur des problématiques assez graves : la guerre, la famine, le terrorisme, la maltraitance... La musique, assez naturellement, s'est vite révélée un exutoire. Pour me couper de mon sujet d'études, j'ai eu tendance à écrire des chansons d'amour ou d'évoquer des thèmes qui me permettaient de me détendre... J'ai terminé mes études à présent, et mes chansons n'ont sûrement pas fini d'évoluer...

Titus - Ton compatriote Carus Thompson, qui était en concert au mois d'avril dans le cadre de sa tournée européenne 2008, nous disait à quel point il peut être difficile de vivre de sa musique dans un pays comme l'Australie ou quasiment tout le monde joue d'un instrument ou joue dans un groupe. Tu es d'accord ?

bde349e26ba92d00259ff95f6cd08f9a.jpgJ'adore la musique de Carus. Il a beaucoup de talent et c'est un showman absolument fantastique. Ce qui ne l'empêche pas d'être, par ailleurs, un gars vraiment charmant. Je suis tout à fait de son avis. Je trouvais difficile de me sentir à l'aise, au début, face à un public aussi exigeant : ici, pratiquement tout le monde joue d'un instrument et bien, en plus ! La région de la baie de Byron (tout près de là où je réside), compte de nombreux talents et ça peut être intimidant... En même temps, c'est très motivant et ça oblige constamment à se surpasser...

Titus - Quels sont tes projets pour les mois à venir ?

Je suis actuellement en train de peaufiner une démo qui comportera de nouvelles chansons. J'aimerais aussi donner quelques concerts au dernier trimestre...

Titus - Tu nous as dit tout à l'heure être déjà venue en France...

En effet, j'ai eu la chance d'y effectuer plusieurs voyages; j'adore les chocolatines... A vrai dire, j'y étais encore la semaine dernière, du côté d'Anglet, pour assister au championnat du monde de surf longboard. Par contre, je ne connais pas encore la Bretagne et j'aimerais beaucoup la découvrir un jour...

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PRATIQUE
Le site MySpace de Nava Young.
Le site du "grand frère" de Nava, Beau Young, dont la sortie d'un second album est programmée cette année.

(Photos : droits réservés et Swilly)
PROPOS RECUEILLIS ET TRADUITS DE L'ANGLAIS
PAR TITUS (@2008)

(*) : source des informations sur les performances sportives de la famille Young : Surfersvillage.com

18.04.2008

Carus Thompson : "Je ne pourrais plus me passer de la musique !"

07d038f9e012160a4850dd9f2c53095e.jpgLa Bretagne sera-t-elle au rendez-vous ? Pour la seconde fois en deux ans, le bondissant rocker australien Carus Thompson y fera un saut de kangourou, l'instant d'une soirée à Cast, le samedi 26 avril. Il est prudent de réserver, dès aujourd'hui, ses places. Car le musicien n'a laissé que de très bons souvenirs de son premier passage, en août 2007. Cette fois, il nous revient accompagné de sa formation les True Believers, qui compte en son sein le talentueux bassiste français Mathieu Lucas. Avec Carus, qui avait déjà longuement répondu à nos questions l'an dernier, nous avons voulu faire le point à quelques jours de cette nouvelle tournée européenne qui les conduira en Belgique, en Grande-Bretagne, en France, en Allemagne, en Suisse et au Danemark...


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Titus - Depuis ton dernier passage à Cast, as-tu beaucoup tourné ?

En effet, je n'ai pas vraiment arrêté depuis. C'est la seule façon pour moi de gagner ma vie. Le fait d'être un artiste indépendant, sans le soutien d'une maison de disques, rend les choses plus difficiles d'un point de vue financier. On croule sous les dettes ! La seule manière de renflouer ton compte en banque, c'est de se représenter autant que faire se peut. A l'issue de ma tournée européenne 2007, je suis rentré au pays pour participer à une tournée australienne que nous avions préparée avec deux formations amies, Loren et Rob Sawyer. Cette tournée baptisée "The Roots Roadshow" comportait 28 dates en tout et elle fut un vrai succès. En Australie, la compétition est particulièrement rude. C'est fou le nombre de groupes qui tentent de percer ! C'est pour cette raison qu'il faut beaucoup tourner et imaginer sans cesse de nouveaux concepts scéniques. Le "Roots Roadshow" en fut l'émanation directe... Par ailleurs, depuis le début de l'année 2008, j'ai donné pas mal de prestations solo en divers endroits, l'occasion de tester de nouvelles chansons pour mon nouvel album qui sera enregistré plus tard cette année...

A suivre, un mini-documentaire réalisé sur la tournée "The Roots Roadshow", notamment lors du passage du groupe à Melbourne. Quelques images de Carus et des True Believers dans leur intimité :

Titus - Ton troisième album, "Three Boxes", continue à bien se vendre ?

51770b4ad48c4f0cd086aff2bcc64191.jpgEn fait, le premier pressage est pratiquement épuisé, ce qui est assez exceptionnel si l'on considère que l'album n'a pas toujours été bien relayé sur les radios. C'est généralement assez difficile de passer à la radio lorsqu'on est indépendant : il y a tant de talents et si peu de place ! Et, tu sais, l'Australie ne compte que 18 millions d'habitants environ, ce n'est pas tant que ça. Et le plus drôle, c'est qu'on jurerait que la motié de la population joue dans un groupe... Mais je dois reconnaître que si l'album n'a pas forcément été bien répercuté sur les ondes, la presse a, en revanche, bien joué son rôle. Chaque recension de l'album a en effet été positive. Je crois que "Three Boxes" va continuer à bien se vendre car les fans se le sont approprié et n'arrêtent pas d'en parler autour d'eux...

Titus - La tournée européenne que vous débutez ces jours-ci est, je crois, la plus importante jamais organisée à ce jour... Est-ce un signe que la mayonnaise commence à prendre en Europe et en France ?

Nous avons 35 concerts au programme : en France, en Belgique, en Angleterre, en Allemagne, en Suisse, en République tchèque et au Danemark (voir le détail de la tournée ci-après, ndt). Je suis vraiment ravi de pouvoir jouer en France, notamment, car il n'est pas toujours facile d'y tourner. J'espère que cela va changer quand les gens connaîtront mieux notre musique. Cette fois-ci, nous ne donnerons que quatre concerts en France, mais nous prévoyons d'ores et déjà d'y revenir au mois d'août pour quelques shows sur la côte, près d'Hossegor et Biarritz. J'ai vraiment le sentiment que notre public commence à s'épanouir dans l'Hexagone. A chaque passage, le groupe se découvre de nouveaux fans qui, à leur tour, nous font de la pub ! Avec le Web et MySpace, les gens qui souhaitent en savoir plus sur un groupe ont tout à leur portée... Et quand on peut, qui plus est, bénéficier d'un effet bouche à oreille, ça ne peut qu'aller en s'améliorant... Ce que j'aime, dans cette manière de construire une popularité, c'est qu'elle ne repose pas sur des artifices, du style campagne de pub imaginée par une agence...

Titus - Tu évoquais tout à l'heure l'enregistrement d'un nouvel album avant la fin de l'année. As-tu l'intention d'interpréter certaines de ces nouvelles chansons lors de cette tournée ?

397c1c2c9d9f707db9a711087fe6d2c9.jpgL'enregistrement du nouvel album interviendra tout de suite après cette tournée européenne. Nous travaillerons, comme pour "Three Boxes", avec Greg Arnold, au sujet duquel je peux dire qu'il a vraiment su me faire évoluer en tant que songwriter.J'ai écrit pas mal de nouvelles chansons, dont une dizaine dont je suis assez fier et que je continuerai à améliorer au gré des prochaines tournées. Parmi ces nouvelles chansons, l'une de mes préférées, "Creature of habit", avait déjà été interprétée l'été dernier à Cast, et avait donné lieu à un drôle de quiproco. C'est une histoire que je me plais à raconter tout depuis, partout où je vais... En fait, j'avais essayé de présenter la chanson en français, et j'avais demandé au public comment on pouvait traduire le mot "habit" (habitude, ndt). Quelqu'un avait compris "rabbit" et m'avait donc suggéré "lapin" pour traduction. Si bien que je me suis retrouvé à parler de "Creature of rabbit" (créature du lapin, ndt), ce qui m'a fait bien rire lorsqu'on est venu me donner la bonne traduction à l'entracte...

Titus - Ton premier concert en Bretagne était en solo. Cette fois, tu nous reviens avec ta formation, les True Believers. peux-tu nous dire deux mots à leur sujet ?

89b7acc5bbb9a1af7f829f33e22e2719.jpgLes True Believers m'accompagnent depuis maintenant quatre ans. L'ossature du groupe a déjà un peu évolué au fil des années, comme c'est souvent le cas dans le monde de la musique. Lorsqu'Andrew Fry (le troisième bassiste du groupe) a décidé d'arrêter, j'ai proposé à mon ami français Mathieu Lucas de se joindre à nous. Il se trouve que Mathieu, qui vit à Angoulême, est le cousin de mon meilleur ami en Australie. Matthieu m'avait aidé à plannifier ma première tournée en France il y a quatre ans. C'était donc génial de pouvoir l'associer encore davantage à la vie du groupe. Il a déjà participé à trois tournées australiennes avec les True Believers. Cette année, nous aurons un autre musicien français dans l'équipe : Christophe Baillet; il s'agit d'un bon ami de Mathieu, un batteur d'Angoulême. J'ai aussi invité mon frère, Christian Thompson, à venir jouer de la guitare, de la mandoline et faire les choeurs. Financièrement, il serait un peu difficile d'organiser une tournée de cette envergure en faisant venir un groupe entier d'Australie. Mais je suis sûr que tout va bien se passer. En fait, changer de musiciens de temps à autre permet de rafraîchir certains morceaux, de leur redonner une nouvelle jeunesse.

La chanson "Warning signs", extraite du troisième album de Carus Thompson, "Three Boxes", ici enregistrée l'an dernier, au Blues & Roots festival de Fremantle (Australie) :

Titus - Doit-on s'attendre à un show très différent durant cette tournée ?

Ca sera toujours moi et mes chansons... Mais je dois avouer que rien ne me sied plus que de jouer avec une section rythmique nerveuse, ce qui manque parfois lors des prestations en solo. Donc, ça va chauffer; ça c'est sûr ! Le cocktail batterie/basse est généralement une bonne combinaison pour donner au public l'envie de danser. Quand je suis sur scène, je veux toujours donner le meilleur de moi-même, en m'efforçant de rendre intactes l'intensité et l'intégrité émotionnelle de mes chansons, mais plus que tout, j'aime faire participer l'audience, comme ça se passe à chaque concert en Australie. "Be ready to shake the booty !"

Titus - Quel souvenir conserves-tu de ton passage aux Vaches Folks, à Cast, en août 2007 ?

ff93845708b2580e5f26d37e16235434.jpgJ'ai franchement adoré ce concert à Cast. Tant d'énergie, de vibrations positives dans la salle. C'est souvent le cas en Europe. Le public chez vous est très attentif... Et lorsque vous avez un concert organisé par des types comme Roger et Eric (Roger Mauguen et Eric Bert, organisateurs des soirées Vaches Folks, ndt), vous savez d'avance que ça sera fantastique. Parce que ce sont tous deux de vrais passionnés. Ils ne font pas ça pour le fric, mais parce qu'ils aiment vraiment la musique ! Et ils adorent en être entourés ! C'est aussi ce qui me guide dans ma démarche : j'aime la musique et ne pourrais plus m'en passer !

Propos recueillis par Titus, photos de Titus (droits réservés).



81e6c8ea7a531e2f21c8d9319b26cae7.jpgPRATIQUE
En concert à CAST (près de Châteaulin, à 10 mn de Quimper) le samedi 26 avril 2008, à 21h.
Infos complémentaires sur le site MySpace des Vaches Folks.
Tarifs : 13 € / 15 € (+ frais de location);
Points de location : Brest : Dialogues Musiques (+1 €); Quimper : Harmonia Mundi (+0 €); Cast : Mairie (+0 €), bar-presse « le Toon’s » (+0 €). Réseau Ticketnet (utilisez le mot-clef "Carus" dans votre recherche) (+1,7 €)


LA TOURNEE EUROPEENNE 2008
DE CARUS THOMPSON

19 avr. 2008 (20:00) LE BELVEDERE, Namur; 20 avr. 2008 (20:00) LE BALATUM, Lille ; 22 avr. 2008 (20:00) THE 12 BAR CLUB, London, London and South East ; 23 avr. 2008 (20:00), THE BLUE BAR Porthtowan, Southwest England ; 24 avr. 2008 (20:00) Ride Cafe Plymouth, Southwest England ; 25 avr. 2008 (20:00) Harvey’s Wharf Falmouth, Southwest England ; 26 avr. 2008 (20:00) LES VACHES FOLKS Cast, Bretagne ; 28 avr. 2008, à Paris, show acoustique, à 20 h, au RUSH BAR, 32 Rue Saint-Sebastien, Paris XIè; 29 avr. 2008 (21:00) BOULIBATCH FESTIVAL, Thionville ; 30 avr. 2008 (20:00) KULTURBAHNHOF Neuenkirchen-Voerden ; 1er mai 2008 (21:00) Cafe Paard Van Troje Den Haag ; 2 mai 2008 (20:00) FZW Dortmund ; 3 mai 2008 (18:00) Folkfrühling - Festival Venne ; 4 mai 2008 (19:30) DGH Evestorf ; 5 mai 2008 (20:00) MusicStar Norderstedt ; fb46c5cd47b5ee9c498bb95d23a755e3.jpg6 mai 2008 (20:00) Haus 73 Hamburg ; 8 mai 2008 (20:00) Sumpfblume Hameln ; 9 mai 2008 (20:00) NAC Wohnland Celle ; 11 mai 2008 (20:00) Cafe-Scheune Wredenhagen ; 12 mai 2008 (20:00) Die Börse Wuppertal ;
13 mai 2008 (20:30) Stückgut Solingen ; 14 mai 2008 (20:00) EXPO EnerCity Cafe Hannover ; 15 mai 2008 (20:30) CAFE ZAPATA Berlin ; 16 mai 2008 (20:30) Irish Pub Parchim ; 17 mai 2008 (19:00) Festival am Kulturwerk Norderstedt ; 20 mai 2008 (20:00) Hafenkneipe Club Zurich ; 21 mai 2008 (20:00) Raumar @ Kofmehl Solothurn ; 24 mai 2008 (20:00) ; Neuland - Kunst Musik Bar Munich ; 25 mai 2008 (20:00) PRAGUE FRINGE FESTIVAL Prague ; 25 mai 2008 (20:00) PRAGUE FRINGE FESTIVAL Prague ; 27 mai 2008 (20:00)PRAGUE FRINGE FESTIVAL Prague ; 29 mai 2008 (20:00) Loppen Copenhagen.

21.08.2007

Carus Thompson : "Une bonne chanson doit parler au plus grand nombre"

medium_Carus3.pngL'Australie ne se résume heureusement pas aux wallabies et autres Crocodile Dundee. La scène musicale des antipodes est d'une richesse parfois ignorée ou largement méconnue en Europe. Encore une fois, les organisateurs des soirées Vaches folk, à Cast (arrière-pays châteaulinois), ont du flair en faisant venir à la pointe bretonne l'une des figures émergentes de la mouvance folk-rock australienne. Dans la veine du John Butler Trio ou d'un Jack Johnson, Carus Thompson nous sert une musique qui ne renie pas ses origines, la côte ouest australienne, ses vagues et son surf. Lorsqu'il ne s'adonne pas à la glisse à Fremantle, Carus est généralement en tournée. Cette semaine, il est notamment au fameux Fringe d'Edimbourg, puis à Londres, avant d'effectuer un saut de kangourou à Cast, vendredi.


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Titus - Peux-tu nous parler un peu de tes origines et nous décrire l'endroit où tu as grandi ? (Could you tell us a bit about your origins and describe the place where you grew up ?)

Carus Thompson - Je suis né à Fremantle, dans l'Ouest de l'Australie. J'y ai vécu une partie de ma jeunesse, ainsi qu'à Darwin et dans une petite communauté aborigène du Territoire du Nord, Peppimenarti. Mes parents y enseignaient et nous y avons vécu pendant trois ans. J'étais le seul enfant blanc du village et ce fut une formidable expérience, de me trouver ainsi en totale immersion dans la plus ancienne culture australienne. J'y suis retournée plusieurs fois par la suite, une fois devenu adulte, et j'interprète aujourd'hui une chanson qui me fut écrite par un ami d'enfance aborigène. La chanson s'intitule "Yangi", ce qui veut dire "feu". J'ai eu beaucoup de chance de vivre une partie de ma jeunesse à Peppimenarti, un endroit qui correspond assez bien au cliché du village australien paumé, avec ses crocodiles, serpents, dingos et kangourous. J'ai dû goûter plus d'une fois le "ragoût" traditionnel de la brousse et j'ai vu des endroits magnifiques. Cela restera à jamais gravé dans ma mémoire !

(I was born in Fremantle, Western Australia. But I grew up between there, Darwin and a remote aboriginal community in the Northern Territory called Peppimenarti. My parents were teachers there and we lived there for three years. I was the only white child in the town and it was a great experience to have, to have been immersed in another, in fact Australia’s oldest culture. I have been back there a few times as an adult and I now play a song in my set that was written by one of my childhood friends from there. The song is called “Yangi” – which means “Fire”. Peppimenarti was an amazing place to grow up. It is pretty much like you imagine it as the stereotypical outback town – crocodiles, snakes, dingos, kangaroos. I got to eat lots of traditional bush tucker and see some very beautiful places. It will always be a special place in my memory.)

La chanson "When I think of you", interprétée par Carus Thompson :



Titus - Comment s'est déclaré ton intérêt pour la musique ? Es-tu issu d'une famille où la musique jouait un rôle important ? What got you interested in music in the first place ? Were you born within a family where music was very important ?

medium_vachefolkscarus.jpgPas du tout, en fait. Je suis le premier, dans ma famille, à me passionner pour la musique et à jouer d'un instrument... Mes voisins, par contre, jouaient dans un groupe quand j'avais douze ans, et je me souviens encore d'aller les voir répéter. Je m'étais dit que je n'étais pas fait pour la musique, mais une fois que j'ai commencé à apprendre à jouer de la guitare, j'ai vraiment adoré ça ! En fait, tout jeune, je rêvais de devenir écrivain et le processus d'écriture d'une chanson m'a semblé très intéressant. Dès que j'ai débuté l'apprentissage de la guitare, j'ai d'emblée commencé à écrire des chansons, et cela n'a jamais cessé ! Je me considère d'abord comme un auteur, et ensuite comme un musicien. Mes chansons comptent énormément à mes yeux, et c'est sans doute ce dont je suis le plus fier. J'ai écrit environ 500 chansons jusqu'ici, dont j'ai oublié une bonne partie, et il me semble qu'avec l'expérience, je m'améliore. Une bonne chanson doit pouvoir dire beaucoup et parler au plus grand nombre tout en donnant l'impression qu'elle a été écrite pour une personne en particulier. C'est un art à part entière auquel j'ai choisi de consacrer ma vie. Avec l'ambition de m'améliorer...

(My family is definitely not musical. I am the first one to play music and have a huge interest in it. My neighbors played in a band when I was 12 years old and I used to go over and watch them rehearse. I had always thought that I was not musical but once I started played guitar I really loved it. I had wanted to be a writer when I was younger and the whole songwriting process was very interesting to me. As soon as I began learning guitar I also wrote songs, and this has been something that has continued. I am firstly a songwriter, and secondly a musician. My songs are the most important things to me, and what I am most proud of. I have written probably 500 or more songs so far, many of which I have forgotten and as I get more practice I really feel that I am getting better at the craft of it. A really, really good song can communicate so much and mean something so special to many people. I think it is a real art and it has become something I have dedicated my life to getting better at).

Titus - Te souviens-tu de ta première rencontre avec la musique ? Do you remember the first time you were in contact with a musical instrument ?

J'ai un souvenir précis de ma première émotion musicale. Moi et mon père, nous roulions un jour de Peppimenarti, ce village paumé que j'évoquais tout à l'heure, jusqu'à Darwin, tout en écoutant "American Pie" de Don McLean. Découvrir cette chanson tout en parcourant la brousse, j'ai trouvé ça extraordinaire ! Dans la même veine, je me rappelle, à peu près au même âge, avoir été très impressionné par cette chanson de Neil Young, "Comes a time". Tout à fait mon genre de héros !

The first time I remember loving music was driving with my father from the outback community (Peppimenarti) where we lived to Darwin one day and listening to Don McLean’s “American Pie”. I loved listening to the song and driving through the bush. I also remember loving Neil Young’s “Comes A Time” at this age too. These kinds of songwriters are still my heroes.

Titus - Et tes premiers accords de guitare, tu t'en souviens ? How about your first recollection of playing guitar ?

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Mes voisins jouaient au sein d'un groupe et m'ont donné mes premières leçons... Mais ensuite, j'ai progressé à force d'écouter et jouer en compagnie de mes camarades d'école. Je ne sais pas lire une partition et je n'ai jamais reçu de véritable éducation musicale, mais nous nous retrouvions lors de fêtes ou dans nos maisons respectives pour faire le boeuf et apprendre les chansons que nous aimions, qu'il s'agisse des Beatles ou des Stones. Nous avons vite commencé à écrire nos propres morceaux et à les interpréter au sein de groupes dans nos garages. La musique a toujours été pour moi une passion exercée pour le plaisir, et jamais une discipline enseignée à l'école ou par un professeur. Je crois que c'est sans doute ce qui fait que j'en serai toujours accro.

My neighbors who played in a band gave me my first lesson but after that it was just listening to music and playing songs with my friends from school. I cannot read written music and I have never had a proper lesson but we would sit around at parties and our houses “jamming” and learning the songs that we liked – The Beatles, The Stones, also we would write our own songs and play in bands in our garages. Music has always been something that I loved and did for enjoyment, rather than something that was taught to me in school or by a tutor. I think this has made me always love it.

Titus - Quand as-tu commencé à écrire tes propres compositions ? Did you start composing your own songs at an early stage ?

Dès que j'ai commencé à apprendre à jouer de la guitare... Ma première chanson a donc été écrite à l'âge de douze ans. Je n'étais pas très bon, je dois l'admettre, mais je crois avoir fait des progrès depuis...

I started writing songs as soon as I started learning guitar. So my first song was written at 12 years old. I was not very good but I have gotten a lot better since then.

La chanson "Crash", interprétée par Carus Thompson and The True Believers:



Titus - Qu'est-ce qui a fait qu'un jour, tu aies décidé d'embrasser cette carrière ? Est-ce quelque chose dont tu rêvais ? Do you remember the turning point which determined the launch of your musical career ? Was it something you always wished for ?

A 20 ans, j'ai déménagé à Darwin avec ma copine et nous y sommes restés un an. C'est alors que je suis devenu musicien "à temps plein", jouant cinq soirs par semaine. On jouait en moyenne quatre heures par soirée, surtout des reprises. Avant cette expérience, je ne savais pas chanter, mais après une année aussi intense, j'avais appris les rudiments du métier ! Et en interprétant autant de reprises d'artistes accomplis, j'ai certainement appris beaucoup sur la façon d'écrire une chanson, et ce qui fait la différence, précisément, entre une bonne et une mauvaise chanson !

When I was 20 I moved to Darwin with my girlfriend for a year. Then I became a full time musician, playing 5 nights a week. The shows were four hours a night and you had to play lots of cover songs. Before I went there I was a pretty terrible singer but after a year of playing so many shows I had learned how to sing. Also playing so many cover songs by great artists I had learned a lot about how to write songs and what makes a good one.

Titus - Peux-tu nous parler de tes premières tournées ? Can you tell us about your first tours ?

Au début, je faisais le trajet entre Perth et Darwin, ce qui représente à peu près 4.000 kilomètres et on s'arrêtait en chemin dans une quantité de villages complètement paumés. J'ai fait ce parcours à quatre reprises, avant de commencer à tourner sur la côte est, tout d'abord en solo. Mes premières tournées européennes furent également effectuées en solo, mais à présent, je fais la moitié de mes concerts tout seul, et l'autre moitié avec mon groupe. Je n'ai pas vraiment de préférence !

My first tours were from Perth to Darwin and back. It’s a 4000 km drive and there were many little outback towns on the way. I did this four times and then I started touring the East coast of Australia. I had always played in bands as a teenager but I probably did a lot of my touring over the East Coast on my own at first. Also the first few tours in Europe were solo, but now I split my time between solo and band. I enjoy both forms.

Titus - Pourrais-tu nous nommer quelques-uns des chanteurs que tu écoutais lorsque tu étais plus jeune ? Estimes-tu que tu as été influencé par la scène pop australienne, qui est foisonnante ? Could you name some of the composers whom you were listening to when you were younger ? Do you feel you've been influenced by the rich australian pop scene ?

medium_Carus1.jpgLa scène musicale australienne m'a influencé, c'est indéniable ! Nous avons beaucoup de grands auteurs-compositeurs en Australie. Ce sont d'ailleurs peut-être des gens dont vous n'avez jamais entendu parler - des artistes comme Paul Kelly, Mick Thomas, Tim Rogers et Neil Murray. De façon générale, les artistes qui savent écrire une bonne chanson m'ont toujours intéressé, à l'image de Bob Dylan, Neil Young ou Bruce Springsteen.

The Australian scene has definitely influenced me. We have many great songwriters in Australia. People who you may not have heard of – artists like Paul Kelly, Mick Thomas, Tim Rogers and Neil Murray. I have always been interested in artists who write good songs so of course I love the likes of Bob Dylan, Neil Young and Bruce Springsteen also.

Titus - Comment as-tu choisi les musiciens avec qui tu partages la scène, "The True Believers" ? Est-ce que cette formation existait déjà auparavant en son nom propre ou a-t-elle été constituée dans le seul but de t'accompagner ? How did you meet the musicians with whom you're touring with? Did the True Believers exist as an entity before they actually met you ?

Les "True Believers" est mon groupe. Je l'ai formé pour m'aider à interpréter mes chansons sur scène. La formation a évolué au gré des années car ce n'est pas toujours évident de vivre de sa musique. Cela représente beaucoup de sacrifices. Il a donc fallu que je remplace, au fur et à mesure, ceux qui décidaient de quitter le groupe. Jason McGann est ainsi mon troisième batteur ; il jouait auparavant pour John Butler.

The True Believers are my band. I put them together to help me perform my songs. There have been some different members over the years as playing music for a living can be hard, a lot of sacrifice. So as they would have to leave I would find new members. Jason McGann is my third drummer and he was originally playing for John Butler.

Titus - J'ai lu que l'un de tes musiciens était français. Comment cela s'est-il fait ? I read one of your musicians was actually french... How did this come about ?

Mon nouveau bassiste (le quatrième du groupe) est en effet d'Angoulême. C'est le cousin de mon meilleur ami en Australie, et c'est lui qui m'a aidé à organiser ma première tournée en Europe il y a cinq ans. Quand mon dernier bassiste est parti, il m'a envoyé un mail pour me dire qu'il souhaitait faire le tour du monde et jouer au sein d'un groupe qui tourne. Au départ, l'idée pouvait sembler farfelue mais, en fin de compte, ça marche plutôt bien, d'autant que nous avons désormais une base en Europe et une autre en Australie. C'est aussi un très bon ami, et on pourrait presque penser à un signe du destin, le fait d'avoir pu ainsi boucler la boucle.

My new bass player (the fourth I have had) is indeed from Angouleme, France. He is the cousin of my best friend from Australia and he helped to organize my first tour of Europe 5 years ago. When my last bass player left he sent me a mail saying that he wanted to tour the world and play in a real touring band. It seemed like a crazy idea at first but it is really good as now we have a base in Europe and Australia. He is also a very good friend, and it seemed a bit like fate that everything had come full circle too.

Titus - Tu es réputé pour tourner énormément. Combien de temps passes-tu aujourd'hui en Australie ? Et que représente ton pays à tes yeux ? Do you spend most of your time in Australia, or if not, do you often go back ? What does your country represent to you ?

Je passe la moitié de l'année à tourner en Australie et l'autre moitié en Europe. L'Australie est toujours mon chez-moi, mais ce pays devient très conservateur et a plutôt tendance à s'américaniser. Je me sens chez moi en Europe. J'adore ce concept d'Union européenne : le fait que tous ces pays fassent partie d'une même communauté. A mon sens, c'est ce qu'il peut y avoir de mieux, d'autant que je ne supporte pas le nationalisme. Je crois qu'un jour le monde entier devrait être gouverné à l'image de l'Union européenne, sans frontières et plus de solidarité entre différentes nations.

I spend half my year touring Australia and half of it In Europe. Australia is always my home but it is getting very conservative and Americanized these days. I feel very at home in Europe. I love the European Union and the way all the countries are part of the European community. I think it is a great way for countries to be, as I hate “nationalism”. I think that one day the whole world should be like the European Union, with no borders and different countries helped each other.

Titus - Comment définirais-tu le public européen en comparaison du public australien ? How would you define the european audiences in comparison with the Australian ones ?

On écoute davantage en Europe. Le public australien est fantastique - les gens qui vont à un spectacle boivent généralement, si bien qu'il y a beaucoup d'ambiance lorsqu'on se produit dans un pub. Les gens dansent et font les fous. En Europe, mon expérience est davantage celle d'un public qui écoute les artistes et ce qu'ils ont à dire. Ces différences me ravissent.

They listen a lot more in Europe. Australian audiences are fantastic – drinking alcohol is always part of going to a show, so you have a real energy in an Australian pub show. People dance and go crazy, big cheers and some heckling. In Europe is more about listening to the artist and hearing what they have to say. I enjoy both of the situations.

medium_CD_carus-tb.jpgTitus - Ton nouvel album "Three boxes" est sorti cette année. Quelle a été la réaction du public et des critiques ? You released a new album called "Three boxes", this year... How was it received by the public and the critics ?

Les réactions ont été exceptionnelles. Tout le monde dit que "Three boxes" est notre meilleur album jusqu'ici. Nous avions besoin d'un album "solide" pour soigner notre réputation, et je crois que nous y sommes parvenus. Les critiques, aussi bien en Australie qu'en Allemagne, nous ont attribué quatre étoiles pour cet album.

We have had amazing reactions for “Three Boxes”, everyone is saying it is our best album yet. We have needed a solid album to continue building the reputation of this act and I think we have delivered a great product. It has had many four star glowing reviews both in Australia and Germany.

Titus - Une tournée de promotion a été entamée dès la sortie de l'album ? Have you been promoting this album ever since it was published ?

Nous n'avons pas de maison de disques; il nous faut donc tout faire nous-mêmes ! Nous n'avons, bien sûr, pas beaucoup d'argent pour la promotion. La façon la plus efficace de faire entendre notre musique est de multiplier les spectacles. Il faut aussi compter avec l'atout Web. Beaucoup de gens nous découvrent par le biais d'amis ou du bouche à oreille. C'est plus lent de cette façon mais sans doute plus authentique !

We do not have a record label, we do everything ourselves. So we don’t have lots of money to spend on promotion. The main way we get our music out there is with our live show. Also the Internet, a lot of people are finding our music through friends and word of mouth. It is slower this way but is much more real.

Titus - Que préfères-tu aujourd'hui : écrire des chansons ou les interpréter devant un public ? What do you enjoy the most ? Writing new songs or interpreting them in front of an audience ? Do you enjoy touring ?

medium_Carus4.pngJ'aime faire les deux ! Pour moi, elles sont indissociables du métier. Après avoir écrit une chanson, le véritable test consiste à la présenter au public. Cela permet d'apprécier si oui ou non, il l'apprécie et si cela évoque quelque chose pour lui. J'adore être en tournée; cela fait aujourd'hui partie de ma vie et c'est la voie que j'ai choisie. C'est une merveilleuse façon de visiter de nouveaux endroits car on ne cesse de rencontrer les gens du cru, et on est toujours bien reçus !

I enjoy both. I see them as being part of the same thing. After you write a song the true test is to see if people like it and if it means something to them. Playing live is part of that. I love touring, it is part of my life and the path I have chosen. It is always a great way to visit somewhere as you meet the locals and people are always very nice to you.

Titus - Peux-tu nous dire quelques mots sur ta chanson "Three boxes", l'un des titres-phare de ton dernier album ? Could you tell us a few words about your song "Three boxes" which gave its name to your most recent album ?

Cette chanson raconte la vie du musicien souvent un peu fauché que je suis. Ca parle de ma vie de troubadour. Je joue de la musique parce que j'aime ça et c'est ce qui me définit. Je n'ai pas gagné beaucoup d'argent dans ma vie : en fait, je suis toujours endetté et dois de l'argent à plusieurs personnes. Mais cela doit être ainsi : c'est un sacrifice sur l'autel de l'art.

The song “Three Boxes” is about being a musician and having no money basically. It’s about the path I have chosen for my life. The troubadour. I play my music because I love it and it is who I am. I have not made much money and still at the moment I am always in debt, owing people money. But this is how it must be as this is the sacrifice you make for you art.

La chanson "Three boxes", interprétée par Carus Thompson, le 31 mai dernier, à Plymouth :



Titus - Tu es attendu à Cast, vendredi 24 août. Parle nous un peu de tes tournées françaises... You'll be playing in Cast on August 24th. What is your impression of France ?

medium_vachefolkscarus.2.jpgJ'ai joué assez souvent à Paris, ainsi qu'à Angoulême, Lille et Thionville. J'adore être en tournée en France : c'est l'occasion de bien manger et de déguster vos vins somptueux. J'adore aussi le fromage. Mais il n'y a pas que cela : c'est un pays magnifique avec une culture d'une grande richesse et cela me ravit de pouvoir être là