04 avril 2012

Leah West : "Je rêve d'un album totalement en français"


Leah West

En 2010, l’une de ses chansons a fait l’Eurovision, sans qu’elle le sache. Une starlette slovaque, Lucia Olesova, y avait en effet interprété un remake de son tube « Spring ». Heureusement pour Leah West, la chanson avait été déposée quelques années plus tôt... Cet épisode qui la fait aujourd’hui sourire lui aura finalement donné la publicité qui fait souvent cruellement défaut à une artiste de la scène indépendante. Cet auteur-compositeur-interprète basé à Kelowna, en Colombie-Britannique (Canada)  peut s’enorgueillir de vivre aujourd’hui confortablement de sa musique, sans pour autant bénéficier du soutien logistique d’une maison de disques. Son secret ? Un réel talent, d’une part, mais aussi un certain sens du marketing en ligne ! Aujourd’hui, Leah West collectionne les prix et jouit d’un succès assez exceptionnel dans le paysage musical nord-américain où ses refrains pop passent en boucle sur les chaînes de télé et stations de radio. Cette Américaine originaire du New Jersey rêve aussi d'un album en français. Un projet qui la tient à cœur depuis quelques années, et qu’elle tente de concrétiser avec l’aide du poète québécois Louis Royer.

(Photo ci-dessus : Suzanne Le Stage)

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(Photo : Suzanne Le Stage)

Titus – Leah West, plus d ‘un million de personnes ont déjà écouté vos chansons sur MySpace. Vous avez remporté, en 2011, le prix du public aux prestigieux BCIMA, les British Columbia Indie Music Awards. Vous étiez aussi nommée pour trois autres prix, notamment celui de compositrice de l’année. On dirait bien que vos efforts commencent à porter fruit, non ?

Leah West – Je fais tout moi-même, vous savez. Même si je n’ai ni agent ni maison de disques pour m’aider, je m’efforce, jour après jour, d’apporter une nouvelle pierre à l’édifice. En étoffant mon carnet d’adresses et en accordant des interviews, comme aujourd’hui, dans le but de gagner en notoriété.

On entend beaucoup votre chanson « Spring » depuis quelque temps. Elle a même été reprise sur le fameux show américain « Live with Kelly » à plusieurs reprises, une émission de télé suivie chaque jour par des millions de téléspectateurs… Tout le monde ne connaît pas cependant l’histoire incroyable de cette chanson sortie en 2009 sur votre premier album, « Beyond words ». La starlette slovaque Lucia Olesova l’a présentée à l’Eurovision en 2010 sans que vous en ayez été informée…

Tout à fait, ils ont utilisé ma chanson sans mon autorisation. Je ne l’ai su qu’après, en fait. Il se trouve qu’un de mes fans se trouvait en Slovaquie au moment du concours et a reconnu ma composition. D’après ce que j’ai compris, les producteurs de cette jeune chanteuse avaient décidé de réaliser une nouvelle version en slovaque en affirmant qu’il s’agissait de leur propre création. J’ai effectué quelques recherches et je suis tombée sur une vidéo de "Rok a Pol", l’adaptation slovaque de ma chanson, sur YouTube. C’est alors que j’ai appris que la chanson était inscrite au concours de l’Eurovision. En France, vous connaissez bien sûr l’Eurovision, mais ce n’est pas forcément le cas en Amérique du Nord. Personnellement, je n’en avais jamais entendu parler, mais quand j’ai réalisé que cette soirée était suivie par des millions de spectateurs, ça m’a filé un coup ! J’étais aussi flattée qu’horrifiée, en fait. La première chose qu’il m’a fallu faire, c’était de prouver que cette chanson était bien la mienne. Heureusement pour moi, « Spring » avait été déposée dès 2008. J’avais pris l’habitude, dès le départ, de déposer mes compositions au US Copyright office. Même si, à l’époque, je n’étais pas sûre de la qualité de mes chansons et n’aurais jamais rêvé que quelqu’un veuille m’en voler une… On ne dira jamais assez l’importance de protéger son œuvre ! En tout cas, cette affaire m’a apporté beaucoup de publicité en Europe, aux Etats-Unis et au Canada, notamment à Kelowna, où je vis. J’ai fini par me dire que tout cela n’était pas arrivé pour rien. Je crois dur comme fer à la destinée, et je crois que je n’aurais jamais pu rêver meilleur tremplin.

« Spring », la version originale de Leah West

 

Avez-vous eu un contact direct avec la starlette slovaque Lucia Olesova ?

Oui, nous avons été mises en rapport, et elle m’a assuré qu’elle n’avait rien à voir dans cette histoire et que c’étaient ses producteurs qui lui avaient menti. Elle n’était qu’interprète et lorsqu’elle a su que c’était ma chanson, elle était horrifiée d’interpréter une chanson volée. Elle m’a contacté par la suite pour me dire qu’elle souhaitait réenregistrer la chanson en question, qu’elle trouvait très entraînante, et la sortir sur un disque en Slovaquie. Je lui avais donné mon accord mais cela ne s’est finalement pas fait. En tant que compositrice, l’important est que ma musique circule et c’est toujours une bonne chose lorsqu’un interprète souhaite utiliser l’une de mes chansons. Je ne considère pas que je devrais être la seule à interpréter mes compos, bien au contraire. C’est d’ailleurs une facette de ma carrière d’artiste que je souhaiterais développer : j’aimerais beaucoup écrire des chansons pour les autres. Cet épisode aura eu au moins une conséquence : cela m’a donné envie de faire traduire certaines de mes chansons en français. Cela a pu se faire avec la collaboration de mon ami Louis Royer, qui vit à Montréal, au Québec. Louis est un poète, mais c’est aussi un auteur-compositeur-interprète. Il est très impliqué dans le petit monde artistique montréalais. C’est un honneur pour moi de pouvoir travailler avec lui. Il est parfaitement bilingue et il comprend donc le sens de mes chansons, ce que j’essaye de faire passer… A chaque nouvelle chanson que je compose en anglais, il m’aide à trouver son pendant en français. Ce qui veut dire que la prochaine fois que j’entrerai en studio, j’aurai deux versions à enregistrer de chacune de mes chansons. Certaines chansons sont plus compliquées à traduire que d’autres. Parfois, certaines idées ne peuvent s’exprimer de la même façon dans l’une ou l’autre langue, mais je crois que nos efforts finissent par porter fruits. Notre objectif étant en fin de compte de conserver l’essence de la chanson d’origine.

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(Photo : Suzanne Le Stage)

Est-ce que Louis Royer a collaboré à l’écriture de la chanson « Ton ange gardien » qui, à ma connaissance, est la toute première que vous ayez interprétée en français ?

Oui, en effet. C’était ma première chanson en français. J’avais un accent anglophone très prononcé à l’époque. Ma prononciation était loin d’être parfaite…

Allons, il était tout à fait charmant au contraire !

(Rires) Merci. Mais si je devais continuer sur cette voie, j’aimerais beaucoup travailler avec un réalisateur francophone qui pourrait me guider côté accent et prononciation. Je voudrais approcher de la perfection, que mon accent ne se remarque presque plus ! Je suis d’accord avec vous : un accent peut avoir un certain charme, mais il ne faut pas qu’il soit trop prononcé. Malgré tout, j’ai voulu que cette chanson soit publiée car je trouvais que Louis avait fait un sacré bon boulot d’adaptation. C’était aussi une sorte de test pour moi. Et les réactions, notamment les commentaires sur YouTube, ont été très positives. Beaucoup de gens me disent qu’ils pleurent en écoutant cette chanson, et ce en dépit de mon accent (rires). Cette expérience conforte mon impression qu’il y a un avenir pour moi dans cette voie. Je me vois même assez bien écrire une chanson pour un artiste francophone. Je suis tombée amoureuse de la langue française en 2009, lorsque j’ai commencé à l’apprendre. Je ne suis pas encore tout à fait l’aise en français, c’est pourquoi j’ai préféré que nous fassions cette interview en anglais, mais je n’éprouve pas de difficultés particulières à lire en français. En fait, mon objectif serait d’arriver à publier, à terme, un album complètement en français. Mais je ne suis absolument pas pressée. 


“Les Tournesols”, en duo avec Bruno Labrie :

J’ai remarqué que vous attachiez beaucoup d’importance à ce que votre communication, notamment sur les réseaux sociaux, soit toujours en anglais et en français !

Malgré les erreurs de français qu’il m’arrive de commettre, je crois qu’il est important pour moi de faire cet effort car mon public francophone s’avère assez important et cela me touche énormément. Mes fans francophones sont aujourd’hui parmi les plus ardents ! Environ 20 % des personnes inscrites à ma page Facebook officielle sont francophones, et ce chiffre s’élève même à 40 % sur ma page Facebook personnelle. Je ne saurais pas trop l’expliquer (rires), mais c’est un fait ! Plusieurs m’ont dit qu’ils appréciaient que mes chansons soient traduites parce qu’ils cherchent à apprendre l’anglais et, de fait, ils peuvent comparer les textes dans les deux langues. Je trouve quant à moi que le français est une langue magnifique ; c’est ce que je disais à Louis Royer, l’autre jour. Il m’arrive de regretter que le français ne soit pas davantage parlé que l’anglais dans le monde. Il m’a répondu : « C’est vrai, mais malheureusement, Napoléon a perdu la bataille » (rires).

Si vous avez choisi d’apprendre le français, j’imagine que cela est lié, sans doute, au fait que vous avez émigré au Canada, non ? Car vous êtes en fait d’origine américaine…

Oui, si j‘ai émigré au Canada, c’est parce que je suis tombée amoureuse d’un Canadien. (Rires). Je me suis installée en Colombie-Britannique en 2005. Puis, après une dispute avec mon compagnon, nous nous sommes séparés. C’est alors que je suis allée m’établir à Montréal, en janvier 2010. J’avais découvert le Québec l’année précédente, en 2009, à l’occasion d’une tournée, et je suis immédiatement tombée sous le charme de cette province, de la culture et des gens, qui sont passionnés. Je me sentais chez moi là-bas. Je me suis ensuite réconciliée avec mon ami, et c’est alors que je suis retournée à Kelowna, en Colombie-Britannique. Mais je ne veux pas abandonner le français pour autant, bien au contraire. Je veux continuer à faire partie de cette communauté à laquelle je me sens très attachée malgré l’éloignement.

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Avez-vous eu l’opportunité de venir jouer en France, ou en avez-vous l’intention ?

J’aimerais beaucoup ça. J’y suis allée avec ma famille quand j’avais 16 ans. Ma mère et ma sœur parlent français. Ça peut paraître ironique, mais j’étais la seule du groupe qui n’avait pas appris le français. J’avais suivi des leçons d’espagnol durant mes études… Ma grand-mère paternelle était française. Elle s’appelait Lulu Belle. Sa famille avait émigré aux Etats-Unis. Je ne l’ai jamais connue puisqu’elle est décédée avant ma naissance. Mon père ne l’avait plus revue depuis qu’il était lui-même enfant.

Vous avez grandi à New York ?

Je suis née dans le New Jersey, et j’ai grandi dans une petite ville, Upper Montclair, située à une quinzaine de minutes de la ville de New York. J’ai évoqué les origines françaises de mon père, qui, bien qu’il fût né aux Etats-Unis, avait aussi du sang hongrois et tchèque. Et les parents de ma mère avaient émigré aux Etats-Unis depuis l’Irlande. Elle était la deuxième d’une famille de douze enfants. Ce qui fait de moi un pur produit d’Europe (rires).

C’est vrai que vous avez le type irlandais (rires) !

On me l’a beaucoup dit, surtout lorsque j’étais petite fille. J’étais très blonde avec de grands yeux bleus.

La chanson “Orange bliss” :

Nous avons évoqué votre collaboration avec le Québécois Louis Royer. J’aimerais que l’on parle aussi d’un autre de vos collaborateurs, le fameux Marty Rifkin, qui a travaillé, entre autres, avec Bruce Springsteen, Jewel, Tom Petty ou Elton John. Comment avez-vous été amenée à travailler avec lui ?

J’avais connu auparavant quelques déboires avec d’autres réalisateurs. J’ai trouvé que certains avaient un ego surdimensionné, ou qu’ils n’écoutaient pas mes suggestions. Les réalisateurs coûtent très cher, et j’étais très frustrée de n’avoir pas trouvé la personne idéale. C’est alors qu’une amie, qui connaissait Marty, m’a proposé de nous mettre en relation. Elle m’avait bien dit qu’il travaillait avec des artistes reconnus et qu’elle n’était absolument pas sûre qu’il accepte ! Je lui ai envoyé une demo comportant plusieurs de mes chansons. Ça fait quelques années maintenant, mais si je me souviens bien, il m’a dit quelque chose du style : « Wouf ! Ces chansons sont vraiment mal enregistrées, mais j’y vois beaucoup de potentiel ! »  Et c’est ainsi que tout a commencé…

Pouvez-vous nous décrire une journée de travail avec Marty Rifkin ?

On commence généralement vers 9 h ou 9 h 30. Je chante ma chanson à Marty et nous prenons des notes sur le déroulement de la chanson ; nous transcrivons les accords avant de discuter de la direction que nous souhaitons donner à l’ensemble. Marty me demande quels instruments j’imagine pour tel ou tel morceau. Puis il me dit ce que lui imagine. Parfois, mes idées sont plus ou moins arrêtées. D’autres fois, nous faisons ainsi évoluer les chansons. Généralement, nous commençons à travailler un morceau à la guitare acoustique. Cela ne veut pas dire qu’il y aura forcément de la guitare dans la version définitive, mais c’est une bonne base… Ensuite, on y ajoute un premier échantillon de voix. Un brouillon, en quelque sorte. Et c’est autour de ça que la chanson va se construire peu à peu. Par touches successives, la partie vocale va elle aussi évoluer. Elle gagne en intensité à mesure que les plages instrumentales sont mieux définies. Ce que j’aime, chez Marty, c’est qu’il n’a pas un ego démesuré. Il est toujours très humble et pourtant, il est brillant ! Il repère des choses qui parfois ne m’effleureraient même pas. Il a beaucoup d’instinct. Et il sait aussi se montrer d’une grande franchise quand quelque chose ne lui convient pas dans mon interprétation : un défaut de prononciation ou une note qu’il vaudrait que j’atteigne. Mais il le fait toujours d’une manière positive et encourageante. Et dans le même temps, il sait aussi écouter mes suggestions. Si je n’aime pas le son d’un roulement de batterie ou d’une plage de guitare, il accepte mes critiques et agit en conséquence. J’aimerais tant pouvoir dénicher un réalisateur francophone avec lequel j’aurais le même degré d’affinités. Je me montre très prudente dans mes choix, et tant que je n’aurai pas trouvé, je continuerai mon bout de chemin avec Marty !

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(Photo : Jennylynn Fields)

Nous avons beaucoup parlé de votre collaboration avec Marty Rifkin. Parmi les gens qui comptent dans votre entourage, il y a aussi le guitariste Tom Stinson, qui est très impliqué dans la musique en Colombie-Britannique. Cela fait combien de temps que vous collaborez ?

Je l’ai contacté en 2007, au départ parce que je souhaitais suivre des cours de guitare. Tom continue d’ailleurs toujours à enseigner. Et comme je cherchais à monter un ensemble pour pouvoir jouer ma musique sur scène, j’avais pensé à lui. Mais à l’époque, il faisait déjà partie d’un groupe, et cela n’a pas donc été possible. Environ un an plus tard, son groupe s’est dissous et c’est alors que nous avons pu commencer à travailler ensemble. Nous avons formé un duo pendant quelque temps. Nous nous entendons très bien, et je lui ai proposé de m’accompagner en tournée en 2009, à travers le Canada et les Etats-Unis. Cette expérience n’a fait que consolider notre amitié. Depuis lors, nous continuons à collaborer assez régulièrement. Il connaît bien mon répertoire et nous nous accordons parfaitement. Tom n’est pas toujours disponible cependant, si bien que j’ai aussi travaillé avec pas mal d’autres musiciens depuis. D’autant que mon idée est toujours de constituer un vrai groupe. Récemment, j’ai beaucoup travaillé avec une pianiste, Brigitte. Le piano apporte une touche différente, qui correspond plutôt bien à l’ambiance de mes chansons. Et lorsqu’on y ajoute une batterie, une basse, une guitare, on se rapproche naturellement du son que nous obtenons sur les disques…

La chanson “Speechless” :

Par quoi commencez-vous lorsque vous composez une nouvelle chanson ?

Je compose dans ma tête. En général, ce sont les paroles qui me viennent en premier. Ça n’est pas facile à expliquer, mais la plupart du temps, les mots semblent avoir leur propre mélodie. Je sais que je ne suis pas la seule à travailler de la sorte, même si la plupart des compositeurs font exactement le contraire. Cela vient peut-être du fait que je ne suis pas une grande instrumentiste. Je préfère me faire accompagner par des musiciens. Quand les paroles me viennent, j’ai souvent déjà une idée de la façon dont je vais les chanter… Et c’est seulement lorsque mon texte est complété et que j’ai défini les mélodies que je travaille l’ensemble au piano ou à la guitare.

Votre nouvel album sera-t-il très différent du précédent ?

Mon premier album avait une tonalité très pop, une orientation très positive. Je souhaite demeurer dans le même registre. Il y aura toutefois davantage de ballades cette fois-ci, à l’image de « Speechless » ou de « Guardian angel ». Cette dernière, une chanson écrite sur les mamans, n’était pas encore sortie sur un album, même si elle fait partie de mon répertoire depuis un bout de temps. Mais on trouvera aussi des morceaux à l’esprit très pop, dans la lignée de « Spring » ou « Orange bliss » qui se trouvaient sur mon premier opus. Mon objectif est d’en faire des singles dont je pourrai assurer la promotion par le biais de clips vidéo. Ce deuxième album, qui s’appellera « Speechless », devrait voir le jour à l’automne 2012, mais j’ai déjà écrit toutes les chansons de mon troisième album, et sept d’entre elles, sur un total de douze, sont déjà enregistrées…

Vous avez une longueur d’avance, dites donc…

Je pense que ce troisième album, qui sortira en principe à l’automne 2013, s’intitulera « Storm stories ». Et ce disque prendra une direction complètement nouvelle. J’y explorerai une facette plus sombre de ma personnalité. Avec plus de profondeur, sans doute, et aussi davantage de poésie. Ces chansons accumulées au fil des ans expriment des choses plus personnelles que je souhaitais aborder. Il s’agira d’une escapade en terres jusqu’ici inexplorées, un voyage plus riche en émotions. Mais en attendant, mon second album se voudra léger et optimiste.

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(Photo : Suzanne Le Stage)

Ecrivez-vous toutes les paroles et musiques de vos chansons ?

Jusqu’ici oui !

Est-ce vrai que vous en avez déjà accumulé près de 150 ?

Oui. J’écris depuis que je suis toute petite, mais je crois qu’il ne faut pas tenir compte de ces premières chansons (rires).

La chanson “Parachute” en version acoustique :

Justement, vous rappelez-vous de l’instant où la musique est entrée dans votre vie ?

Mes parents ont des vidéos de moi chantant et dansant à l’âge de deux ans. Je crois que je suis née ainsi (rires).

La musique occupait-elle une place importante au sein de votre famille ?

IMG_7123edit6light.jpgComme je l’ai dit, j’ai des origines irlandaises. Mes grands-parents maternels étaient tous deux nés en Irlande. Ma mère fut d’ailleurs le premier de leurs douze enfants à être né aux Etats-Unis. Chacun d’eux a fait de la danse classique. Ma mère a toujours aimé danser et chanter. Je me souviens qu’elle chantait souvent pour moi lorsque j’étais petite… Mon père, quant à lui, joue de plusieurs instruments : l’accordéon, le piano, l’orgue et la flûte. S’il ne joue plus beaucoup aujourd’hui, j’ai de nombreux souvenirs de moi et ma sœur dansant autour de lui lorsqu’il jouait de l’accordéon à la maison. J’ai moi-même commencé la danse à l’âge de trois ans, puis le piano à l’âge de huit ans. J’ai toujours eu ce penchant pour les arts. J’ai commencé à dessiner lorsque j’étais très jeune. Je peins toujours beaucoup – gouache, aquarelle, etc. Je fais aussi de la poterie, de la peinture sur céramique, de la photographie, etc. Je suis persuadé que nous naissons tous avec certaines prédispositions. A mon sens, chaque âme est unique, avec un codage spécifique. Et j’ai le sentiment que si nous savons nous écouter et suivre certaines aspirations, notre destinée se déroulera naturellement devant nous. En ce qui me concerne, en plus de mon penchant pour les arts, j’ai toujours été passionnée de maths et sciences. Ma famille a toujours pensé, pour cette raison, que je me serais dirigée vers un métier scientifique. A mon arrivée à l’université, j’ai commencé à étudier la neurobiologie, que je trouvais absolument fascinante. Mais j’ai soudain réalisé, à peu près à cette époque, que l’existence était vraiment courte et que ça ne correspondait pas ce que je voulais faire de ma vie. J’avais une nature créative que je voulais vraiment explorer. Je me disais que je ne gagnerais sans doute pas autant d’argent en suivant cette inclination, mais qu’au moins, je serais plus en phase avec moi-même.

Vous êtes vraiment une artiste à part entière, car vous êtes aussi comédienne et danseuse…

Je n’ai pas beaucoup été actrice, mais j’ai joué dans quelques feuilletons. Je suis affiliée aux principales corporations de comédiens américains, la Screen actors guild ou l’American federation of television and radio artists. Durant mes études secondaires, j’avais déjà participé à nombre de comédies musicales ou pièces de théâtre. C’est quelque chose que j’ai toujours aimé faire. A la télévision, je n’ai jamais obtenu de grand rôle. J’ai rapidement compris que ce n’était sans doute pas ce qui me convenait le mieux, même si j’aimais beaucoup ça. Ceci étant dit, je continue à recevoir des propositions de rôle de temps à autre. C’est une page que je me refuse à tourner pour le moment.

On l’a vu, vous êtes une femme aux talents multiples. Malgré tout, est-ce que la musique est aujourd’hui l’art dont vous vous sentez la plus proche ?

Tout à fait ! Ce qui ne m’empêche d’avoir toujours mon appareil photo en bandoulière lorsque je vais me promener et de continuer à passer beaucoup de mon temps à dessiner, ou à danser. Mais c’est la musique qui est aujourd’hui mon activité principale, ma carrière si vous voulez. Et si vous me donniez le choix entre le chant et l’écriture, je crois que je choisirais la dernière, même si le choix s’avérerait particulièrement difficile car j’adore chanter. Je m’estime chanceuse d’avoir reçu cette voix, même si elle n’a peut-être pas la tessiture la plus étendue au monde. Mais pour moi, la forme la plus aboutie de l’expression artistique demeure l’écriture. D’être en mesure de partager mes idées, mes émotions, à travers les mots et les mélodies.

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Vous faites partie d’une toute nouvelle génération d’artistes qui ne doivent leur succès qu’à eux-mêmes et à leur assiduité sur les divers réseaux sociaux. Vous n’avez en effet aucun agent, aucune maison de disques, ce qui ne vous empêche pas aujourd’hui de vivre de votre art… Souhaiteriez-vous parfois pouvoir bénéficier d’un encadrement professionnel de ce type ?

J’y suis très ouverte, mais il s’agirait de trouver la maison de disques qui me conviendrait. Le potentiel d’un artiste qui est bien conseillé, bien encadré, s’en trouve forcément démultiplié. Cependant, il ne faut pas perdre de vue que les maisons de disques traversent actuellement une crise profonde. Si l’une d’entre elles était prête à signer une jeune artiste comme moi, ils voudraient sans doute avoir l'assurance que je génère déjà des revenus substantiels. Je suis persuadée que personne ne sera jamais aussi passionné que moi-même au sujet de ma carrière. Ou en tout cas, il faudrait pouvoir tomber sur la perle rare… Je ne pourrais pas me résoudre à signer n’importe quoi avec n’importe qui. Il faudrait d’abord que j’aie la conviction qu’ils sont aussi motivés que je le suis, et pas seulement parce qu’ils y voient un potentiel commercial.

Avez-vous déjà été approchée par une grande maison de disques ?

Pas par une « major », non. Mais j’ai été approchée par de nombreux agents ou réalisateurs qui souhaitaient travailler avec moi. J’étudie toutes ces propositions très sérieusement. Quelque chose en sortira peut-être… Mais en attendant, je ne perds pas une minute. Je continue mon bonhomme de chemin, avec détermination et persévérance. J’arrive à obtenir des passages à la télé. Mes chansons se vendent plutôt bien. J’ai le sentiment d’être sur la bonne voie. 

Quand on est musicienne indépendante, peut-on bien vivre de sa musique ?

Je peux en vivre, même si mes revenus ne sont pas non plus fantastiques (rires). J’ai quelques activités complémentaires qui me permettent de faire face. Mais je sais que la plupart de mes amis artistes qui tentent de vivre de leur art n’y arrivent pas. Je crois qu’il est plus facile aujourd’hui de gagner sa vie en tant qu'arrangeur ou réalisateur que comme artiste. Ce qui me rapporte le plus, ce sont les droits d’auteur, lors des passages de mes chansons à la radio, à la télé, dans des spots publicitaires ou dans des films. Aux Etats-Unis notamment, mes chansons sont très souvent programmées à la radio. Le dernier bilan n’est pas si mauvais : mes chansons y ont été diffusées plus de quatre millions de fois au cours du trimestre. C’est la confirmation que la musique que j’écris est écoutée.

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(Photo : Suzanne Le Stage)

Quels conseils donneriez-vous à un jeune artiste qui souhaiterait faire carrière aujourd’hui ?

Il n’est pas facile de répondre à une telle question. Forcément, il faut se préparer à devoir surmonter de nombreux obstacles, mais je dirais qu’il n’y a pas de recette miracle. Il n’y a peut-être pas des millions de façons d’y arriver, mais il n’y a pas non plus une seule manière d’y parvenir. Le plus important est sans doute, dans un premier temps, d’arriver à définir ce que l’on veut vraiment faire. Il est parfois utile de se fourvoyer. C’est la meilleure façon de réaliser que ce n’est peut-être pas le meilleur chemin à suivre. Il suffit alors de rebrousser chemin et de suivre une autre voie. Je connais tant d’artistes dont les noms n’évoqueront rien à personne, et qui pourtant tirent fort bien leur épingle du jeu. C’est le cas de compositeurs écrivant des musiques pour le cinéma. J’ai quelques amis dans ce cas, et qui obtiennent des revenus très confortables de cette manière. Comme autre voie possible, il y a le chant. Certains interprètes s’en tirent très bien. Si l’on veut être populaire, je crois, plus généralement, qu’il est primordial de se bâtir une communauté de fans. Les contacts, il n’y a que ça de vrai. C’est notre planche de salut. Un artiste qui débute doit aussi réaliser que le premier travail qu’il réalise ne sera pas forcément son meilleur. Le propre de l’homme, c’est d’évoluer. Au départ, il ne faut pas se montrer trop sévère envers soi-même. Il faut se donner le temps de mûrir, d’ouvrir ses horizons, d’essayer plusieurs voies, plusieurs styles. Un autre conseil : il faut essayer d’éviter de se comparer à quelqu’un d’autre. Je ne veux pas dire qu’il ne faut pas avoir de modèle. Mon modèle a toujours été, en ce qui me concerne, la chanteuse canadienne Sarah McLachlan. De tous les artistes que j’aime, elle est celle qui m’inspire le plus. Il m’arrive de me demander, lorsque je fais face à un problème, ce qu’elle ferait en pareil cas. Mais s’il fallait que je compare ma carrière avec celle de Sarah, je serais facilement désespérée car elle a réalisé un parcours extraordinaire. La clef est donc de se laisse inspirer par ses modèles, sans se comparer à eux.

L’avez-vous déjà rencontrée ?

Non, jamais. J’ai pratiquement tous ses albums. Elle m’apparaît comme une personne extraordinaire. J’adore sa voix. Les gens me disent parfois qu’il y a des ressemblances entre nous, surtout lorsque je chante des ballades. Pour le reste, mes chansons sont sans doute plus pop que les siennes. En résumé, je crois avoir trouvé ma propre voie mais elle reste mon modèle numéro un.

Est-ce qu’il arrive encore à Leah West de rêver ?

IMG_7516edit1.jpgL’un de mes rêves serait de réaliser davantage de vidéos. C’est quelque chose qui me permet de combiner mon goût pour la danse et ma passion pour la création visuelle. J’ai d’ailleurs récemment lancé mon premier clip véritable, sur la chanson « Simple love ». Nous l’avons sorti pour la Saint-Valentin et il a été très bien accueilli par le grand public. C’est d’autant plus satisfaisant que ça n’a pas coûté très cher. J’ai travaillé avec un réalisateur merveilleux, Douglas Brown, et nous nous sommes vraiment bien amusés. J’aimerais renouveler cette expérience, d’autant qu’une grande partie de mes fans me suit depuis l’étranger. C’est donc un bon moyen de les rejoindre. Parmi mes autres rêves, il y a celui de jouer dans une grande salle devant plusieurs milliers de personnes. Et puis aussi, d’avoir des enfants. De voyager. De poursuivre mes autres activités artistiques… Encore une fois, j’ai conscience que la vie est courte et je veux en profiter autant que possible.

La vidéo de “Simple love”, réalisée par Douglas Brown :

La spiritualité occupe aussi une large part dans votre vie, non ?

 Je crois fortement au destin, à un chemin spirituel tracé pour chacun de nous. A mon sens, il y a beaucoup de gens complètement perdus sur cette Terre. Cela m’attriste sans pour autant me faire dévier de mon chemin. Je crois à la complémentarité du yin et du yang. Tout dépend où l’on se situe… Veut-on être une partie du problème ou une partie de la solution ? Je ne veux pas dire que tout ce que j’entreprends est parfait, loin de là. Je considère que la musique est un don que j’ai reçu et qu’il ne serait pas bien de le garder pour moi. Quand j’étais petite, ma grand-mère irlandaise me disait qu’il fallait toujours partager les dons que Dieu place entre nos mains, et que sinon, nous le déshonorions. Peu importe les convictions religieuses ou spirituelles, je suis convaincue que nous avons tous un dessein, une utilité.

Propos recueillis par Titus le 27 mars 2012.


POUR EN SAVOIR PLUS


Le site officiel de Leah West

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La chaîne de Leah West sur YouTube

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DISCOGRAPHIE

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Pour commander le premier album de Leah West, "Beyond Words" ("Au-delà des mots"), 

MP3 à télécharger ou CD à commander en ligne :

rendez-vous sur le site officiel de Leah

 

Deuxième album, "Speechless", à paraître à l'automne 2012.

03 octobre 2010

Chris Pureka : « J’ai toujours rêvé de jouer en France »

PA010265.JPGL’Américaine Chris Pureka livrait à Cast son tout premier concert en France, samedi, inaugurant ainsi une imposante tournée d’un mois à travers l’Europe.

Une jolie primeur – une de plus ! – à mettre au crédit des Vaches Folks, dont les programmateurs, Roger Mauguen et Eric Bert, ne semblent avoir aucune limite.

 

 

 Titus - Est-ce vrai qu'il s'agissait de votre tout premier concert en France ?

 

Chris Pureka - C'était effectivement mon tout premier show en France et, pour tout dire, en Europe continentale car je n'avais joué, jusqu'ici, exception faite de l’Amérique du Nord, qu'en Grande-Bretagne et en Irlande. J'étais déjà venu en France avec ma famille lorsque j'avais 12 ans, mais nous n'étions pas passés par la Bretagne.

 

Vous souhaitiez revenir pour vous y représenter ?

 

J'en rêvais depuis toujours, mais ça n'était pas gagné d'avance. C'était difficile de mettre ça en place car je ne connaissais personne en France. Et comme je n'ai pas de maison de disques, je ne disposais pas de contacts particuliers pour me faciliter la tâche. J'ai eu beaucoup de chance : quelques rencontres fortuites essentiellement. En tout et pour tout, ma tournée en Europe va durer un mois : trois dates en France en plus de celle de ce soir, trois concerts en Italie, quatre en Grande-Bretagne, deux aux Pays-Bas et quatre, enfin, en Allemagne. C'est une assez belle tournée en fin de compte !

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Vous disiez que vous n'avez pas de maison de disques. Plus indépendante que vous, ça n'existe pas ?

 

(Rires) C'est assez vrai. Je fais tout par moi-même. J'ai créé ma propre étiquette, "Sad rabbit records", mais j'ai quand même un agent aux Etats-Unis qui se charge de me trouver des concerts. Mais à part ça, il n'y a guère que moi en effet...

 

Revenons un peu en arrière... Quelle est l'origine de votre nom ?

 

PA010257.JPGJe suis née à Athènes, en Grèce, mais je n'y ai vécu qu'un an et demi. Ma famille a suivi mon grand-père qui avait émigré aux Etats-Unis. C'est grâce à ce dernier que j'ai pu obtenir, il y a peu, mon passeport grec, ce qui me procure la double nationalité. Etant désormais citoyenne européenne, je devrais pouvoir revenir par ici plus souvent (rires).

 

Votre famille s'est installée dans quelle partie des Etats-Unis ?

 

En Nouvelle-Angleterre, dans le Nord-Est. J'ai grandi dans le Connecticut, puis j'ai déménagé dans le Massachusetts à l'âge de 20 ans. J'y vis depuis une dizaine d'années.

 

Quand avez-vous attrapé le virus de la musique ?

 

Je n'ai pas commencé la guitare avant l'âge de 16 ans. Ça n'avait rien de précoce, même si j’ai toujours adoré la musique. J’ai commencé à écrire des chansons quand j’étais très jeune, même si je ne maîtrisais aucun instrument. C’est à mon arrivée au lycée que j’ai commencé à me produire en public. Dès que j’ai commencé à savoir jouer, je n’ai jamais cessé de composer… C’est quelque chose dont je pouvais me passer.

 

Votre jeu de guitare est très personnel. Etes-vous autodidacte ? 

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Non. C’est la pratique du chant qui m’a demandé davantage de temps car je n’ai suivi aucun cours. (Rires) J’étais d’un naturel timide, et le chant m’angoissait. Il m’a fallu plus de temps pour développer cette qualité. La pratique de l’instrument me venait plus naturellement…

 

Pensiez-vous un jour faire carrière ?

 

Jamais de la vie. Même aujourd’hui, je m’interroge encore (rires), même si je vis plutôt bien de ma musique depuis environ cinq ans.

 

Pour la réalisation de votre troisième album studio, « How I learned to see in the dark”, sorti cette année, vous avez pu, je crois, bénéficier de l’aide de Merrill Garbus…

 

Je connais Merrill depuis très longtemps. C’est drôle, je me souviens qu’elle était déjà à mon côté lorsque j’ai chanté ma première chanson. C’était « Yellow Submarine » des Beatles (rires). Elle a toujours eu l’oreille musicale et elle a joué sur chacun de mes disques… Elle est très connue aux Etats-Unis et tourne aussi pas mal en Europe avec sa formation tUnE-YaRds. C’est de l’indie rock. Elle a coproduit mon dernier disque et son empreinte est manifeste. Elle adore expérimenter de nouveaux sons ou techniques et elle a le don de m’entraîner sur des sentiers qui ne m’étaient pas jusqu’ici familiers.

 

Quand avez-vous publié votre premier album ?

 

PA010264.JPGMa première tournée remonte à 2001 et c’est en préparation de celle-ci que j’ai bricolé un premier enregistrement de manière assez rapide. Il y avait sept chansons sur ce premier disque, mais il n’est plus commercialisé aujourd’hui. Mon premier disque véritable est sorti en 2004 ; il s’appelait « Driving North ». Il y eut ensuite « Dryland » en 2006…

 

Les thèmes de vos chansons évoluent-ils avec le temps ?

 

Sans doute. Mes premières compos parlaient davantage de relations, de rapports entre personnes. Sur mon troisième album, je me politise quelque peu… Avec l’âge, je me passionne de plus en plus pour la politique et cela est manifeste dans mon nouvel album. Il y a tant de sujets qui méritent qu’on se mette en colère. Je vais sans doute poursuivre dans cette veine car je suis assez satisfaite de ce galop d’essai.

 

Votre succès est de plus en plus manifeste en Amérique du Nord…

 

PA010255.JPGTout est arrivé très doucement. Mais c’est vrai que ça progresse toujours… Signe encourageant : je peux aujourd’hui choisir les lieux où je veux me représenter ! La presse me suit bien aussi… C’est très réconfortant bien sûr ! Mais je ne veux pas me reposer sur mes lauriers. Je suis sûr qu’il y a moyen de faire encore mieux (rires).

 

Comment par exemple ?

 

Plus ça va et plus j’aime me produire avec un groupe. La plupart du temps, une formation m’accompagne désormais lorsque je joue aux Etats-Unis. Ça apporte un autre relief aux chansons. Ceci dit, j’ai toujours fait mes concerts en solo jusqu’à il y a peu et j’aime aussi beaucoup ça ! Cela crée une ambiance plus intimiste et un rapport plus direct avec le public !

 

Quels sont vos projets à l’issue de votre tournée européenne ?

 

PA010258.JPGDès mon retour aux Etats-Unis, j’ai deux semaines de tournée en prévision sur la côté Ouest, un mois de vacances, puis les concerts reprennent, sur la côte Est, cette fois. Ce sera avec mon groupe, dans les deux cas. Pour cet hiver, j’ai deux projets : je veux travailler sur un album de reprises de chansons de mes amis ; des gens avec qui j’ai joué ou collaboré. C’est l’un des plus beaux aspects de notre métier : on rencontre sans cesse des gens fascinants, comme Shannon Lyon ou Colin Chloé, ce soir, à Cast. L’autre chose sur laquelle je veux me  pencher est un enregistrement live. Naturellement, je pense écrire aussi de nouvelles chansons pour pouvoir les endisquer, peut-être dès l’an prochain.

 

 

Propos recueillis et traduits de l’anglais par Titus le 2 octobre 2010. Photos : Titus.

12 décembre 2008

Alyse Black : "La musique m'a rattrapée"

Alyse Black a tout d'une nouvelle Norah Jones. Comme cette dernière, elle arbore, outre son joli minois et une voix ravissante, un talent certain pour conjuguer le jazz à une grande variété d'autres styles. Issue d'une famille où le théâtre et la musique ont toujours fait bon ménage, son parcours n'a toutefois pas été rectiligne. Un temps dédiée au monde des affaires, parenthèse qu'elle qualifie aujourd'hui d'erreur de jeunesse, elle doit son retour dans le giron de la musique à une rencontre fortuite avec un pianiste de jazz. Un itinéraire que la belle Américaine nous raconte dans l'entretien qui suit.

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Titus - J'aimerais, pour commencer, que tu nous parles un peu de ton enfance...

J'ai grandi à North Ridge, au nord de Seattle. Un quartier résidentiel plutôt sécurisant où je pouvais faire du vélo toute la journée sans avoir besoin d'être surveillée. La piscine du quartier occupe aussi une large part de mes souvenirs. Je me revois, une bouée de caoutchouc autour des chevilles, à jouer à la sirène plusieurs années de rang... Sandy était ma nourrice. Elle s'occupait de moi quand mes parents étaient au travail. Elle avait douze enfants, dont neuf vraiment bien à elle. Cette femme était un vrai phénomène ! J'aimais me retrancher à l'abri des branches d'un immense saule pleureur qui se trouvait au milieu de son jardin. C'était mon espace à moi; assise au pied du tronc, je dessinais et poussais la chansonnette. Le soleil s'immisçait à travers les branches et venait me réchauffer. J'avais beaucoup d'animaux domestiques à la maison, que les gens de mon quartier avaient rebaptisée "le zoo". C'était mérité : nous avions trois lapins, un chien, deux chats, quatre hamsters, trois lézards, trois perroquets, deux perruches et même deux chevaux à un moment donné. Je n'étais pas une maîtresse très attentionnée cependant, et je ne pouvais pas m'empêcher de culpabiliser. Mais, bon. Au moins, j'empêchais les chats de dévorer les oiseaux ! C'était déjà quelque chose...

Titus - Tu as des frères et soeurs ?

7d027134ebc9bf963325e94477b7611d.jpgJ'ai deux soeurs plus âgées. L'aînée était la rebelle de la famille. Elle a commencé à prendre des drogues dures dès l'âge de 17 ans avant de tomber enceinte à 18. J'avais un peu peur d'elle. Elle réclamait surtout de l'attention. En revanche, la cadette était plutôt tranquille et refoulée. Quand les choses tournaient mal, elle courait se cacher dans sa chambre. C'était une vraie fana de lecture. Nous portions souvent des vêtements assortis. C'était ma meilleure amie. Quant à moi, j'étais la "gentille fille" de service. Un peu pleurnicharde, quand même. J'étais un peu garçon manqué. Toujours à escalader les arbres ou à faire de l'équitation. J'aimais aussi les jeux vidéo. Ma mère, qui est médecin, a fait ses années d'internat en Californie. A son retour à Seattle, elle a demandé le divorce et a obtenu les droits de garde. Comme j'étais une vraie fille à papa, ça a été un peu difficile à vivre au début. Je les adore tous les deux. Ils ont vraiment fait de leur mieux.


Le premier succès d'Alyse Black, "Wouldn't it it be nice", extrait de son tout premier album :




Titus - Tu n'as pas seulement vécu aux Etats-Unis...

Tu as raison. J'ai vécu dans un certain nombre de pays et je serais tout à fait prête à déménager de nouveau, si j'en avais l'occasion. Je me suis habituée à ce mode de vie et ça m'aide bien lorsque je suis en tournée ! Mes voyages de jeunesse, qui étaient essentiellement liés aux activités de ma mère, ont fait de moi une sorte de caméléon. Je m'adapte très facilement. Je suis fascinée par la richesse des peuples et cultures. J'adore apprendre à parler d'autres langues. Et je me considère avant tout comme une citoyenne du monde. Je crois être assez ouverte de nature; toujours prête à engager la conversation avec n'importe qui. J'aime les gens et j'aime leur grande diversité.

Titus - Au nombre de tes voyages, tu as fait du trekking au Népal...

Oui, une expérience absolument fantastique. De voir notamment ces gens qui possèdent si peu de choses, si l'on se réfère aux normes occidentales, mais qui se contentent d'un rien et semblent si heureux de vivre.

Titus - J'ai lu que le théâtre et la musique ont toujours figuré en toile de fond dans les premières années de ta vie...

0208764453a75c9d84708bdbef5ca0a7.jpgMes parents accordaient beaucoup d'importance à la musique. Ma tante était aussi concertiste à une certaine époque. C'est mon père qui, le premier, m'a appris à jouer du piano. J'ai aussi suivi des cours plus formels mais cette approche n'était pas trop de mon goût. Je suis donc partiellement autodidacte. Mais le piano est un instrument tellement formidable. Il y a toujours eu un piano au milieu du salon et j'ai toujours aimé m'amuser avec. C'est un apprentissage sans fin. Mes soeurs chantaient aussi. C'est d'ailleurs pour imiter l'une d'elles que j'ai décidé de participer à ma première comédie musicale, à l'école.

Titus - Tu n'avais que sept ans à l'époque, paraît-il ?

Tout à fait, mais ma première expérience de la scène était survenue une année plus tôt, à une sorte de radio-crochet. J'y avais interprété “The Sun Will Come Out Tomorrow”. Mon père m'avait accompagné au piano. L'année suivante, je participais donc à ma première comédie musicale, “King and I”. Je chantais aussi beaucoup à l'église, au sein d'un choeur, et puis à la maison, accompagné de mon père au piano. Je crois que déjà, à l'époque, j'avais l'intime conviction que je finirais par en faire mon métier.

Titus - Le piano n'est pas le seul instrument que tu as essayé...

C'est vrai. J'ai notamment pratiqué le violon jusqu'à l'âge de dix ans. J'ai d'ailleurs conservé l'instrument. Je suis sûre que je m'y remettrai un de ces jours. J'aimerais vraiment être en mesure d'en jouer un jour en spectacle. C'est un miracle que mes parents n'aient jamais abandonné l'espoir de m'apprendre à jouer d'un instrument... J'en ai essayé plusieurs. Le violon et la trompette sont mes instruments favoris. J'aime la douceur qui s'en échappe.

Titus - Et la guitare ?

A l'adolescence, j'ai appris un peu à en jouer à partir de méthodes. Je rêvais, à un moment donné, de devenir guitariste classique. J'ai le projet d'en jouer sur scène dans un proche avenir. Mais dans l'immédiat, je me contente assez bien du piano.

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Titus - Pourquoi as-tu décidé de suivre des cours dans une école de mannequins ?

J'étais encore une enfant. Ce sont mes parents qui m'ont inscrite à cette école. Je voulais faire du théâtre et cela faisait partie du cursus, donc j'étais bien contente. J'avais les cheveux roux et une taille de guêpe à l'époque. Mes parents pensaient que je pourrais faire un joli mannequin. J'y ai appris un certain nombre de choses, notamment la maîtrise de soi. J'ai vite compris que chacun essaye constamment de bien paraître parce qu'on craint toujours d'être ridicule. Une personne capable de garder son sang-froid, à condition de ne pas paraître trop sûre d'elle, gagnera toujours attention et respect.

Titus - Plus tard, tu as songé à partir étudier à Juilliard, un établissement réputé... Pourtant, tu ne t'y es finalement pas inscrite. Pourquoi ce revirement ?

c35a26c1cd7eb47ac19988782cccec4c.jpgPlusieurs facteurs. Je crois tout d'abord que j'ai eu peur de quitter mon petit ami de l'époque. J'ai craint aussi de ne pas être admise. Ou d'être admise, d'ailleurs. J'étais tenaillée par la peur. Je craignais qu'on se moque de moi. J'ai beaucoup retiré de cette expérience. Il m'arrive encore d'avoir peur que le public n'aime pas ma musique ou l'adore. Mais je ne m'arrête plus à cela. Tant pis si j'ai peur. Cela me rappelle une autre expérience. J'avais 14 ans quand j'ai été reçue dans une école d'art à Nantes. Ca aurait pu être une expérience incroyable : la moitié du temps scolaire devait être dédiée à la musique ou à un autre art. On m'avait même trouvé une famille d'accueil... Mais je me suis finalement désistée. Encore la faute d'un petit copain. Une bêtise de jeunesse. Je m'en veux encore. D'autant que ça n'a même pas duré avec ce petit ami... Ces occasions râtées m'ont fait prendre conscience, en tout cas, de l'importance d'aller de l'avant. Je ne laisse plus passer les opportunités qui s'offrent à moi. Ma vie est belle et sinueuse. Je la saisis dorénavant à bras le corps.

Titus - L'adjectif "sinueux" colle en effet assez bien à ton itinéraire... Car il aura fallu encore quelques années de patience avant que tu ne décides de te consacrer véritablement à la musique...

C'est vrai ! A la fin de mes études secondaires, j'ai vécu en Allemagne de l'Est pendant une année grâce à une bourse du Bundestag. La famille allemande qui m'a reçue était merveilleuse. Ils étaient médecins. Je suis arrivée à la conclusion que les arts n'étaient pas un "vrai" métier. Je devais être bien frivole pour songer à faire carrière dans le monde des arts. Sans doute l'étais-je un peu, mais tout le monde aime la musique. Il fallait un jour ou l'autre que je tente ma chance. Je n'ai pas pris cette décision à la légère. Je suis retournée aux Etats-Unis pour étudier à l'université de Washington. J'ai décroché quelques diplômes dans le domaine des affaires, des études internationales et des communications. Cela a débouché sur mon embauche par une grande firme de consultants en qualité d'analyste. J'aimais beaucoup cette entreprise, notamment les multiples voyages à travers les Etats-Unis pour aller à la rencontre des clients. Mais quelque chose clochait dans tout ça. Je sentais au fond de moi que ce métier n'était pas fait pour moi. Je commençais franchement à avoir des idées suicidaires, c'est dire ! Je m'endormais chaque soir en pleurant. Je me disais qu'il était trop tard de faire marche arrière, trop tard pour réaliser mes rêves d'enfance. Je voulais croire que ce n'était qu'un passage à vide. Que j'allais gâcher ma vie et faire beaucoup de mal aux gens que j'aime si je laissais tout tomber...

Titus - Et c'est ce que tu as fait ?

058c495298fb48a46ff1b1ccf7198ca1.jpgEn effet. J'ai démissionné. J'ai fait une croix sur mon salaire confortable. Et j'ai pataugé pendant quelque temps. Je souhaitais faire quelque chose pour embellir le monde. J'ai envisagé le travail social à un moment donné, ou même l'humanitaire. J'ai songé à devenir actrice mais la musique m'a vite rattrapée, comme une évidence.

Titus - Et ce sont les rues de Seattle que tu as choisies comme première scène...

Je venais de renoncer à l'avenir brillant qu'on me promettait dans le monde des affaires et je n'avais pas d'idée précise sur la manière de me lancer dans l'univers de la musique. Je savais seulement que je n'avais plus de temps à perdre. Je voulais rapidement trouver le style qui me correspondait le mieux et me présenter en public le plus tôt possible. C'était la meilleure façon de lutter contre mon trac. Il y a un endroit formidable à Seattle pour se lancer, c'est la place du marché, le "Pike Place Market". Avec les autres musiciens ambulants, nous l'avons d'ailleurs rebaptisée "l'école de musique de Pike Place", car ce lieu est vraiment extraordinaire. Les passants sont d'une franchise redoutable : ils n'hésitent pas à vous confier ce qu'ils ont pensé de votre performance. Lorsqu'ils n'aimaient pas, ils le disaient sans ambage, alors même que vous étiez en train de chanter. Par contre, quand ils aimaient ce que vous faisiez, ils versaient leur obole. Il y avait moyen de gagner sa vie de la sorte, à condition bien entendu d'accepter de travailler dans la rue cinq heures durant, qu'il fasse soleil ou qu'il pleuve !

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Titus - Et c'est précisément à Pike Place Market que ton conte de fée a commencé à prendre forme car c'est à cet endroit que tu as été entendue par un musicien qui t'a fait une proposition.

Absolument. J'étais postée à mon endroit favori, sous une cage d'escalier située pratiquement à l'entrée du marché. Plusieurs groupes m'avaient déjà approchée pour que je chante pour eux mais ce jour-là, on m'a carrément proposé de jouer le soir-même dans un club de la ville. Le passant n'était autre que Mike Withey, le pianiste du groupe No Jive Five. Un type vraiment adorable. Il m'a proposé d'aller chanter uniquement quelques chansons. J'y suis allée et j'ai adoré l'expérience. Autant le fait de me produire avec un groupe que l'atmosphère du club de jazz. Mike a demandé aux autres membres du groupe s'ils voulaient bien que je reste, vu que l'une de leurs chanteuses venait de démissionner. Et j'ai été aussitôt adoptée. Petit à petit, Mike et moi nous sommes découvert une passion commune pour la samba et la bossa nova, à l'instar du "Waters of March" de Carlos Jobim. Ca nous a donné l'idée de créer un groupe spécifique, Thursty Love, pour interpréter des chansons d'amour du répertoire jazz latin. On a opté pour une formule trio et voix. Mike était au piano, Val Madsen à la batterie et Mike Catts à la basse. On a travaillé ensemble pendant près d'un an, jusqu'à ce que je déménage à Austin. C'était un groupe vraiment formidable.

Titus - Le résultat de ce travail a été la sortie d'un EP, "Musical Chocolate for the Discerning Ear", au printemps 2007. De quoi était-il question ?

a5270da2455604e2129eb98c0178a4a5.jpgOui, cet EP est sorti environ huit mois avant mon premier album. Mike Withey en détient les droits et le vend lors des concerts de Thursty Love. Ne vivant plus à Seattle, je ne fais plus partie du groupe. Je souhaitais vraiment me concentrer sur l'écriture de compos personnelles et développer mon propre projet solo.

Titus - Ta chanson "Stood for Stand for", qui figure sur ton premier album sorti en décembre 2007, s'est trouvée en première place du fameux palmarès américain Billboard dans la catégorie jazz en 2007. J'imagine que ce type de récompense apporte un peu de baume au coeur lorsqu'on a, comme tu le disais, douté de son talent...

Je ne pense pas être la seule à douter de mon talent. Je crois qu'à différents degrés, tous les musiciens, tous les artistes connaissent ce même questionnement. Alors c'est certain que ce prix m'a rendue un peu plus confiante. Il m'a permis de croire un peu plus en mon avenir dans ce métier. En même temps, je suis persuadée qu'il me reste beaucoup à apprendre.


La chanson "Stood for stand for" :




Titus - Peux-tu nous décrire la manière dont tu composes tes morceaux ?

Je commence généralement par les paroles. Viennent ensuite la mélodie, les harmonies et le rythme. Mais cela dépend. Et les chansons commencent à changer à partir du moment où on les interprète en groupe. Les musiciens ont toujours d'excellentes idées pour faire évoluer un morceau. Quand je joue avec la formation "Société Eclairée", ça n'a rien à voir avec ce que je fais par ailleurs avec mon band "officiel".

Titus - As-tu des sujets de prédilection ?

3d7b72886efc0e375e6b0013aeb6a465.jpgJ'aime parler d'espoir et d'amour. Faire en sorte que les gens qui m'écoutent se sentent bien en espérant, pourquoi pas, déclencher quelque chose en eux. Si j'écris sur l'amour, j'essaye de les aider à franchir des caps difficiles et à tirer le maximum de leur relation. J'adore explorer les thèmes liés à la condition humaine. En partant d'expériences souvent personnelles qui parlent, je l'espère, au plus grand nombre.

Titus - Les critiques citent abondamment les noms de Norah Jones, Tori Amos, Billie Holiday ou Tom Waits lorsqu'ils parlent de ta musique. Ces musiciens ont-ils beaucoup compté pour toi ?

Ils ont tous, à un moment donné de ma vie, fait partie de mes obsessions musicales. Je suis toujours passionnée par quelqu'un. En ce moment, j'écoute énormément Jesca Hoop, Rachael Yamagata et Priscilla Ahn. Et je suis aussi de plus en plus attirée par Brandi Carlisle. Je tombe amoureuse sans arrêt. En particulier lorsqu'il s'agit de musique. Mais aussi de façon générale (rires).

Titus - Quand as-tu décidé qu'il était temps d'enregistrer un premier disque ?

fb5de9b0f642476d9004744e5c20a65d.jpgJe commençais à accumuler un certain nombre de chansons et je croyais que le temps était venu de les entendre en dehors de moi. Je voulais voir comment elles seraient perçues. L'an dernier, au printemps 2007, le projet a pu se concrétiser grâce à l'aide de quelques personnes qui se sont mobilisées. J'ai du mal à y croire aujourd'hui. Tant de choses se sont produites en un an ! La vie a été très bonne avec moi. Un journaliste me demandait il y a quelques jours si je n'avais pas attrapé la grosse tête avec tous les prix que j'ai reçus ces derniers mois. A vrai dire, je ne prends vraiment rien pour acquis. Chaque nouvelle récompense me donne simplement du courage pour avancer.

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Titus - Ton album "Too Much & Too Lovely" est sorti en décembre 2007. Peux-tu nous dire deux mots sur les conditions d'enregistrement ?

Le disque a été enregistré au studio X, l'un des meilleurs studios de Seattle. J'ai toujours adoré cet endroit. Ce studio a été construit autrefois par le groupe de rock Heart, pour ses propres enregistrements. Il est particulièrement bien équipé et assez luxueux. Je disposais seulement de six jours pour enregistrer et mixer seize morceaux. C'était un peu court mais nous y sommes parvenus. Avec un peu de recul, j'aurais aimé pouvoir disposer d'un peu plus de temps, mais nous avions un budget serré. Et je ne crois pas de toute façon que la qualité d'un album est liée aux montants investis.


La chanson "Wouldn't it be nice", lors de la soirée lancement de son tout premier album, le 11 décembre 2007, au Musicquarium :



Titus - Tu tournes de manière assez intensive aux Etats-Unis. Aura-t-on bientôt la chance de pouvoir te voir sur une scène européenne ?

C'est dans mes plans, en effet. Je suis en relation avec des tourneurs européens. Idéalement, je souhaiterais autant me représenter en Europe qu'aux Etats-Unis. Nous devrions y arriver dans un avenir assez proche...

Titus - Quels sont tes projets pour les prochains mois ?

Je suis en train de peaufiner les chansons de mon nouvel album, qui devrait être enregistré au début de l'année 2009. Je suis très excitée rien que d'y penser. L'enregistrement sera suivi d'une tournée dans le Nord-Ouest des Etats-Unis en début d'année. J'ai l'intention de beaucoup tourner l'année prochaine...


Crédits photo : Dave Matthews et DR.



POUR EN SAVOIR PLUS

Le site MySpace de l'artiste.
Le site officiel d'Alyse Black
La chanson "Wouldn't it be nice" est téléchargeable gratuitement à partir du site officiel de l'artiste. Cliquer sur "download" dans la fenêtre rouge du lecteur Reverb Nation.


d90e4a08191ae913bc47b639175e3298.jpgPOUR ACHETER LA MUSIQUE D'ALYSE BLACK

Pour commander son premier CD, "Too much & Too lovely" : CDBaby (en vente au prix de 14 $ US + 6,84 $ US de frais d'envoi, pour un total de 20,84 $ soit environ 15,70 € tout compris). Paiement par carte sécurisé en ligne.
MP3 à télécharger de MyTracks

 

 

 

 

Le second album d'Alyse Black, "Hold onto this", qui a été publié en 2009, peut être commandé ici. holdontothis.jpgIl comporte une douzaine de titres qui révèlent de nouvelles facettes du talent de l'auteur-compositeur-interprète. Parmi les chansons à écouter absolument : "B-17 Bomber Girl", "Wild Child", "Super Hero" ou encore "Blood & Wine". Toutes ces chansons peuvent être écoutées sur le site officiel de l'artiste (onglet "music").

30 novembre 2008

Eric Bibb : "Conjuguer le blues au présent"

Coiffé de son légendaire canotier, le célèbre bluesman américain Eric Bibb a égrené, ce week-end, dans une salle bondée, les couplets de son sixième album, "Spirit I am", sur la petite scène des Vaches Folks, à Cast. Un concert d'exception, livré avec simplicité et charisme par ce guitariste hors pair qui n'affiche pas ses 57 printemps. Eric Bibb nous a reçu dans sa loge avant son entrée en scène. Une demi-heure de conversation à bâtons rompus dont nous vous restituons ici la teneur...


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Titus - On ne te donnerait pas 57 ans ! Comment fais-tu pour paraître si jeune ?

Eric Bibb - (Rires) C'est parce que je n'enlève jamais mon chapeau ! Plus sérieusement, je crois que c'est grâce à la musique... Tu sais, c'est une énergie tellement positive. J'adore mon métier et je n'ai pas beaucoup de raisons de me plaindre ou de me renfrogner. Ca aide très certainement à rester jeune !

Titus - Tu es né et as grandi à New York. Quels sont les souvenirs qui te viennent en tête lorsque tu te remémores les premières années de ta vie ?

43b524fb525ec73a9e18e9f273db7829.jpgJe baignais dans un océan de musique. Je me rappelle de Pete Seeger qui était un habitué de la maison. Je me souviens de mon père, Leon, lui-même chanteur, qui répétait dans le salon, le soir, alors que j'étais prétendument couché. Mes parents possédaient aussi une merveilleuse collection de disques et je passais beaucoup de temps à les écouter : de Mahalia Jackson à Lead Belly ou Villa Lobos. Une palette extrêmement vaste de styles à vrai dire...

Titus - Et te souviens-tu de la première fois qu'un instrument t'est tombé entre les mains ?

Oui. J'avais demandé une guitare à mes parents à l'âge de sept ou huit ans. Ca n'était pas une très bonne guitare, mais ça m'a permis de m'exercer à jouer des accords. J'étais un peu frustré car les cordes étaient en acier et je me souviens d'avoir eu très mal aux doigts. Mais ça ne m'a pas découragé et je ne regrette pas aujourd'hui d'avoir persévéré.

Titus - Es-tu autodidacte ?

Non, non. J'ai eu plusieurs professeurs.

Titus - Est-ce que ton père fut l'un d'entre eux ?

4462d9096e01a3a391b28bf00135ab2a.jpgIl n'était pas vraiment guitariste. C'était plutôt un chanteur. Mais il était constamment entouré de musiciens prodigieux, surtout des guitaristes. Ils m'ont servi de modèles. J'ai étudié la guitare classique, la guitare jazz. Je n'étais pas un très bon élève, cependant. J'avais trop le goût de développer mon propre truc. Mais j'ai eu de très bons profs, qui m'ont montré à quel point la guitare est un instrument magnifique.

In my father's house, à l'émission anglaise "Later" avec Jools Holland :




Titus - Et c'est en partie ce qui t'a amené à devenir un véritable passionné de cet instrument que tu collectionnes ?

Absolument. Je dois posséder environ une vingtaine de guitares. La plupart sont faites sur mesure et je les trouve très inspirantes. Mais j'aime aussi beaucoup visiter les magasins d'instruments...

Titus - Quels sont tes critères de sélection lorsque tu veux acheter une guitare ?

Il faut que l'instrument me parle. Je peux parfois jeter mon dévolu sur une guitare bon marché, sans marque définie, comme il m'arrive d'avoir un coup de coeur pour une vieille guitare "vintage". J'aime garder l'esprit ouvert.

Titus - Ton penchant pour les instruments à cordes ne se limite pas à la guitare. Tu es très branché sur les instruments traditionnels des musiques du monde...

7124bff260605dd7adac57c78a1bc214.jpgOui, cela tient à l'éducation musicale que j'ai reçue. Je me suis très tôt intéressé à une grande variété de musiques traditionnelles. A l'âge de 14 ans, je me suis ainsi passionné pour la musique de l'ouest de l'Afrique. C'est là que j'ai entendu pour la première fois le son de la cora. Depuis ce temps-là, j'ai toujours suivi avec intérêt tout ce qui émanait de ces pays, Mamadou Diabaté, Habib Koite & Bamada, etc.

Titus - En tant qu'afro-américain, quels parallèles fais-tu entre cette musique traditionnelle africaine et la musique des noirs américains ?

La première fois que j'ai entendu de la cora, il s'agissait de musique provenant de Guinée. Curieusement, je n'ai pas du tout été dépaysé. Tout cela me semblait même presque familier... Je me rappelle de m'être dit à l'époque que je connaissais cette musique. Je ne sais pas si c'est lié à une réincarnation ou à mon ADN (rires), mais il existe un lien évident entre nos musiques. Je l'entends, le sens au fond de moi. Bien que traumatisant, la déportation d'Africains vers l'Amérique, à l'époque de l'esclavage, n'aura pas détruit leur identité culturelle, bien au contraire. Je suis persuadé que, du fait de ce traumatisme, la musique a exploré un autre niveau de conscience. Sans doute en partie parce que la musique était précisément l'unique lien qui les rattachait encore à leur vie passée qui fut si cruellement interrompue. La musique a une puissance inégalable. La mémoire collective de la musique a des racines très profondes.

Titus - Le blues est précisément l'une des émanations de cette Histoire tourmentée... Que penses-tu de l'évolution de cette musique ?

Pour moi, le blues est un langage à part entière. Il a toujours consisté à parler vrai, à raconter sa vérité personnelle ou une vérité collective. Il décrit avant tout le sentiment de l'instant présent. Cette musique ancestrale, portée par tant de figures légendaires, a traversé les siècles en ne cessant jamais d'évoluer, chaque musicien apportant sa pierre à l'édifice. Je prends un exemple. En son temps, alors qu'il n'était qu'un jeune musicien du Delta, Robert Johnson faisait tout son possible pour absorber une tradition transmise par ses prédécesseurs. En ce faisant, il apportait sa propre dimension. Je crois que les bluesmen d'aujourd'hui doivent garder cela à l'esprit : tout en se montrant respectueux de l'héritage de nos maîtres, nous devons aussi nous approprier ce langage. Il ne faudrait surtout pas enfermer le blues dans un musée car il s'agit avant toute chose d'une tradition vivante ! Il faut conjuguer le blues au temps présent.

Titus - Et tu incarnes parfaitement cette mouvance de bluesmen de la nouvelle génération, dont la démarche n'est jamais passéiste... Ta musique s'abreuve ainsi à de multiples répertoires, aussi bien la soul que le rock...

77c194f3eec05042591bd6bdb3b098ff.jpgMerci beaucoup. Tu sais, j'ai toujours écouté beaucoup de musique dans ma vie. On me demande souvent ce que sont mes influences. Pour moi, il va de soi que toute musique qui a su m'émouvoir fait forcément partie de mes influences. Elle demeure toujours en toile de fond, quelque part, et ressurgit à un moment donné d'une manière ou d'une autre. La mémoire musicale est un disque dur absolument prodigieux.

Titus - Je ne peux m'empêcher de penser à ta rencontre avec Bob Dylan, alors que tu n'étais qu'un ado... Ton père, Leon Bibb, qui était chanteur mais qui animait aussi une émission très populaire à la télé dans les années 60, l'avait invité à la maison. Dylan est, je crois, quelqu'un que tu admires profondément.

Oui, je n'avais que onze ans lors de cette rencontre. Je crois que Dylan est l'un de ces types qui a compris, dès le début de sa carrière, combien riche est la musique folk américaine. Les grands compositeurs classiques ont toujours reconnu l'extraordinaire potentiel de la musique populaire. je pense notamment à Dvorak. Dylan a basé tout son cheminement sur cette vérité.

Titus - Tu parlais à l'instant de musique classique. J'ai lu que tu aimais particulièrement l'oeuvre d'Erik Satie.

Tout à fait. Comme je le disais, j'ai toujours baigné dans un univers de musiciens appartenant à différents univers : folk music, Broadway, grands orchestres... Mon oncle, John Lewis, était le compositeur et pianiste du Modern Jazz Quartet, et il avait une culture musicale vraiment exceptionnelle. Il fut de ceux qui contribuèrent à élargir mes horizons musicaux. La musique classique, la musique des Caraïbes, voire les chansons auvergnates... Du moment que ça me touchait, j'engrangeais tout ! Et par la suite, je suis allé étudier la musique dans un collège spécialisé de New York, the High school of music and art. Cela m'a permis de découvrir les impressionnistes Debussy, Ravel, que j'adore. Je trouve leur musique vraiment puissante et belle. Je vais peut-être te surprendre, mais j'arrive à établir un parallèle entre la musique de Ravel et certaines oeuvres africaines de cora. Du point de vue des harmonies notamment. Et la toute première fois que j'ai entendu la musique de Satie, j'ai été ébloui. Ses mélodies excentriques qui s'impriment durablement. J'ai entendu un jour un orchestre oriental jouer du Satie. Cet album s'appelle "Satie en Orient". On y entendait du oud, du violon oriental, des instruments qui épousaient à merveille la musique de Satie.

Titus - Est-ce que c'est cette passion pour les musiques du monde qui a fait de toi un globe trotter ? Tu vis aujourd'hui dans le sud de l'Angleterre après avoir résidé quelques années en Suède et même une année à Paris...

C'est un fait que ma découverte des musiques du monde alors que j'étais encore très jeune a favorisé ce goût pour le voyage. Et à l'âge de 12 ans, j'ai accompagné mes parents en Europe pour la première fois. Nous sommes même allés jusqu'en Union soviétique à l'époque.

Titus - J'ai lu en effet que ton père avait été invité par le ministère de la Culture soviétique à aller chanter là-bas...

3ab9febe44dc5613f7baf2607f612e9b.jpgC'est ça. En fait, un délégué du ministère de la Culture soviétique avait entendu mon père chanter à New York et l'avait invité à aller y effectuer une tournée d'un mois. Nous avons vogué à bord d'un transatlantique jusqu'en Angleterre, puis avons visité la France, l'Italie et l'Autriche en voiture. De Vienne, nous sommes montés à bord d'un avion de l'Aeroflot jusqu'à Moscou. J'ai célébré mon treizième anniversaire à Kiev. Pour une famille afro-américaine, ça n'était déjà pas très commun de voyager au milieu des années soixante, alors tu penses bien qu'aller jusqu'en union soviétique...

Titus - Ton père était un démocrate engagé. Comment perçois-tu la victoire de Barack Obama aux dernières élections américaines ?

C'est un événement formidable dans le cours de l'Histoire mondiale. Je trouve ça plein de poésie, de voir un noir afro-américain arriver à la Maison Blanche, surtout si l'on considère l'Histoire des Etats-Unis et la façon dont les Africains ont été exploités. Ce n'est que justice. Et cela montre que les sacrifices endurés par tant de gens ont eu un effet sur la conscience collective. Je pense notamment à Martin Luther King...

Titus - A qui tu rends hommage dans ta chanson "Step by step"...

Tout à fait. Et au-delà de Luther King, il y a tant de personnes qui se sont sacrifiées pour les droits civils et l'égalité au fil des décennies. Ce qui me ravit, c'est que cette élection survient à un moment clef de l'Histoire. Nous étions au bord du précipice depuis un certain temps, et voilà quelqu'un dont le sens éthique est peut-être à-même d'inverser la tendance. C'est un très bon signe.

Titus - Qu'attends-tu de la présidence Obama ?

Il y a tant à faire dans le monde, sans parler des Etats-Unis... Je crois que la différence essentielle tient au fait qu'Obama cherche à rassembler et non à diviser. Il ne s'adresse pas à une seule composante de la population en excluant les autres. Il y a tant de conflits actuellement, tant d'extrémistes. Nous avons besoin de personnes comme Barack à qui beaucoup de gens peuvent s'identifier. Je souhaite de tout coeur qu'il réussisse à réaliser ses promesses de campagne. Nous devons faire tout ce qui est possible pour rétablir la paix et l'harmonie dans le monde.

La chanson "Connected" :




Titus - Tu as vécu une année en France... C'est vrai que tu as chanté dans le métro ?

Absolument. Je crois que tout jeune musicien connaît ce type d'expérience un jour ou l'autre. C'est une très bonne façon de se faire un peu d'argent pour manger. C'est aussi une très bonne école. On apprend ainsi à repérer très vite ce qui fait que les gens s'arrêtent et écoutent...

Titus - Quand as-tu décidé de faire de la musique ton métier ?

A vrai dire, je ne crois pas que cette question se soit jamais posée en ces termes. Ma passion pour la musique m'a naturellement amené à jouer énormément. Comme j'y consacrais l'essentiel de mon temps, j'ai vite compris qu'il valait mieux que cela me rapporte de quoi vivre car il ne me restait plus de temps pour faire autre chose. J'ai commencé à gagner un peu d'argent par ce biais dès l'âge de 16 ans. Mon métier découle donc directement de cette passion.

Titus - Ton premier album n'est toutefois sorti qu'en 1990. Comment l'expliques-tu ?

850331807c768acdc5545af0e464b963.jpgIl y a bien eu quelques enregistrements ici ou là avant 1990, mais tu as raison : il aura fallu attendre l'album publié cette année-là pour commencer à avoir de véritables retours. Je l'avais enregistré en Suède. Ca prend un peu de temps parfois pour définir son propre style. Du fait de mon éclectisme, de mon intérêt pour toutes sortes de musiques, j'ai sans doute mis plus de temps que d'autres pour me focaliser sur un genre. Il se trouve qu'au moment-même où j'ai décidé de revenir à mes racines, et à faire du blues la partie centrale de mon répertoire, d'autres jeunes musiciens afro-américains commençaient aussi à émerger dans le domaine de la musique roots acoustique, à l'image de Corey Harris. Plusieurs y ont vu une sorte de renaissance de la musique blues survenant dans le sillage de Taj Mahal. Mon heure était finalement arrivée...

Titus - Ce succès tardif n'est-il pas finalement une forme de bénédiction ?

J'en suis intimement persuadé. Un succès foudroyant quand on est tout jeune peut être un vrai problème. Quand on devient célèbre très jeune, on n'a plus le temps ni la liberté d'explorer toutes les facettes de sa personnalité.

Titus - Sur ton dernier disque, "Spirit I am" , le sixième de ta carrière, le morceau "In God's Kingdom" évoque la spiritualité qui semble une partie importante de ta personne. Te considères-tu religieux ?

Je dirais croyant plutôt que religieux. A mon sens, le terme "religieux" a aujourd'hui une connotation qui ne me correspond pas. Ma spiritualité est directement liée à la musique. J'ai grandi en écoutant beaucoup de gospel, qui fait partie intégrante de ma culture. Pour moi, le gospel est un langage qui peut servir à exprimer une foi universelle.

Titus - La musique n'est-elle pas précisément un outil extraordinaire pour transcender les clivages et rapprocher les gens ?

Absolument, c'est une langue universelle qui parle directement au coeur. Il n'y a pas besoin d'analyser ou d'utiliser son cerveau. Le coeur voit tout de suite si la démarche est sincère ou pas, si ça sonne vrai ou faux !

La chanson "Spirit I am", extraite de l'album éponyme publié cette année chez Dixiefrog :




Titus - Quels sont tes projets immédiats après le concert de ce soir à Cast ?

J'enregistre un album à Paris la semaine prochaine dans les studios de FIP. Cela me ravit d'enregistrer un album "live" en France. Je prends ensuite quelques semaines de repos avant de reprendre ma tournée en janvier, à la fois en Nouvelle-Zélande et en Australie. The beat goes on.

Titus - Et malgré cette effervescence, tu parviens à rester proche de ta famille ?

Je m'efforce en effet de rester en lien permanent avec eux lorsque je suis en tournée. J'ai très hâte de retrouver mes enfants et de leur consacrer un peu plus de temps. J'adore les enfants. C'est d'ailleurs l'un de mes projets : j'aimerais faire de la musique avec les enfants.


Propos recueillis et traduits de l'anglais par Titus, à Cast, le 29 novembre 2008. Photos de Titus, Brian Jannsen et Patricia de Gorostarzu.




POUR EN SAVOIR PLUS
Lire aussi le compte-rendu de mon ami Jipes, du concert d'Eric Bibb dans l'Est de la France, une semaine après son passage à Cast. Une très bonne vidéo du concert y est proposée : c'est ici !