11 janvier 2007
Jour de tempête
Jour de tempête en Bretagne... Le ciel est bas, lourd, uniformément gris. Dehors, le vent souffle en violentes bourrasques. On est mieux à l'intérieur, lové dans un fauteuil entre deux épais coussins. Je sors quelques livres de ma bibliothèque. Pas tout à fait au hasard, à vrai dire... Je veux relire quelques beaux passages sur la tempête, histoire d'agrémenter ces quelques photos prises à Argenton (Finistère, Bretagne).
XIVe siècle, Nord de l'Europe
"Alors que nous laissions derrière nous l'Islande dont ne se montrait plus que l'épaule encapuchonnée de brumes, et que nous étions déjà rudement éprouvés par la mer, une terrible tempête de sud nous écarta irrésistiblement de ce cap. Les hommes de nage, auxquels le Capitaine, le bosco et moi-même dûmes nous résoudre à prêter main forte, écopèrent sans manger, ni boire, ni dormir pendant quatre jours et quatre nuits. Les bâches de peau lacées sur les hiloires, sur lesquelles s'écroulaient des montagnes d'eau, furent impuissantes contre la fureur de la mer qui les arracha peu à peu comme des haillons."
"Court Serpent", Bernard du Boucheron.
Océan Atlantique, 1666
"Au lieu de cingler vers le nord et de longer les côtes portugaises, le Sanctus Dionisius se dirige depuis trois jours vers l'ouest, droit vers l'ouest, comme s'il partait pour le Nouveau Monde. Nous sommes à présent au milieu de l'immensité atlantique, la mer devient houleuse et à chaque secousse j'entends des hurlements.
"Je devrais être épouvanté, je ne le suis pas. Je devrais être courroucé, je ne le suis pas. Je devrais m'agiter, courir, poser mille questions au capitaine fou, et je suis assis en tailleur dans ma cabane sur une couverture pliée en huit. J'ai la sérénité des brebis. J'ai la sérénité des vieux mourants.
"En cet instant, je ne redoute ni le naufrage ni la captivité, je redoute seulement le mal de mer."
Le Périple de Baldassare, Amin Maalouf.
Naufragé du Pacifique
"Pour la centième fois, je me retrouvais donc debout à mon poste de pilotage, accroché des deux mains au manche à balai du gouvernail. Pourtant, ce matin-là, ça n'était pas l'espoir d'un navire qui me tenait en vigie, mais l'appréhension de la colère que je voyais enfler entre la mer et le ciel.
"Le vent courait maintenant à une allure folle sur la surface mousseuse de l'océan, mais les vagues qui déferlaient partout ne menaçaient pas encore mon bateau.
"Comme toujours, me dis-je, la mer tarde à se mettre véritablement en fureur, elle supporte longtemps les gifles du vent, la morgue du ciel, mais, quand elle sort de ses gonds, plus rien ne l'arrête. Alors le ciel peut bien lui sourire et le vent se faire tout petit, elle continue ses ruades, ses fracas torrentiels, comme si elle n'avait pas compris qu'ils se moquent bien d'elle, là haut."
Si loin du monde, Tavae Raioaoa.
"La tempête entra lentement en scène un après-midi. Les nuages eurent l'air d'avancer en trébuchant face au vent, effrayés. L'océan fit de même. Il commença a s'élever, puis à s'effondrer de telle manière que le coeur m'en tomba dans les talons. Je ramenai à bord les alambics solaires et le filet. Oh ! vous auriez dû voir ce tableau ! Ce que j'avais vu jusqu'alors se résumait à des monticules d'eau. Maintenant, la forte houle formait de vraies montagnes. Les vallées dans lesquelles nous nous enfoncions étaient si profondes qu'elles en étaient sinistres. Leurs flancs étaient si à pic que le bateau de sauvetage commença à y glisser, quasi comme s'il surfait. De son côté, le radeau était sujet à un traitement particulièrement dur, arraché hors de l'eau, puis tiré en rebondissant dans toutes les directions. Je lançai les deux ancres flottantes, à des longueurs différentes pour qu'elles ne nuisent pas l'une à l'autres.
"En escaladant les énormes vagues, la chaloupe se cramponnait aux ancres flottantes comme un alpiniste à sa corde. Nous remontions la pente jusqu'à ce que nous eussions atteint une crête blanche comme neige dans un éclat de lumière ét d'embrun. La vue était claire à des kilomètres à la ronde. Mais la montagne se déplaçait, le bateau de sauvetage s'inclinait vers l'avant et la vague qui nous soutenait commençait à s'effondrer d'une manière vertigineuse. En un rien de temps, nous étions de nouveau écrasés dans le fond d'une vallée obscure, distincte de la précédente mais sa jumelle, avec des milliers de tonnes d'eau planant au-dessus de nous et rien d'autre que notre piètre légèreté pour nous protéger. Le relief de l'onde se déplaçait encore, les cordes des ancres flottantes se tendaient soudainement, et les montagnes russes reprenaient de plus belle."
"L'Histoire de Pi", Yann Martel.
A bord de l'Ange-du-Nord
"Soudain une légère brise venue du sud-est fit claquer les voiles distendues. Sur un ordre du capitaine, chacun fut à son poste dans les vergues et l'on s'apprêta à diminuer la voilure pour tenir tête à l'orage qui s'annonçait. Un éclair illumina la nuit, subit comme l'éclatement d'une énorme cartouche de magnésium : la mer commença à moutonner et l'Ange-du-Nord dansa sur place.
"Dans la cabine de Krühl on entendait hurler Chita que l'orage rendait malade de terreur.
"Fermez les écoutilles, hurla le capitaine, cé né pas lé moment d'entendre gueuler cette taupe-là !"
Powler se précipita sur les écoutilles. Le vent qui soufflait de plus en plus fort et la violence des lames venant battre les flancs de l'Ange-du-Nord couvrirent les gémissements de la fille que Krühl cherchait à apaiser.
L'Ange-du-Nord montait à l'assaut des vagues. Le vent soufflait, clouant les hommes contre les haubans.
Eliasar, la bouche décolorée, était descendu dans sa cabine. Un gros nuage gonflé ainsi qu'une outre creva sur le voilier et la grêle crépita sur le pont comme une fusillade.
A ce moment, l'Ange-du-Nord, découragé, piqua du nez dans une grosse lame qui balaya le pont de l'avant à l'arrière".
"Le Chant de l'Equipage", Pierre Mac Orlan.
"Le vent force, régulièrement. Une heure plus tard il souffle furieusement du sud-suroît, bousculant d'énormes masses de nuages déchiquetés. Les lames livides, à la mauvaise blancheur d'écume, se meuvent dans une confusion totale; s'écrasant l'une contre l'autre avec cette incertitude dans le déferlement qui précède le très gros temps.
Toutes les choses mobiles à bord sont solidement assurées.
Le vent force et hale à l'ouest. Des rafales arrachent les crêtes des plus hautes vagues et les projettent en rideau épais. Les veilleurs rentrent à l'abri, longtemps ils frottent leurs yeux rougis qui ne cessent de pleurer.
Le commandant donne l'ordre de réduire à trois noeuds et de prendre une allure de cape. Il n'a plus le mal de mer et pourtant l'Eole roule tellement qu'il faut se cramponner à deux mains pour rester debout. Personne n'a plus le mal de mer : le spectacle est trop grand, trop impressionnant. Nous savons tous que nous sommes sur un bâtiment moderne, solidement construit; nous savons tous qu'à moins d'une défaillance improbable des hommes ou des machines l'Eole ne court aucun risque; et nous sommes tous - sur cette passerelle - emplis de crainte".
"Le Crabe-Tambour", Pierre Schoendoerffer.
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| Tags : Littérature étrangère, récits de tempêtes, mer, marins, Tahiti |
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19 décembre 2006
Lu dans la Presse de 1939 (4)
La guerre déclenchée quatre mois plus tôt occupait naturellement tous les esprits, en cette semaine de Noël 1939. Nous avons épluché les colonnes de deux numéros de La Dépêche de Brest, ancêtre du Télégramme, ceux des vendredi 15 et lundi 25 décembre 1939, histoire de continuer notre série "Lu dans la Presse". Ici, pas de récit de guerre, mais plutôt une compilation de petits faits pouvant paraître insignifiants ou désuets mais, tout compte fait, si révélateurs d'une époque...
Ce qui frappe le lecteur du XXIè siècle, c'est la quasi absence de mercantilisme en cette veille de Noël 1939. Bien sûr, nous sommes en temps de guerre, mais cela n'explique pas tout... Les références à Noël, y compris dans les pages locales, sont en fin de compte extrêmement rares. Et les publicités sont à l'image de l'époque : peu comparables, finalement, au matérialisme outrancier d'aujourd'hui. On en rougirait presque, en louchant parallèlement sur un exemplaire d'un magazine contemporain où s'exhibent pêle-mêle le dernier parfum à la mode, la nouvelle voiture de rêve, les photos de destinations exotiques... Ce 15 décembre 1939, l'un des plus grands encarts publicitaires fait la promotion de, je vous le donne en mille... Lisez ci-dessous et essayez donc de deviner...
Non, cette pub ne cherche pas à vanter les mérites d'un napperon révolutionnaire car intachable ! Non ! Il s'agit ici d'une publicité pour la marque de lessive Persil (Je cite, il y a prescription, non ?) Voici d'ailleurs la suite du texte :
Mais, aussi , je l'ai toujours lavé avec Persil !
Persil rend le linge extra-blanc extra doucement.
En 1939, quand la femme ne fait pas la lessive, que lui reste-t-il ? Cette autre publicité, logée en pied des avis mortuaires (le positionnement n'est sans doute pas dû au hasard !), est assez édifiante :
La femme à l'usine
Toute la journée devant une machine, respirant un air vicié, dans un fracas assourdissant. Y laissera-t-elle sa santé ? Non, elle "tiendra" si elle prend avant chaque repas un verre à madère du délicieux reconstituant obtenu en versant un flacon de Quintonine dans un litre de vin de table. La Quintonine fortifie les nerfs et les muscles et augmente la résistance. 5 fr. 85 le flacon, toutes pharmacies.
Un verre avant chaque repas ? On est décidément bien loin du "Un verre ça va, trois verres bonjour les dégâts"...
Relevé dans la rubrique des faits divers :
EN FLAGRANT DELIT DE VOL. - Mme P., commerçante, 38, rue de Liège, a surpris en flagrant délit de vol un gamin de 12 ans, le jeune Jean R..., domicilié à la pointe de K.
D'autre part, Marcel B..., 9 ans, 35, quai de R., Jacques B..., 13 ans, même adresse, Jean P..., 12 ans, ont été surpris par M. Pierre D. dérobant des boîtes de biscuits dans l'auto de M. B., commerçant, 25, rue F.
VOLS DE LINGE. - Mmes L., R. et P., 98, rue Carnot, ont constaté qu'on leur avait volé du linge. Les vols ont été commis depuis un certain temps. Une enquête est ouverte.
L'ESCROQUERIE A LA... PILE. - Voici un nouveau genre d'escroquerie. Comme depuis un certain temps, on ne trouve des piles électriques qu'avec certaines difficultés, des voleurs ont imaginé de tirer parti de cette situation.
C'est ainsi que Mme B., droguiste, rue de V., reçut la visite de deux individus qui, après entretien, lui vendirent trois demi-douzaines de boîtiers électriques "garnis". En réalité, les boîtiers ne contenaient pas de piles...
Ainsi, les escrocs ont en...pilé la brave commerçante ! Une enquête est ouverte.
VOLS DE BICYCLETTES. - M. Yves R., infirmier à l'hospice civil, demeurant 6, rue M., en Lambézellec, garait son vélo, avant-hier, vers 18 h 30, rue Jean-Jaurès, pendant qu'il se rendait chez son tailleur. Quelques minutes plus tard, la bicyclette avait disparu. M. R. a porté plainte à M. M., commissaire de police. La machine volée est de couleur orange et munie d'un éclairage électrique. Une enquête est ouverte.
Ledit commissaire a d'ailleurs dû ouvrir plusieurs enquêtes semblables simultanément, puisque, cette semaine-là, une bicyclette munie de "pneus ballons, et dont le cadre est peint en bleu", a aussi été subtilisée rue d'Algésiras, alors qu'un télégraphiste avait laissé son vélo appuyé contre les grilles de l'hôtel des postes. Damned ! Je ne suis pas sûr que trois vols de voitures, à notre époque, vaudraient autant de lignage dans les colonnes réservées aux faits divers !
Enfin, dans la rubrique Pertes et trouvailles
- La personne qui a été vue ramasser une sacoche au cinéma Eden jeudi 14, en matinée, est priée de la rapporter chez Mme Pinçon, 4 place V. Récompense.
- Perdu rues Latouche-Tréville ou Observatoire, appareil dentaire. Rapporter Mme R., 9 Moulin-à-Poudre, (près triperie K.). Récompense.
Allons donc ! Manger des tripes sans appareil dentaire, j'ose même pas y penser...
A une prochaine revue de presse !
08:00 Publié dans Pépites | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : La Dépêche de Brest et de l'Ouest, Brest, Noël, 1939 |
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11 décembre 2006
Lu dans la presse de 1940 (3)
Nous poursuivons aujourd'hui notre revue de la presse de 1940, et passons au peigne fin les colonnes d'un exemplaire de La Dépêche de Brest (l'ancêtre du Télégramme) daté du dimanche 14 avril 1940, prêts à débusquer les petites infos susceptibles de vous arracher à tout le moins un sourire...
Laissons d'emblée de côté les événements qui garnissent les premières pages de La Dépêche de ce jour. Vous vous en doutez, c'est de guerre dont il est question... Attachons-nous plutôt aux petites infos de proximité, celles qui n'ont probablement pas été consignées dans les manuels d'Histoire.
Sous le memento détaillant les pharmacies de service et autres horaires des marées, les informations locales débutent par un article sur la venue à Brest d'un certain docteur Rouche :
Quelques mots aux malades
Malgré les nombreuses causeries faites aux malades l'an dernier, beaucoup n'ont pas encore compris qu'il est impossible de soigner par correspondance et que la merveilleuse méthode du docteur Rouche, qu'il applique lui-même à Brest, samedi soir et dimanche exceptés, ne s'adresse qu'à certains cas définis dont la nomenclature est ci-dessous.
Aucun malade n'est pris en traitement sans un examen préalable gratuit; ce tri permet au médecin d'éliminer (sic !) tous les malades qui n'atteindraient pas un résultat satisfaisant par un traitement de sympathécothérapie, et auxquels il est inutile de faire dépenser de l'argent.
Sont traités chaque jour avec le maximum de succès les malades atteints de :
Asthme, rhume des foins, troubles nerveux, circulatoires et digestifs, migraines, vertiges, angoisses, palpitations, idées fixes, neurasthénie, rhumatismes, certaines paralysies et incontinences d'urine, troubles du retour d'âge et de la puberté, enfants arriérés, anormaux, ou simplement peu studieux.
Curieux tout de même, que les méthodes miraculeuses du docteur Rouche ne lui aient pas survécu !
La rubrique des objets trouvés et perdus est assez révélatrice, à mon sens, de l'importance qu'on pouvait accorder à certains objets du quotidien. Il y aurait une étude à faire là-dessus. Assurément, on ne perd pas les mêmes objets aujourd'hui qu'en 1940. Lisez plutôt !
Pertes et trouvailles
Perdu un pantalon, de la rue Duguesclin à la rue de la Mairie. Rapporter à M. R., 28 rue Duguesclin.
Perdu grande pèlerine drap noir, capuchon, boucles. Adresse au journal. Récompense.
Perdu entre Brest (port de commerce) et le pont A.-Louppe, un tourniquet pour cartes postales. Prévenir correspondant Dépêche de Brest, qui transmettra.
AVIS DIVERS
A VENDRE pick-up, marque "Thoreus", état neuf, avec 43 beaux disques. S'adresser au journal.
A VENDRE complet de communion gris clair, revers satin. S'adresser chez Mme B., 18, rue Bugeaud, de 9 heures à midi.
MOELLONS à vendre, région Plougastel. Prix intéressant. Adresse au journal.
SOLDES de costumes marins et robes de communion. - "Tout pour les Bébés", 1, rue de la Mairie.
Enfin, les offres d'emploi du jour :
EMPLOIS
ON DEMANDE jeune commis, présenté par ses parents. - S'ad. Cabinet F., 22 bis rue Jean-Macé, Brest.
ON DEMANDE ouvrières pour broder le filet. S'adr. rue de Siam "Dé d'Argent".
FILLETTE 14 à 15 ans (sic !) est demandée pour courses et commerce. Adr. au journal.
EX-DIRECTEUR connaissant comptabilité, sachant diriger et commander personnel (n'est-ce pas ce que font d'ordinaire les directeurs ?, note de Titus), dégagé toutes obligations militaires, cherche place. - S'adresser au journal.
FEMME de mobilisé demande un nourrisson dans localité bien située en dehors de Brest. - S'adresser au journal.
A une prochaine revue de presse.
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| Tags : La Dépêche de Brest, 1940, Brest |
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01 décembre 2006
Lu dans la Presse de 1940 (2)
J'ai devant moi deux cartons pleins d'exemplaires de La Dépêche de Brest datant de la première moitié du XXe siècle. Des amis me les ont prêtés connaissant ma passion pour les vieux journaux. En parcourant celui du mardi 20 février 1940, je me suis amusé à repérer les passages susceptibles d'étonner les lecteurs de ce siècle naissant...
Les publicités ne sont pas toutes balisées aussi nettement que celle présentée ci-dessus. Ainsi, sous la litanie de chiffres du marché de la Villette, peut-on lire le petit article suivant, sans pour autant que le lecteur soit informé de son caractère commercial :
Une provision utile
Si vous habitez loin d'un grand centre, vous avez peut-être des difficultés à vous procurer votre indispensable Quintonine. Pensez donc, lorsque vous irez au bourg, le prochain jour de foire, par exemple, à en rapporter quelques flacons. Vous serez content d'en avoir sous la main lorsque vous vous sentirez fatigué ou sans appétit. Car, avec la Quintonine, n'est-ce pas, on est tout de suite "remonté". 5 fr. 85 seulement le flacon. Ttes Phies.
Plus loin, dans la rubrique faits divers :
Acte de probité
Mme L., 10, rue de l'Egout, a trouvé une sacoche contenant plusieurs billets de banque et des photos, qui lui permirent de retrouver la propriétaire du sac à laquelle elle s'empressa de le restituer.
Et dans la série "Unsolved mysteries" :
Une auto volée rue du Petit-Moulin est retrouvée rue de la Porte -
M. André H., chef ferrailleur, domicilié à Saint-Pierre-Quilbignon, garait son automobile, dimanche soir, vers 20 h 30, rue du Petit-Moulin. Quelques instants plus tard, il constata qu'elle avait disparu. M. H. s'empressa d'avertir la police et, dans la soirée, la voiture était retrouvée abandonnée rue de la Porte, devant le cinéma Rex. Elle n'avait subi aucun dommage. La police recherche l'auteur de cette mauvaise plaisanterie.
Même s'il y a prescription depuis longtemps, je suis sûr que la police serait bien contente si le "plaisantin" de l'époque acceptait de sortir de l'anonymat. Juste histoire de classer l'affaire... ! A bon entendeur !
Et puis, pour terminer cette collection de pépites, quelques extraits de ma rubrique préférée, celle des petites annonces :
ON DEMANDE jeune fille nourrie, non couchée, pour primeurs. - Adresse au journal.
ON DEMANDE bonne à tout faire, non couchée, sér. érfér. (sic !)- Se présenter boulevard Thiers, de 13 à 16 h.
ON DEMANDE bonne à tout faire de 30 à 50 ans, couchée et nourrie, pour ménage ouvrier. - S'adresser au journal.
ON DEM. jeune fille 18-25 ans, robuste, pour manutention, tissus... Sérieuses références sexiges (sic !)- S'adresser au journal.
MAISON Le M. rue Traverse, demande jeune homme 16 à 17 ans, très fort, pour livraisons.
En somme, si on voulait le dire autrement : gringalets s'abstenir ! Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'on ne s'embarrassait pas du superflu, à l'époque, dans les descriptions de postes. Les notions de "discrimination à l'embauche" ou de "CV anonyme" n'avaient pas, il est vrai, fait leur apparition !
A une prochaine revue de presse...
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| Tags : Presse, La Dépêche de Brest, Vieux journaux, Brest |
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