02.07.2008

Marie-Luce Béland, carton de l'été au Québec

86194e81d11a3d7ca96c029908555a94.jpgLes Québécois l'ont découverte il y a quelques mois seulement, alors qu'elle accompagnait en tournée le groupe Kain. Depuis, c'est un véritable tourbillon qui semble emporter Marie-Luce Béland, dont le premier album, "A l'Envers", fait actuellement un malheur. Le premier extrait, "Pleine Lune", caracole en tête du TOP 100 québécois depuis déjà quelques semaines.


Déjà toute petite, Marie-Luce Béland semblait avoir le don d'attirer les feux des projecteurs. A l'âge de cinq ans, elle posait en effet dans les catalogues de vêtements d'une grande chaîne canadienne et les pubs télévisées. Mais c'est la musique, qu'elle découvre par le chant choral, qui très vite prend le pas sur le reste. Egalement passionnée de théâtre et de danse, autres cordes à son arc, elle choisit de se consacrer à la musique, étudiant successivement le piano, la clarinette et le saxophone. Mais c'est sa rencontre avec Steve Veilleux, du groupe Kain, qui marque le tournant principal de sa toute jeune carrière. Enchanté de sa découverte, Steve Veilleux l'entraîne en tournée avec sa formation, la présente à sa maison de disques (les disques Passeport). Une collaboration fructueuse s'ensuit puisqu'il signe dix des onze chansons du premier album de la native de Trois-Rivières. La onzième, "Regarde-moi", écrite par Marie-Luce herself, est un bel hommage de la belle à son papa...

b568f0aac82dfc49491d51078049fb9d.jpgVersatilité prodigieuse
Produit par le très réputé Guy Tourville, "A l'Envers" est plutôt réussi pour un premier opus. Sorti à la fin de l'été 2007, il regorge de pépites estivales, à l'instar de "Pleine Lune", le titre qui ne décolle pas du sommet du Top 100 québécois depuis quelques semaines (voir la vidéo ci-dessous). Mais la tonalité du disque est résolument pop-rock. Dotée d'une voix puissante, légèrement rauque et à la versatilité prodigieuse, Marie-Luce Béland chante avec un naturel évident et une admirable désinvolture. On songe à Pauline Croze, Sarah Bettens (pour les riffs et les trémolos sur voix cassée), voire à Emeline Michel. Une fort belle découverte, vraiment. Rafraîchissante comme l'ondée tant attendue un jour d'orage.



15.06.2008

Yoav : la passion née d'une frustration

4def8bcfd7110810140dc2166b5b565b.jpgNous n'avons sans doute pas fini d'entendre parler de Yoav, cet ancien mannequin d'origine israélienne qui compte, depuis quelques mois, parmi les plus belles révélations de la scène pop britannique. Etabli à Londres depuis deux ans, le songwriter fait forte sensation avec son tout premier album solo, l'étrangement baroque "Charmed and strange".


Son père architecte, qui aurait voulu en faire un pianiste classique, avait carrément banni la musique pop de la maison. De cette frustration est née une véritable obsession : Yoav Sadan en a fait le combat de sa vie. C'est en cachette qu'il découvre, chez des copains, Simon & Garfunkel. Pur autodidacte, c'est aussi en catimini qu'il apprend à maîtriser son instrument de prédilection, la guitare, développant peu à peu un jeu très personnel, peu conventionnel il est vrai.

178c28577b88fc0e12b7d76ebbc2a532.jpgSon innovant
Né en Israël, fils de chanteuse d'opéra, Yoav Sadan a grandi à Cape Town avant de rejoindre New York pour y exercer la profession de mannequin, il y a une dizaine d'années. Basé à Londres depuis deux ans, Yoav, aujourd'hui âgé de 29 ans, s'y fait rapidement un nom en tant que songwriter. Inspiré, dit-il, par Björk et Beck, il n'hésite pas à emprunter à différents registres : pop mélodieuse, trip hop, folk, etc. Le chanteur à la voix chaude signe, avec "Charmed & Strange", un premier album surprenant, au son innovant, fruit de multiples expérimentations en studio. Parmi les chansons qui l'ont propulsé sur le devant de la scène britannique, une cover assez inattendue et envoûtante du fameux "Where is my mind" des Pixies, ou encore cet ovni intitulé "Beautiful lie", qui illustre de belle manière le jeu de guitare singulier de Yoav.




04.04.2008

Le jazz suave et lumineux de Melody Gardot

36f010881f0beb8cc7c9360a4206b85a.jpgOn la compare à Norah Jones ou Stacey Kent. Son timbre de voix me rappelle aussi les inflexions d'une certaine Madeleine Peyroux, une petite touche de folie en plus. Encore discrète, l'Américaine Melody Gardot, originaire de Philadelphie et âgée de seulement 22 ans, a tous les atouts d'une grande. Son premier album, "Worrisome heart", regorge de pépites sensuelles et apaisantes.


Les critiques s'étonnent de l'extraordinaire maturité de la jeune chanteuse. Dans la vie, comme sur scène, Melody Gardot semble mue par une exceptionnelle force d'âme. Une qualité immanente qui lui a sans doute permis de se blinder une cuirasse face à une histoire personnelle déjà marquée par plusieurs soubresauts. Notamment un grave accident de vélo survenu à l'âge de 19 ans, dont elle garde encore des séquelles: elle marche à l'aide d'une canne et porte des lunettes teintées contre la lumière.

981528fcf0b062efafeba8676fcec4a5.jpgThérapie musicale
C'est la musique, précisément, qui l'aidera à s'en sortir. Suivant les conseils d'un médecin qui lui explique que la musique peut réparer une névropathie du cerveau, Melody suit une thérapie musicale. Avant même de pouvoir marcher de nouveau, elle commence à composer et enregistre ses chansons sur un magnétophone installé à son chevet. La suite, on la connaît : un premier mini album de six titres voit le jour, comportant les chansons écrites pendant sa convalescence. Puis un album étoffé de quelques chansons supplémentaires publié chez Universal Jazz, qui fait aujourd'hui l'unanimité. Guitare, violon, cuivres paresseux et percussions aériennes, un climat intimiste que ne renierait sans doute pas Tom Waits. Une musique audacieuse au carrefour du blues et du jazz, alliant émotion et simplicité.

"Doux et sans prétention"
Pour Melody Gardot, la musique est avant tout une façon de se détendre. “Je suis plutôt attirée par la musique qui adoucit, souvent dans un genre doux et sans prétention. La musique peut accomplir des miracles au niveau de l'esprit, surtout quand le genre est apaisant”, confie-t-elle. La nouvelle diva sait de quoi elle parle. La musique, dans son cas, s'est révélée salvatrice.

PRATIQUE
En concert le 16 mai au Divan du Monde, à Paris.

02.03.2008

La pop atmosphérique de Minor Majority

2d6675745584c3e9bf085777f167a13f.jpgLe rock scandinave n'a plus à faire ses preuves. Côté norvégien, l'un des plus beaux fleurons s'appelle Minor Majority, qui rivalise sans peine avec les meilleurs groupes pop anglo-saxons. Disque d'or dans son pays d'origine et distribué en France par Vicious Circle, la formation assure ces jours-ci dans l'Hexagone la promotion de son cinquième opus, Candy Store.


Minor Majority a vu le jour à l'orée du nouveau millénaire, sous la houlette de deux musiciens d'Oslo, le chanteur et guitariste Pal Angerskar et Andreas Berczelly, qui choisira peu après de se cantonner dans la production des albums du groupe. Au fil des ans, la formation s'enrichira de plusieurs musicos de talent : Jon Arild Stieng à la guitare et à l'accordéon, Harald Sommerstad aux claviers, Henrik Harr Wideroe à la basse et Halvor Hogh Winsnes à la batterie. Avec ses chansons pop mélodieuses à souhait, la voix belle et claire du chanteur, Minor Majority se taille rapidement une réputation flatteuse.

Tournée de promo ces jours-ci
Le groupe a publié, il y a quelques mois, son cinquième album, "Candy Store", comprenant deux CDs : une compilation des quatre albums précédents sur le premier et un recueil d'inédits et de faces B sur le second. C'est à la suite de cette nouvelle publication que Minor Majority écume, ces jours-ci, quelques villes françaises : Paris, le 2 mars (La Maroquinerie); Rouen, le 4 mars (Emporium Galorium); Brest, le 5 mars (cabaret Vauban); Tours, le 6 mars (Bateau Ivre); Lyon, le 7 mars (Le Sirius). Une belle opportunité d'aller découvrir l'un des groupes les plus en vue de la scène rock norvégienne.

b023590b5827560aaa015d780d8b85c3.jpgDisque d'or en Norvège
Le précédent album de la formation, "Reasons to hang around", disque d'or en Norvège, a été littéralement encensé par la critique. C'est une mine d'où jaillissent les pépites dès la première écoute, à l'instar de "Come back to me", "Wish you'd hold that smile" ou encore "Supergirl", dont je vous propose de découvrir le clip, réalisé par Alexander Kayiambakis en février 2006.




POUR EN SAVOIR PLUS :
Le site MySpace de Minor Majority.
Le site officiel.
Le site français du groupe.

14.02.2008

Missy Higgins, l'estampille "Down Under"

8ffe3f238f62e1860d8c110c2d091256.jpgOn ne compte décidément plus les talents à émerger des Antipodes. Dernière égérie australienne dont la pop estampillée down under fait actuellement un malheur aux Etats-Unis, la pulpeuse Missy Higgins, dont les tubes imparables hantent depuis peu les séries TV américaines les plus à la mode, qu'il s'agisse de Grey's Anatomy, Smallville ou One tree hill.


Le succès actuel de Missy Higgins aux Etats-Unis ne tient assurément pas du hasard. Inscrite dans son plan de carrière, sa relocalisation récente à Los Angeles y a naturellement contribué. Le choix de l'ingénieur du son Jay Newland (collaborateur, entre autres, de Norah Jones) pour l'enregistrement de son second album, "On a clear night", n'est sans doute pas fortuit, lui non plus. Au-delà de ses choix de carrière opiniâtres, il faut reconnaître que Missy Higgins (née Melissa Morrison Higgins à Melbourne en 1983) ne manque ni de talent, ni de personnalité, affichant sans retenue ses convictions de végétarienne et d'écologiste militante.

Deux albums à son actif
25ad0fbc96176d285ece5f0c5367305d.jpgA titre personnel, j'avais déjà un a priori favorable concernant la Missy en question. Elle avait en effet participé, en 2005, à la compilation "She will have her way : the songs of Tim & Neil Finn", album où seize chanteuses de la nouvelle scène pop-rock des Antipodes rendent un sublime (et mérité) hommage aux compositeurs néo-zélandais Tim et Neil Finn. Missy Higgins, pour sa part, avait servi une version juste et originale de "Stuff and nonsense", vieux classique de Tim à l'époque de Split Enz. L'Australienne a pour l'instant deux albums à son actif, "The sound of White" (2004) et "On a clear night" (sorti en mars 2007 en Australie et à la fin février 2008 aux Etats-Unis), dont est extrait le single "Peachy", que voici.



24.01.2008

Pascale Picard, une Québécoise pas si tranquille

94a52aa0f012271643498c879cdf3b6d.jpgC'est sans doute l'une des plus belles découvertes québécoises de l'année 2007. S'inscrivant dans le sillon déjà creusé au Canada par une certaine Alanis Morissette, l'auteur-compositeur-interprète Pascale Picard a livré, l'année dernière, un premier opus d'une maturité plutôt extraordinaire pour une aussi jeune artiste. "Me, myself & us" fait un tabac outre-Atlantique, où il a été certifié platine en seulement quelques mois...



b1d6ee8b3b8a396fabbfc82ce6b8e144.jpgUn disque platine, au Québec, correspond à la vente de 100.000 copies d'un album. Dans le cas du "Me, myself & us" de Pascale Picard, il n'aura fallu que huit mois (d'avril à novembre 2007) pour atteindre ce score. Une véritable performance par les temps qui courent, d'autant que la chanteuse en question, québécoise "pure laine", a choisi de s'exprimer uniquement en anglais ! Ce qui constitue un atout à l'international aurait pu en effet apparaître comme un handicap dans ce bastion nord-américain de la francophonie. Mais si Pascale Picard a pu bénéficier du soutien actif d'une majeure, en l'occurrence Universal, il ne faut cependant pas y voir un produit de laboratoire aseptisé. Bien au contraire, cette jeune artiste semble mue par une sincérité (une hargne, parfois) qui tranche avec le côté lisse de certains artistes formatés.

b9100395cca422951a9789f000f695f1.jpgUn band énergique
Marque de cette authenticité : Pascale Picard n'est pas seulement une jolie poupée qu'on agite sur les plateaux de télévision. Elle s'entoure d'un band avec lequel elle écume les salles nord-américaines en restituant avec toute l'énergie qui lui est propre les chansons de son premier album. Ce groupe, le Pascale Picard Band est composé du guitariste Mathieu Cantin, dont les riffs acérés épousent parfaitement l'ossature rythmique nerveuse et vigoureuse servie par Phil Morrissette à la basse et Stef Rancourt aux percussions.

Le premier extrait de "Me, myself & us", la chanson "Gate 22" qui a révélé l'artiste au Canada :



LIRE aussi cet additif sur Pascale Picard

18.01.2008

Liam Finn, héritier de la dynastie pop néo-zélandaise

68c53492a3d8bc19b2f2c3174132a39c.jpgLiam Finn. Si le prénom ne vous dit peut-être pas grand-chose, le nom, lui, ne vous est sans doute pas inconnu. Et pour cause. Fils de Neil Finn (Crowded House) et neveu de Tim Finn (Split Enz), Liam Finn est l'un des dignes héritiers d'une dynastie pop néo-zélandaise qui ne semble pas près de s'éteindre. Son premier album solo, "I'll be lightning", est littéralement encensé par la critique internationale. Le magazine Rolling Stone, bible musicale s'il en est, a vu en lui l'un des dix artistes à surveiller dans le monde... C'est dire !


L'été dernier, nous avions déjà été bercés par la mélodie légère et entraînante de "Second chance", le tout premier extrait qui accompagnait la sortie de l'album aux Etats-Unis (chez les indépendants de Yep Roc Records). A l'époque, nous vous avions présenté le vidéo-clip de ce compositeur surdoué qui a fait ses armes en tant que guitariste de la formation rock néo-zélandaise Betchadupa.

4cce0d3bebbab7e5cfdd5111b7852b11.jpgMélodies imparables
Etourdissant. Formidablement frais et enjoué. Des mélodies imparables, tantôt servies sous la forme de ballades dépouillées aux harmonies entêtantes, parfois livrées avec la fougue des plus belles heures du rock... Une palette d'ambiances faisant naître une myriade d'émotions. Liam Finn semble être parvenu à capturer l'essence même de la pop. Il a de qui tenir, me direz-vous. L'empreinte familiale est manifeste. L'esprit Beatles (versant John Lennon) irradie aussi de part en part ce premier opus enregistré dans le studio de son père à Auckland, les Roundhead studios.

Sortie imminente en Europe
Le second single, "Gather to the chapel", est l'une des plus belles ballades acoustiques de l'album, des compositions à la structure sobre mais qui font mouche sans coup férir. Un hors d'oeuvre roboratif avant d'attaquer le plat de résistance et le dessert. Notez bien : la sortie de l'album en Europe est imminente !



11.01.2008

Colin Hay : plus "Man at Work" que jamais

ca0301f7fb61a14cac8fd0106b3c00cc.jpgA partir de cette semaine, Titus vous proposera un nouveau rendez-vous hebdomadaire, "Pas fait pour les chiens". Notre objectif : sortir des sentiers battus et vous proposer, par le biais d'un clip vidéo, la découverte d'un artiste largement occulté par nos grands réseaux nationaux. Notre molosse a-t-il du flair ? A vous d'en juger...


d75101c15aa8642904aaec4c15328e2a.jpgChacun se souvient de Men at Work, ce combo australien des années 1980 qui avait déferlé sur la France avec une myriade de titres chaloupés à l'instar de "Down under", "Who can it be now" ou "Overkill". Depuis la séparation du groupe, plus rien ou presque ne filtre au sujet des anciens gaillards. Pourtant, Colin Hay, l'ex-chanteur et principal compositeur du groupe n'a, lui, jamais raccroché. Il est même actuellement au sommet de sa forme, comme le démontre son nouvel album récemment paru et peu visible - hélas - dans les bacs à disques de France et de Navarre.

Origines écossaises
Dans cet opus de belle facture, "Are you lookin' at me ?", Colin Hay manie l'humour comme il savait déjà si bien le faire du temps de Men at Work. Jugez-en plutôt en découvrant ce titre, premier single de l'album, "Are you lookin' at me ?", où les origines écossaises du chanteur sont assez perceptibles puisqu'il y déploie un accent de Glasgow à peine forcé. Né en Ecosse en 1953, Colin Hay a suivi ses parents en Australie quand il était tout jeune. Aujourd'hui, il réside en Californie.

Colin Hay "Are You Lookin' at Me?"

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