29.03.2009

Pascale Picard à Brest : un set ébouriffant

Simplicité et générosité. Dans leur loge, après deux heures d'un concert survitaminé à La Carène de Brest, hier soir, le Pascale Picard Band se montre à la hauteur de sa réputation. Visiblement ravis de se trouver "à 6.000 km de la maison", Pascale Picard et ses fidèles accolytes Mathieu Cantin (guitare), Phil Morrissette (basse) et Stéphane Rancourt (percussions) ont démarré cette nouvelle tournée française sur les chapeaux de roues. Le quatuor ne boude pas son plaisir d'être en France. Cette méga-tournée hexagonale débutée voilà trois semaines devrait leur permettre de continuer la promotion de l'unique album de la formation, le déjà cultissime "Me, Myself & Us" (160.000 copies vendues au Canada et, déjà, plus de 120.000 en France).

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Sur scène, le Pascale Picard Band a la hargne d'un garage band. Quand ils entonnent le déjà classique "Annoying", l'influence punk-rock est nettement perceptible. Nous sommes ici plus près d'Alanis Morissette ou de Nina Hagen que de la patte folk-rock qui prévaut sur l'album, à l'instar de "Useless", "l'une de mes chansons préférées", confiait la nouvelle égérie de la pop canadienne.

Cette dernière se révèle très nature, aussi bien "on stage" que "backstage". Arrachant une bouffée de cigarette entre deux morceaux, trinquant aussi, à l'occasion, à la santé du public sur "Let's have a drink", Pascale Picard se livre au public comme elle le faisait, il n'y a pas si longtemps, lorsqu'elle écumait les bars de la région de Québec où elle a été révélée. Lorsqu'un sbire de la sécurité veille à ce qu'aucune photo ne soit prise pendant le concert, la Québécoise le tance gentiment : "Je comprends qu'il fasse son métier; on ne tient pas à être au dessus des lois, mais je tenais quand même à vous dire que nous, ça ne nous dérange absolument pas que vous preniez des photos, même avec le flash si ça vous fait plaisir !" Sans plus attendre, portables et appareils numériques crépitent à l'unisson...

Une nouvelle chanson
Pour les fans qui se demandent encore si cette tournée sera mise à profit pour tester de nouvelles chansons, qu'ils soient ici rassurés ! Dans l'interview récente accordée à Titus, Pascale Picard admettait avoir commencé à distiller, au Québec, quelques nouvelles compos du band, pour aider les fans québécois à patienter en attendant la vraisemblable sortie d'un nouvel album en 2010 (cette fois simultanément au Canada et en France). Elle nous disait, vu la sortie plus récente de l'opus en France, qu'il serait peut-être encore un peu tôt pour aborder le nouveau répertoire du groupe. Eh bien non ! Le quatuor en a finalement décidé autrement, pour le plus grand bonheur de ses fans, interprétant une très belle ballade "destinée à figurer sur le prochain album, si vous l'aimez". Silence religieux dans la salle. Les fans brestois sont aux anges.

L'autre bonne nouvelle, c'est que le Pascale Picard a élu domicile en France pour quelques mois encore, et que leur retour en Bretagne est déjà programmé. "On n'était jamais venus ici, et on a été super bien accueillis, aussi bien à Rennes, Nantes ou Brest aujourd'hui. La Carène était jusqu'ici l'une de nos plus grandes salles, et le concert était sold out depuis déjà quelques semaines, merci Brest. Du coup, on doit revenir jouer à Guipavas le 24 octobre..." Et ce n'est pas tout, puisque la formation sera l'une des têtes d'affiche des festivals bretons de cet été, notamment au festival du Bout du Monde (du 31 juillet au 2 août) et au Festival du Chant de marin à Paimpol (du 7 au 9 août). De nouvelles opportunités pour découvrir ce groupe attachant et d'une tonicité contagieuse.

09.03.2009

Tété en "labo" aux Vaches folks : un antidote à la crise

Le songwriter Tété a donné à Cast, samedi, le coup d'envoi de son "Labo Solo Tour", mini tournée destinée à tester les chansons de son prochain album. Des compos testées et vérifiées par 350 cobayes exaltés.


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Séance de dédicace, samedi, à l'issue du concert.


Il est à peine 22 h 30. La petite salle exigüe de Cast est pleine comme un oeuf et respire à l'unisson. L'impatience est perceptible sur les visages de cette foule aussi diverse que compacte. La délivrance est proche lorsqu'apparaissent Roger Mauguen et Eric Bert, co-organisateurs des Vaches folks. Ils tirent Tété par le bras pour l'aider à se frayer un passage jusqu'à la scène. Une entrée dans le pur esprit Vaches folks, qui a inventé cette relation de proximité particulière entre les artistes et leur public. Ici, pas de chichis.
Eric Bert tend le cou jusqu'au micro dressé pour le géant d'ébène. "On nous a demandé plus d'une fois pourquoi nous n'avions pas jusqu'ici invité de songwriter français. Je dois vous avouer qu'en lançant les Vaches Folks, nous rêvions, sans y croire, de faire un jour venir Tété. Et voilà qu'il est là, sous nos yeux !", lance-t-il, le touchant du bout du doigt, comme pour s'assurer qu'il ne rêve pas.

Le public invité à participer
Cet esprit Vaches folks sied parfaitement au "Labo Solo Tour" imaginé par Tété. Ce n'est sans doute pas un hasard s'il a choisi de lancer à Cast cette mini-tournée de près de 25 dates. Une petite salle (près de 350 personnes tout de même), un public chaleureux et réceptif, que demander de mieux lorqu'on cherche à tester le matériel d'un nouvel album. A l'heure du tout participatif, Tété a créé ce concept de laboratoire où le public est invité à collaborer au processus de création. Le songwriter invitera ainsi chaque spectateur à lui envoyer directement, par mail, ses impressions sur les nouvelles chansons. "Dites moi sincèrement ce que vous en pensez; ça m'aidera à les améliorer !"

Tester un vaccin à la crise
En parfait laborantin-en-chef, Tété dirige les expériences. La mission du jour : tester un vaccin à la crise. Véritable pile électrique sur scène, il anime son show comme une émission de radio, où le silence est proscrit. L'artiste occupe l'espace, autant sonore que géographique. Chaque titre qu'il égraine est ponctué de monologues dignes d'un "stand up comic" de tradition américaine. Son débit est rapide, haletant, les envolées de guitare servant à meubler les moindres tâtonnements du discours.
Et alors, ces nouvelles chansons ? Infaillibles, si l'on en juge à la façon dont elles ont été reprises de concert par les cobayes volontaires. Avant l'entame de chaque morceau, Tété prend soin d'en livrer la teneur mélodique de telle sorte que chacun puisse s'associer aux harmonies. Il exhorte aussi "les mains les plus sexy du Finistère" à battre la mesure. Lorsque la mixture (un éventuel vaccin, déjà ?) prend forme, le résultat est édifiant. On croirait qu'ils sont dix sur scène, et pourtant, il n'y a bien qu'un Tété, casquette vissée sur le crane, bouc hirsute et ces épaisses montures qui lui donnent un petit côté intello.
Car l'artiste n'est pas qu'un musicien merveilleusement doué. Ses textes peuvent être d'une causticité redoutable. Lorsqu'il entonne "Banqueroute" ou "Les temps égarés", nouveaux titres qui semblent répondre à "La relance", chanson phare de son dernier opus, le public, conquis, en redemande. Tété peut écourter les recherches. Il l'a bel et bien trouvé, son antidote à la crise.


ANN ELEN EN TOUTE SIMPLICITE

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Ann Elen et Roger Mauguen, patron des Vaches Folks, à l'issue du concert, samedi.

C'est à Ann Elen, chanteuse folk originaire de la Presqu'île, que revenait l'honneur d'ouvrir la soirée des Vaches Folks, samedi. Le bonheur de la Crozonnaise, radieuse sur scène, était palpable. Il est vrai qu'avoir la joie de se représenter avant "l'immense Tété" (ses propres mots), constituait un nouveau challenge pour cette artiste dont la carrière semble aller crescendo depuis la première partie d'Alela Diane, au Vauban, à Brest, en mars 2008. Que de chemin parcouru en un an ! Flanquée d'Olivier Blaizot, son guitariste virtuose, Ann Elen, elle-même experte de la six-cordes, a livré, de sa voix claire, un bel échantillon de son répertoire. Les arabesques sonores d'Olivier Blaizot illuminent les titres, tous interprétés en anglais, qui s'abreuvent aux sources du répertoire nord-américain. Des mélodies dépouillées qui s'impriment durablement. Des paroles qui racontent avec justesse les petits maux de l'existence et autres alléas de la vie. Contrainte à une chorégraphie minimaliste, du fait d'un accident récent aux Antilles, la chanteuse n'a pu se livrer à "ses petits pas de danse" habituels. Mais on devine qu'Ann Elen, ce petit bout de femme tout feu tout flamme, n'est pas du genre, dans la vie, à rester fixée sur son tabouret. Par son humour et sa simplicité, l'artiste rayonne et cette ferveur est bigrement contagieuse.

Articles publiés le lundi 9 mars dans Le Télégramme, édition de Châteaulin.

29.11.2008

Relecq-Kerhuon : l'Ontario au salon du livre

Tout ce week-end, l'association Lennvor propose la dixième édition de son salon du livre, à l'Astrolabe, au Relecq-Kerhuon. L'occasion de partir à la rencontre d'écrivains, de poètes ou d'auteurs de BD d'horizons divers. Nous avons, pour notre part, passé un petit moment bien agréable au stand tenu par la délégation d'auteurs de l'Ontario français.

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Jean Mohsen Fahmy au côté d'une jeune lectrice bretonne.


La salle spacieuse et lumineuse de l'Astrolabe se prête plutôt bien aux rendez-vous littéraires de Lennvor. La largeur des allées facilite la circulation et permet aussi de faire une halte, sans craindre d'entraver le passage. C'est ce que nous avons fait, cet après-midi, devant le stand réservé à l'Ontario français, où nous avons pris plaisir à dialoguer avec les auteurs ontarois Yves Breton, Jean Mohsen Fahmy et François-Xavier Simard.

ff84d5f860cbbc07f4920821b6674487.jpgYves Breton (ci-contre) présentait, outre quelques essais sur la gestion et le développement dont il est spécialiste, ses romans historiques à l'instar de "Qui verra vivra" ou "Duluth, ce pionnier au destin sans pareil". L'Histoire, c'est son dada, et on comprend pourquoi à l'évocation de son passé familial : "L'un de mes ancêtres est parti de Bretagne dans les années 1600 pour aller s'installer au Canada", indique-t-il; "il fait partie des quelques milliers de pionniers français qui se sont établis en Nouvelle-France, les tout premiers dans l'Histoire".

A la table d'à côté, on parle aussi d'Histoire, mais celle-ci exhale un délicieux parfum d'Orient. Jean Mohsen Fahmy, né en Egypte, vit au Canada depuis quarante ans. Il a été journaliste, professeur puis haut fonctionnaire, mais sa passion, c'est l'écriture. Ses derniers romans, "L'Agonie des Dieux" (Prix ontarien Trillium en 2006) "Amina et le mamelouk blanc" et "Ibn-Khaldoum" ont tous remporté un grand succès de critique et de librairie.


Salon du livre au Relecq-Kerhuon. Salle de l'Astrolabe, samedi 29 novembre, de 13 h à 19 h; dimanche 30 novembre, de 10 h à 18 h. Entrée gratuite.

29.06.2008

Enfin l'été !

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27.04.2008

Carus Thompson à Cast : décoiffant !

8c696b8733cd67bfeb25c99635b73203.jpgS'il s'était agi d'une rencontre sportive, on aurait sans doute pu affirmer que le résultat était connu d'avance... C'est en effet avec la même générosité, la même dévotion que lors de son premier passage que Carus Thompson a livré, hier soir, à Cast, un concert énergique et chaleureux. Evénement notable, le public des Vaches Folks a même dansé sur les titres chaloupés de la formation australienne, une première dans les annales de ces soirées...


Même si ce n'est pas dans leurs habitudes de s'autocongratuler, Eric Bert et Roger Mauguen, co-organisateurs des Vaches Folks, pourraient (sans rougir) se prévaloir d'un certain flair. L'invitation de Carus Thompson, l'une des figures émergentes du rock australien contemporain, constitue sans nul doute l'un de leurs plus jolis coups. Le 24 août 2007, devant un public tétanisé, le songwriter avait déjà livré une prestation solo survitaminée, convaincant d'emblée par sa sincérité et son extraordinaire générosité.

Encore plus de relief
Samedi, pour son deuxième show à la pointe bretonne et l'une des premières dates de sa tournée européenne 2008, Carus Thompson a remis le couvert. Cette fois, il était accompagné des True Believers, sa formation attitrée (composée, pour cette tournée, de son frère Christian Thompson, à la mandoline et à la guitare, et des Français Mathieu Lucas, à la basse et au piano, et Christophe Baillet à la batterie et aux percussions). Une ossature qui permet de donner encore plus de relief à certaines compositions musclées, à l'instar de "Crash" ou "Warning Signs", pépites du dernier album de Carus, "Three Boxes".

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Complicité
L'une des plus grandes forces de Carus Thompson réside peut-être dans la manière dont il parvient à s'attirer la complicité du public. Personne n'est jamais oublié, et l'Australien sait aller chercher les plus timides en n'hésitant pas à se débrancher et à s'élancer au milieu des spectateurs pour interpréter, en acoustique, certaines de ses plus belles ballades. Les personnes présentes ont soudain le sentiment de se retrouver en famille, dans une exceptionnelle proximité avec l'artiste. Il n'y a décidément qu'aux Vaches Folks...

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Plus de deux heures de show
Cette fois encore, Carus Thompson aura tout donné au cours d'un concert marathon de près de deux heures et demie au cours duquel les chansons rock ont succédé aux reggae "à l'australienne" ou aux ballades acoustiques ciselées qui ont fait sa réputation down under. Carus en rajoute une couche sur la qualité des audiences européennes : "Chez nous, les gens boivent beaucoup aux concerts et chahutent pas mal; il faut faire preuve d'imagination pour sans cesse les tenir en haleine". Une formule qui explique sans doute le dynamisme sans cesse renouvelé des prestations du groupe. "En Allemagne où nous retournons dans quelques jours, il n'est pas rare de voir jusqu'à 300 personnes se déplacer à un concert dans un petit village; à chaque fois, les gens ont du mal à nous laisser partir et on enchaîne rappel sur rappel !" Le public castois en aura fait l'expérience en faisant revenir Carus et son groupe à (au moins) quatre reprises, notamment pour un remake particulièrement réussi de "Weather with you" de Crowded House. Quel bonheur !

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Carus Thompson signant des autographes à l'issue de la soirée; le chanteur aime visiblement cette proximité avec son public, qui le lui rend bien.


DERNIERE MINUTE (POSTE LE 28 AVRIL) :
Une date française supplémentaire s'est greffée sur le calendrier de la tournée européenne de Carus : avis aux lecteurs de la région parisienne : show acoustique ce lundi 28 avril, à 20 h, au RUSH BAR, 32 Rue Saint Sebastien, Paris XIè.

22.03.2008

Alela Diane sensuelle diva

cfd57066e68b2c878c8097b86ccdf891.jpgAvec la grâce et la sensualité digne d'une Norah Jones, la folkeuse californienne Alela Diane a hypnotisé, vendredi, le cabaret Vauban à Brest, où se jouait, à guichet fermé, l'une des dernières dates de sa tournée française. Une prestation intimiste et sereine.


L'esprit folk dans sa plus pure expression. Un set dénué d'artifices, le naturel avant tout. Le son des guitares et du banjo, ponctué à l'occasion du battement d'une grosse caisse ou des applaudissements du public. Voilà pour la rythmique. Le show d'Alela Diane mise avant tout sur la sobriété, mais ce quasi dépouillement est précisément ce qui permet au public d'apprécier l'essentiel : ces mélodies lancinantes qui nous emportent comme le mouvement des vagues, les ondulations d'une voix si touchante qu'elle parvient à débusquer les émotions les plus enfouies en chacun de nous... Sensible et sensuelle, la jeune songwriter fait déjà preuve de beaucoup de métier et d'un naturel qui laisse deviner une immense artiste.

abce7435793109224238a484e44ebae9.jpgTalents d'exception
Alela Diane est entourée sur scène par un trio d'exception : à la guitare, son père, Tom Menig, à qui l'on doit l'enregistrement du premier album d'Alela, "The Pirate's Gospel", ce disque aussi original que captivant; pour les choeurs, son amie la chanteuse amérindienne Mariee Sioux et, au banjo, Matt Bauer (deux artistes qui suivent aussi parallèlement leurs propres itinéraires en solo). L'ambiance est bon enfant. Tom Menig, aux faux airs de D'Artagnan, fait son papa poule. La complicité est manifeste entre le père et sa fille. Au milieu du set, tandis qu'Alela et Matt s'accordent, Tom chahute : "Je vous raconterais bien une blague pour vous faire patienter, mais ma fille ne veut pas..." La chanteuse sourit : "Daddies like to tell stories all day" (tous les papas passent leurs journées à raconter des blagues).

bcf2985496d9fbec7636f45d0d6366c9.jpgSimplicité déroutante
A l'étage du Vauban, après un rappel copieux, le public est invité à rencontrer Alela, Matt et Mariee, qui dédicacent albums et affiches. La simplicité de la chanteuse est tout bonnement déroutante. Elle semble sincèrement surprise des honneurs que lui réserve le public et gratifie chacun de ses interlocuteurs d'un large sourire doublé d'un timide "thank you". La nouvelle diva, révélée seulement l'an dernier en France, semble toujours un peu surprise de son succès outre Atlantique. Cette candeur non feinte fait tout le charme du personnage. La musique d'Alela est une eau de jouvence où il fait bon se ressourcer. Heureusement pour nous, cette source vaillante ne semble pas près de se tarir : un second album est déjà en vue...

La vidéo de "The Pirate's Gospel", succès de l'album éponyme :



01.01.2008

Bonne et heureuse année 2008 ! Bloavez mad !

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Que cette nouvelle année vous permette de réaliser vos rêves les plus chers !

Notre illustration : la Bretagne en hiver : presqu'île de Saint-Laurent, Finistère nord.

24.11.2007

Pura Fé aux Vaches Folks : plongée en apnée

b3258fef51be5c670c63cddf7587180c.jpgCarton plein, vendredi soir, aux Vaches Folks. La petite salle polyvalente de Cast était pleine comme un oeuf, ou presque, pour le concert de la chanteuse amérindienne Pura Fé et de son incroyable guitariste Danny Godinez. Roger Mauguen et Eric Bert, coorganisateurs de ces soirées, ne cachaient pas leur satisfaction de voir la foule au rendez-vous. Et pas n'importe quelle foule : visiblement, les amateurs de blues s'étaient donné le mot, ne souhaitant pas manquer ce qui s'annonçait comme l'un des événements musicaux de l'automne.


Le collectif "Tribute" a quitté la scène depuis une petite demi-heure et le public retient son souffle. Guette la porte de la loge, espérant en voir sortir le duo si attendu... Mais Pura Fé n'est pas toujours là où on l'attend. La voilà qui surgit du fond de la salle, parée d'un foulard noir aux broderies chatoyantes, blue jeans et santiags à franges, sa guitare "lap steel" sous le bras. Elle se fraye un passage jusqu'à la scène, jette un regard un peu timide vers le public et le salue en français. Tandis qu'elle prépare sa Weissenborn, Danny Godinez la rejoint, bonnet de laine vissé sur la tête et grosse écharpe autour du cou. C'est qu'il ne fait pas très chaud, ce soir, à Cast. Mais heureusement, la musique faisant très vite son office, quelques minutes suffiront pour réchauffer la salle.

Un hymne iroquois en ouverture
e0e857c91c8d18b96b68cb0aa2f2d87e.jpgFidèle à ses origines iroquoises, Pura Fé entame le concert en interprétant a cappella un chant traditionnel Tuscarora. Une façon de nous rappeler, aussi, qu'elle fut pendant vingt ans l'une des pierres angulaires du trio vocal amérindien Ulali, une formation qui a fait plusieurs fois le tour du monde. La voix est juste et rauque, étonnamment puissante. Le ton est donné pour le reste de la soirée. Pura Fé égraine ensuite les chansons de son dernier album, "Hold the rain", puis celles de son premier opus "Tuscarora Nation Blues". Pour "Summertime", ce classique entre les classiques que Pura Fé a maintes fois vu sa mère interpréter, elle qui chanta pour Duke Ellington, l'Amérindienne se lève. La salle reconnaît le standard de Gershwin, s'enthousiasme pour cette séquence d'émotion pure.

Le miracle d'une rencontre
Aux côtés de la chanteuse, Danny Godinez épate. Son jeu de virtuose est brillantissime. Le musicien parvient à sortir un son de chaque partie de son instrument. Au milieu de la soirée, Pura Fé lui donne carte blanche pour un solo improvisé qui réjouit tous les amateurs de guitare. En plus d'être un prodigieux guitariste, Danny Godinez possède une maîtrise époustouflante des effets sonores. On ne peut que se réjouir du miracle de cette rencontre entre les deux artistes. Ils jouent en parfaite symbiose, tant du point de vue instrumental que vocal. "Au moment où j'ai rencontré Danny, il y a un peu plus d'un an, je m'apprêtais à recruter un autre guitariste", nous confiait récemment Pura Fé, "finalement, quand j'ai entendu jouer Danny, j'ai tout de suite voulu qu'on travaille ensemble". La collaboration a été particulièrement fructueuse puisque Danny Godinez a signé plusieurs des plages du plus récent album de la chanteuse, parmi lesquelles la pépite "Let heaven show".

Plongée en apnée
Lorsque les artistes terminent leur set, la salle applaudit à tout rompre. Ce public ultra-réceptif qui, à plusieurs reprises durant le concert, a été invité à reprendre en choeur les incantations quasi-chamaniques de l'Amérindienne. Pura Fé et Danny Godinez sont à peine sortis de scène qu'ils acceptent de revenir pour une longue improvisation voix-guitare, qui démontre une fois de plus les étonnantes capacités vocales de la chanteuse et l'extraordinaire habileté de son guitariste. Lorsque le concert prend fin, la salle peine à retrouver son souffle, après pratiquement deux heures de plongée en apnée.



LA SOIREE EN IMAGES

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Le concert vient de débuter. Sa guitare lap steel de type Weissenborn posée bien à plat sur tréteaux, Pura Fé commence à égrainer les morceaux de son second album solo, "Hold the rain".

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Pura Fé et Danny Godinez ne jouent ensemble que depuis un peu plus d'un an, mais l'osmose est manifeste entre les deux musiciens qui se complètent à merveille, aussi bien d'un point de vue vocal qu'instrumental.

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Pour le standard de Gershwin, "Summertime", une chanson qu'interprétait sa mère (ancienne chanteuse du band de Duke Ellington), Pura Fé se lève et livre une version époustouflante; Un souffle d'émotion pure.

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Guitariste aux doigts de magicien, Danny Godinez est aussi passé maître dans l'utilisation des effets sonores : le nombre de pédales de toutes sortes en atteste...

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A la fin du concert, nombre de spectateurs ont obtenu le précieux autographe de la légende du blues amérindien, comme cette petite fille visiblement sous le charme.

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Lena, 11 ans, est ravie. Cette jeune guitariste a pu rencontrer son idole, Danny Godinez, le compositeur de "Let heaven show", l'une des pièces maîtresses du dernier album de Pura Fé qu'elle étudie actuellement en cours de musique.

23.10.2007

Crowded House à Paris : un dimanche soir en famille

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"Crowded House". Autrement dit, maison bondée. Bondée, la petite maison de la Maroquinerie l'était, dimanche soir, avec ses 500 spectateurs. Neil Finn, le leader de Crowded House, s'en est presque excusé, mais personne ne s'en est plaint. Cela renforçait considérablement l'impression d'être en famille. Entre fans ravis de voir, entendre et presque toucher du bout des doigts la formation australo-américano-néo-zélandaise trop longtemps absente de l'Hexagone.


A ma gauche, Orla est venue de Dublin. "Il me restait quelques jours de vacances à prendre ; quand j'ai vu que la tournée de Crowded House passait par Paris, je me suis aussitôt décidée", précise-t-elle, peu avant le concert. A ma droite, je repère deux tee-shirts noirs des All Blacks. Rachel et John, deux kiwis égarés à Paris, étaient venus au départ pour la Coupe du Monde de rugby. Las de ne pas voir leur équipe fétiche en finale, ils ont tout de même eu un beau lot de consolation. Habitués des concerts du clan Finn aux antipodes, ils ne les avaient jamais vus dans une aussi petite salle...
2f9f76cb5f3c4a25cd826ab41a952c81.jpgDerrière moi, un couple de sympathiques Rennais et Marco le Belge, visiblement fan, lui aussi, puisqu'il arbore blouson et tee-shirt aux couleurs de "Time on earth", le plus récent album du groupe. Deux jours plus tôt, il était déjà au concert de Bruxelles, où 7.000 personnes s'étaient donné rendez-vous. Deux heures trente de spectacle et vingt-cinq chansons : "C'était super, mais de se retrouver ainsi dans une petite salle, à deux mètres de la scène, c'est tout autre chose !", lance-t-il.

Hors d'oeuvre de premier choix
En première partie, les Anglais de Cherry Ghost nous mettent en appétit. Leur pop atmosphérique constitue un hors d'oeuvre tout à fait adéquat. Alors que le quintet s'apprête à livrer son dernier morceau, Matt Sherrod, le nouveau batteur de Crowded House, surgit des coulisses, suivi de ses quatre accolytes (Nick Seymour, Neil Finn et Mark Hart, sans oublier Davey Lane, guitariste et chanteur australien, membre des formations You Am I et The Pictures, qui les accompagnait aux claviers, guitares et harmonies pendant cette tournée européenne), bouteille de champagne, seau à glace dans les bras. Une belle façon de rendre hommage à ce jeune groupe prometteur qui les a accompagnés tout au long de leur tournée européenne, virée qui les a conduits de Madrid à Vienne, en passant par Munich, Zurich, Oslo, Amsterdam (etc.), et dont Paris constituait l'épilogue.

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° Ci-dessus, le chanteur de Cherry Ghost savourant sa coupe de champagne sur scène aux côtés de Nick Seymour et Matt Sherrod.

Heureux d'être là
Lorsque, vingt minutes plus tard, retentit un hymne maori, bande son servant d'intro à la formation au cours de cette tournée, la salle retient son souffle. Crowded House déferle sur scène comme un seul homme, pour un set compact de deux heures, interrompu seulement par deux pauses minuscules (voir la setlist en note). De toute évidence, le groupe est heureux d'être là. Sourires complices, anecdotes humoristiques émaillent la soirée, les musiciens se taquinant à qui mieux-mieux. Musicalement, la playlist est roborative à souhait. Les classiques des premières années de la formation, présentés sous un jour nouveau, côtoient les plages du dernier album, telle "Silent house", pierre angulaire de "Time on earth" s'il en est, ou "Pour le monde", seule chanson du groupe comprenant un couplet en français ("pour le monde, pas pour la guerre") et sur laquelle le groupe ne pouvait naturellement pas faire l'impasse à Paris... Mark Hart, quand il n'est pas aux claviers pour entonner "To Paris", un extrait de son album solo, a toujours une guitare à bout de bras, acoustique, électrique ou "lapsteel"...

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Final tonique et enjoué
Le public reprend chaque morceau à tue-tête, faisant briller des étincelles dans les yeux de Neil Finn. Le groupe aurait sans doute aimé continuer bien au-delà, mais la Maroquinerie n'a pas l'autorisation de faire du bruit (grrr !)au-delà de 23 h. A onze heures moins cinq, après 1 h 55 de concert, Neil chahute : "Il nous reste quelques minutes, encore, pour vous en servir une autre, avant que les "gendarmes" (en français dans le texte) débarquent". Dans un final délirant, tonique et enjoué, oscillant entre pot-pourri de vieux classiques (Beatles, Kinks ou Turtles, notamment) et improvisation funky sur une boucle rythmique de Nick Seymour, les cinq quittent le "stage" après avoir serré moult mains et salué le public ("Nous devons attraper le ferry pour l'Angleterre à 4 h du matin, explique Neil; "vous ne voulez pas venir avec nous ? Ca rendrait le voyage beaucoup plus intéressant...").

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"Thank you New Zealand"
Les fans, un peu sonnés par tant de talent, tant de générosité, restent un moment au pied de la scène, échangeant entre eux. Je me tourne vers mes voisins néo-zélandais : "Thank you New Zealand !", leur dis-je. Ils sourient. Nous les invitons à boire un verre à l'étage. Nick Seymour apparaît l'instant d'après, une Corona à la main. Et puis ce sera Matt Sherrod. Quelques autographes signés à la hâte avant de s'engouffrer dans le minibus garé devant l'entrée de la Maroquinerie, dans lequel un Neil visiblement exténué, emmitouflé dans une veste brune en tweed, melon tomette bien vissé sur le crane, a déjà pris place. Mark Hart et Nick Seymour continuent à converser avec des fans venus leur dire au revoir. Neil se penche en dehors du véhicule, le temps d'échanger quelques mots, puis accepte que je le prenne en photo à l'intérieur du minivan. On lui fait promettre de revenir le plus vite possible et puis tout s'accélère. Un roadie presse Nick et mark, encore sur le pavé : "Come on guys ! Le ferry ne nous attendra pas !" Tous se replient alors dans le véhicule, saluant une dernière fois de la main la poignée de fans encore présents. Le minibus avance dans la rue Boyer. La parenthèse européenne est (déjà) fermée pour l'instant mais, dans cinq jours, la tournée se poursuit en Nouvelle-Zélande et en Australie... Avec l'assurance, donnée par Neil Finn en personne, qu'ils ne nous feront pas languir aussi longtemps avant leur prochain passage en France !

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° Neil Finn, Matt Sherrod et Davey Lane dans le minibus devant les conduire, au ferry, dimanche soir.

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La "setlist" du concert parisien

1. There goes God
2. When you come
3. Dont stop now
4. Fall at your feet
5. Say that again
6. Pour le monde
7. Silent house
8. A sigh
9. She goes on
10. Four seasons
11. People are like suns
12. Locked out
13. Something so strong

14. Distant sun
15. Pineapple head / Sunny afternoon
16. A day in the life (partie du milieu)
17. Happy together (interprétée par Mark)
18. Private universe

19. Into temptation
20. To Paris (interprétée par Mark Hart, chanson de son album solo)
21. Dont dream it's over
22. Fingers of love
23. Weather with you

11.09.2007

L'hommage de Brest aux explorateurs

medium_P9090031.JPGQuand il pénètre dans l'enclos muré du jardin des explorateurs, le visiteur ne peut s'empêcher de se sentir propulsé en dehors du temps et de la ville. Et pourtant, Brest est bien là, tout autour, avec ses bâtiments blancs et bateaux gris. Pour s'en rendre compte, il suffit de monter sur la passerelle qui surplombe le jardin, d'où on obtient une perspective saisissante sur la rade, le château et l'arsenal. Un rappel du lien historique entre la Marine et la botanique.


Dès la fin du XVIIIe siècle, le développement des voyages maritimes au long cours permit d'envoyer des botanistes de par le monde, afin d'étoffer le choix des plantes exotiques. Et c'est notamment de Brest où arrivaient les bâtiments des explorations scientifiques, que les plants partaient vers Paris pour enrichir le jardin du Roi, aujourd'hui jardin des Plantes. Du temps de Colbert, chaque port de France fut ainsi doté d'un jardin botanique afin d'accueillir les nombreuses espèces exotiques à acclimater. Dès 1694, à Brest, l'intendant de la Marine Desclouzeaux avait déjà créé un jardin aux simples dans l'enceinte de l'hôpital de la Marine.

Des plantes aux origines les plus diverses
Le jardin des explorateurs, qui rend hommage à ces expéditions scientifiques parties de Brest, recense aujourd'hui une multitude de plantes (notamment les fameux hortensias qui se sont si bien acclimatés en Bretagne) rapportées de ces voyages aux destinations exotiques : Nouvelle-Zélande, Australie, Chine, Japon, etc. La biographie de chaque explorateur (Bougainville, Commerson, etc.) est rappelée sur des plaques disposées tout autour de ce petit havre de verdure où il fait bon flâner ou se ressourcer. Voyage en images...

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