10.11.2007
Jeux d'équilibre...
12:35 Publié dans Divagations | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Presqu'île Saint-Laurent, Porspoder, Finistère, Bretagne, roches, sculptures, totems
29.04.2007
Sentinelles de granite (Part II)
12:09 Publié dans Divagations | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Côtes bretonnes, rochers de caractère, Bretagne, littoral breton
07.04.2007
Mots vengeurs
Dans ce rêve en noir et blanc, j'étais haut perché sur un tabouret métallique placé au centre d'une grande pièce vide et froide. Devant moi, une antique machine à écrire était posée sur un guéridon en pin. Je ne peux dire précisément en quoi consistait mon activité, mais il semble qu'elle devait être liée à l'écriture. Qu'étais-je supposé écrire ? Je ne pourrais le dire, mais ce dont je me rappelle parfaitement, en revanche, c'est qu'à chaque fois que je me relisais, je découvrai les mots d'un(e) autre. Il n'y avait rien à faire... J'écrivais "pluie", et je lisais "soleil" ; j'écrivais "soleil" et la machine, dans un crépitement désagréable, recrachait "pluie". Mes tentatives répétées semblaient vaines.
J - E - - - S - U - I - S.
"UN IMBECILE".
Ces deux mots complétaient ma phrase restée inachevée.
JE SUIS UN IMBECILE
Et tandis que je relisais les mots, le crépitement reprit de plus belle. Même sans papier, les mêmes touches s'enfonçaient à l'infini : U-N- - - -I-M-B-E-C-I-L-E... Les murs de la pièce, dont je n'avais peut-être pas assez souligné l'extraordinaire blancheur, furent soudain recouverts de ces mêmes inscriptions
IMBECILE IMBECILE IMBECILE
Je m'étais endormi fatigué, je me suis réveillé schizophrène... avec une douleur à l'estomac en prime.
16:45 Publié dans Divagations | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Rêve, cauchemar, littérature
11.03.2007
Sentinelles de granite (Part I)
Vigile des côtes bretonnes
veilleur du temps immobile
monstre au coeur d'acier
et à la mine impitoyable
Allongé sur le sable
oreille tombante et mine patibulaire
tu sembles attendre la délivrance
mais des liens millénaires te retiennent
Toi, bon gros géant tu nous souris
les pieds fichés dans la dune
l'oeil en coin, le visage arrondi
bouche plissée et nez en trompette
tu t'es fait une raison semble-t-il
la liberté, tu le sais, n'est pas pour demain
Illustrations : côte nord-finistérienne, Bretagne : Kerlouan, Argenton, Porspoder.
11:22 Publié dans Divagations | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Bretagne, monstres de granite, poésie, côtes bretonnes
02.03.2007
Seul...
Le bleu du ciel s'épaissit
L'artisan du ciel ajoute du sombre.
A travers les vitres du salon,
des branches dégarnies se trémoussent encore,
effeuillées mais peu discrètes.
Les lampadaires prennent vie un à un,
la grand'messe des mouches commence.
Un passant passe au trot, suivi d'un chien essoufflé ;
s'arrêteront-ils pour zieuter, indiscrets,
dans mon salon illuminé ?
Tout est pourtant disposé sur le rebord des fenêtres,
pour piquer la curiosité des passants...
Cactus, petits moulins de Hollande en céramique,
la pousse de pamplemousse qui frise les trois centimètres...
La palette des surprises se fait rare,
tandis que le sombre s'empare du ciel.
Je vais pouvoir fermer les rideaux ;
il ne viendra personne,
ce soir encore.
Hearst, Ontario, le 18 mai 1994.
Illustration : "Jeune fille", toile du peintre chinois Lin Fa, datant de 1989, extraite de l'ouvrage "Collection de peintures de Lin Fa", publié par la Maison d'édition de Beaux-Arts de Hunan, Chine.
15:06 Publié dans Divagations | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, solitude, Ontario
25.02.2007
Aube blafarde
Un nuage se traînait au plafond. La lumière du lampadaire était diffuse. Elle, s'avançait en boitant dans la ruelle tandis que les poissons jaillissaient des bouches d'égout. La chaleur étouffante, cette moiteur dans l'air vicié, altéraient son souffle déjà haletant.
Les automobiles arrêtées ne respiraient plus ; les paupières des gratte-ciel ne s'ouvriraient plus jamais...
Mais elle, survivait malgré tout, la plante des pieds brûlée par le sol fiévreux, les yeux rougis par les vapeurs acides...
Un long manteau noir recouvrait son corps filiforme et, un grand capuchon cachait partiellement son visage buriné. Un iguane en robe de chambre traversa la rue et lui porta la faux symbolique, apanage de la panoplie apocalyptique. Elle, disparut derrière un écran de fumée en machonnant le bout de son bâton.
Igor referma ses volets en soupirant. Depuis le début du tournage dans sa rue, il était frappé d'insomnie. Et, pantelant, allongé sur son lit, il esquissa un sourire lorsqu'il entendit le réalisateur affirmer que la cinquante-deuxième prise serait la bonne.
Hearst, le 6 septembre 1993
Illustration : "Dans la cour", toile du peintre chinois Lin Fa, datant de 1987, extraite de l'ouvrage "Collection de peintures de Lin Fa", publié par la Maison d'édition de Beaux-Arts de Hunan, Chine.
14:00 Publié dans Divagations | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Lin Fa, peintre chinois, ambiance apocalyptique
16.02.2007
Histoire d'anges à la Madeleine
Deux anges posés aux côtés d'un coq, ça ne passe pas inaperçu ! Je suis certain que je les aurais remarqués s'ils avaient été là, hier, lorsque je réparais la parabole...
Les anges ont dû se poser dans la nuit, mais le coq ne nous a pas alertés. Cette fois, allez savoir pourquoi, il n'a pas chanté. On ne peut décidément pas compter sur les girouettes.
J'ai tenté de les faire réagir, en soufflant des grains de riz depuis l'oeil de boeuf de mon grenier. J'avais escaladé l'échelle en pin de mon arrière-grand-père pour atteindre la petite fenêtre. Mais les anges sont restés de marbre, même lorsque je me suis retrouvé les fesses par terre, après un croc-en-jambe malencontreux de Gibus, le crapaud taquin de la malle en osier.
Demain, j'en aurai le coeur net. Je gravirai un à un les escaliers de la tour de la Madeleine, et j'irai piquer le derrière de ces anges avec une aiguille à tricoter.
Verneuil-sur-Avre (Eure, Haute-Normandie), 1999
17:29 Publié dans Divagations | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Verneuil-sur-Avre, tour de la Madeleine, histoire d'anges
26.01.2007
Ecumes
Plages nues et vagues éprises de colère
même les rochers enfoncés dans le sable
ne comprennent pas cette violence les assaillant.
Chaque rouleau se fait plus violent, portant
les embruns et leur sel jusqu'à nos lèvres.
Témoins choisis du crépuscule, réjouissons-nous
de faire partie du cadre :
déclamons Eliot à qui veut l'entendre :
"Do I dare disturb the Universe ?"
Le vent porte nos voix et leurs échos
jusqu'aux oreilles sensibles des sirènes du bord de mer.
Elles sont trois, sur le rocher noir d'en face,
renvoyant en musique les vers que nous leur disons,
renvoyant en musique les vers de Waste Land;
"The Waste Land"
Le petit peintre d'aquarelles,
porte le chapeau à bords ronds et la barbe grise.
C'est un petit homme boule ;
nous nous faufilons derrière son atelier improvisé
Do we dare disturb his universe ?
Pour surprendre quelques images de la plage,
au crépuscule.
15:48 Publié dans Divagations | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Ecumes, Plages, vagues, poésie, TS Eliot






























