27 septembre 2010
Hazel O'Connor à Paris : émotion et générosité
Théâtre de Nesle, Paris, samedi 25 septembre, 18 h. Une ruelle nichée en plein coeur historique de la capitale, non loin de la Seine. Quelques poignées de spectateurs attendent patiemment dans le lobby. Ici, nul besoin de service de sécurité. Deux imposantes statues mélanésiennes encadrent l'entrée et suffiraient sans doute à intimider le moindre fauteur de trouble. Les conversations s'engagent naturellement. L'un, fan de la première heure, a apporté sa copie vinyle de "Breaking Glass" pour se la faire dédicacer après le show. Un autre arbore une jolie crête argentée que n'aurait sans doute pas reniée Kate, la punkette interprétée par Hazel dans le film qui l'a révélée au monde. Les gens du théâtre sont cool. Qui a dit que Paris était une ville pressée ? Ici, nous pourrions presque oublier le temps qui passe et, d'ailleurs, est-il possible que trente années se soient déjà écoulées depuis la sortie en salle de "Breaking Glass" ?.
Dans cette très vieille demeure, le théâtre est situé en sous-sol. Nous empruntons un imposant escalier de pierre jusqu'à la petite salle intimiste de 80 places et nous frayons un chemin jusqu'à la scène située en contrebas. Trois jolies blondes vêtues de noir font peu après irruption sur la scène minuscule. Clare Hirst, ancienne saxo de Bowie, et Sarah Fisher, ex-pianiste des Eurythmics, précèdent Hazel de quelques pas. Le concert peut commencer. "Ce soir, nous avons décidé de vous jouer plus de chansons de "Breaking Glass" parce que c'est le trentième anniversaire de la sortie du film", explique Hazel. Cette dernière a un petit côté Piaf dans le réalisme dont elle habite ses compos. L'acoustique est exceptionnelle, semblable à celle d'une chapelle bretonne. Les tubes s'enchaînent, l'un après l'autre, Hazel se chargeant d'expliquer, avec humour et dans un français parfois approximatif mais qu'importe, la genèse de chacune des chansons. L'émotion est au rendez-vous, notamment lorsqu'elle entonne son tube planétaire, "Will you", appuyé par un langoureux solo de sax de Clare Hirst. Le public applaudit à tout rompre, chante aussi lorsqu'on le lui demande. Les voix du trio sont au diapason. Celle d'Hazel, rauque et légèrement éraillée, à mi-chemin entre Marianne Faithfull et Térez Montcalm, s'enrichit de celle, chaude et profonde, de Sarah Fisher, et de celle, plus claire, de Clare Hirst. L'entente est manifeste entre elles. D'un naturel charismatique et généreux, Hazel mène le bal sans jamais accaparer toute la lumière. A plusieurs reprises, elle va jusqu'à quitter la scène ou s'écarte du faisceau du projecteur pour permettre au public d'apprécier à leur juste mesure les prestations de ses accompagnatrices. Après deux rappels interprétés dans l'euphorie générale, c'est déjà l'heure, hélas, de remonter à la surface (au sens propre comme au sens figuré). Mais ce n'est pas encore fini. Lorsque nous regagnons le lobby, les trois musiciennes sont déjà là pour saluer leur public d'un soir. Le trio se montre d'une disponibilité exceptionnelle. Quelques séances photo, avant qu'Hazel ne puise dans un carton quelques cadeaux qu'elle distribue aux fans de la première heure. Générosité, disais-je ?
"The Bluja Project" : la belle revanche d'Hazel
Souvenir d'une salle obscure en 1980, à Tahiti. J'avais 13 ans, elle devait en avoir 25. J'étais sorti du cinéma tout retourné. Hazel O'Connor, puisque c'est d'elle qu'il s'agit, crevait l'écran dans "Breaking Glass", un film réalisé par Brian Gibson, où elle interprète le rôle principal et qui lui permit de recevoir sa première ovation debout à Cannes. Ce film-culte des années 80 avait fait d'elle une icône en quelques mois. Il faut dire qu'en plus de (bien) jouer la comédie, la jeune artiste signait du même coup l'intégralité de la BO du film. C'était la première fois, dans l'Histoire, qu'une bande originale était ainsi composée, écrite et interprétée par une femme. Un coup de maître pour un premier essai !
Au moins cinq titres de cette BO ont connu un succès international : "Eighth day", "Calls the tune", "Writing on the wall", "Give me an inch" et en particulier "Will you", dont le solo de saxophone résonne encore aujourd'hui dans beaucoup de coeurs !
Depuis lors, Hazel O'Connor n'a pas connu que le succès. Quelques déboires avec sa maison de disques auraient même pu l'inciter à changer de métier. Mais la traversée du désert aura, somme toute, été de courte durée. Hazel s'est accrochée, avec une belle persévérance. Du côté du petit écran, elle a tourné dans une série britannique à succès intitulée "Fighting back". Côté musique, elle n'a jamais cessé de tourner.
Elle présente notamment, au côté de la harpiste Cormac De Barra, son spectacle autobiographique "Beyond the breaking glass", qui a été très bien accueilli par la critique. Avec sa formation rock de Coventry, "The Subterraneans", elle reprend aussi très régulièrement les tubes de "Breaking glass", et les chansons de ses albums suivants : "Sons and lovers", "Cover plus", "Smile". Un double album live enregistré à Brighton, "Fighting back", a même été publié en 2005. Parmi ses autres albums, "Hidden heart", où elle reprend des chansons de David Bowie. Une compil, "A singular collection", a aussi vu le jour en 2003.
En 2009, Hazel a aussi participé à la tournée "Here and now", se représentant dans les stades britanniques aux côtés d'autres stars internationales tels Kid Creole, Kim Wilde ou Midge Ure (Ultravox).
Parallèlement, elle s'est associée à deux autres artistes confirmés, la saxophoniste Clare Hirst (qui a joué, entre autres, avec les Bellestars, les Communards et David Bowie) et la pianiste Sarah Fisher (Eurythmics, Sax in the city) pour fonder le "Bluja Project". En plus de revisiter les plus grands succès d'Hazel façon jazzy, le trio livre une interprétation sensuelle de standards indémodables, à l'instar de "Summertime", "Stormy Weather" ou "God bless the child". Un premier album, "The Bluja Project", a déjà vu le jour cette année, et "un second est d'ores et déjà en préparation", assure Sarah Fisher.
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| Tags : théâtre de nesle paris, hazel o'connor, bluja project, clare hirst, sarah fisher, breaking glass |
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09 septembre 2010
Vaches Folks, le must de l'automne !
Les Vaches Folks reviennent au galop. La prochaine soirée, programmée le 2 octobre, promet d'être l'un des must de l'automne. Pas moins de trois artistes sont en effet programmés, et pas des moindres. En plus du Brestois Colin Chloé, qui assurera la première partie, les aficionados de la petite salle castoise reverront avec plaisir le chanteur folk-rock canadien Shannon Lyon (ci-contre). Cerise sur le gâteau, les organisateurs ont aussi confirmé la venue de l'Américaine Chris Pureka ! Roger Mauguen, organisateur, a répondu cette semaine aux questions de Titus.
Titus - Le Brestois Colin Chloé assurera la première partie de la soirée, le 2 octobre. Sera-t-il en solo ou en groupe pour ce concert ?
Roger Mauguen - Il sera en solo. Je crois que son groupe, composé de Benoît Fournier (ex batteur de Matmatah), Christophe Le Bris (Miossec) et Fabrice Duhamel (claviers) a éclaté, faute de pouvoir donner suffisamment de concerts. Dommage, j'aimais beaucoup le son "rock" du groupe ! Je l'ai rencontré à un "Tribute to Neil Young" organisé par l'asso Harvest Breizh à la ferme de Gwernandour à Brasparts ; il avait fait une reprise assez exceptionnelle de la BO du film de Neil Young "Dead Man".
Titus - Cette soirée verra aussi le grand retour du Canadien Shannon Lyon à Cast. Il voulait revenir aux Vaches Folks, paraît-il ?
Roger Mauguen - Je crois que tous les deux, on voulait se revoir... Grâce a sa venue en Bretagne, il va aussi jouer pour la première fois à Paris, grâce à l'ami Jacques Deniel, programmateur des soirées concert folk au cinéma Jean Vigo de Genevilliers.
Shannon Lyon aux Vaches Folks à Cast en 2007.
Titus - Qu'a-t-il fait depuis son dernier passage à Cast, en 2007 ?
Roger Mauguen - Il a beaucoup tourné dans les pays du Nord de l'Europe, car il y habite maintenant. Il a sorti un album en 2008, "El sol" et un DVD-concert "Live in Solingen". Cette année, il sort encore deux albums : "This love, this love", avec ses propres compos et un album de reprises de chansons de Townes van Zandt, "Sorrow and solitude".
Titus - Vous avez annoncé cette semaine la venue de Chris Pureka. Comment l'avez-vous découverte ? Comment êtes-vous arrivés à la programmer à cette date ?
Roger Mauguen - On l'a découverte il y a déjà quelques années, en 2007 je crois, avec son superbe premier album "Driving North". Comme on avait beaucoup aimé, on lui a demandé de nous avertir de son passage en Europe. Elle était déjà venue l'année dernière, mais on n'avait pas pu le faire, ça tombait mal... Mais cette année, on a préféré rajouter une troisième artiste au plateau plutôt que de laisser passer encore une fois ! Elle est originaire de Northampton, dans le Massachusetts.
Titus - Où en sont les Vaches Folks ? Depuis quand existent vos soirées et quel bilan en tirez-vous ?
Roger Mauguen - Les Vaches Folks se posent beaucoup de questions car elles ont du mal à fidéliser un public : petite commune, petite salle pas vraiment acoustique, petit budget, un certain style de musique qui n'attire pas forcément les foules, folk - blues acoustique, très peu de batterie et guitare électrique, ce qui fait qu'on n'attire pas beaucoup de jeunes ! Le bilan qu'on en tire est très très mitigé ; par contre, on ne renie rien sur la programmation : toujours du haut niveau, connu ou inconnu. Pour mémoire, nous avons reçu à Cast Dave Goodman, David Munyon, Rachelle van Zanten, Shannon Lyon, Carus & the True Believers, H-Burns, Naosol & the Waxx Blend, Tony McManus, Jean-Félix Lalanne, mais aussi Tété, Eric Bibb, Pura Fé...
Titus - En dépit de soirées mémorables, quelques bides ont ponctué ce parcours, du fait de l'absence de public. Pourraient-ils remettre en cause l'organisation de ces soirées à terme ? Avez-vous songé à arrêter ?
Roger Mauguen - Oui, on a songé à arrêter car ce style de musique n'est pas partagé par beaucoup de Castois ! C'est dommage ! Et les bénévoles commencent à être fatigués par les fréquentations en dents de scie. On a l'impression également de ne pas être beaucoup aidés par les salles de concert aux alentours; il devient de plus en plus difficile de trouver une date ; d'ailleurs, pour celle-ci, bien que nous ayons prévenu à l'avance que l'on allait faire quelque chose le 2 octobre, on aura en face un concert de guitare acoustique à Pleyben et, le 27 novembre (notre prochaine date), il y aura une soirée folk à Châteaulin Une chose est quasi sûre : on ne continuera pas à faire trois dates par an ! Si on continue en 2011, ce sera sans doute sur un week-end, vendredi - samedi, avec l'idée d'un apéro-concert dans les bars de Cast, des concerts en salle les vendredi et samedi, des repas et la possibilité de logement pour le week-end. Un vrai mini festival, en somme, avec un style de musique forcément plus varié ! Mais tout cela n'en est encore qu'au stade de la réflexion. Cela dépendra de nos deux prochaines soirées ! Pour peu qu'il y ait du monde... On a l'impression que pour venir à Cast, il faut qu'il y ait une programmation exceptionnelle de gens connus, mais notre salle ne le permet pas. Il faut que les spectateurs nous fassent confiance sur les découvertes qu'on leur propose !
Propos recueillis par Titus le 8 septembre 2010. Photos de Titus.
21:48 Publié dans Les sorties de Titus | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : vaches folks, cast, concert, shannon lyon, chris pureka, colin chloé |
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