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21.02.2007

Michel Cusson : "Plus j'avance, plus j'ai des choses à apprendre"

medium_Cusson1.jpgReconnu dans le monde entier pour ses talents de musicien et de compositeur, l'ancien guitariste fondateur de la célèbre formation québécoise de jazz-fusion Uzeb, Michel Cusson est un abonné des prix musicaux. Pas moins de 14 Félix, 7 prix Socan, 6 prix Gémeaux et un Gemini Award ont déjà couronné la carrière de ce fabuleux touche-à-tout, aussi à l'aise sur une scène que dans la composition de bandes sonores pour le cinéma ou la télévision. Nous avions rencontré ce passionné de musiques du monde en 1994, à l'occasion de la sortie de son album "Wild Unit".


Titus - Depuis la séparation d'Uzeb (formation que vous aviez fondée en 1976), en 1991, vous avez créé le groupe Wild Unit, avec lequel vous n'avez de cesse d'explorer de nouvelles avenues musicales. Sur les deux albums jusqu'ici publiés, vous n'hésitez pas à faire fusionner des musiques d'origines les plus diverses. Je crois que ça devient quelque chose d'habituel chez vous...

Ecouter la réponse de Michel Cusson, dans Calypso, sur CINN FM :




medium_cusson5.jpgMichel Cusson - La musique, ça me tient plus qu'en vie... Je suis très curieux de nature, alors il faut toujours que j'aie quelque chose à chercher, à apprendre et à fouiller. C'est pour ça que j'ai créé Wild Unit : pour aller plus loin, étudier différentes inspirations. Il y a beaucoup de sortes de musiques qui m'intéressent et j'aime mêler ces langages-là ensemble.

Titus - J'aimerais qu'on s'arrête un instant sur ce qui vous a conduit à fonder Wild Unit. Est-ce que vous saviez avant de fonder le groupe, que vous vouliez vous diriger vers ce son très empreint de rythmes africains ?

C'est quelque chose que je voulais expérimenter en effet. J'ai choisi certains de mes musiciens en conséquence mais pour d'autres, ça a davantage été le fruit du hasard. Il y en a qui étaient des amis avec lesquels je n'avais jamais joué. D'autres m'ont été présentés. C'est un cercle d'amis qui grandit toujours. On est aujourd'hui un noyau de six-sept qui peut grossir jusqu'à dix-douze. Ca dépend des occasions. Nous avons plusieurs influences : l'influence africaine, bien sûr, mais aussi celle du blues, du jazz ou même du rock...

medium_cusson2.jpgTitus - D'où vient cette attirance pour l'exotisme ?

Ce qui a déclenché ça, c'est sans doute quand j'ai commencé à fouiller dans le jazz. Je ne suis pas un chanteur - j'ai déjà chanté mais je ne chante pas très bien ! -, alors j'ai vite développé mon penchant naturel pour les musiques au sens large. Ca a développé un sens de la recherche. Quand j'ai commencé à jouer de la guitare à l'âge de 15-16 ans, je pensais, peut-être naïvement, qu'à un moment donné, ça serait de plus en plus facile et que j'aurais pas besoin de travailler autant, mais c'est le contraire qui se passe. Plus j'avance, plus j'ai l'impression d'avoir des choses à apprendre ! Plus il y a de choses à écrire.

Ecouter la réponse de Michel Cusson, dans Calypso, sur CINN FM :




medium_cusson4.jpgLe voyage a sûrement constitué un autre élément déclencheur. A un moment donné, j'ai vu Doudou N'Diaye Rose à Paris, un grand percussioniste qui est un peu le Miles Davis du Sénégal. C'est extraordinaire ce qu'il fait. Je me suis dit : "Wow, ça vaut la peine d'étudier ça !" C'est un exemple parmi tant d'autres, mais c'est le même dans tous les domaines.

Titus - Je retiens votre modestie : vous dites que plus ça va, et plus vous avez à apprendre. Ca fait drôle d'entendre un musicien de votre réputation dire ce genre de choses...

J'ai eu une guitare à onze ans, mais j'ai commencé à jouer sérieusement à 13 ans. Mais je ne sais pas si on est jamais vraiment maître de son instrument. La musique est un langage. L'important, je pense, c'est de s'exprimer. Avec le temps, on est de moins en moins naïf, mais il faut être un peu naïf avant de faire de la musique, sinon on n'en ferait pas ! Un "kid" qui commence, c'est sûr qu'il ne pourra pas tout jouer, mais il va jouer avec son coeur et c'est aussi valable que quelqu'un qui joue depuis des années. L'émotion, c'est ce qui compte en premier. Ce que ça dégage à l'intérieur de soi-même...

medium_cusson7.jpgTitus - Chez vous, quelle a été la première étincelle ?

Ca a été Led Zeppelin, à l'âge de 13 ans. C'est là que j'ai vraiment eu envie de m'intéresser à la guitare. Je joue tous les jours ou presque depuis l'âge de 13 ans. Ca a été un vrai déclic. Je pense que ça a été le bon choix en ce qui me concerne.

Titus - Avez-vous commencé à jouer au sein de groupes ?

Oui, dès l'âge de 14 ans. D'ailleurs, Uzeb a été fondé, un peu malgré moi; ça a commencé sans qu'on s'en aperçoive, mais j'étais là au tout début. Et c'est moi qui l'ai mis au monde, indirectement. Ca a commencé avec des amis, un orchestre de noces, comme on dit, mais qui a bien évolué par la suite.

Voir le trio Uzeb à l'oeuvre dans le morceau "60, rue des Lombards", un extrait de concert à Montréal où l'on retrouve notamment sur scène Michel Cusson, Paul Brochu (percus) et Alain caron (basse) :



medium_cusson8.jpgTitus - Wild Unit fait partie de votre expérience la plus récente, et la première expérience d'enregistrement avec Wild Unit est survenue en 1991, c'est à dire que vous n'avez pas vraiment perdu de temps après la séparation d'Uzeb...

Je fais toujours maintes et maintes activités parallèles. Quand j'ai commencé Wild Unit, c'était vraiment inspirant. Ca l'est toujours, encore plus même ! J'avais des choses à dire au niveau de l'écriture et au niveau de l'execution. Une orientation peut-être plus personnelle qu'avec Uzeb, même si ce n'est pas moi qui décide tout de A à Z pour Wild Unit, loin de là !

Titus - A la différence d'un trio comme Uzeb, où chaque musicien apportait une empreinte forte, on a davantage l'impression désormais qu'il s'agit d'une carrière en solo. Michel Cusson et ses musiciens : c'est une différence dans l'approche, non ?

Je trouvais qu'à Montréal, il y avait d'excellents musiciens et j'avais le goût de partager cette expérience avec eux, mais je partais aussi avec l'intention d'apprendre de nouvelles choses à leurs côtés. En jazz, il y a deux formules : soit on prend les mêmes musiciens tout le temps, ou on change fréquemment. Les changements fréquents apportent beaucoup au niveau de l'improvisation parce qu'il ya toujours de la fraîcheur. Je me considère un peu comme un maître de piste dans mon cirque et je m'amuse à diriger ça selon l'humeur du moment.

medium_cusson6.jpgTitus - Au temps d'Uzeb, j'imagine qu'il fallait faire davantage de compromis, non ?

Oui, c'était une façon différente de travailler. Je n'aurais peut-être pas pu faire le Wild Unit si je n'avais pas eu l'expérience préalable avec Uzeb. Je crois que c'était important pour moi de côtoyer les mêmes gens. J'ai beaucoup appris durant toutes mes années avec Uzeb.

Titus - Votre ex-compère, le bassiste Alain Caron, a fondé de son côté Le Band, qui est plus une fusion jazz-rock en ce qui le concerne. Vous avez choisi des chemins différents pour prolonger l'oeuvre d'Uzeb en quelque sorte...

Oui. Moi, j'ai tourné la page pour l'instant. J'ai gardé des relations, bien entendu, mais moi, ce qui m'inspire aujourd'hui, c'est plutôt des gens comme Peter Gabriel, Doudou N'Diaye Rose, Miles Davis... Pour résumer mon idée, le Wild Unit appartient davantage aux années 90. Les années 80, c'étaient les années 80... C'est du passé en ce qui me concerne ! C'est aujourd'hui l'époque des communications. Ce monde qui se rapproche de plus en plus. Avec plus d'ouverture...

medium_cusson_album.jpgTitus - Dans votre deuxième album avec Wild Unit, en plus des musiques instrumentales qui sont très rythmées et musclées, il y a une grosse surprise puisque vous avez inclus une chanson dans le répertoire, Melodia azul, interprétée par Marc-Alie.

Marc-Alie est un ami de longue date. On écrit de la musique ensemble depuis longtemps. Le morceau émergeait en fait tout naturellement vers une mélodie chantée. Je trouvais que c'était un plus. C'est un album d'écriture. Il y a beaucoup de matériel, une mine d'or à exploiter en spectacle. On a travaillé fort sur le côté mélodique, pour trouver des choses simples mais originales, et qui touchent.


Trackbacks

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Commentaires

Merci pour ce mot. Michel Cusson est un être humain extra vrai, pas ordinaire. Un musicien absolument passionné.


Titus, je vous propose de découvrir Claude Lamothe, un violoncelliste terriblement touchant, fougueux, génial, oui, génial... dans tous les sens du terme. . .

un de ces album : NU

Il a fait des musiques de film, écrit des pièces pour le théâtre et la télévision, et bonne nouvelle : IL est VIVANT !!

Ecrit par : Nina louve | 25.02.2007

Je note son nom et essaierai d'en savoir un peu plus à son sujet ! Merci Nina de cette suggestion !

Ecrit par : Titus | 25.02.2007

de nada Titus !!

voici quelques pistes pour vous donner envie

http://www.qim.com/artistes/biographie.asp?artistid=151

http://www.voir.ca/musique/musique.aspx?iIDArticle=38660




http://www.lexpress.to/archives/122/


Claude Lamothe = fougue, furia, vie, ténèbres ensoleillées... Un être rare, je vous dis.

Ecrit par : Nina louve | 26.02.2007

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