08 janvier 2007

Cody : "Mes guitares sont sacrées !"

medium_CODYPHOTOPROMO.jpgAutodidacte précoce, Cody poussait déjà la chansonnette à l'âge de 12 ans. Son entourage a dû bien vite réaliser qu'il n'allait pas s'agir d'une simple passade... Dès 18 ans, toujours aussi déterminée, la jeune artiste décidait en effet d'aller se forger une première expérience de la scène, dans les bars de Marseille. Cette expérience, elle la poursuit aujourd'hui à Lyon depuis plusieurs années. Une rencontre récente avec Michael Jones pourrait s'avérer déterminante pour sa carrière... Titus a cherché à en savoir un peu plus...


Titus - Pourrais-tu nous parler un peu de tes origines ?

Cody - Je suis eurasienne, mon père est un métis français-vietnamien, ma mère est vietnamienne de nationalité française, son père étant militaire pour l’armée française. Mes parents sont venus en France en 1976, chassés par les communistes vietnamiens qui obligeaient les Français à quitter le pays. J’ai donc une double culture, qui me permet d’avoir une grande source d’inspiration.

Titus - Y-a-t-il, malgré tout, un endroit sur terre que tu considères ta maison ?

L’endroit que je considère comme ma maison est la maison de mes parents, où j’ai grandi. Elle se situe dans un petit village, à 30 mn de Lyon, Saint-André-de-Corcy. J’aime beaucoup venir m'y ressourcer.

Titus - Dans quel milieu as-tu grandi ?

Je suis issue d’un milieu modeste, avec une éducation à dominante asiatique, ce qui n’a pas facilité mon épanouissement dans le milieu musical puisque c’était banni de faire de la musique. Chez les asiatiques, être artiste n’est pas un métier. Ils ne m’encourageaient pas dans cette voie, je n’ai pas pris de cours de musique par exemple.

medium_codylive.jpgTitus - Du coup, à quel type de musique as-tu d'abord été exposée, et par quel biais ?

Depuis ma tendre enfance, confrontée à une double culture puisque mes parents parlaient le vietnamien, j’ai eu beaucoup de mal à m’adapter à l’apprentissage d’une double langue, ce qui fait que je ne parlais pas beaucoup et la seule façon de m’exprimer était la musique. Je chantonnais et fredonnais des mélodies issues de mon imagination. Mes parents écoutaient beaucoup les Beatles, les Bee Gees, Abba, Santana, les Carpenters. Un de mes oncles, qui habitait chez mes parents quand j’avais 3-4 ans, jouait souvent de la guitare et chantait des morceaux de l’époque. J’attendais ce moment avec impatience, je restais des heures à le regarder...

Titus - As-tu un instrument de prédilection ?

J’ai eu un synthé à l’âge de 8 ans, je commençais à créer des mélodies, des chansons. Mon oncle m’a donné sa guitare quand j’avais 11 ans, j’avais toujours voulu faire de la guitare. Mes guitares sont sacrées, pendant mes longues heures de création, il m’arrive, exténuée, de m’endormir près de ma guitare…

Titus - Quelle importance revêt la scène à tes yeux ? Le contact avec le public est-il nécessaire ?

Pour moi, la scène est très importante, c’est l’aboutissement de mon travail ! Ce n’est pas tant de vendre des albums. On passe mieux un message sur scène, on peut mieux les exprimer face à un public que sur un album.
Je me suis représentée sur environ 200 dates depuis 9 ans, principalement dans des bars, dans le sud de la France, dans la région lyonnaise. En ce moment, pour plein de raisons, je ne tourne pas. Le public, la scène me
manquent beaucoup. Cela me permet de tester des nouvelles compos... La scène permet aussi de retravailler les morceaux. Je me sens plus à l’aise sur scène qu’en studio.

Titus - As-tu eu l'occasion d'aller jouer en dehors de l'Hexagone ?

On m’avait fait une proposition de faire une tournée en Belgique avec mon album non commercialisé de pop-rock anglais, mais j’ai refusé car il y avait des tensions avec mon précédent groupe et je préférais me concentrer sur un album en français. J’ai pu également faire quelques dates dans des bars parisiens.

Titus - S'il fallait te définir en trois mots, et seulement trois mots, quels seraient-ils ?

Rêveuse, perfectionniste, fonceuse...

Titus - Et ta musique ?

Sensible, mélodieuse, entraînante.

medium_CODYMATAIS1.jpgTitus - Accordes-tu beaucoup d'importance aux textes de tes chansons ? Quels sont les thèmes que tu aimes explorer ? Pour quelle raison ?

C’est très important, un texte, car c’est en général autobiographique, ou alors cela touche des thèmes que j’affectionne. Cela me fait du bien d’en parler et je veux porter un message sur les injustices de ce monde, sur les conditions des femmes. Je parle également d’amour.

Titus - Nous sommes au seuil d'une nouvelle année. Si tu avais le pouvoir de changer trois choses dans le monde, que choisirais-tu d'accomplir ?

J’enlèverais toute notion d’argent, de pouvoir et de haine dans ce monde...

Titus - Et en ce qui concerne tes projets professionnels...

J’aimerais m’engager dans des causes humanitaires. Je trouve cela inadmissible que des gens meurent encore de faim de nos jours.

Titus - As-tu essayé de présenter ta musique à des producteurs ?

J’ai signé un contrat de production, en 2004, pour produire mon album de pop-rock français, "E-Xil". Je l’ai enregistré en studio mais, malheureusement, l’incompétence de l’ingénieur du son a rendu cet album inexploitable. C’est plus une maquette qu’un album. Du coup, je ne peux le présenter à des maisons de disques qui veulent un produit fini. Je souhaite le réenregistrer avec de meilleurs professionnels, mais je rencontre des difficultés d’entente avec ma production, ce qui ne m’a pas empêché de faire la rencontre de Michael Jones, qui m’aide dans ce sens malgré le barrage de ma société de production…

Titus - Quelle est ton impression globale sur la façon dont est aujourd'hui gérée l'industrie du disque ?

Aujourd’hui, les maisons de disques n’investissent plus dans les artistes, ils veulent un produit fini... Cependant, un bon album dans un bon studio, ça a un prix ! Tout le monde ne peut pas se le permettre. Ils passent sûrement à côté de gens talentueux.

Titus - Pourquoi avoir créé ton propre espace sur MySpace ?

Myspace permet de créer une ouverture vers l’extérieur, de faire écouter mes titres puisque mon album tarde à sortir, d’avoir des contacts dans divers domaines liés à la musique, c’est vraiment une mine d’or de talents.

Titus - Sur quoi travailles-tu en ce moment ?

Je souhaite réenregistrer un album avec quelques titres de mon album français et y inclure de nouvelles compos beaucoup plus mûres, plus à texte, plus originales que les précédentes, qui parlent plus d’amour. Ces nouvelles
compos sont plus engagées au niveau politique, humanitaire.

medium_photopourpremierepage.jpgTitus - Des collaborations en vue ?

J’ai eu la chance, grâce à Michael Jones, de rencontrer Eric Fabre, Pdg des "3 Chênes", qui a créé un label musical, Tribal Emotion. Il produit Douchka, qui se lance dans une carrière pop-rock. Le premier contact a été positif, il aime ma musique, une future collaboration est possible si mon actuelle société de production me le permet…

Titus - L'industrie musicale a connu une évolution importante au cours des deux dernières décennies, notamment du fait de la numérisation et de la multiplication de nouveaux supports. Comment envisages-tu l'évolution de la musique en général ?

Il est certain que les maisons de disques dans la forme que l’on connaît actuellement tendront à disparaître. Il est clair qu’il faut développer de nouveaux supports où la numérisation sera l’atout principal de la vente de musique. Mais une numérisation légale ! Je suis contre les sites de téléchargement. Au lieu de punir les gens qui téléchargent, il vaut mieux punir, en amont, les sites de téléchargement qui incitent les gens à pirater les œuvres musicales, cinématographiques et informatiques. Ces sites ne respectent en aucun cas la propriété intellectuelle, le gouvernement doit agir mais il n’arrive pas à voter une loi à ce sujet. Pour la vente d’un album, peu revient à l’artiste malgré le coût élevé d’un album. Les maisons de disque commencent à baisser le prix d’un album, ils commencent à comprendre qu'un des problèmes était le prix des CD. Dans un futur proche, je pense que tous les artistes à grande échelle auront un site internet, avec une possibilité de télécharger les titres à faible coût. Il n’y aura plus ou peu d’intermédiaires; les CD tendront à disparaître ou, du moins, seront produits en faible quantité. Nous allons revenir à une proximité avec le public, comme avant, et seuls les artistes talentueux se distingueront grâce à la scène.

La plupart des chansons de Cody sont en ligne sur les deux sites de l'artiste : sur MySpace, et Musicblog Trois titres électro de Cody ont été choisis pour la bande originale du film "One night stand" d'Emilie Jouvet (sorti en DVD), qui a obtenu le premier prix du festival 2006 du film gay et lesbien de Berlin.

Merci à Maurine pour cette belle découverte.

Commentaires

Heureuse que Cody soit mise à l'honneur par Titus ! Cette petite nana a vraiment beaucoup de talent...

Écrit par : Tati | 08 janvier 2007

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Merci à toi Titus de donner une place dans ton univers pour les jeunes artistes!

Écrit par : Maurine | 08 janvier 2007

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Oh très très chouette interview de Cody...

Cela permet de la découvrir un peu plus...

Je lui souhaite une longue vie artistique !!

Merci Maurine de me l'avoir fait découvrir ;-)!!

XxxX

Écrit par : Chaussettes | 08 janvier 2007

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Superbe interview, merci à toi, Titus, car elle a l'air chouw cette petite Cody ;-)

J'ai déjà fait un tour sur sa page myspace et ai demandé à ce qu'elle soit ajoutée à mes ami(e)s ;-)

Bien à toi

Écrit par : Laurenn | 08 janvier 2007

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Salut Cody,
Je t'ai connu grace à ton père. Il est venu sur mon lieu de travail. il a du toi plein la bouche ce qui m'a donné envie d'aller voir ton blog !
J'aime ce que tu fais !
Bonne continuation.
marielle de st Maurice de Beynost

Écrit par : Marielle | 25 septembre 2008

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