11.12.2006

Lu dans la presse de 1940 (3)

medium_depech0001.JPGNous poursuivons aujourd'hui notre revue de la presse de 1940, et passons au peigne fin les colonnes d'un exemplaire de La Dépêche de Brest (l'ancêtre du Télégramme) daté du dimanche 14 avril 1940, prêts à débusquer les petites infos susceptibles de vous arracher à tout le moins un sourire...

Laissons d'emblée de côté les événements qui garnissent les premières pages de La Dépêche de ce jour. Vous vous en doutez, c'est de guerre dont il est question... Attachons-nous plutôt aux petites infos de proximité, celles qui n'ont probablement pas été consignées dans les manuels d'Histoire.

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Sous le memento détaillant les pharmacies de service et autres horaires des marées, les informations locales débutent par un article sur la venue à Brest d'un certain docteur Rouche :

Quelques mots aux malades
Malgré les nombreuses causeries faites aux malades l'an dernier, beaucoup n'ont pas encore compris qu'il est impossible de soigner par correspondance et que la merveilleuse méthode du docteur Rouche, qu'il applique lui-même à Brest, samedi soir et dimanche exceptés, ne s'adresse qu'à certains cas définis dont la nomenclature est ci-dessous.
Aucun malade n'est pris en traitement sans un examen préalable gratuit; ce tri permet au médecin d'éliminer (sic !) tous les malades qui n'atteindraient pas un résultat satisfaisant par un traitement de sympathécothérapie, et auxquels il est inutile de faire dépenser de l'argent.
Sont traités chaque jour avec le maximum de succès les malades atteints de :
Asthme, rhume des foins, troubles nerveux, circulatoires et digestifs, migraines, vertiges, angoisses, palpitations, idées fixes, neurasthénie, rhumatismes, certaines paralysies et incontinences d'urine, troubles du retour d'âge et de la puberté, enfants arriérés, anormaux, ou simplement peu studieux
.


Curieux tout de même, que les méthodes miraculeuses du docteur Rouche ne lui aient pas survécu !

La rubrique des objets trouvés et perdus est assez révélatrice, à mon sens, de l'importance qu'on pouvait accorder à certains objets du quotidien. Il y aurait une étude à faire là-dessus. Assurément, on ne perd pas les mêmes objets aujourd'hui qu'en 1940. Lisez plutôt !

Pertes et trouvailles

Perdu un pantalon, de la rue Duguesclin à la rue de la Mairie. Rapporter à M. R., 28 rue Duguesclin.

Perdu grande pèlerine drap noir, capuchon, boucles. Adresse au journal. Récompense.

Perdu entre Brest (port de commerce) et le pont A.-Louppe, un tourniquet pour cartes postales. Prévenir correspondant Dépêche de Brest, qui transmettra.



medium_PC090028.JPGEt maintenant, les petites annonces, avec notamment quelques objets à vendre qui raviraient sûrement, aujourd'hui, les collectionneurs d'antiquités :

AVIS DIVERS
A VENDRE pick-up, marque "Thoreus", état neuf, avec 43 beaux disques. S'adresser au journal.

A VENDRE complet de communion gris clair, revers satin. S'adresser chez Mme B., 18, rue Bugeaud, de 9 heures à midi.

MOELLONS à vendre, région Plougastel. Prix intéressant. Adresse au journal.

SOLDES de costumes marins et robes de communion. - "Tout pour les Bébés", 1, rue de la Mairie.


Enfin, les offres d'emploi du jour :

EMPLOIS
ON DEMANDE jeune commis, présenté par ses parents. - S'ad. Cabinet F., 22 bis rue Jean-Macé, Brest.

ON DEMANDE ouvrières pour broder le filet. S'adr. rue de Siam "Dé d'Argent".

FILLETTE 14 à 15 ans (sic !) est demandée pour courses et commerce. Adr. au journal.

EX-DIRECTEUR connaissant comptabilité, sachant diriger et commander personnel
(n'est-ce pas ce que font d'ordinaire les directeurs ?, note de Titus), dégagé toutes obligations militaires, cherche place. - S'adresser au journal.

FEMME de mobilisé demande un nourrisson dans localité bien située en dehors de Brest. - S'adresser au journal.


A une prochaine revue de presse.

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Commentaires

"Perdu un pantalon, de la rue Duguesclin à la rue de la Mairie. Rapporter à M. R., 28 rue Duguesclin."

vogue mon imagination.... comment ledit falzar a été égaré, quand, comment... est-ce le vent qui souffle en rafale et l'objet, mal arrimé par une ceinture ou une paire de bretelles défaillante, gonflé comme une voile, s'est envolé vers les cieux... ou bien ayant promptement sauté d'une fenêtre, ledit M.R. s'est débarrassé du falzar, contraignant sa course, tel un sac, pour échapper au mari furieux... et fuir à toutes jambes velues...

Qu'en penses-tu Titus ?

Ecrit par : Cath | 11.12.2006

Bien vu, Cath ! On ne peut s'empêcher d'imaginer les scénarios ayant conduit à la perte dudit falzar. En fait, chacun des objets cités dans la rubrique pourrait donner lieu à une histoire (une nouvelle, un roman ?) Je trouve que généralement, on ne fait pas assez attention aux détails, et pourtant, ils ont leur importance... C'est très révélateur d'une époque, non ?

Bon, mais revenons au falzar perdu... En fait, voilà ce qui se dit sur le port de commerce au sujet de M.R., dont la légende du pantalon perdu a fait le tour de la ville, tu penses bien...
"Un soir, alors que M. R. revenait de la taverne tenue par Georges Madec, il a été abordé par deux marins russes qui admiraient les murailles dyu château depuis le pont de Recouvrance..."

Allez, à vous d'imaginer la suite...

Ecrit par : Titus | 11.12.2006

Tout d'abord permettez-moi de trahir l'identité de M.R. : Merlin Rosloc'hen ; breton de 33ème génération, enchanteur et conteur de légende, et de légendes grecques. Grand marchand et armateur du thé russe... premier importateur d'impostures en tous genres. Contre-espion à ses heures gagnées.

Pour comprendre son histoire de pantalon, il faut se plonger 1/ dans l'histoire mondiale 2/ dans les codes et chiffres de l'espionnage et du contre-espionnage tels que pratiqués en Bretagne depuis la chute de Cornouailles !

La déclaration de Merlin n'est autre qu'un code adressé à ses autorités subalternes, commandant en sous-chef les affronts multiples.
En effet, indice : la date de parution, le 14 avril 1940 (date du débarquement du corps expéditionnaire franco-britannique à Namos (Norvège).)
Ceci n'est donc rien d'autre qu'un message tiré du manuel des bretons-tireurs, pour relater sa confrontation avec les sbires de la marine moscovite et donner de nouvelles prédictions sur Namos...
Marins russes, que Titus a du rencontré aussi, puisqu'il sait qu'ils étaient là !

Bref, comme disait le Pépin du même nom, ce message ne fait que rapporter la déculotté (perdu un pantalon) du corps expéditionnaire, en déroute (Duguesclin = du déclin), etc...

Vous avez décrypté !

Si nous avions remporté la bataille, au lieu de :
"Perdu un pantalon, de la rue Duguesclin à la rue de la Mairie. Rapporter à M. R., 28 rue Duguesclin."
nous aurions pu lire :
Retrouvé sabots, de la rue du Fjord à la rue Charles Martel. Rapporter à M. R., 28 rue Dusucce'h.

Un autre traduction plus fantaisiste celle-là, dirait tout autre chose - les historiens sont encore à l'étude - et donnerait une tout autre traduction :

Perdu un pantalon = Perdu un pote à Londres
de la rue = Jean Luc
Duguesclin = O'Sommay
à la rue = près du trottoir
de la Mairie = où travaille la p'tite Mary
Rapporter à = faire rapatrier de toute urgence chez
M. R. = Merlin Rosloc'hen
28 = avant le 2 août
rue Duguesclin = chez sa soeur.

La vérité historique reste à établir !

Billedeclownment démasqué !

Ecrit par : billedeclown | 11.12.2006

-> Cath, je pensais exactement à celle dont tu parles... C'est quand même extra ces trucs-là, non ?

-> Titus, je repense à ton "Lu dans la presse de 1940 (2)" qui était particulièrement drôle... J'avais passé un bon moment

Ecrit par : Laurenn | 11.12.2006

Alors là, chapeau, Bille de Clown ! Qui dit mieux ?

Ecrit par : Titus | 11.12.2006

Laurenn, merci de ta fidélité. J'étais moi aussi plus content du Lu dans la Presse N°2 que du N°3, mais comme il n'y a pas de trucage (c'est du 100 % réel !), je dois faire avec ce que je trouve dans le journal que je sors du carton !!! J'espère que je tomberai sur d'autres extraits aussi drôles la prochaine fois. Mais tout de même, je dois avouer que la note du docteur Rouche, et bien sûr, le coup du falzar perdu, me font bien marrer. A une prochaine fois j'espère !

Ecrit par : Titus | 11.12.2006

Qui peut dire mieux ? Personne devant la vérité historique, tous les talents s'effacent... que veux-tu !

Billedeclownment content de t'avoir coiffé !

Ecrit par : billedeclown | 12.12.2006

J'ai perdu Lundi 09 avril 2007 ( dans un photomaton en gare de st Lazard) une pochette noire à élastique contenent les papiers de ma voiture achetée chez un particulier ; ma convocation au examen qui se déroule cette semaine. Dans le même temps j'ai aussi perdu mon trousseau de clé (file d'atteche Puma rouge). S'il vous plaît merci de me contacter au 0625171258 (laisser un msg si éteint) URGENT !!!!
RECOMPENSE PROMISE!

Ecrit par : Jimmy | 11.04.2007

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