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13.09.2006

Rachelle van Zanten : "Je n'étais pas une élève facile"

medium_Rachelle_van_Zanten_-_Ottawa_Folk_Fest_2005.jpg Invitée du festival des Vaches folk le 29 septembre prochain à Cast (près de Châteaulin, en Bretagne), la chanteuse canadienne Rachelle van Zanten nous parle de son enfance en Colombie-Britannique, de sa passion inextinguible pour la musique, et des musiciens qui ont compté dans son parcours. Dans cette interview, elle revient notamment sur ses années au sein du groupe Painting Daisies et évoque aussi son premier album, salué par la critique, "Back to François".

Titus - Peux-tu nous parler un peu de ton enfance dans les Prairies canadiennes ?

Rachelle van Zanten - J'ai grandi dans un environnement particulièrement sauvage à François Lake, dans la province de Colombie-Britannique. Mes parents ont un ranch de 250 hectares, ce qui fait que j'avais de grands espaces comme terrain de jeu. Avec ma soeur, notre jeu favori consistait à faire comme s'il nous fallait survivre dans la brousse. Je me mettais toujours dans la peau du "papa" protecteur...

Titus - Ton nom, van Zanten, m'intrigue... Quelles sont donc tes origines ?

Mon arrière-grand-père et mon arrière-grand-mère étaient originaires de Hollande. Ils ont émigré au Canada en 1907 pour devenir cultivateurs dans les Prairies. Mon arrière-grand-mère a péri en donnant naissance à des jumeaux, ce qui fait que mon grand-père et sa soeur ont été élevés dans un orphelinat.

Une performance acoustique de Rachelle van Zanten, "Got to let go", extrait d'une émission de la télévision suédoise :


Titus - Quelle place était réservée à la musique au sein de ta famille ?

Du côté maternel, tout le monde chante et joue d'un instrument de musique. Les enfants ont appris à chanter à l'église et finissent par savoir jouer de la musique au travers des rencontres familiales, et aussi par le biais de l'école.

medium_Rachelle_van_Zanten_-_Opening_for_The_Indigo_Girls-_Edmonton_Folk_Fest_2003.jpg Titus - Qu'écoutais-tu lorsque tu étais plus jeune ?

J'ai grandi au son du gospel, de la musique country traditionnelle, et puis du rock américain des années 80. Parmi les musiciens qui m'ont profondément marquée, je citerais les Judds, Patsy Cline, Emmylou Harris et Kathy Mattea.

Titus - J'ai lu que tu avais commencé la musique lorsque tu étais très jeune. Te rappelles-tu de ton premier professeur et du premier instrument dont tu as joué ?

Ce fut le piano, grâce à Mme Harrison. Je lui rends hommage car je n'étais pas une élève facile. J'ai toujours eu une bonne oreille et j'arrivais à reproduire ce qu'elle me montrait sans avoir à lire les notes. Ca avait tendance à l'exaspérer... Plus tard, j'ai appris la trompette et la batterie pour l'orchestre de l'école. Aujourd'hui, je joue du piano, de la guitare, de la mandoline, du fiddle (plutôt mal), et tout ce qui me tombe entre les mains.

Titus - Est-ce que la guitare est aujourd'hui ton instrument fétiche ?

Absolument ! J'adore en particulier la slide guitar. C'est quelque chose qui me correspond tout à fait. J'ai appris en autodidacte, en passant des heures à m'entraîner dans ma chambre. Puis j'ai suivi un génie de la slide guitar, Lester Quitzau. J'ai observé ses mains et appris certains de ses accords. Cela m'a beaucoup aidée, naturellement.

medium_Rachelle_van_Zanten_-_Doing_the_theatre_thing_1_._Edmonton_AB.jpgTitus - As-tu le sentiment d'être parvenue, comme le disent de nombreux critiques, à créer ton propre style de slide guitar ?

Je crois, oui. J'utilise une technique assez personnelle qui donne à ma guitare un son assez percutant. J'ai développé cette façon de jouer pour enrichir mon son lorsque je me produis en solo.

Titus - Dans quelles circonstances as-tu été amenée à te joindre à la formation rock "Painting Daisies", quatuor féminin qui a écumé les scènes canadiennes et internationales pendant onze ans...

Je voulais plus que tout jouer au sein d'un groupe et Daisy (Blue Groff) était déjà une coéquipière au sein de mon équipe de basket-ball au "college". Nous étions toutes deux folles de musique et nous avons commencé à nous produire en duo. Durant toutes ces années avec les Daisies, j'ai dû écrire à peu près 50 % des chansons.

Titus - Le groupe a donné son concert d'adieu en septembre 2005. Pourquoi avoir souhaité mettre un terme à cette aventure qui commençait à porter fruit, y compris au plan international.

Comme beaucoup d'autres groupes, notre formation a vécu. L'un des piliers du groupe ne souhaitait plus faire de tournée. On ne peut pas aller bien loin dans ce métier si on n'est pas prêt à faire quelques kilomètres. Il nous fallait donc passer à autre chose. D'autant que notre bassiste, entre-temps, a eu aussi un bébé, ce qui compliquait quelque peu l'organisation des tournées.

medium_Rachelle_van_Zanten.2.jpgTitus - Depuis la séparation des Daisies, tu t'es lancée, en solo, dans l'enregistrement d'un album qui semble faire l'unanimité. La transition n'a pas été trop difficile ?

Je voulais continuer à être musicienne, car c'est ce qui me définit le mieux. Quand le groupe s'est séparé, j'ai vendu mon appart' et j'ai emménagé dans mon fourgon afin de diminuer le coût de mes tournées. Ensuite, j'ai roulé en direction de la côte Ouest pour enregistrer mon album aux côtés de Joby Baker, un producteur absolument génial !

Titus - Peux-tu nous parler des musiciens qui ont participé au projet ?

Joby Baker, qui a grandi en France, a joué de la batterie en plus d'assurer la production. Sa mère n'est autre que Jaki Whitren, un auteur-compositeur phénoménal qui vit en France et en Angleterre. Notre bassiste était Rick May, je n'en connais pas de meilleur. Il a un "groove" sensationnel ! Le violoncelliste Kevin Fox a aussi laissé une forte empreinte. Et puis, j'avais également invité Lester Quitzau, celui que je considère un peu comme mon "héros" à la slide guitar. Il était donc tout à fait normal qu'il soit sur cet album, tout comme son épouse Mae Moore, qui fut quant à elle ma plus grande influence d'un point de vue vocal.

Titus - De quoi parlent les chansons de cet album ?

J'y parle notamment de la période qui suit la perte d'un être cher. Ca n'est pas forcément drôle parce que j'évoque le décès de mon meilleur ami. En même temps, on y trouve toujours de l'espoir.

Titus - As-tu hâte de venir te produire en France à la fin du mois ?

Je suis très impatiente, en effet. Ce sera mon premier concert en France. J'ai hâte notamment de déguster vos fromages et votre bon vin, que j'adore ! Mon français, par contre, est déplorable... hélas.

Titus - Quels sont tes projets à l'issue de cette nouvelle tournée européenne ?

La sortie d'un nouvel album, déjà programmée pour 2008. J'essaye de composer lors de nos tournées. C'est pour ça que j'aime voyager en train. Ca me donne du temps pour réfléchir et trouver de nouvelles idées...

Les réponses ont été traduites de l'anglais par Titus.

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Pour en savoir plus sur Rachelle van Zanten :
www.rachellevanzanten.com
Pour en savoir plus sur le concert des Vaches folk le 29 septembre :
lire "les bonnes infos de Titus"

Trackbacks

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Commentaires

C'est une très bonne note et ça me donne très envie d'aller à Cast....En plus, elle chante vraiment bien donc, ça fera une fan de plus pour elle à ses cotés !

Ecrit par : Nolwenn | 05.09.2006

oui oui venez nombreux s'il vous plait :)

Ecrit par : eric | 07.09.2006

Bon, eh bien, comme promis, dès l'aube (pour moi, 9 h 30, c'est encore assez tôt...), me voilà en train d'écouter la belle voix de Rachelle !
Bonne journée "hospitalière", Titus...

Ecrit par : Solenne | 18.09.2006

super interview titus , éric m'a caché ça
oui , oui venez à CAST et ainsi montrer qu'il y a des folkeux en Bretagne
merci encore titus , j'espère te voir à la soirée , éric et moi sommes les cofondateurs des VACHES FOLKS

keep on folkin' in the free world!!!!!!!

Ecrit par : roger mauguen | 19.09.2006

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