17 août 2006
Daniel Poliquin : "Comme les autres, et... différent !"
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Daniel Poliquin est peut-être l'un des écrivains les plus emblématiques de l'Ontario français. Né à Ottawa, où il vit encore aujourd'hui, il a fait ses premières armes dans le monde de l'édition en traduisant successivement Matt Cohen, Jack Kerouac, W.O. Mitchell ou encore Mordecai Richler. Son oeuvre littéraire, riche et diversifiée, compte plusieurs romans et recueils de nouvelles, notamment "L'Ecureuil noir" , publié en 1994, qui a reçu un accueil enthousiaste en plus de se voir décerner le Prix littéraire ontarien Trillium. Lorsque nous avons rencontré Daniel Poliquin, le 24 janvier 1996, il était venu présenter à Hearst son recueil "Le Canon des Gobelins" (publié par les Editions Le Nordir de Hearst, et réédité depuis).
Titus - Vous avez dit que l'identité était dynamique et que vous vous considériez comme un métis culturel. D'où est partie cette réflexion sur l'identité ?
Daniel Poliquin - Elle a commencé alors que j'étais tout jeune. Je n'ai jamais eu quant à moi de crise identitaire. Enfant, je me savais Canadien-Français, et dans la famille ce sentiment était renforcé. Ensuite, à l'école secondaire, j'ai vu que cette qualité canadienne-française pouvait faire problème. A cette époque-là, en 1967-68, il y avait un régime de deux poids deux mesures, les Franco-Ontariens n'ayant pas droit aux mêmes droits scolaires que les Anglo-Ontariens. Ca me révoltait, mais je me disais qu'il y avait moyen de faire quelque chose. J'ai peut-être commencé ma carrière d'optimiste au même moment...
Ecouter la réponse de Daniel Poliquin sur CINN FM :
A mon arrivée à l'université, je vois des camarades qui font des choix. Certains décident de devenir anglophones, parce qu'ils ont peur. D'autres décident de devenir Québécois, aussi parce qu'ils ont peur. La première chose qu'on apprend, quand on est minoritaire, c'est la peur. Parce qu'on est différent, on se fait bousculer, et à ce moment-là, des choix se font. Il y a des gens qui décident de vivre à l'abri d'une majorité : c'était le cas de mes amis qui devenaient Québécois; et puis il y avait les amis qui décidaient de vivre à l'abri de l'autre majorité, c'est à dire les Canadiens anglais. D'autres ont choisi de rester entre les deux, comme moi. J'ai fait ce choix sans douleur. Ca n'a pas été une crise de conscience. Encore maintenant, on me pose des questions : "Pourquoi est-ce que tu viens pas vivre au Québec, Daniel ? Tes livres marchent bien, tu commences à être connu, tu serais bien chez nous..." La réponse que je fais toujours à ça, c'est que si j'allais vivre au Québec, il me semble que je perdrais ma combativité naturelle, qui trouve amplement à s'exprimer ici. J'aime finalement ce côté minoritaire qui fait que, justement, je ne suis pas comme les autres. J'ai découvert qu'il n'y avait rien de plus plate d'être comme les autres. Et mes amis qui sont devenus Canadiens-Anglais regrettent justement de s'être amalgamés, de s'être perdus dans le nombre. Ce qu'ils font aujourd'hui, c'est de mettre leurs enfants à l'école d'immersion pour leur apprendre le français, et leurs enfants leur en veulent aussi, d'avoir oublié le français parce qu'ils se rendent compte, aujourd'hui, que c'est un capital. Quand on se vante : on est bons, on est donc ben fins; nous autres on est Québécois, ceci cela...
L'identité devient alors une conception statique. L'identité devrait pourtant être dynamique; ce que je veux dire par là, c'est qu'on change. Et on vit dans un monde en mutation. Les Français que j'ai connus en 1968 ne sont plus les mêmes Français. Aujourd'hui, en France, on parle anglais, ce qu'on ne faisait pas autrefois. Les gens ont voyagé. Regardez au Québec : il y a un million de Québécois qui chaque année, vont en Floride. En vingt ans, ça change les mentalités. On voit des gens regarder la télé en anglais au Québec, ce qu'ils ne faisaient pas auparavant. Il y a une anglicisation des médias au Québec qui est massive. Donc, ça change. Et ce qu'on fait souvent, parce qu'on a peur du changement, on se raccroche à une identité mais ça devient folklorique et je me dis qu'à un moment, il faut accepter la mutation. L'enfourcher. Maîtriser l'inévitable au lieu de le subir. Je vois certains de mes amis franco-ontariens, par exemple le poète Patrice Desbiens, pour qui la mutation est un désarroi. Ils se demandent ce qui va nous arriver. J'arrive pas à partager ce désarroi-là. Je me dis qu'il va forcément arriver des choses, et qu'on va essayer de voir ce qu'il y a de bon dans ces changements-là. Et notre identité va changer. Mais si j'arrive à voir la réalité en face, mon identité va évoluer dans le sens que moi je veux.
Titus - Lors de la conférence que vous avez donnée à Hearst, vous avez eu des mots assez durs à l'égard d'une certaine bourgeoisie intellectuelle du Québec qui a le culte de l'identité, mais qui, en ce faisant, asphyxie toute possibilité d'évolution.
Daniel Poliquin - Il y a un phénomène historique au Québec. C'est que d'une génération à l'autre, la bourgeoisie intellectuelle cherche à imposer ses fantasmes au peuple qu'elle prétend servir. Et au peuple qu'elle trahit toujours. Deux exemples, celui, en premier lieu, du retour à la terre. Il s'est écrit, au Québec, des centaines de romans où on a invité les gens à retourner à la terre. Même aujourd'hui, à la télévision, dans les télé-romans "poële à bois" de Radio-Canada, on glorifie l'identité rurale, la nostalgie de la mémoire de la campagne. Quelle est la réalité ? Les Québécois ont quitté la terre. Autrement dit, les Canadiens-Français n'ont pas écouté la bourgeoisie intellectuelle. Les Québécois aujourd'hui sont en ville. On a cherché aussi, par des romans, à ramener les Québécois exilés aux Etats-Unis. Mais qu'est-ce qu'ils ont fait ? Ils sont restés aux Etats-Unis, et ça nous a donné Jack Kerouac. C'est toujours comme ça : on propose un fantasme; on l'impose, mais les Québécois sont plus rusés et en font à leur tête. Et c'est ça la réalité au Québec : les Québécois sont indépendants et ils ont déjà un pays à eux. En Ontario français, ça se passe à peu près de la même façon. Vous avez une élite qui fait son travail : on a obtenu les écoles. Il y a eu des combats qui ont été menés et qui étaient justes, mais on obéit pas toujours à ce qu'on dit et nous aussi les Franco-Ontariens on est des gens indépendants. Pourquoi ? On a quitté le Québec, justement. C'était notre mère patrie mais on n'est pas restés là-bas. La valeur fondamentale, c'est l'individualisme, et non pas un certain collectivisme dont rêvent seulement les rédacteurs en chef des journaux et les universitaires.
Titus - Dans votre recueil de nouvelles "Le Canon des Gobelins", vous évoquez le phénomène de mutation des minorités, notamment dans la légende des rats d'Ottawa qui choisissent de devenir des écureuils noirs. On croit y reconnaître la condition des Franco-Ontariens, qui ont appris à se mettre dans la peau des autres, à se fondre dans la masse. Vous qui avez fait votre mémoire de maîtrise sur Kafka, pouvez-vous expliquer cette idée de métamorphose, dont la dizaine de personnages que vous faites vivre dans le recueil semble adepte...
Daniel Poliquin - Kafka m'a beaucoup marqué. Il y a énormément de nouvelles animalières chez lui. Et l'idée qui m'a le plus marqué, quand j'avais vingt ans - c'est aussi l'idée d'André Malraux - : la métamorphose est la conjuration de la mort. Pour ne pas mourir, il faut devenir autre. En se fondant dans la masse, les minorités arrivent à survivre. La légende de l'écureuil noir, que j'ai écrite, Oui, on peut se fondre dans la masse. Il n'y a rien qui distingue un Franco-Ontarien d'un Anglo-Ontarien; pour les traits, le physique, c'est pareil. Quand on parle bien la langue, on peut même passer pour un anglophone. Ca m'arrive assez souvent. Maintenant, on peut tout à fait se fondre dans la masse tout en conservant son intégrité. Tout en restant soi-même. Certains y voient une trahison et disent que c'est épouvantable d'avoir à faire ça. Mais c'est la vie quand on est minoritaire. Et si on assume sa condition de minoritaire, ça va ! Et puis la métamorphose étant la conjuration de la mort, on arrive justement à autre chose. Et là s'opère un métissage. Ce qui m'a le plus frappé, lorsque j'ai mis le pied à Sudbury la première fois; j'étais allé chez des mineurs canadiens-français, et ces gens-là avaient chez eux des saunas. Je leur ai demandé où ils avaient pris l'idée. Ils m'ont répondu qu'ils travaillaient avec des mineurs finnois, et que ces derniers leur ont montré comment en bâtir. Et ils faisaient aussi du vin parce que des mineurs italiens leur avaient appris à en fabriquer. C'est ça le métissage : je prends ce que vous avez de bon et moi je vous apporte ce que j'ai de bon. Sans doute que les mineurs italiens et finnois mangeaient de la tourtière, et c'est ça qui est formidable. Et les gens que j'ai rencontrés continuaient à parler français... Les échanges ne nous appauvrissent pas. La conception identitaire statique qu'on propose au Québec n'est pas un enrichissement, et quand on ne s'enrichit pas, on est condamné à une sorte de sclérose et on meurt idiot. Je n'ai pas envie de mourir idiot.
Titus - Faisons un parallèle avec votre métier. Vous êtes interprète à la Chambre des communes à Ottawa. Chez vous, la mutation, la métamorphose, c'est quelque chose que vous pratiquez au quotidien...
Daniel Poliquin - Mon expression canadienne-française préférée est la suivante : lui, il se prend pour un autre. Moi, je me prends pour un autre tout le temps. Je ne fais que ça. Quand je suis interprète, je prends la pensée de la personne qui parle et je la répète dans une autre langue. Quand j'écris, c'est la même chose. Je me prends pour un autre. Je me mets dans la peau de mes personnages; je deviens eux. Et quand je traduis des livres, c'est la même chose. Vous avez devant vous Jack Kerouac, Mordecai Richler, Matt Cohen... J'ai été tous ces personnages-là, et ça m'a enrichi. Certains me disent que quand je traduis, je perds ma personnalité et prends celle de l'autre. Absolument pas, je ne fais que l'emprunter. Je la garde le temps de m'en enrichir, et après je la délaisse.
Titus - Vous possédez un sens de l'humour remarquable. Cela me fait penser à l'humour typique de certaines cultures minoritaires, qui sont parvenues à intérioriser leurs craintes. Je pense notamment au roman juif, canadien ou américain, qu'il s'agisse de Saul Bellow, Mordecai Richler dont on vient de parler, ou Philip Roth. Est-ce qu'on peut établir un lien entre ces littératures minoritaires ? Je pense notamment à "The Victim", de Saul Bellow, où le personnage principal a un sens de culpabilité exacerbé.
Daniel Poliquin - La culpabilité s'exerce au niveau de l'identité, justement. Prenons l'exemple des juifs. Il est très bon. Vous avez un enfant juif qui grandit dans une ville; sa mère le force à apprendre l'hébreu. Il n'aime pas ça et sa mère lui dit : "N'oublie pas, tu es juif; il faut que tu gardes ta conscience". Plus tard, quand la mère part, il se sent coupable de ne pas être assez juif. Ca se voit beaucoup, et c'est le cas de nombreux amis juifs à moi, qui savent qu'ils sont juifs. Ils en sont fiers, mais ils ne se sentent pas assez juifs. On peut faire un parallèle avec l'Ontario français. On peut se sentir coupable, à un moment de sa vie, d'avoir perdu sa langue ou de la moins bien parler. Et cela engendre toutes sortes de comportements qui sont intéressants à observer, et qui peuvent se traduire de manière humoristique dans mes livres. L'humour naît toujours d'un certain désespoir ou de la malchance. Et c'est défensif. On se met à rire pour ne pas pleurer, et tout l'humour juif est né de cette façon. Il y a un certain humour canadien-français qui est très drôle. Parce qu'on va plaisanter sur ce qui nous est arrivé. Je pense à Yvon Deschamps, qui jouait son personnage de petit travailleur qui se faisait exploiter et ne s'en rendait pas compte. Tout le monde trouvait ça très drôle. Ca vient du désespoir. Ca vient qu'on est en bas de l'échelle et qu'on regarde en haut. Si on est en haut de l'échelle, tout va bien. On a une vision du monde tout à fait optimiste, rose, et c'est pas très bon pour faire de l'humour, ça ! Il faut être en bas de l'échelle pour bien voir les choses.
Titus - Quand on parle d'identité, il est parfois difficile de se dissocier de l'image du père, ou de la mère. Chez vous, le père, dans différents romans, notamment dans "L'écureuil noir", incarne quelqu'un de très dominateur. Est-ce que c'est l'empreinte de votre propre père que l'on retrouve dans vos écrits ?
Daniel Poliquin - En grec, le mot "tyran" voulait dire "ami du peuple". Tous les tyrans prennent le pouvoir pour faire le bien du peuple. Mon père, c'était un tyran, au sens originaire du terme grec. C'est à dire quelqu'un qui voulait faire le bien. Le problème, c'est qu'un tyran, ça finit toujours par devenir un tyran. Et lui, avec toutes ses bonnes intentions, il nous tyrannisait. De façon sympathique, je précise. Ca n'avait rien de méchant ou brutal. Mais il avait une forte personnalité et il ne se gênait pas pour l'imposer. Parfois même, il se surprenait à nous l'imposer. Ce qui fait que ça crée des rivalités, bien sûr. Ou alors, le contraire, c'est à dire des enfants soumis. J'avais pas de vocation pour être soumis, mais je l'admirais beaucoup, notamment parce qu'il avait appris l'allemand, entre autres. Il était journaliste, il était connu, et un jour, je me suis mis à apprendre l'allemand. Justement par admiration pour lui. Lui n'avait jamais mis les pieds en Allemagne, ou à peine. Mais il avait beaucoup lu; il avait une excellente connaissance passive de la langue. Je me mets donc à apprendre l'allemand, et je vais même vivre là-bas. Il me rend visite en Allemagne; ça va très bien. Et là, je l'entends parler l'allemand pour la première fois, et je me rends compte que son allemand est nul. Il se tourne souvent vers moi pour que je lui serve d'interprète. Je suis allé le reconduire à la gare; il a voulu acheter son billet tout seul. Le préposé ne le comprenait pas. Je suis intervenu, lui ai acheté son billet, l'ai amené par le bras au quai de la gare. Et là, il m'a regardé d'un drôle d'air et m'a dit : "T'as l'air content, toi". J'ai dit : "oui; parce que tout le monde t'admirait beaucoup parce que tu savais l'allemand; Je t'ai affronté sur ton terrain, et j'ai gagné. C'est moi ici qui parle allemand, et pas toi". Et il était content. Il était jaloux de moi, et il était fier d'être jaloux de moi. Je lui avais dit : "Ecoute, tu m'as fait lire "Le Médecin de campagne" de Balzac". Dans ce livre, le père a vendu sa terre à son fils, et le médecin lui demande : "Est-ce que vous êtes bien traité chez votre fils ?" Il dit : "Oui, il me traite comme si j'étais son enfant", comme si les rôles étaient renversés. Et j'ai dit à mon père, cette fois-là, "je te traite comme si tu étais mon enfant, je t'ai pris en charge, ici à la gare, mais c'est parce que je t'aime". Et il a dit, "moi aussi je t'aime mon petit gars." Puis, il est parti. J'avais 19 ans à l'époque, et ça a été un moment révélateur pour moi, parce que, tout d'un coup, le fils devient aussi fort que le père. Quand vous vivez des moments comme celui-là, vous devenez fort pour le restant de vos jours !
Titus - Comment était perçu ce choix d'apprendre l'allemand ?
Daniel Poliquin - Ca faisait rire mes amis dans ce temps-là. J'étais militant dans le mouvement franco-ontarien tout en faisant des études d'allemand. Ce qui me valait des reproches très amers de mes amis militants, qui me disaient : "Pourquoi tu n'étudies pas la sociologie ou le droit ? Tu pourrais vraiment nous aider avec ça." Je disais : "Ecoutez, je milite avec vous, pour l'école francophone de Sturgeon Falls ou celle d'Elliott Lake; mais j'ai aussi une vie privée, et je cherche ma spécificité. Et là, j'en ai trouvé une. Je suis un être sûrement unique au monde, car je suis certain d'être le seul germaniste franco-ontarien. Il ne doit pas y en avoir deux. Donc, j'ai mon identité sur terre, et cela m'aide à m'ancrer. Je ne suis pas comme les autres, et j'en suis content. Il y a des gens qui n'ont pas cette ambition-là. Ils veulent être comme les autres et ne pas se faire remarquer. C'est une forme de défense, aussi. On se protège du monde comme ça. C'est légitime, on a le droit. Faut pas condamner ça ou rire de ça. On a le droit d'être comme ça. Et moi, il fallait que je sois ce que je suis devenu. C'est à dire comme les autres, et différent.
Un extrait du "Canon des Gobelins"
"Je pense maintenant qu'on est toujours déjà amoureux avant de tomber amoureux. On se sent vulnérable, et tout à coup arrive quelqu'un qui incarne le besoin qu'on a d'être aimé. Le quelqu'un en question ne se doute de rien, il n'a même peut-être rien à voir avec l'amour qu'on lui porte. Il ne fait que profiter, ou pâtir, de la coïncidence. C'est pour ça que la personne qu'on pense aimer se demande toujours comment on fait pour l'aimer, et c'est pour ça qu'elle est toujours un peu surprise de vous trouver dans son lit le matin ; elle n'en revient pas de sa chance, ou de sa malchance. Et c'est pour ça aussi que la personne qui aime finit tôt ou tard par se demander : mais comment est-ce que j'ai fait pour tomber amoureux d'elle ? Ou de lui." (Dans Les bonnes soeurs)
Pour commander Le Canon des Gobelins, ou d'autres livres de Daniel Poliquin :
www.livres-disques.ca/editions_nordir/home/index.cfm
12:05 Publié dans Le salon littéraire, Rencontres franco-ontariennes | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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Commentaires
Si vous avez à coeur la langue de Molière, pouvez-vous faire circuler dans votre milieu!
Merci à l'avance!
CENTRE-VILLE DE MONTREAL
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Une anglicisation fulgurante en photos et vidéos
Déjà un demi-millier d'infractions possibles à la loi 101!
http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/articles/2008/montreal-anglais.html
Écrit par : gilles thompson | 28 octobre 2008
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