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08.08.2006

Laurent Voulzy : "Je suis attiré par l'invisible"

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Laurent Voulzy, qui vient de publier un nouvel album intitulé "La septième Vague", n'est plus réellement à présenter. Tout le monde ne sait peut-être pas, en revanche, qu'il connut son premier succès en 1977 avec le 45 tours "Rockollection". C'est dire qu'il approche aujourd'hui des trente ans de carrière. Lorsque nous avons rencontré Laurent Voulzy, en septembre 1993, il assurait la promotion au Canada de son opus "Caché derrière", qui compte parmi ses albums les plus aboutis.

Titus - Laurent Voulzy, on te connaît comme l'homme qui pond un tube en moyenne tous les 365 jours, et pourtant, ta discographie est loin d'être opulente... Trois albums en 17 ans de carrière, c'est quand-même assez peu, non ? Est-ce lié au marché du 45 tours, qui est demeuré assez dynamique en France jusqu'à encore assez récémment ?

Laurent Voulzy - C'est vrai que la France, était, jusqu'à il y a encore trois ans, un des derniers pays au monde à continuer à consommer des 45 tours en grande quantité. Depuis 1990, ça s'est un peu écroulé et on se tourne davantage vers les albums. Mais moi, ce n'était pas une question de choix. C'et vrai que j'ai fait Rockollection en 1977. En 1978, j'avais fait un autre 45 tours qui avait fait un numéro un aussi. En 1979, là j'ai fait un album. Je suis retourné par la suite aux 45 tours parce qu'à chaque fois que je termine une chanson, je me dis que j'aimerais l'entendre tout de suite à la radio. En fait, je me suis fait un peu piéger. Tous les ans, j'avais quelque chose qui sortait. Ce qui me motive pour faire de la musique, en dehors du fait de passer une semaine avec mon instrument seul dans un coin, c'est aussi d'entendre la radio, à l'image de ces singles que j'entendais quand j'étais petit, dans les années 60. Il y avait des chansons écrites par des artistes météore ou d'autres qui duraient, mais tous sortaient des singles à répétition. C'est pas comme pour un album : on ne mise pas sur dix chansons; on joue une chanson, c'est comme un coup de dés. J'adore ça, en fait. C'est autre chose, de faire un album, et j'ai aussi beaucoup de plaisir à passer par là.

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Titus - Une critique canadienne disait récemment qu'avec l'album "Caché derrière" , elle espérait qu'il n'y ait pas, cette fois, de rendez-vous manqué avec le Canada. C'est vrai qu'ici, tu n'as pas atteint la popularité qu'on voit dans d'autres pays francophones...

Laurent Voulzy - Je suis venu au Canada en 1977, au moment de "Rockollection", et depuis je ne suis pas revenu, mais ce n'est pas de mon fait. Je ne sais pas si c'est un manque de coordination avec les gens avec qui je travaillais. Question d'emploi du temps, aussi, sans doute. J'étais toujours embarqué dans des disques et dans des productions que je faisais pour d'autres gens, etc. Il y a encore quatre-cinq ans, on me disait "tiens, tu as une chanson qui passe pas mal à la radio là-bas, "Le soleil donne". Je me disais : "Pourquoi j'y vais pas ?" Et puis, je me dis aujourd'hui, tout vient à point à qui sait attendre. Peut-être que c'est le moment maintenant. Je suis vraiment content d'être là.

Titus - Un mot sur le Canada ?

Laurent Voulzy - La dernière fois que je suis venu, en 1977, je n'ai pas vu le jour. J'étais dans les studios de télévision et de radio toute la journée, de 9 h du matin à 11 h du soir. Des fois, on me disait "il faut que tu te couches tôt parce que demain, on part à Chicoutimi". Donc, je me levais à 4 h du matin pour prendre la route. Je n'ai rien vu. Ce que je connais du Canada, c'est ce que les gens m'en disent. C'est horrible. Je me rappelle d'avoir traversé le parc des Laurentides, d'avoir entrevu Montréal. Ce que j'espère, c'est d'avoir le temps de revenir y chanter et d'y rester un peu plus longtemps.

Titus - Cette fois, en tout cas, ça commence très fort. Depuis la publication de "Caché derrière", on parle de Laurent Voulzy de plus en plus. J'aimerais que tu évoques pour nous la présence du "mystique" dans ton nouvel album, dont la couverture est une représentation de la forêt de Brocéliande qui, comme on le sait, est le berceau de toutes les légendes des chevaliers de la Table ronde.

Ecouter la réponse de Laurent Voulzy sur CINN FM





Laurent Voulzy - C'est pour ça qu'on l'a appelé "Caché derrière" . Parce qu'on trouvait que ce titre résumait des choses dont j'avais envie de parler. Les choses qu'on ne voit pas, les choses cachées. La Bretagne, je trouve que c'est extrêmement mystique et je suis attiré par les choses invisibles, non dites, irrationnelles, comme les rêves. Ca, je pourrais en parler des heures. Je crois qu'il y a beaucoup de choses qui existent et qu'on va découvrir petit à petit.

Titus - Alain Souchon signe la plupart des textes de cet album, huit chansons sur dix. Sa présence a beaucoup compté dans ta carrière. Comment êtes-vous arrivés tous les deux à autant de connivence ?

Laurent Voulzy - Ca fait très longtemps qu'on travaille ensemble. On s'est connus en 1973. On débutait tous les deux. On avait fait chacun des disques, de notre côté, et on écrivait nos paroles et nos musiques. Et un jour, on nous a proposé de travailler ensemble, parce que moi, je commençais à faire des arrangements pour des chanteurs, des orchestrations. Et on m'a demandé si je voulais bien orchestrer son album. C'est comme ça que tout a commencé. On a écrit une chanson ensemble, qui a été son premier gros succès, ma première composition qui fut un succès aussi. Et depuis, on s'est jamais posé de questions et on continue à travailler ensemble. Pour moi, je le dis en toute sincérité, c'est l'un des trois plus grands auteurs français. Je le trouve vraiment génial, et en plus on est devenus amis. On est plus que ça; on est comme des frères maintenant. J'écris pas mal de musiques sur ses albums, il écrit pas mal de paroles sur les miens, tout en ayant nos carrières séparées.

Titus - On dit de toi que tu es un perfectionniste, que tu as un studio chez toi, aux Halles, à Paris... Tu mets beaucoup de temps à travailler en studio et à peaufiner tes enregistrements ?

Laurent Voulzy - Je mets énormément de temps. "Caché derrière", j'ai mis deux ans à l'enregistrer, enfin, un an et demi effectifs, si on enlève les moments où je suis reparti avec Alain pour finir des chansons, etc. Je travaillais avec Michel Coeuriot, un producteur qui a réalisé le disque avec moi; un ingénieur du son, Jean-Marc Hauser, et on était enfermés dans le petit studio de mon appartement. On a fait tout mon disque là. Evidemment, quand on avait des grandes formations à enregistrer, comme un orchestre à cordes, on allait dans un grand studio, puis je revenais chez moi avec ma bande pour finir le disque. Ca fait maintenant huit-neuf ans que j'enregistre mes disques ainsi, à la maison.

Titus - J'aimerais aussi qu'on parle des musiciens qui ont collaboré à cet album, parce qu'on y voit de grands noms, notamment le percussioniste Manu Katché, ou Pino Palladino...

Laurent Voulzy - La plupart des gens avec qui je travaille, c'est des gens que j'aime beaucoup. L'équipe de base est très restreinte et puis, de temps en temps, je fais appel à d'autres. Moi, je joue de la guitare, mais ça ne m'empêche pas de faire appel, de temps à autres, à un guitariste. Je pense que tel guitariste jouera mieux que moi telle partie; je le fais avec plaisir, sachant que cela amènera un peu d'oxygène. Des fois, j'essaie des parties de guitare et, tant que je n'ai pas obtenu une perfection à mon oreille, je recommence;c'est pourquoi je mets autant de temps. Manu Katché est un vieux copain; on se connaît depuis très longtemps et puis, un jour, Peter Gabriel l'a entendu jouer et l'a emmené avec lui. Ensuite, il a joué avec les Simple Minds, Tears for fears, Mark Knopfler, Sting, et c'est devenu une star de la batterie dans le monde. Je suis allé faire des choeurs pour son disque qu'il a enregistré dans les studios de Peter Gabriel, et lui est venu jouer sur le mien. Pino Palladino est un ami de Manu que j'ai connu là-bas, en Angleterre, et il est venu à Paris enregistrer avec moi. Dans la chanson intitulée "Guitare héraut", il y a aussi Ritchie Blackmore qui fait un solo de guitare, et j'ai fait jouer aussi une note par ceux que je considère les quinze meilleurs guitaristes en France. Je leur ai demandé de venir jouer une note pour moi, et ils l'ont fait...

Titus - Une bonne idée de réunir ainsi quinze virtuoses de la guitare pour ce morceau qui est une sorte d'hommage aux guitaristes, non ?

Laurent Voulzy - C'est une idée qui m'est venue alors que je faisais une partie de guitare à la maison. En entendant une note, je me suis dit, ça serait pas mal que cette note soit jouée par la crème des guitaristes en France, et donc je leur ai demandé de venir. Ils m'ont demandé ce qu'il fallait faire; je leur ai dit "il faut jouer une note". Ca les a fait rire. Je les ai réunis. On a aligné quinze gros amplis Marshall dans un studio et on a filmé cette séquence qui est très belle ét émouvante, parce que ce sont tous des gens que j'admire. Et ensuite, j'ai envoyé une cassette à Ritchie Blackmore, et il a écouté le morceau. Ca lui a plu, et il a fait un chorus dessus, voilà. Tout une aventure...

Titus - Quels sont tes projets pour les prochains mois ?

Laurent Voulzy - J'étais récemment au Casino de Paris en spectacle. Ca faisait douze-treize ans que je n'étais pas monté sur scène. Mon projet immédiat, en revenant du Canada, c'est de partir en tournée en France, Suisse et Belgique dès le 3 novembre. J'ai deux tournages de clips en France, et puis le Zénith en décembre. Normalement, l'été prochain, en 1994, on parle d'une tournée au Canada.

Pour en savoir plus sur Laurent Voulzy :
www.ramdam.com/art/v/laurentvoulzy.htm
www.tv5.org/tv5Site/musique/artiste-177-laurent_voulzy.htm

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Commentaires

genial les commentaires!!! merci titus! et bonjour à ta femme et aux enfants!!!!

Ecrit par : lucie d'almeras | 14.08.2006

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