17 mars 2014

Natascha Rogers : "Je ne suis pas facile à étiqueter"

Percussionniste surdouée ayant notamment accompagné Zap Mama ou Fatoumata Diawara, Natascha Rogers est aussi une vocaliste de grand talent. Sa musique au croisement de la pop, du jazz et des musiques afro-cubaines emporte l'adhésion partout où son groupe se produit, que ce soit en Chine, au Mexique ou au Canada. Elle sera en concert à Guilers samedi pour une soirée qui s'annonce très chaude.

 

Natascha Rogers

(Photo : Pauline Pénicaud)

Votre musique est un peu à l'image du croisement d'identités qui vous caractérise…

 

Je suis née à Breda, aux Pays-Bas, et je détiens un passeport hollandais. Je parle donc le néerlandais, en plus de l'anglais, du français, et de l'espagnol, que j'ai appris sur le tas lors de mes séjours à Cuba. Comme mon père est américain, j'ai vécu une partie de ma jeunesse aux Etats-Unis et au Canada. Nous nous sommes enfin installés à Bordeaux lorsque j'avais 12 ans. 

 

C'est à Bordeaux que vous avez fait vos études musicales ?

 

J'avais commencé la musique en autodidacte; il y avait toujours un piano à la maison sur lequel j'aimais créer, déjà toute jeune, toutes sortes de petites compos. Plus tard, j'ai eu le coup de foudre pour les congas lors d'un stage de danse à Toronto. A la fin du collège, j'ai décidé de suivre des cours de djembé et de m'initier aux percussions mandingues. J'ai commencé par accompagner des groupes de danses, avant de passer une audition pour rentrer au Ciam, l'école de musiques actuelles de Bordeaux, où j'ai suivi un cursus afro-cubain durant deux ans. 

 

Des études complétées par plusieurs séjours à Cuba...

 

Dès que j'en ai l'opportunité, j'aime aller m'y ressourcer auprès de maîtres-tambours traditionnels. La musique fait partie du quotidien des Cubains. C'est une approche différente. ça permet aussi de prendre un peu de recul et à garder les pieds sur terre, dans un métier où tout peut partir très vite. Il ne faut pas se laisser emporter par le tourbillon…

 

A l'issue de vos études au conservatoire, vous avez eu la chance de jouer pour Zap Mama.

 

C'était un honneur de travailler avec elle pendant environ un an et demi, en tant que choriste et percussionniste. Cela m'a amenée à vivre un peu en Belgique et de beaucoup voyager. Une super expérience ! 

 

Depuis 2010, vous êtes établie à Paris où vous menez plusieurs projets de front. 

 

Je suis par exemple, depuis trois ans, l'interprète féminine du groupe de salsa Bailongo, qui projette d'ailleurs la sortie d'un album. J'y ai appris tous les codes de la musique cubaine et portoricaine. Je collabore aussi avec la Franco-Brésilienne Agathe Iracema, Gérald Toto ou encore la pianiste chanteuse Raphaële Atlan, avec laquelle nous venons de terminer son deuxième album il y a un mois. Depuis fin 2013, j'ai aussi accompagné sur plusieurs tournées à l'étranger la chanteuse malienne Fatoumata Diawara.

Natascha Rogers

(Photo : Pauline Pénicaud)

Comment s'est constitué votre groupe ?

 

Lors de mes études à Bordeaux, j'avais rencontré dans un jazz-club deux de mes musiciens, le saxophoniste Lucas Saint-Cricq et le bassiste Ouriel Ellert, aussi issus du Ciam, Nous avons continué à travailler ensemble une fois établis dans la capitale. Notre groupe est à géométrie variable; nous avons été jusqu'à six sur scène. Aujourd'hui, nous nous produisons le plus souvent en quartet, avec le guitariste Anthony Jambon ou le pianiste Emmanuel Guerrero. C'est ce dernier qui nous accompagnera samedi à Guilers.

 

Vous avez beaucoup tourné à l'étranger en quelques années…

 

Nous avons joué au Maroc, en Norvège, en Chine, au Canada et au Mexique. Cette année, nous irons au Pérou en juin et de nouveau à Montréal en août et en Chine à la rentrée. Lors de notre premier concert en Chine, l'accueil a été incroyable; nous y avons été hyper bien reçus. Je n'avais jamais vu ça, sauf peut-être en Amérique latine, où le public nous accompagnait du début à la fin sur les chansons en espagnol. 

 

Votre musique rentre difficilement dans une case. Vous l'a-t-on parfois reproché ?

 

La critique prend souvent la forme d'une boutade : "Tu fais quoi en fait ?". Mon projet musical est à mon image. J'ai vécu sur plusieurs continents et me passionne pour l'Afrique ou Cuba. Rien d'étonnant à ce que j'en sois venue à créer une musique métissée. Mes influences sont diverses et je les assume pleinement. Je suis convaincue qu'on peut y trouver une cohérence. Notre travail, avec les musiciens du groupe, est de rendre tout ça lisible et fluide. C'est vrai que notre premier album n'est pas facile à étiqueter; mais on y voyage beaucoup  !

 

 

Travaillez-vous déjà sur un nouvel album ?

 

Même si nous prenons notre temps, nous avons en effet débuté la préprod du prochain disque qui devrait sortir début 2015. Notre démarche, cette fois-ci, sera plus acoustique, sans doute aussi plus homogène, même si plusieurs influences seront toujours perceptibles. Parallèlement, pour affiner notre projet, nous allons effectuer deux résidences, l'une au Blanc-Mesnil et l'autre au Centre Barbara, à Paris.

Natascha Rogers

(Photo : Pauline Pénicaud)

A quoi pouvons-nous nous attendre samedi, à Guilers ?

 

Samedi, nous présenterons les morceaux de notre premier album, "Rise your soul" (sorti en 2012), qui fonctionnent bien et que nous avons toujours beaucoup de plaisir à jouer. Nous donnerons aussi un avant-goût de nos nouvelles compos toutes fraîches. Nous interpréterons quelques oeuvres du répertoire cubain et peut-être même un morceau en commun avec le groupe RaiZ Trio, avec qui nous partageons l'affiche.

 

Pratique

Samedi 22 mars, à 20 h, à l'Agora. Tarifs : 10 ou 12 €. Première partie assurée par RaiZ Trio. Réservations à la mairie de Guilers, tél. 02.98.07.61.52.

 

Pour en savoir plus

Le site officiel de Natascha Rogers

 

Discographie 

Rise your soulL'album "Rise your soul" (2012)

Disponible sur Itunes

 

 

 

 

18:15 Publié dans Les sorties de Titus, Musique, Rencontres jazz | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : natascha rogers | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

06 mars 2014

Pedro Kouyaté : "Le métro est mon atelier"

Le virtuose malien du kamele ngoni, le luth des griots, Pedro Kouyaté, s'envole dans les prochains jours pour une nouvelle tournée au Japon, où il a des fidèles depuis le tournage du documentaire "Foly", qui a été fort bien accueilli là-bas. Basé à Paris, le musicien se produit (notamment) dans le métro, qu'il compare à un "atelier", tout en préparant parallèlement la sortie de son quatrième album... 

pedro-ngoni.png

(Photo : Sophie Comtet-Kouyaté)

Lorsque vous n'êtes pas en tournée, c'est aujourd'hui à Paris que vous résidez. Quand vous y êtes-vous installé ?

 

J'ai découvert l'Europe grâce au bluesman malien Boubacar Traoré, qui avait besoin d'un calebassiste et m'a recruté au début des années 2000. A l'époque, je jouais avec Toumani Diabaté au sein du Symetric Orchestre. J'avais eu cette chance de beaucoup tourner avec eux, mais je n'avais qu'une connaissance très empirique du métier. J'ai donc souhaité repartir de zéro, en allant jouer dans le métro, avec l'idée de faire peu à peu mon trou. L'envie de fonder une famille également, ce que j'ai fait.

 

Et malgré la sortie de trois albums, vous continuez à jouer chaque jour dans le métro.

 

Oui, mais je ne suis plus au même endroit (rires). Au départ, je jouais dans une station près de chez moi, mais au bout de quelques mois, j'étais devenu le griot du coin et ne pouvais plus jouer. On n'arrêtait pas de venir me parler… J'ai donc été obligé de changer de lieu (rires). Pour moi, le métro, c'est comme un atelier. J'aime avoir un lieu où m'asseoir et travailler. Je suis un peu comme un peintre qui aime entrer en contact avec la matière. J'aime travailler de manière empirique. Je m'imbibe des gens que je rencontre. 

 

Le métro vous a aussi permis de faire la connaissance de l'un de vos musiciens…

 

J'étais devenu copain avec les enfants de Florent Dupuis, qui venaient souvent m'écouter. Je ne savais pas que leur père était saxophoniste et que nous finirions par jouer ensemble, pendant huit ans, au sein du même groupe, le Mandinka Transe Acoustique, que j'ai créé en 2006. Sont venus se greffer le bassiste Nelson Hamilcaro, que j'avais découvert au New Morning, et le batteur Renaud Ollivier.

 

Après votre concert de samedi, à Plabennec, vous mettez le cap sur le Japon pour une tournée de douze concerts. Ce ne sera pas une première ?

 

En effet. Mon épouse, Sophie Comtet-Kouyaté, est réalisatrice, et son film "Foly", produit par Akina et TV5 Monde, a été très bien accueilli là-bas. Un noir américain vivant au Japon en avait vu des images sur le Net et nous a contacté. C'est ainsi que je suis allé y jouer une première fois en 2012.

 

Vous vous dites très attaché à Siby, village natal de votre mère.

 

J'y retourne encore aujourd'hui, entre deux tournées, pour m'y ressourcer. Les habitants des petits villages africains aiment bien en général recevoir les citadins. Ce que j'étais puisque j'ai grandi à Bamako. C'est là que j'y ai fait mes études de socio-anthropologie. A Siby, j'étais accueilli par mes oncles, qui m'ont introduit au sein de la confrérie des chasseurs. Chaque village disposait ainsi de plusieurs confréries - chasseurs, cultivateurs, guérisseurs, etc. - dont le rôle était de protéger le village et de favoriser la cohésion sociale. La société africaine était organisée ainsi.  

 

C'est au contact des chasseurs de Siby que vous avez développé votre expertise du kamele ngoni, le luth des griots ?

 

J'ai en effet participé à de nombreuses veillées de chasse, où nous chantions beaucoup. Se retrouver ainsi dans la jungle avec ces chasseurs fait naître des sensations incroyables. La communion entre l'homme et la nature y est si forte. Ils connaissent la littérature de la forêt. La musique des chasseurs est unique, tout comme les instruments dont ils se servent; ça m'a beaucoup inspiré.

 

Vous avez aussi beaucoup appris au contact du grand joueur de kora, Toumani Diabaté, à Bamako…

 

Dès la fin des années 1980, il fut mon maître, en effet. J'ai passé pas mal de temps avec lui et j'ai appris énormément à son contact. C'est un homme d'une grande intelligence. Il donnait beaucoup. Je me souviens que je n'osais pas jouer devant lui au début. Il savait se tenir en retrait et encourageait tous ceux dont il sentait qu'ils avaient du potentiel. Pour nous, il était le grand frère du quartier. C'était aussi la référence, celui qui allait jouer en Europe et recevait régulièrement chez lui des occidentaux. Mais jamais à l'époque n'aurais-je imaginé devenir musicien professionnel…

Pedro-savigny-.png

 (Photo : Sophie Comtet-Kouyaté)

Vous voyez toujours vos mentors, Boubacar Traoré et Toumani Diabaté ?

 

Bien sûr, ce sont toujours mes grands frères (rires). Le deuxième vient me voir à chaque fois qu'il vient à Paris. Le premier m'a même invité à assurer sa première partie à Paris en 2011…

 

Vous préparez actuellement la sortie d'un quatrième album…

 

Le public m'y a encouragé. C'est d'ailleurs le point de départ de la campagne de financement participatif que j'ai lancée. J'écoute ce que me disent les gens dans le métro. Je suis ravi qu'ils s'approprient ce nouveau projet qu'ils contribuent à façonner. Nous devrions entrer en studio à l'automne et l'album sortira en décembre.

 

Pratique

La campagne de financement participatif sur Kisskissbankbank

 

Le site officiel de Pedro Kouyaté

 

La discographie de Pedro Kouyaté :

 "One"one_pedro_kouyate.jpg

 

 

 

 

photo-pr-site-CD-TWO-YOU-boutique.jpg

 "Two You"

 

 

 

 

"Live"Pochette-ext-CD-LIVE--1024x453.jpg

16:32 Publié dans Musique, Rencontres africaines | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pedro kouyaté, mali | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

23 novembre 2013

Nefertiti in the kitchen. "Un spectacle, ça doit être un cadeau !"

Issue de l'univers du théâtre de rue, Jennifer Rival forme avec le musicien rennais Nicolas Méheust le duo Nefertiti in the kitchen, qui assurera, samedi 23 novembre, la première partie de Lisa LeBlanc aux Vaches folks, à Cast. La chanteuse, qui a grandi dans cette petite commune de l'arrière-pays châteaulinois, y sera très attendue. 

Nefertiti in the kitchen

Où avez-vous rencontré Nicolas Méheust, votre acolyte de Nefertiti in the kitchen ?

On se connaît depuis une dizaine d’années, depuis l’époque où nous étions étudiants à Rennes. Nous avions déjà collaboré sur différents projets en ce temps-là. Nos univers sont voisins et nous nous sommes construits ensemble. Chacun apporte sa pierre à l’édifice. Lui est originaire de Saint-Malo et travaille dans le milieu de la musique sur Rennes depuis 15 ans. Il a notamment collaboré avec Dominique A, Alan Stivell ou Percubaba, entre autres.

Vous-même avez grandi à Cast… Votre famille était branchée musique ?

Je suis née à Quimper, mais j’ai  vécu à Cast jusqu’à l’âge de 17 ans. Mes parents, qui y résident encore, ont toujours beaucoup chanté à la maison : des chants de marin, des chansons bretonnes, notamment à répondre… On allait danser dans les festoù-noz. J’ai vraiment baigné dans cet univers, étant petite, et c’est donc assez naturellement que je me suis tournée vers la flûte et la bombarde. J’ai même fait partie du bagad de Plomodiern. Une fois partie de Cast, j’ai ouvert mes horizons d’un point de vue musical.

DSCN0079.JPG

(Photo : Lorenzo Gianmario Galli)

Vous n’êtes pas beaucoup restée au même endroit depuis votre départ ?

Je suis allée  terminer mes études secondaires au Canada,  à l’âge de 17 ans. J’y ai découvert un autre rapport à la musique. L’enseignement  y est tellement différent. A mon retour, j’ai fait partie d’un groupe rock à Quimper, avant de repartir, par la suite, au Portugal, en Suisse et en Italie.

Ces voyages étaient liés aux études ?

En partie, oui. J’ai préparé une licence de sociologie à Rennes puis au Portugal. En Suisse, j’ai étudié dans une école pour devenir enseignante de la musique par le corps, selon une méthode développée dans ce pays.

Vous aviez l’intention de devenir enseignante ?

Oui, mais l’appel des planches a été plus fort. J’ai fait beaucoup de théâtre de rue, notamment en Italie où j’ai pratiquement vécu trois années. Ma toute première pièce a  été présentée à Locronan en 2009. J’ai ensuite lancé la Compagnie Bluffonne, avec laquelle j’ai monté deux spectacles, « Pierrot blues » et « Noces de chiffon », qui ne sont plus joués depuis 2011. Nous nous sommes complètement recentrés sur les activités musicales avec Nefertiti in the kitchen.

Pour quelle raison ?

L’univers du théâtre en France peut être très ingrat pour de jeunes artistes cherchant à se lancer. C’était quasi mission impossible de faire notre trou. Pour vivre, il a fallu que je me tourne vers le théâtre de rue. Il y a un an et demi, j’ai voulu enregistrer un disque que je pourrais vendre dans la rue, à l’issue de mes spectacles. Je me suis donc rapprochée de Nicolas. C’est ainsi qu’est né l’album « Purple lady ». Par la suite, nous avons décidé de le présenter à deux sur scène, ce qui constituait un vrai défi. 

Néfée_2.jpg

Comment vous répartissez-vous les rôles ?

Dans ce spectacle, il fait un peu l’homme-orchestre : avec une batterie au pied, un accordéon et parfois même une guitare, il représente l’ossature musicale du projet. Quant à moi, je chante principalement, mais je m’accompagne aussi d’un mellotron, d’un ukulélé ou d’une guitare. Et je joue aussi avec ma pédale de boucle. Nico est un excellent compère sur scène : on se complète à merveille. Nous avons énormément travaillé la mise en scène. Personnellement, j’ai fait beaucoup de danse et j’aime beaucoup l’univers du cabaret, qui me permet de m’exprimer d’un point de vue physique.

Quelle est l’origine du nom du groupe ?

Il existe plusieurs théories sur l’origine du prénom Jennifer. Certains disent que la racine de ce prénom provient de Nefertiti.  Il y a environ six ans, j’ai réalisé  un enregistrement dans ma cuisine. Il s’agissait d’une superposition d’ambiances : des sons de tasses de café, de robinets qui coulent…  J’ai songé à Nefertiti dans la cuisine. J’aime ce contraste : la reine de légende qui se retrouve dans un lieu du quotidien.

Vous tournez abondamment depuis quelques temps…

Nous avons effectué une cinquantaine de dates depuis le mois d’avril. Nous avons beaucoup de chance d’être épaulés par un très bon tourneur, Come on tour, qui s’occupe de nous trouver des concerts. Nous avons principalement joué en Bretagne, mais aussi dans la Manche, vers Bordeaux ou dans la Creuse. Je me suis aussi produite en solo en Italie cet été, comme j’ai pas mal travaillé là-bas. J’aimerais à présent présenter notre projet en duo à l’étranger, par exemple en Suisse, en Belgique ou au Canada. Nous chantons principalement en anglais, donc nous sommes tout à fait exportables.

 

_SM10127.jpg

Par contre, si vous avez beaucoup arpenté les scènes bretonnes, vous n’avez jamais joué en Finistère ?

C’est exact ! Et à Cast, l’ambiance promet d’être très familiale, dans cette salle que je connais depuis que je suis toute petite. C’est toujours plus  stressant de jouer devant des gens qui vous connaissent très bien. Mais ce n’est pas le même stress ; je sens que ça sera bon enfant ! Toute ma famille, des amis seront là !

Vous connaissez les Vaches folks ?

Je connais bien Roger Mauguen, l’organisateur de l’événement, et je trouve sa démarche géniale. C’est assez improbable de pouvoir entendre des artistes du calibre d’Eric Bibb ou Pura Fé à Cast. C’est une programmation toujours très originale. Quant à nous, nous ne sommes pas très folks, mais la musique de Lisa Leblanc étant elle-même difficile à classer, Roger a sans doute pensé que ça ne choquerait personne…

 

JEN_(18).JPG

Qu’allez-vous jouer ?

Du Nefertiti, dont quelques nouvelles chansons qui devraient figurer sur un mini-album à paraître cet hiver. Et puis aussi des standards issus de l’univers du cabaret qui font partie du spectacle. Notre mise en scène est assez élaborée : nous proposons même cinq minutes de ciné-concert. J’aime que les gens s’amusent. Un spectacle, ça doit être un cadeau, et notre responsabilité, en faisant cette première partie, est de chauffer la salle pour Lisa Leblanc. Donc nous donnerons notre maximum pour ce tout premier concert en Finistère !

Propos recueillis par Titus le 18 novembre 2013.


En concert

En première partie de Lisa LeBlanc, aux Vaches Folks, à Cast, samedi 23 novembre 2013, à 20 h 30.


POUR EN SAVOIR PLUS

 

Le site officiel de la Compagnie Bluffonne

La page Facebook de Nefertiti

a1809879768_2.jpg


Pour commander l'album "Purple lady" de Nefertiti in the kitchen : Bandcamp

23 septembre 2013

Phillip Henry & Hannah Martin : "Il ne faut pas enfermer la musique"

Invités des soirées Kerfolk, à Plabennec, le samedi 28 septembre 2013,  les Anglais Hannah Martin et Phillip Henry,  ont livré ce soir-là leur premier concert en Bretagne. Rencontre avec ce duo folk d'exception qui s'inscrit dans la lignée du renouveau et dont le plus récent album fait déjà figure de classique.

phillip henry,hannah martin,plabennec,kerfolk

Comment vous êtes-vous rencontrés ? 

 

Phillip Henry - Nous avons fait connaissance alors que nous jouions au sein du même groupe, The Roots Union, il y a environ cinq ans. Mais nous avons très vite décidé de former un duo car nous partagions les mêmes affinités musicales.

 

 

De quels horizons venez-vous ?

Hannah Martin - Je viens pour ma part d'une petite ville portuaire du Sud-Ouest de l'Angleterre. J'ai commencé à me produire assez jeune dans les clubs de ma ville. D'abord en tant que choriste pour des musiciens de la scène folk locale puis en mon nom propre… 

Phillip Henry - Quant à moi, je suis originaire du Nord-Ouest de l'Angleterre, la partie la plus industrielle. J'ai été bercé par le blues, la soul music et les disques de la Motown avant de faire mes premières scènes. J'ai ensuite déménagé dans le Devon, où j'ai approfondi ma passion pour les musiques acoustiques et world.

phillip henry,hannah martin,plabennec,kerfolk

Et vos pas vous ont aussi mené jusqu'en Inde ? 

 

Phillip Henry - Je suis allé jusqu'à Calcutta en 2008 pour y suivre l'enseignement de Pandit Debashish Bhattacharya, qui est à mon avis l'un des plus grands musiciens au monde et le meilleur guitariste indien de "slide". J'y ai étudié la musique classique indienne, ce qui m'a permis d'enrichir ma palette et de développer un style assez distinctif. 

 

 

Les instruments que vous utilisez jouent un grand rôle dans l'originalité de votre musique du fait de certaines sonorités pas toujours très habituelles dans le monde du folk… Pouvez-vous les décrire ?

 

Phillip Henry - Je possède quant à moi plusieurs guitares "slide" : mon instrument de prédilection est le dobro, d'origine américaine. Je joue aussi du chatturangui, une guitare slide indienne qui a été créée par Pandit Debashish Bhattacharya et qui compte en tout 22 cordes. J'ai aussi une guitare "lap steel" électrique.

Hannah Martin - Et Phillip a aussi développé son propre style d'harmonica rythmique... Pour ma part, je joue du violon et de la viole, en plus d'un banjo à cinq cordes et d'une guitare ténor.

 

 

Votre premier album, "Singing the bones", qui a été publié en 2011, a été fort bien accueilli. Les critiques ont même dit que vous étiez l'une des formations folk les plus enthousiasmantes à émerger récemment…

 

Hannah Martin - Nous avons été ravis de cet accueil. C'est vrai qu'on a beaucoup travaillé au cours des cinq dernières années...

 

Le titre de votre dernier album, "Mynd", est de l'anglais ancien. Que veut-il dire ? 

 

Phillip Henry - Ce terme recouvre plusieurs notions : la mémoire, le souvenir, la commémoration, la conscience, l'esprit et l'intellect. 

Hannah Martin - Toutes les chansons de l'album sont reliées par ce concept de mémoire et de commémoration.

phillip henry,hannah martin,plabennec,kerfolk

Même si votre musique a d'évidentes racines folk et celtiques, elle est d'une fraîcheur incroyable et paraît d'une grande modernité. Comment y parvenez-vous ? 

 

Phillip Henry - Il est primordial à nos yeux de ne pas enfermer la musique. Elle ne doit jamais devenir une pièce de musée. L'innovation et l'expérimentation sont essentielles dans notre démarche et nous nous tournons souvent vers les musiques actuelles pour l'inspiration. 

Hannah Martin - C'est ce qu'ont toujours fait les musiques traditionnelles et c'est ce qui leur permet de demeurer si vivantes.

 

Les paroles de vos chansons sont aussi résolument contemporaines. Votre morceau "Last broadcast", par exemple, rend hommage à une journaliste américaine tombée en Syrie…

 

Hannah Martin - A l'origine, ce morceau était un instrumental composé par Phillip sur son chatturangui. C'est à la lecture du dernier reportage poignant de Marie Colvin sur le siège de Homs, que cette chanson nous est apparue comme une évidence. Les paroles nous sont venues très rapidement.

 

L'album s'achève sur une reprise splendide du tube de James Taylor, "Close your eyes". Est-ce un compositeur qui a compté dans votre cheminement ?

 

Phillip Henry - Nous sommes tous les deux fans de James Taylor. C'est un compositeur extraordinaire et nous aimons en particulier cette chanson de lui, avec laquelle nous terminons souvent nos spectacles.

phillip henry,hannah martin,plabennec,kerfolk

Vous êtes très souvent en tournée. La scène revêt beaucoup d'importance à vos yeux ?

 

Hannah Martin - A notre avis, c'est la plus belle partie de ce métier. C'est super de pouvoir voyager en permanence et de transmettre un peu de bonheur partout où l'on passe.

 

 

Vous jouerez à Plabennec, le 28 septembre. S'agira-t-il de votre premier concert en France, ou en Bretagne ?

 

Nous avons déjà joué en France au printemps dernier. Nous avons été invités au festival "Harmonicas sur Cher", dans le val de Loire; ce fut une très belle expérience. Nous avons trouvé que le public y était extrêmement chaleureux et très respectueux de la musique. Le concert de Plabennec sera, par contre, notre premier concert en Bretagne. Nous avons très hâte d'y jouer car c'est une terre de traditions folk.

 

Propos recueillis par Titus le 19 septembre 2013. Une version plus courte de cette interview a été publiée dans l'édition du 23 septembre du Télégramme.

 

Pratique

Samedi 28, à 20 h 30, à la salle Marcel-Bouguen, à Plabennec. Egalement à l'affiche : l'Ecossais Jamie McMenemy, virtuose du bouzouki. Tarif : 15 €/12 €. Tél. 06.82.62.74.76.


POUR EN SAVOIR PLUS


Le site officiel du duo

La page Bandcamp, pour commander leur musique